Les secrets de la bâtisse - Med Kamel Yahiaoui - E-Book

Les secrets de la bâtisse E-Book

Med Kamel Yahiaoui

0,0
3,99 €

-100%
Sammeln Sie Punkte in unserem Gutscheinprogramm und kaufen Sie E-Books und Hörbücher mit bis zu 100% Rabatt.

Mehr erfahren.
Beschreibung

La bâtisse, jouxtant un ancien centre de recherches et d'expériences militaires et un camp de nomades, ou vivent en permanence des campeurs, des laissés pour compte et désargentés. Elle comprend des salles de conférences sur des thèmes divers, une salle transformée épisodiquement en dancing pour les jeunes de la région et, curieusement, une salle louée à une église satanique où se déroulaient des messes noires. Aux dires des villageois, depuis sa construction, d'étranges événements se produisent, semant ainsi une peur bleue parmi les villageois. Des enlèvements de campeurs, des chiens capturés, des mères enceintes et leur nouveau-né qui disparaissent, des humanoïdes qui déambulent dans le village pour ne citer que l'essentiel. Pour eux, les activités de la bâtisse ne sont que des leurres, il y aurait d'autres activités secrètes à l'intérieur, mais quoi ? Que se passe-t-il réellement à l'intérieur de cette bâtisse ? Où conduit la modeste entrée de la bâtisse qui mènerait probablement à une autre structure plus grande ? Les enquêtes en cours parviendront-elles à élucider le mystère de la bâtisse soupçonnée d'être un centre de recherches et d'expériences scientifiques, où l'on façonne l'esprit et le corps de l'être humain sans la moindre éthique ? Malgré la psychose, la vie des villageois continue, des amours se nouent et se séparent, des rivalités, des entre-aides aussi. Parmi eux, Ronald le malade bipolaire qui avait commis trois infidélités en moins de vingt-quatre heures et sa fiancée Tracy succombera-t-elle aux avances d'un nouveau prétendant.

Das E-Book können Sie in Legimi-Apps oder einer beliebigen App lesen, die das folgende Format unterstützen:

EPUB
MOBI

Seitenzahl: 243

Veröffentlichungsjahr: 2020

Bewertungen
0,0
0
0
0
0
0
Mehr Informationen
Mehr Informationen
Legimi prüft nicht, ob Rezensionen von Nutzern stammen, die den betreffenden Titel tatsächlich gekauft oder gelesen/gehört haben. Wir entfernen aber gefälschte Rezensionen.



Si l’on savait ce qui se passe dans certains laboratoires de recherches, on s’exilerait vers une autre planète.

L’auteur

Sommaire

Chapitre I

Chapitre II

Chapitre III

Chapitre IV

Chapitre V

Chapitre VI

Chapitre VII

Chapitre VIII

Chapitre IX

Chapitre X

Chapitre XI

Chapitre XII

Chapitre XIII

Chapitre XIV

Chapitre XV

Chapitre XVI

Chapitre XVII

Chapitre XVIII

Chapitre XIX

Chapitre XX

Chapitre XXI

I

Dans le désert Californien parmi les innombrables sites touristiques non loin du lieu où se célèbre le fameux festival rock de Desert trip, se trouve un intrigant immeuble nommé « la bâtisse », située à quelques centaines de mètres de la fameuse high Mountain dans le campement de Slab dwelling.

Slab dwelling est un lieu merveilleusement coloré et où vit librement une communauté de nomades d’Américains désargentés, dans un territoire sans réglementation contraignante, dispensés du paiement d’impôts, de taxes ou de loyers.

L’entrée dans la bâtisse est libre et gratuite, mais ressortir de ce lieu était incertain, aux dires des riverains.

Pourtant, rien ne présageait un risque quelconque, car elle inspirait plutôt une quiétude certaine, surtout adossée à la high mountain, dédiée à Jésus Christ, artistiquement peinte, portant sur ses flancs des versets de la Bible et un nom prédestiné protecteur de montagne du Salut.

Ronald et sa petite amie Tracy, un couple de Los Angeles et leur chien Bobby, après avoir assisté au grandiose festival de rock décidèrent de s’y rendre.

Ronald avait achevé ses hautes études informatiques il y a environ trois ans et Tracy celles en biologie à la même date. Ils étaient tous deux férus d'histoire des civilisations anciennes, leur culte ancestral et particulièrement les pratiques ésotériques de ces peuples.

