Erhalten Sie Zugang zu diesem und mehr als 300000 Büchern ab EUR 5,99 monatlich.
Peu de jeunes mamans racontent leur histoire. Leur vraie histoire. C'est tabou, c'est intime, c'est personnel, ce n'est pas aussi joli que prévu. Chacune a son ressenti face à cet évènement incroyable de la vie. Cécile Netteaul a choisi de partager le sien en levant le voile sur son quotidien de femme enceinte puis de mère débutante. Par ce livre autobiographique, qui mêle humour et authenticité, elle vous propose de croiser son regard, l'espace d'un instant.
Sie lesen das E-Book in den Legimi-Apps auf:
Seitenzahl: 165
Veröffentlichungsjahr: 2016
Das E-Book (TTS) können Sie hören im Abo „Legimi Premium” in Legimi-Apps auf:
à mon fils
Préface
Ch. 1 – Enceinte!
Ch. 2 – Bébé… Ou l’arrivée d’un tsunami
Ch. 3 – Devenir
marathonienne
jeune maman
Ch. 4 – Le grand tunnel
Ch. 5 – Un deuxième souffle
Ch. 6 – Quand la chenille devient papillon
Ch. 7 – Rien que des mots, toujours des mots
Devenir maman a changé ma vie. Ma façon de manger, dormir, me laver, me promener, respirer, sourire, pleurer a évolué. Ma perception de l’existence toute entière n’est plus la même. Mes relations aux autres, ma vision du travail, ma conception de l’éducation, mes opinions fondamentales ou encore mon rapport à moi-même. Tout a été bouleversé par l’arrivée de ce petit être. Puis, surtout, j’ai découvert un univers jusque-là inconnu et j’en ai été étonnée. J’ai le sentiment qu’on cache bien des choses sur la maternité et sur la vie des jeunes mamans. Je refuse de faire de même avec mon expérience car je suis convaincue qu’elle peut trouver une résonance dans d’autres foyers. J’ai envie de vous ouvrir ma porte et de vous raconter mon histoire, la vraie. Sans édulcorant ni arôme artificiel. A l’ère où les apparences doivent coûte que coûte être tenues, je choisis d’aller à contre-courant en laissant tomber le masque et de partager avec vous ces quelques mois si riches et si imprévisibles.
*
Commençons par le début : Tomber Enceinte.
C'est vrai que le terme est bien choisi! Avant ce jour d'avril où j'ai ressenti dans mon ventre une douleur inhabituelle, je n'avais jamais prêté attention aux mots employés : Tomber Enceinte. Oui, c'est un peu comme se casser la figure. Surprenant, déstabilisant, désorientant. Pour ma part ce fut rapide. J'approchais de la trentaine et mon cerveau s'était mis en mode panique : BEBE, bébé, BEBE, bébé... C'était devenu subitement une nécessité. Un coup de l'horloge biologique diront certains. Bof. Je pense que pour moi c'était juste la rencontre entre mes projets de petite fille (« c'est sûr, je serai enceinte avant 28 ans ») et la pression sociale (« et vous, c'est pour quand? »). Bref, une fois chéri d'accord, nous voilà lancés dans ce beau projet. Sauf qu'il n'a fallu que d'une fois... Une seule fois. Même si c'est un choix, il faut l'avouer, ça surprend. Surtout chéri d'ailleurs qui, je cite, « croyait qu'il fallait en moyenne 6 mois pour tomber enceinte!!! ». Je n'en revenais pas non plus. Je me rendais compte subitement de la réalité de notre décision, de son caractère irréversible. N'allez pas croire ici que j'étais dans le regret ou que nous avions précipité notre décision. Non. Seulement entre songer à tomber enceinte et tomber enceinte vraiment, nous pensions qu'il y avait plus qu'un pas.
