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Extrait : "Pourquoi dans le récit que fait ordinairement un étranger des objets qui ont le plus frappé son attention dans Paris, les passages n'y figurent-ils que très secondairement, quand ils y figurent ? Outrageant oubli ! lorsqu'il n'en est pas un peut-être qui ne leur ait procuré un abri contre une averse, un refuge contre le vent d'hiver ou la poussière d'été, un lieu de promenade commode et séduisant. Les ingrats !"
À PROPOS DES ÉDITIONS LIGARAN
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Seitenzahl: 26
Veröffentlichungsjahr: 2015
Paris, ou le Livre des Cent-et-Un publié en quinze volumes chez Ladvocat de 1831 à 1834, constitue une des premières initiatives éditoriales majeures de la « littérature panoramique », selon l’expression du philosophe Walter Benjamin, très en vogue au XIXe siècle. Cent un contributeurs, célèbres pour certains, moins connus pour d’autres, appartenant tous au paysage littéraire et mondain de l’époque, ont écrit ces textes pour venir en aide à leur éditeur qui faisait face à d'importantes difficultés financières… Ainsi ont-ils constitué une fresque unique qui offre un véritable « Paris kaléidoscopique ».
Le présent ouvrage a été sélectionné parmi les textes publiés dans Paris ou le Livre des Cent-et-Un. De nombreux titres de cette fresque sont disponibles auprès de la majorité des librairies en ligne.
Pourquoi dans le récit que fait ordinairement un étranger des objets qui ont le plus frappé son attention dans Paris, les passages n’y figurent-ils que très secondairement, quand ils y figurent ? Outrageant oubli ! lorsqu’il n’en est pas un peut-être qui ne leur ait procuré un abri contre une averse, un refuge contre le vent d’hiver ou la poussière d’été, un lieu de promenade commode et séduisant. Les ingrats !
Certes, je n’aurai jamais ce reproche à me faire, moi, qui, dans mon imagination reconnaissante, ai jugé à l’égal des Larochefoucault et des Mansard celui qui le premier a eu l’idée des passages et l’audace de les construire ; moi qui ai reconnu, compté et calculé les avantages sans nombre résultant de cette heureuse conception, et qui ai pris la résolution d’en faire l’analyse, pour vous, piétons refrognés, qui trouvez là un chemin toujours sec et uni, et un moyen sûr d’abréger les distances que vous avez à parcourir ; pour vous, paresseux, avares de vos pas et de vos peines, qui trouvez dans un emplacement de dix toises, la réunion de tous les objets disséminés sur la surface de Paris ; pour vous, flâneurs obstinés, que rien ne contrarie plus dans le cours de vos observations systématiques, à l’abri que vous êtes des variations de l’atmosphère sous cette voûte protectrice.
N’est-ce pas le résumé d’une ville entière qu’un passage ? l’Eldorado des nonchalants qui s’y installent, et peuvent y passer leur vie sans être forcés de mettre leur nez hors de ce dôme vitré ? N’y trouvent-ils pas de quoi satisfaire à toutes les exigences de leur organisation animale, intellectuelle, je dirai même passionnelle ? Eh bien ! par la même raison, un passage est la terre promise de tous les gens qui se servent eux-mêmes, n’aimant pas les domestiques ; qui ne vont qu’à pied, n’aimant pas les voitures ; et qui veulent économiser le temps comme ils économiseraient une fortune. Et, je vous le dis en vérité, ces gens-là fourmillent dans Paris. Je cherche donc à améliorer le sort de la classe la plus nombreuse de la société.