Ils connaissaient déjà, par ouï-dire, la bâtisse où l’on organisait des conférences, faisaient des démonstrations sur les mystérieux dons des anciennes civilisations.

De passage dans la région, ils profitèrent ainsi pour visiter ce lieu réputé dans son genre.

Après une nuit reposante dans un hôtel du village à proximité, ils partirent le lendemain en compagnie du toutou Bobby profitant de lui faire sa promenade matinale, en direction de la fameuse bâtisse.

Arrivés sur les lieux, ils se dirigèrent vers ce qui paraissait être l’entrée principale de la bâtisse.

À hauteur de la porte, le chien Bobby tenu en laisse par Tracy refusa net d’y entrer. Il se mit à aboyer, la queue baissée et tentant désespérément de rebrousser chemin.

Tracy tenta alors de le prendre dans ses bras pour le calmer, mais rien n’y fait, il continua à se débattre comme pour fuir un danger imminent.

Ronald, embarrassé par le comportement du chien, proposa à Tracy de retourner à l’hôtel, y déposer le chien et revenir tranquillement pour continuer leur visite.

Ils rebroussèrent chemin donc vers l’hôtel.

Arrivés à l’hôtel,

– Y a-t-il un service de garde pour les animaux dans votre hôtel, questionna Ronald à l’accueil.

– Bien sûr Monsieur

– Vous souhaitez le faire garder dès maintenant ?

– Oui, juste pour la journée.

Ronald, intrigué par l'attitude du chien à l’entrée de la bâtisse, décrivit en détail, à la fille de l’accueil, ce qui s’était passé, puis,

– Pensez-vous qu’il y a une raison particulière ?

– Oui Monsieur, il y a certainement de quoi, mais je ne saurais vous l’expliquer.

Tracy enchaîna à son tour par une autre question

– Pensez-vous qu’il peut y avoir un danger ?

– Peut-être

– Vous savez, les animaux ont des sens plus développés que les nôtres pour repérer un danger, poursuivit la fille de l’hôtel.

Tracy et Ronald semblaient intrigués par les non-dits de la réceptionniste de l’hôtel.

Au contraire de l’intimidation, ils furent davantage excités pour aller au bout de cette aventure.

Ils marchèrent donc à nouveau vers la bâtisse.

En pénétrant à l’intérieur, rien ne paraissait anormal, un service d'accueil et des brochures çà et là, une salle d’attente communiquant avec des portes autour.

Ils furent invités à remplir un formulaire succinct pour pouvoir les orienter vers la source de leur recherche parmi les deux thèmes proposés :

– Le divin créateur

– Les pouvoirs invisibles

Bon, se disent-ils, le divin créateur est probablement ce dieu qui créa l’homme et la nature et dont ses croyants se chamaillent encore de nos jours pour savoir s’il était chrétien, juif ou musulman. Donc moins intéressant comme thème.

Ronald et Tracy optèrent pour les pouvoirs invisibles, un thème qui était plus près de leur quête de l’inconnu.

Ils remplirent chacun le formulaire à disposition sur la table.

Ronald remit les deux formulaires à l’homme aux allures de messie qui était à l’accueil. L’homme jeta un coup d’œil rapide sur les documents puis lui remit, à son tour, deux autres fiches à signer.

Ronald se retourna vers Tracy, lui remit une des fiches.

Tracy, lue la fiche puis s’exclama :

– Tu ne trouves pas que cette fiche est assez bizarre ?

– On nous demande de signer un document comme quoi nous étions déjà ressortis de cet établissement, alors que nous ne sommes pas entrés encore !

– Tracy, ne t’inquiète pas, c’est probablement une simple raison administrative, répondit Ronald.

– Désolée d’insister Ronald, ce document prouvera que nous sommes déjà ressortis de ce foutu lieu.

– Comme ça, ils pourront nous kidnapper, hein ?

Ronald essaya de tempérer les craintes de Tracy en y ajoutant un baiser réconfortant sur la joue de sa copine.

Après quelques minutes assis dans la salle d’attente, un autre homme sortit d’une porte adjacente, se dirigea vers l’accueil, récupéra les formulaires puis se dirigea vers le couple.

– Bonjour, Madame, Monsieur, je vous accompagne dans les salles de cours.