*
Au moment où j'ai eu des douleurs de règles à une date qui ne correspondait en rien aux dates habituelles de mes menstruations, j'ai eu un gros doute. Il faut savoir qu'à l'époque chéri travaillait à 150 kilomètres de chez nous, il s’était donc pris un studio en location et rentrait à chaque fin de semaine. Nous avions eu un rapport pendant le week-end et voilà que cinq jours plus tard se déclenche ma douleur utérine. Louche je vous dis. Je tapote fébrilement sur Internet : « mal au ventre début de grossesse ? ». Et je découvre que oui, potentiellement on peut avoir cette sensation dès le début. Après que le petit spermatozoïde a trouvé son ovule, l'embryon ainsi formé se déplace vers l'utérus. C'est une fois qu'il y est que l'on peut sentir quelque chose. Cela correspond à la nidation. Bref, je ne suis pas qualifiée pour vous faire un cours d'embryogenèse mais sachez mesdames que c'est un signe de début de grossesse. Première nouvelle. La douleur fut si vive qu’elle m'obligea à m'allonger quelques minutes sur le canapé. Puis, l'utérus ayant visiblement compris qu'il lui fallait se mettre au boulot, il me fit un ramdam pas possible pendant les trois semaines suivantes. Vous avez bien compris : un mois de douleurs de règles. Mais comme c'était pour faire un endroit bien confortable à bébé, quand j'avais mal, je souriais béatement au lieu de ronchonner. Les hormones sans doute.
*
Je repense avec tendresse à ces premiers moments de grossesse où se mêlent beaucoup de sentiments. L'excitation face à ce beau projet. La peur de l'immensité de ce même projet. L'inquiétude de la fausse-couche. L'amusement de garder un secret. La culpabilité vis-à-vis des copines qui veulent aussi un enfant mais qui n'arrivent pas à tomber enceinte. L'intérêt subi pour tout le matériel de puériculture. La sérénité de se sentir femme. La joie d'imaginer le futur nourrisson. L'envie que les choses s'accélèrent et que le ventre s'arrondisse.
*
Le premier trimestre de la grossesse peut soi-disant passer inaperçu. Du moins pour partie. Du moins pour certaines. Mouais. Comme je l'ai dit précédemment, j'ai su dès le début que j'étais enceinte. Pour autant, je n'avais aucune preuve. Juste l'intuition que mon corps faisait quelque chose d'inhabituel. La preuve est venue plus tard par le test de grossesse. Un vieux test périmé sorti du fond de ma boite à pharmacie environ deux semaines après le début de mes sensations utérines. Je n'avais pas la patience d'attendre un retard de règles. Le test était périmé, je ne risquais pas grand-chose. S'il s'avérait négatif, je n'aurais qu'à le jeter en imaginant que, périmé, un test ne peut jamais être positif. Je profite que chéri aille fumer une cigarette sur le balcon et me voilà partie aux toilettes, en mode James Bond : enquêter dans la discrétion.
+
Un test périmé peut donc être positif. Deuxième nouvelle. Bon. Mais un test périmé positif est-il vraiment positif ?? Flûte de zut. Sortons du mode J.B. et allons voir chéri.
*
Bien sûr, chéri n'en sait rien. Chéri se demande pourquoi on avait acheté un test de grossesse il y a si longtemps. Là n'est pas la question. Revenons aux sources sûres. Hum hum. Je tapote : « fiabilité test de grossesse périmé positif ». Sur plusieurs forums, je trouve les réponses suivantes : « un test périmé peut être négatif alors que l'on est enceinte », « si votre test est positif, périmé ou pas, vous êtes enceinte », « le test évalue le taux de HCG (hormone gonadotrophine chorionique) » ou encore « l'HCG n'est pas présente chez la femme non fécondée ». Il semblerait que je sois enceinte. Car mon test, même périmé, a réagi tout de suite et ne fait pas dans la dentelle. Le + est bien visible. Bon, en même temps, je le savais déjà (oui, j'ai mal au ventre, souvenez-vous). N'empêche que je ne serai pas contre une petite preuve vraiment fiable.
*
Suite à cet épisode, je me suis raisonnée : la meilleure preuve sera l'absence des règles. De toute façon, il n'y a rien d'autre à faire qu'attendre. Là m'est venue une autre illumination lexicale : Attendre un Enfant. En effet, au vu des premiers jours de grossesse, j’imagine que neuf mois, ça risque d'être sacrément long. Pour faire passer le temps j'ai suivi une envie qu'il ne serait pas excessif de qualifier de compulsive et je suis allée en librairie. J'y ai acheté mon cahier de suivi de grossesse et un livre bébé. Ce dernier était clairement orienté garçon (petits chaussons bleus sur la couverture) mais j'avais l'impression que mes intuitions ne pouvaient être fausses : de un, j'étais enceinte et de deux, c'était un garçon. Au pire, je me disais que ce ne serait que partie remise pour les utiliser...