– Voulez-vous me suivre SVP ?

Le couple descendit d’un étage, suivant au pas le guide, jusqu’à l’entrée d’un autre bureau au fond d’un long couloir.

Le guide remit les fiches à une secrétaire assise derrière un ordinateur équipé d’une caméra et d’un scanner digital.

Elle invita Ronald et Tracy à s’asseoir à tour de rôle sur la chaise en face de la caméra.

Ronald, l’air interrogatif, s’exécuta en premier :

Un clic de photo suivi de l’insertion de l’index dans le scanner digital pour une empreinte du doigt.

Tracy était visiblement réticente d’autant qu’elle continuait de s’interroger sur la fiche de sortie qu’on lui a déjà fait signer incongrûment.

L’air contrarié, elle regarda longuement Ronald, puis s’asseyait à son tour sur la chaise, en face de la caméra.

La secrétaire guida ensuite le couple dans un bureau contigu, sur la porte, une pancarte rappelle le titre de son occupant « Directeur ».

Un homme au teint mi-amérindien, mi-asiatique, avec une longue barbe et une tête rasée à la Yul Brynner. Il accueillit le couple avec un large sourire, leur serra chaleureusement la main puis les invita à s’asseoir sur les fauteuils dans un coin de son immense bureau.

– Je dois m’assurer de votre réelle motivation pour assister à nos séances, dit-il.

– Ce que vous allez voir et entendre n’a aucun rapport avec notre interprétation du monde moderne.

– Vos modes de raisonnement seront faussés, car la pratique de l'invisibilité par des peuples anciens qui disposaient de pouvoirs sur les êtres et les matières sur cette terre est invraisemblable.

– Il ne s’agit pas là de simples séances de magie ou d’envoûtement, mais de véritables pouvoirs sur les êtres et les choses qui nous viennent d’un autre monde avec des logiques incompréhensibles, impensables pour l’homme moderne que nous sommes.

Tracy, la bouche béante, Ronald manifestement étonné par les révélations de cet homme paisible et bien dans ses baskets.

Ils se regardèrent fixement pendant longtemps comme pour s’interroger sur la continuation ou l’abandon de cette aventure prétendument périlleuse.

La tentation était trop forte pour que Ronald et Tracy renoncent en cours de chemin. Le couple remercia l’homme pour ses avertissements, puis ils lui firent mutuellement signe de leur acceptation.

– C’est une bonne résolution, je vous en félicite.

– Mais avant cela, je souhaiterais vous demander si l’un de vous avait fait des études ou des recherches universitaires sur la génétique, l’informatique ou les sciences religieuses.

– Oui répondirent en chœur Ronald et Tracy.

– Ronald confirme : des recherches informatiques pour moi et biologies pour Tracy.

L’homme nota les informations sur les fiches déposées en évidence sur son bureau puis continua la discussion.

– Bien, je vous explique donc votre programme.

– Les séances se dérouleront sur deux jours successifs, soit aujourd’hui et demain.

– Il sera éminemment intéressant pour vous de participer en premier au programme « Les pouvoirs invisibles » qui se déroulera dans la Salle n° 2, elle se trouve au fond du couloir à gauche.

– Une fois fini, vous rejoindrez la salle n° 4 pour assister à la conférence dédiée à ce thème.

– Le programme du deuxième jour se passera également dans cette salle demain à 14 heures.

– Nous nous reverrons donc à l’issue de vos deux participations.

– Si vous rencontrez un problème quelconque, n’hésitez pas à revenir me voir dans ce même bureau.

Ronald et Tracy arrivèrent devant la salle n° 2, à l’intérieur, une vingtaine de personnes était déjà là. Ils choisirent les places vides du premier rang.

Comme il était d’usage, une journaliste monta sur l'estrade, photographia la salle et les spectateurs puis s'en alla.

Sur l'estrade, il n'y avait qu'une chaise vide.

Soudain apparaît, comme par magie, un homme qui s’assit immédiatement sur la chaise. Il regarda un long moment vers la salle.

Il aperçut un chien sur les jambes d’une spectatrice, le chien lévita au-dessus des jambes de sa maîtresse à environ deux mètres, vola comme un oiseau et se posa au bon milieu de l’estrade.