*
Au premier jour d'absence de règles, me voilà débarquée à l’improviste chez ma gynécologue. Je m'assieds en salle d'attente. Je stresse. Elle va me prendre pour une folle dingue. Que lui dire? Je réfléchis à plusieurs scénarios sans trouver le meilleur. Je préviens les personnes assises que je suis là pour prendre rendez-vous. Quand elle arrive finalement et fronce les sourcils devant ma présence, je me lève et sors de la salle d'attente, lui emboîtant le pas. A peine ai-je franchi la porte que je lâche : « je suis enceinte » et, pour ne pas faire les choses à moitié, je me mets à pleurer. Avec le recul, je comprends que c'est l'explosion des derniers jours de retenue et d'interrogations. Sur le coup, je me sens juste idiote et j'ai l'impression d'avoir quatre ans. Elle me regarde en souriant. « C'est désiré? ». Je la rassure : « oui, oui, mais maintenant que je suis enceinte, qu'est-ce que je dois faire? ». Pour les lecteurs qui ne comprendraient pas cette interrogation, sachez que je supposais alors qu'il y avait une batterie de tests et de documents administratifs à remplir. En réalité, à peu près tout peut attendre. Surtout quand on est à J+1 de retard de règles... Ma gynécologue n'ayant pas souhaité me faire de prise de sang pour vérifier, je n'avais strictement rien d'autre à faire que de commencer à prendre des suppléments en acides foliques. Mesdames, si vous envisagez un bébé, ces compléments sont conseillés dès les tentatives de conception (et même avant, rapport à mon premier paragraphe).
*
Quelques jours plus tard, je continue à cogiter : et si mes douleurs étaient en fait un signe de fausse-couche? Que celle qui ne s'est jamais posé cette question lève le doigt. Voilà, j'en étais sûre : personne. Je tapote : « fausse couche sans perte de sang ». Allez savoir pourquoi (qui a dit : « elle l'a bien cherché »?) je tombe sur un tas d'histoires horribles que je vous épargne et je commence à flipper sévère. Ma gynécologue me rassurera plus tard lors d'un rendez-vous : quand on fait une fausse-couche, on perd du sang. Par la suite, une de mes copines à qui c'est arrivé n'a pas perdu de sang. J’ai tourné ça dans tous les sens sans le comprendre. Par ailleurs, quand on perd du sang on ne fait pas forcément une fausse couche... Cherchez l’erreur. Bref, les douleurs passèrent et cela m'inquiéta d'autant plus. Mon utérus ne faisait-il donc plus rien? Ne supportant plus ce doute dû à la date de péremption du premier test, je décidai un arrêt en pharmacie. Vous devinez le résultat du nouveau test acheté. Afin de pouvoir le regarder les jours suivants, je préférai le garder dans le tiroir de ma commode. Oui, je sais, c'est un peu cracra mais le pire c'est que je l'ai toujours! J'envisage de le jeter (un jour) (peut-être).
*
Il s'était écoulé un mois de grossesse quand la fatigue me tomba dessus. Je me sentais vaseuse comme après une nuit blanche, j'avais envie de me coucher en rentrant du boulot... Puis les nausées arrivèrent. Au début, il s'agissait juste d'une sensation désagréable à l'ouverture du frigo. Moi qui suis une vraie morphale un peu gourmande, plus rien ne me disait. Pas même le chocolat, c'est dire! Je me souviens de courses avec chéri qui furent particulièrement compliquées. Les aliments me dégoûtaient, j'avais du mal à remplir le caddie. Au rayon viande, mon odorat semblait surdéveloppé ; jamais je n'avais senti si fort les odeurs de poulet. Impossible pour moi de rester là, je me réfugiais au rayon fruits et légumes. Un homme un peu négligé y remplissait un sac. Transpiration, alcool, cigarette ou simplement saleté, je ressentis un haut-le-cœur violent et compris que, tout ça, c'était probablement un des revers de la médaille de la grossesse. Je sous-estimais alors un peu le truc. Les jours qui suivirent furent difficiles. Je perdis un kilo chaque semaine, je restais couchée chez moi les soirs et les week-ends.