Le chien éberlué tenta de repartir vers sa maîtresse, rien n’y fait, il était scotché sur le parquet, ses multiples mouvements de pattes pour se libérer furent sans effet.

L’homme redirigea son regard en direction du chien, surgit alors à ses côtés un serpent qui s’enroula autour du malheureux chien.

La maîtresse du chien, épouvantée par le spectacle, craignant le pire pour son animal, se leva précipitamment, contourna les quelques bancs et se dirigea tout droit vers l'estrade.

Elle entama la première marche pour récupérer son chien, l’homme se retourna vers elle, il la stoppa net ; elle tenta vainement d’escalader la seconde marche, elle resta ainsi clouée comme si une force invisible la retenait par-derrière.

L’homme dirigea son regard vers le chien et le serpent. Le serpent se déroula progressivement libérant ainsi le chien, puis se mit comme au garde à vous à côté du chien.

Après un court instant, le serpent haussa sa tête près de la gueule du chien. Le chien se mit alors à lécher la tête et le cou du serpent pendant au moins une minute.

Puis, l’homme et le serpent disparurent subitement, évaporés dans la nature, sans que l'on sache comment ils étaient arrivés, ni par quel miracle ils sont repartis.

Il ne resta que la chaise vide et le chien qui, un peu hébété, courut rejoindre sa maîtresse qui fut libérée entre-temps.

Un silence glaçant régnait dans la salle.

Ronald et Tracy furent abasourdis par ce qu’ils venaient de voir et leur seule certitude du moment était que Bobby, leur chien, avait bien ses raisons d’avoir refusé d’y entrer.

Rien n’expliquait ce à quoi ils venaient d’assister. Ils passèrent en revue toutes les théories de la téléportation, les trucages des pseudo-magiciens et autres adeptes du paranormal.

Rien, de tout ça, conclurent-ils, mais alors, d’où viennent donc ces étranges pouvoirs ?

Au sortir de la salle, un petit groupe de participants s’était formé. Ils avaient tous l’air décontenancés.

– Incroyable, s'exclama Ronald puis,

– Tracy, allons rejoindre le petit groupe là-bas pour s’enquérir de ce qu’ils pensent.

Le couple s’intégra au groupe. Parmi eux, un chaman amérindien, deux ecclésiastiques et un officier de la police de Californie.

Ronald et Tracy se présentèrent à eux, chacun à son tour. Des réflexions s’engagèrent entre les membres du groupe. Chacun avait sa propre interprétation.

Le chaman conclut qu’il y a bien un autre monde et que la démonstration à laquelle nous avions assisté en est la preuve.

Le premier ecclésiastique s’en remit « aux voies impénétrables de Dieu le tout-puissant », une rhétorique habituelle chez les religieux. Le second évoquait, quant à lui, des pouvoirs sataniques.

À part Ronald et Tracy en quête de l’inconnu ou encore l’officier de police qui était présent pour des raisons professionnelles, les autres personnes du groupe étaient vraiment en lien direct avec ce qui semblait être de l’ésotérisme.

L’officier de police, lui, était là pour enquêter sur autre chose.

En effet, nous disait-il, le district de la police voisine avait constaté des disparitions inquiétantes de Slabbers (nomades de la Slab dwelling) qui lui ont été rapportées par quelques membres de cette communauté.

Ces disparitions concernaient particulièrement des hommes et, dans une moindre mesure, des chiens.

Les conclusions des multiples investigations de la police s’orientaient vers deux lieux, dont celui de la bâtisse.

Le second lieu est celui de l’ancienne base militaire de l’armée, mais les entrées de ce sous-terrain qui servait aux exercices de tir des marines ont été solidement obturées par je ne sais qui, car cette zone de non-droit est, en quelque sorte, devenue un No man’s land.

L’officier de police s’adressant à Ronald,

– Pensez-vous que les disparus de Slab dwelling peuvent avoir un rapport avec ce que nous venons de voir ?

– Des expérimentations sur des humains ou des sacrifices occultes par exemple ?

Ronald répondit :

– À vrai dire, je ne crois pas, car la démonstration qui nous a été faite en salle ne nécessitait pas des cobayes.

– De surcroît, cette démonstration à propos de l’invisibilité est faussement maquillée en un évènement paranormal.

– Empiriquement, je croirai plus à une technologie élaborée à partir de méta matériaux.