Mon médecin ne voulut pas me prescrire d'arrêt de travail, ma gynécologue non plus. « Vous êtes enceinte, c'est normal ». N'empêche que j'en bavais. Il m'arrivait de m'asseoir à côté des toilettes sur mon lieu de travail et d'y rester une heure, convaincue que j'allais vomir, priant pour que personne ne remarque mes absences. C'était sans compter sur la vigilance de mes collègues qui, me trouvant mauvaise mine et me voyant m'éclipser, commencèrent à suspecter quelque chose. Quelques jours plus tard, je fis taire les bavardages en leur annonçant ma grossesse. Ce fut ensuite plus simple pour moi, les cachotteries me mettant mal à l'aise. Après avoir touché un point culminant, où les nausées ne me quittèrent pas une minute pendant quinze jours, cela s'estompa assez vite. Pour ceux qui pensent que quinze jours c'est peu, imaginez la chose suivante : vous êtes en car/avion/bateau (peu importe) et vous avez le mal des transports. Vous sentez que vous allez vomir mais, au final, non, vous ne régurgitez rien. Vous courez aux toilettes plusieurs fois mais vous réussissez à garder la nourriture si difficilement ingérée (vous n'avez aucune envie de vous retaper cette corvée). Vous aimeriez bien souffler un peu, descendre de votre moyen de locomotion, mais c'est impossible. Et pour couronner le tout vous n'avez aucune idée de la durée du voyage : il peut s'arrêter du jour au lendemain comme il peut continuer plusieurs mois. Alors, quinze jours, pour moi, ce fut long, horriblement long.
*
Comme tout secret, une fois dévoilé, il perd un peu de sa valeur. Puis il devient dangereux. Que diraient maman/papa/mamie/oncle Henri s'ils l'apprenaient par une collègue de travail? Bien sûr, en théorie, maman/papa/mamie/oncle Henri ne connaissent pas de collègue, mais bon. Et puis les amis, les voisins, les connaissances? Quand dire quoi à qui? Pour ma famille, dont je ne suis pas très proche, je décidai d'attendre. Pour mes amis, quelques-uns furent mis au courant, pour la joie de l'annonce, le partage du secret mais le côté pratique aussi. Quand on va à un anniversaire avec la mine verdâtre, qu'on part se coucher à vingt et une heures et qu'on ne boit plus d'alcool, on a vite fait d'attirer l'attention. Un de mes voisins copropriétaires eut aussi l'info assez tôt. Il me conviait à une réunion qui commençait à vingt heures… Horaire à laquelle il m’aurait été fort difficile de m’extraire de mon lit. Garder le secret en somme, c'est facile avec les gens qu'on ne voit pas.
*
A la fin du premier trimestre, les douleurs au ventre étaient passées, les nausées aussi. J'avais toujours du mal avec certains aliments mais je ne me sentais plus si fébrile et j'avais cessé de perdre du poids. Niveau effets secondaires, ce qui se dégageait le plus désormais était mon SNU. Késako? Le Syndrome du Neurone Unique! Assez hallucinant chez moi : je disais des phrases qui n'avaient pas de sens, je posais des questions qui contenaient la réponse, j'enchaînais les bourdes (ah? c'était secret?). La vitre de voiture laissée toute la journée ouverte, les clefs d'appartement restées sur la porte, la casserole oubliée trop longtemps sur le feu et j'en passe. C'étaient de petites choses du quotidien qui peuvent arriver à tout le monde. Sauf qu'il m'en m'arrivait alors tous les jours et pour certaines, c'était du jamais vu. Heureusement, (presque) tout le monde pouvait désormais mieux comprendre mes comportements étranges. J'annonçai la bonne nouvelle facilement, j'appelai maman/papa/mamie/oncle Henri. Je restais cependant sur la réserve auprès de certains de mes amis à qui j'estimais ne pas pouvoir encore en parler. L'une de mes bonnes copines était en cours de fécondation in vitro et je trouvais inopportun de lui parler de ma grossesse à ce moment délicat de sa vie. Par conséquent, je préférais garder le secret aussi avec les personnes qui nous connaissaient toutes les deux. Ce fut assez lourd à porter car je dus retenir mon envie de partager ma joie avec des personnes proches mais j'assumais mon choix par respect et par amitié. C'est à cette époque que naquirent (il en jette ce passé simple de l'indicatif!) mes premiers sentiments de solitude. Parallèlement, chéri et moi préparions nos vacances d'été : un séjour en bord de mer dans une résidence confortable avec piscine (pour les jours où je n'aurai pas le courage de me traîner à la plage). Et surtout, à la fin de ce premier trimestre, nous avions rencontré bébé.