Les portes de la salle de conférences viennent de s’ouvrir à instant. C’était la deuxième étape du programme. Une jolie fille blonde, hôtesse d’accueil de la salle n° 4, fit signe au public de la rejoindre.

– Les conférenciers ne vont pas tarder à arriver, vous pouvez vous installer tranquillement à l’intérieur de la salle, leur dit-elle.

Il y avait beaucoup plus de monde que la précédente séance, les uns s’apprêtaient à pénétrer dans la salle, d’autres y étaient déjà.

Visiblement, l’officier de police avait pris le couple en amitié, il resta en leur compagnie.

Profession oblige, l’officier de police scrutait le moindre indice parmi la foule et se déplaçait par moments pour vérifier s’il y avait d’autres issues, et ce, malgré la méfiance des agents locaux de sécurité qui le pistaient dans ses moindres déplacements.

Ronald partit se renseigner auprès de l’hôtesse s’il y avait un lieu pour se restaurer. Cette dernière le rassura, un buffet offert était prévu à mi-séance.

On se demande d’ailleurs si Ronald était parti voir la charmante hôtesse d’accueil pour le seul motif de se renseigner ou s’il avait une autre idée derrière la tête.

Il était réputé sensible à la beauté des jolies filles et un coureur de jupons invétéré. D’ailleurs, la majorité des disputes avec Tracy avait pour origine son comportement désinvolte qu’elle le lui reprochait inlassablement depuis qu’ils vivent ensemble.

Profitant de cette absence, l’officier de police rejoignit Tracy et entama la discussion avec elle.

– Je m’appelle John WALTER, officier de police fédérale, et vous ?

– Tracy OTHMAN, docteur en biologie

– Enchanté, Mademoiselle

– De même Monsieur. Désolée, je dois téléphoner avant la conférence, dit-elle à John.

Tracy se retira dans un coin pour téléphoner à l’hôtel, s’enquérir du séjour de Bobby son toutou dans la nursery pour chiens.

– Il est docile et heureux comme un prince

– Ne vous inquiétez pas pour lui, nous nous en occupons, vous pouvez rentrer à l’heure que vous voulez.

Quoi de plus rassurant, pour mon toutou se disait Tracy.

Puis la réceptionniste rajouta :

– Vous êtes encore à la bâtisse ?

– Oui

– Pas de problème, tout se passe bien là-bas ?

– Bah oui pourquoi ! répondit Tracy.

La fille de l’hôtel raccrocha son combiné sans rajouter un seul mot excepté un poli « Au revoir madame », laissant Tracy perplexe.

Cette fille m’énerve, rumina-t-elle, comme si un malheur devait forcément nous arriver.

John, l'officier de police continua d'inspecter les lieux, persuadé qu'il y a, quelque part, un passage pour accéder à d’autres structures dans les sous-sols.

En explorant l'esplanade qui desservait les salles de conférences, il vit dans un coin, un monte-charge et un ascenseur adjacent. Il décida de s’y rendre. Quand il arriva sur les lieux, le monte-charge et l'ascenseur étaient équipés d'un système à clés verrouillant leur utilisation. Immédiatement après, arrivèrent à sa hauteur, deux agents de la sécurité l'intimant de rejoindre la salle de conférences.

Par intuition ou analyse, l'officier de police semblait persuader que les disparus de Slab dwelling ne pouvaient être que dans ces lieux.

Une lumière verte clignotait au-dessus de la porte de la salle n° 4. La jeune et jolie hôtesse d'accueil distribuait des flyers à l'entrée. Les maîtres de conférences venaient d’arriver.

Tracy, Ronald et John l'officier de police se retrouvèrent à nouveau devant la porte d'entrée de la conférence, ils entrèrent ensemble et s'asseyaient tous les trois dans les premiers rangs, Tracy, à côté de John comme pour narguer son petit ami Ronald.

Sur l'estrade, un long bureau où siégeaient derrière trois messieurs, deux habillés à l'Occidental et un autre vêtu autrement.

Dans la salle, des auditeurs lisaient le prospectus pour s’informer du contenu de la conférence et des intervenants.

Il est prévu que deux chercheurs tenteront d’élucider les mystérieux phénomènes auxquels nous avions assisté, puis un break pour aller se restaurer dans une salle à côté et enfin, le retour à la salle de conférences pour un libre débat avec les conférenciers.

– Je me présente, Philippe.

– Je suis le coordinateur de cette conférence, nous allons tenter d’élucider les phénomènes extravagants que vous aviez déjà vus dans la salle n° 2.

– Je suis assisté par deux chercheurs scientifiques qui avaient réalisé et réalisent encore des travaux concernant particulièrement ce sujet.

– Pour l’intérêt de la conférence, nous parlerons d’abord de ce que nous apprennent les trois principales religions à propos de pouvoirs invisibles que certains érudits pouvaient décrypter à travers la lecture des livres saints (Torah, Bible et Coran). Nous irons ensuite explorer l’occultisme et surtout le fameux Satan, ce démon qui confère des pouvoirs invraisemblables à ceux qui se détournent de Dieu pour se rallier à lui.

– Les croyants de toute religion, juive, chrétienne ou musulmane trouveront peut-être des réponses pour renforcer ou confirmer davantage leur croyance.

– Les athées auront, quant à eux, une matière à réflexion sur ces présumés pouvoirs inexpliqués.

– Notre mission première est d’explorer ce qui pourrait être à l’origine de ses phénomènes, mais pas de vous convaincre.

– Nous respectons toutes les religions et leur dogme dans une échelle de valeurs identique. Elles ne seront citées au cours de la conférence que dans le cadre exclusif de nos recherches et sans valeur de jugement de l’une par rapport aux autres.

– Je vous remercie et donne donc la parole à mon voisin de gauche pour la suite.

Le premier conférencier prit la parole avec une amusante introduction :

– Je ne porte pas de kippa, ni chapeau, ni turban, ni même le chapeau à plume d’un chaman, car le ciel et les astres me suffisent comme couvre-chef !

– Rassurez-vous, ce n’était qu’une simple introduction pour détendre l’atmosphère tant le sujet est sérieux.

– Je m’appelle Laurent, mes hypothèses seront inspirées des exégèses des religions où ces phénomènes appelés communément le monde invisible sont abondamment relatés.

– Mais bien avant d’aborder cette approche, je souhaiterais vous parler des pouvoirs invisibles qui s’exercent sur nous chaque jour et que nous avions apprivoisés tout au long de notre vie, sans nous poser de quelconques questions.

– Le premier pouvoir est l’état de rêve au sens propre du mot.

– De l’état éveillé, nous basculons dans un autre monde sur lequel nous n’exercions aucune emprise. Nous ressentions, au cours de cette fugue, les mêmes effets que dans le réel, comme la douleur, le soulagement, la joie, la tristesse, la peur, et cætera.Dès notre réveil, comme par enchantement rien de cette vie fugitive ne se concrétise, nous n’étions que de simples acteurs dans ce momentané monde.

– Le second pouvoir est encore plus impliqué dans notre vie quotidienne. C’est cet être d’esprit qui est en permanence présent dans nos têtes, en quelque sorte, un second nous-mêmes. Nous ne l’entendons pas de vive voix, mais il dialogue, en permanence dans notre esprit, s’immisce dans la moindre de nos décisions à la millième de seconde. Il n’est pas matériellement vérifiable et pourtant, nous exécutons à la lettre ses diktats.

– Certes, ces pouvoirs constituent des attributs de cette insondable machine qu’est l’humain, n’empêche c’est surtout leur caractère d’invisibilité qui suscite notre questionnement.

– Les sciences et la philosophie nous ont abreuvés d’une abondante littérature sur le sujet avec de multiples hypothèses.

– Les religieux monothéistes quant à eux, se confinaient dans le sacré et les bouddhistes dans celui de la force de la nature.

– C’est donc parmi ces gens-là que j’avais puisé mes sources pour construire ainsi, la trame de notre conférence d’aujourd’hui.

Un remue-ménage était perceptible dans la salle, soudain un homme leva le doigt et demanda la parole.

Le responsable de la conférence lui fit visuellement comprendre que le débat suivra plus tard.

L’homme insistait et prit la parole à une distance qui la rendait inaudible. Un conférencier lui demanda alors de s’approcher de la scène.

– Je ne pense pas qu’il s’agisse de pouvoirs invisibles ou de monde caché.

– Ce que nous avions vu dans la précédente salle n’est que de l’hypnotisme de spectacle.

– Je suis moi-même hypnotiseur et je peux vous faire une démonstration.