*
Depuis les premiers jours j'étais stressée mais la veille de l'échographie je fus très stressée. Et s'il n'y avait pas de bébé dans mon ventre? Petit coup d'œil au test gardé sur la table de chevet : +. Ouf. Et s'il était mort? Oui, à cet instant le lecteur se demande quel type de psychopathe je suis. Si le lecteur est une lectrice, il est possible qu'elle me comprenne. Sinon, mettons ça sur le dos de mon caractère ultra cérébral. Vient le moment où je dois m'allonger sur la table. La sonde à ultrasons se pose sur mon ventre et bébé apparaît. Incrédulité. Il est vraiment là? Bruit du cœur. C'est lui ça? Sourire béat. Malheureusement une échographie ce n'est pas que du bonheur. C'est aussi de l'inquiétude. L'échographiste fixe l'écran, calcule des trucs, le tout dans un état de concentration maximum. Et même si l'on sait que c'est la procédure classique, c'est flippant. Entendre « c'est parfait, tout va bien » à la fin, ça soulage. Malgré le fait qu'avant de rentrer dans la salle on t'a fait signer un papier comme quoi tu es bien informée qu'on ne peut pas tout voir à l'examen. Quand même, ça soulage! Je ne pensais pas qu'on voyait si bien le bébé dès la première échographie. On peut déjà tout détailler. Sauf le sexe. Nous souhaitons le connaître mais nous ne voulons aucun doute donc il faut attendre le prochain rendez-vous.
*
Le deuxième trimestre a été top. Seule la fatigue a persisté, nous obligeant à nous coucher tôt. Très tôt. Or c'était l'été et nous avions des vacances. Chéri a été compréhensif mais il aurait bien profité autrement. Moi, je me sentais hyper bien. Mon ventre s'arrondissait doucement de sorte que ce soit juste joli, sans être encore trop encombrant. J'arrivais à m'habiller avec mes vêtements habituels, il me fallait juste choisir des robes amples, des hauts larges et des jupes à taille élastique. Je tenais même dans mon maillot ! Comme quoi avec le recul je me dis que mes seins (que je trouvais alors énormes) n'avaient pas encore montré tout ce dont ils étaient capables (à ce jour, ils ne sont toujours pas revenus à leur ancien volume sans vouloir vous faire flipper!). [Erratum, un an plus tard, mes seins sont officiellement redevenus normaux, hip hip hip ! hourra ! Et au passage, tant que j’y suis, j’ai retrouvé ma ligne, ce qui me donne le droit de frimer, na !] Et puis j'avais une sensation d'épanouissement pas croyable. Je mettais en perspective (dans quelques mois...) mes tracas quotidiens et relativisais ainsi beaucoup plus facilement. Après tout je portais la vie! Cette idée faisait de moi un être à part. Bien que de nombreuses femmes portent un jour un (ou plusieurs!) enfant(s), j'avais l'impression de faire un truc dingue. J'avais conscience de vivre une expérience hors du commun.
*
Mes yeux brillaient devant les vêtements pour bébé. Chéri et moi achetions dès la fin du quatrième mois des articles. Nous prenions pour excuse qu'il y avait des remises. Mais la vérité, c'est qu'on avait trop hâte pour attendre. Ainsi, gigoteuse, combi-pilote et autres ensembles de naissance vinrent se loger dans nos armoires. Pour autant, nous étions raisonnables, contenus par l'idée d'attendre de savoir le sexe avant de vraiment nous lâcher.
*
Si, quand même, il y a un embêtement qui me revient là, et pas des moindres : l'envie d'uriner à peu près toutes les heures. Ça ne paraît pas grave à première vue mais c'est contraignant. J'avais développé un radar à WC. Et j'en ai vu de toutes les couleurs. En allant du toilette supra classe d'un restaurant chic à celui, public et méga crado dans lequel je n'ai même pas pu entrer, je suis passée par à peu près tous les styles : les turcs, où on se sauve vite pour pas se prendre la chasse d'eau, les très prisés, avec file d'attente où personne ne laisse passer la femme