Le responsable de la conférence murmura quelques phrases dans l’oreille de l’intervenant à côté de lui, puis :

– Avec de l'hypnotisme, vous pouvez suggérer l’illusion de voir ou subir telle ou telle scène à un cobaye, faut-il encore qu’il soit consentant ; mais il ne verra jamais les choses ou les actions en réel comme précédemment démontré dans la salle n° 2.

– Pour le dire autrement, vous pourrez suggérer au patient qu’un homme venu de nulle part est assis sur la chaise, il imaginera sa présence, mais il ne le verra pas.

– De même pour le chien qui lévite et survole au-dessus des spectateurs pour monter sur la scène ou encore la présence physique du serpent.

L’hypnotiseur resta méditatif sur le moment alors qu’un autre homme s’agitait dans la salle en demandant à intervenir lui aussi.

Le coordinateur de la conférence lui demanda de se rapprocher devant l'estrade.

– Je pense, qu’au moins pour l’homme, c’est juste de la lévitation, j’ai assisté à des spectacles comme ça ou un illusionniste faisait monter et descendre une femme dans le vide.

Le conférencier ne tarda pas à lui répondre,

– Le tour de l’illusionniste ou du magicien qui suppose faire monter ou descendre dans le vide une femme, en général, n’est autre que de la supercherie réalisée à l’aide d’une table truquée. Le seul pouvoir dont l’illusionniste dispose, c’est son ingéniosité à façonner les outils de trucages comme le spectacle de la femme coupée en deux ou l’on aménage un fond pour que celle-ci puisse se mouvoir dans un seul côté de la caisse.

Une femme cette fois-ci se leva et demanda à prendre la parole :

– Je pense qu’il s’agit, d'un effet de réalité virtuelle améliorée, une séquence filmée et retraitée par un logiciel pour créer les effets spéciaux telle l’apparition de l’homme, du serpent ou encore la lévitation du chien.

– Il doit y avoir une couche dissimulée entre nous les spectateurs, et la scène, servant d’écran un peu comme sur un casque de réalité virtuelle.

Le conférencier répondit,

– Une idée ingénieuse, Madame

– Une couche dissimulée qui servirait d’écran un peu comme celui d’un casque, dites-vous, en quelque sorte un écran invisible

– Nous voilà à nouveau dans le monde invisible sauf qu’il est immédiat celui-ci, n’est-ce pas madame !

– À ma connaissance, un casque de réalité virtuelle ou même une projection d’un film en 3d sur grand écran sont des supports physiquement matérialisés. Nous avions l’illusion d’être dans la scène, mais nous savions parfaitement que ce n’est qu’un film.

– La science moderne n’est pas encore arrivée à une telle prouesse pour rendre un matériel ou un être invisible. Viendra un jour peut-être.

Au moins trois mains levées dans la salle attendaient leur tour.

– Allez, encore un dernier ! Dis le conférencier.

Un homme s’avança vers la scène

– À part le chien, je pense que l’homme et le serpent qui surgirent sur la scène étaient manœuvrés par des fils solides et invisibles un peu comme les marionnettes.

Le conférencier, l’air amusé, répondit

– Vous n’étiez pas tous des myopes dans la salle, à ma connaissance !

Rires dans la salle.

Pour interrompre d'autres questions, le coordinateur enchaîna la suite,

– Bien, ces interventions anticipées ont décalé le déroulement de la conférence ; je vous propose de faire maintenant la pause déjeuner, nous reprendrons dans une demi-heure.

– Un buffet froid est à votre disposition dans la salle n° 1, en sortant à votre droite ; bon appétit Mesdames et Messieurs.

Chez les auditeurs, certains déplorèrent l’interruption précoce de la conférence, d’autres au contraire, s’en réjouissaient.

Parmi les premiers à sortir, Ronald partit en vitesse, se frayant le chemin aux coudes à coudes, prétextant une envie pressante d’aller aux toilettes.

Tracy et John suivirent calmement tout en bavardant ensemble.

Au sortir de la salle, une déception perceptible sur le visage de Tracy : Ronald était en train de faire la cour à l’hôtesse d’accueil qui ne semblait pas être désintéressée puisqu’elle paraissait noter le numéro de téléphone de Ronald sur son portable.

Tracy alla les rejoindre comme pour signifier à sa rivale une chasse gardée.

Tout le monde se retrouva donc dans la salle du buffet froid, les auditeurs, les conférenciers ainsi que le personnel de l’établissement.

Tracy, par vengeance, s’éloigna sciemment de Ronald et répondait par un sourire aguicheur à quiconque la regardait.

John, l’officier de police dédaigna le buffet et partit scruter les locaux à la recherche d’indices. Il se dirigea vers le monte-charge et l’ascenseur mitoyen qu’il soupçonnait de donner accès à d’autres lieux.

Il faisait semblant d’enlacer ses chaussures pour tromper la vigilance des agents de sécurité tout en surveillant les mouvements du monte-charge. Soudain, la porte de l’ascenseur s’ouvrit à l’étage. Il se précipita à l’intérieur, appuya rapidement sur le dernier bouton desservant le quatrième sous-sol. Arrivé à ce dernier sous-sol, il bloqua l’élévateur en mettant une chaussure entre les battants, trifouilla dans le noir pour trouver un interrupteur et l'alluma.

C’était une surface équivalente à celle de l’esplanade des salles de conférences, servant de dépôt où étaient entreposés des cartons contenant d’après les indications, du matériel et des produits de laboratoire.

Une intrigue cependant ; les cartons dissimulaient, derrière eux, quatre portes blindées bien verrouillées.

John s’apprêtait à inspecter les autres sous-sols quand il entendit le monte-charge redescendre. Pour éviter de se faire repérer, il remonta immédiatement dans l’ascenseur, regagna l’esplanade puis la salle du buffet.

Dans la salle, un brouhaha et des bribes de commentaires à peine audibles.

Tracy s’était fait accoster par le directeur, cet imposant personnage par sa carrure et son visage exotique.

Contrairement aux apparences, il s’intéressa davantage à son curriculum vitæ plus qu’à la séduire. Entre autres questions, il lui demanda ce qu’elle pensait personnellement, en tant que biologiste, de la pratique de la transgenèse (manipulation génétique), si elle a eu à la pratiquer dans le cadre de son travail, puis il quitta Tracy en prenant soin de lui remettre sa carte de visite.

Le directeur, continua son bain de foule, serrant la main avec le même sourire courtois.

Ronald était reparti à une nouvelle conquête féminine dans la salle, il mit son dévolu sur une belle convive cette fois-ci. Est-ce par instinct de séduction ou pour provoquer à son tour sa petite amie.

La fille avait l’air enthousiasmée par ce que lui racontait Ronald.

Ils furent tous deux rejoints par le directeur

– Mademoiselle Jennifer et Monsieur Ronald, nos deux érudits de l’informatique réunis.

– Quand une lumière rencontre une autre lumière de quoi parlent-elles ?

– D’informatique évidemment !

Il embrassa Jennifer puis serra la main à Ronald.

– Jennifer est notre championne de l’analyse informatique des données moléculaires et vous Monsieur Ronald ?

Quelle relation entre la bâtisse, censée dispenser des connaissances sur les civilisations anciennes et Jennifer, cette championne de l’analyse moléculaire se dit Ronald !

À vrai dire, il était contrarié par l'arrivée du directeur, l’interrompant dans sa séance de séduction de la belle Jennifer, il répondit néanmoins à la question :

– Je suis doctorant et professeur en sciences numériques à l’université en Californie.

– Je suis également membre d’un think tank à la pointe de la recherche en informatique et nous communiquons nos réflexions dans de multiples domaines à des organismes privés et publics.

Fort intéressant, répondit le directeur, puis :

– Permettez-moi de vous priver un moment de Jennifer, notre jolie collaboratrice ?

Ronald lui exprima son accord tout en faisant un petit clin d’œil à Jennifer. Le directeur se retira à quelques pas de là avec Jennifer. Ils discutèrent un moment ensemble ; est-ce pour des raisons professionnelles ou des suggestions concernant Ronald ? La discussion avait l’air sérieuse en tout cas. Ils retrouvèrent à nouveau Ronald.

Entre-temps, l’hôtesse d’accueil signalait la reprise imminente de la conférence, elle invita les auditeurs à rejoindre la salle n° 4.

Le directeur donna sa carte de visite à Ronald, lequel remit à son tour sa propre carte au directeur, mais à Jennifer aussi, une occasion d’or pour lui transmettre ses coordonnées.