Liann et le sablier des fées - Suzanne Max - E-Book

Liann et le sablier des fées E-Book

Suzanne Max

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Beschreibung

Bien à l’abri du regard des humains, les faunes du royaume de Silvère mènent depuis très longtemps une existence paisible. Hélas, il aura suffi de la convoitise d’une fée pour que le désordre et le danger viennent menacer leur peuple. En l’absence du roi, son grand-père, c’est Liann qui devra tout tenter pour lever la malédiction qui s’est abattue sur leur territoire. Mais le temps presse : pourra-t-il sauver le royaume avant que ne se soit écoulé le dernier grain de sable du sablier des Fées ?

À PROPOS DE L'AUTEUR 

Originaire des Ardennes, Alain Benoist partage son temps entre Paris et la Nièvre. Il travaille depuis plusieurs années dans le dessin animé. Le personnage de Liann est pour lui l’occasion d’aborder des sujets qui le touchent et de délivrer en douceur un message en faveur de la Nature et de la biodiversité.

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Seitenzahl: 74

Veröffentlichungsjahr: 2024

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Couverture

Page de titre

 

 

 

Suzanne Max & Alain Benoist

Liann et le sablier des Fées

 

Roman Jeunesse illustré

 

 

 

 

ISBN : 979-10-388-0941-3

Collection Saute-Mouton

ISSN : 2610-4024

Dépôt légal : octobre 2024

 

 

 

 

©Couverture Alain Benoist pour Ex Æquo

© Illustrations Alain Benoist

©2024 Tous droits de reproduction, d’adaptation et de traduction intégrale ou partielle, réservés pour tous pays.

Toute modification interdite.

 

 

 

Éditions Ex Æquo

6 rue des Sybilles

88370 Plombières les bains

 

www.editions-exaequo.fr

 

 

 

 

Lior et Ténébris

 

 

 

Tout au fond de la forêt, à l’abri du regard des hommes, s’étendait le domaine du Roi Silvère. Protégé par la brume d’invisibilité qui le cachait aux yeux des humains, le peuple fabuleux des Faunes y menait une existence paisible.

Non loin de ce royaume, vivaient d’autres créatures magiques comme les Elfes, les Sylphes ou les Fées. Ténébris était l’une d’elles.

Son enfance avait été difficile. Elle ne s’entendait pas très bien avec sa sœur, la trop sage Luminis, aussi blonde et douce que Ténébris était brune, colérique, et parfois violente. D’un tempérament solitaire, la fée sombre passait son temps à exercer son pouvoir magique sur le vent, la pluie, l’eau, le feu, et la terre... Plus tard, elle partait durant de longues périodes à la recherche de magnifiques pierres précieuses qu’elle ne se lassait pas d’admirer.

Ce fut au cours d’une de ces échappées qu’elle rencontra Lior. Elle entendit d’abord une voix, grave et profonde, qui l’attira irrésistiblement. Le chant était doux, accompagné par les sons mélodieux d’une lyre. Émue, elle s’était tout doucement approchée et avait découvert un Sylphe d’une incroyable beauté. Il avait replié ses ailes, aussi fines que la brume, et marchait d’un pas fluide et gracieux, l’instrument calé contre sa poitrine.

Lorsqu’il aperçut Ténébris, il s’arrêta et tendit la main vers elle pour l’inviter à le rejoindre. Ce qu’elle fit.

 

Tous deux devinrent vite inséparables.

Voletant dans toutes les contrées environnantes, ils exploraient le monde et partageaient la même passion pour les spectacles grandioses que leur offrait la nature.

La fée, protectrice des Trésors de la Terre, transmit à Lior sa connaissance des plantes, des pierres, et du monde souterrain. Le sylphe, esprit de l’air, l’entraîna dans l’univers des rêves où tout semble possible... Tout, même un amour éternel. Pourtant, le destin en décida autrement.

***

De nombreuses années s’étaient écoulées depuis leur rencontre et, jusque-là,  aucune ombre n’avait jamais obscurci leur bonheur. Ténébris ne remarqua pas les premiers signes qui auraient dû l’alerter. Déjà, le regard de Lior n’était plus aussi lumineux, ni son chant aussi envoûtant.  Bientôt, son vol n’eut plus la légèreté du blé caressé par le vent. Ses ailes elles-mêmes perdirent leur transparence et leur finesse. Enfin, le sylphe dut l’avouer à Ténébris : ses forces l’abandonnaient. Un mal inconnu le rongeait et il sentait que la vie le quittait.

Ténébris était terrifiée à l’idée de perdre son amour. Elle restait nuit et jour à son chevet, tentait de lui rendre sa force à l’aide de potions qu’elle fabriquait avec diverses plantes. Mais aucune magie ne semblait pouvoir venir à bout de la maladie. Pour la première fois de sa vie, Ténébris maudissait ses propres pouvoirs qui ne parvenaient pas à sauver celui qu’elle aimait.

Un soir, alors que la chanson de la pluie le berçait doucement, Lior ferma les yeux et s’endormit pour toujours.

Le désespoir de Ténébris fut terrible. Elle en voulut à la Terre entière, et les démons de sa jeunesse, endormis depuis si longtemps au fond de son cœur, réveillèrent sa colère. Une violente colère contre le sort qui l’avait cruellement frappée. Contre sa sœur Luminis, devenue reine, qui lui ordonnait d’accepter le destin. Et contre la mort elle-même, qu’elle n’avait pas pu vaincre.

Vaincre la mort ! C’était désormais le combat à mener : accéder à l’immortalité qu’elle n’avait pas su offrir à son amour. Peu à peu une idée germa dans son esprit...

Elle avait observé le territoire des faunes. Le roi Silvère y régnait depuis des siècles et elle était persuadée que ce peuple était immortel. Quel était son secret ?

Ténébris connaissait bien les pierres et leurs pouvoirs. Or, elle savait qu’une grande quantité de saphirs se cachait dans les alluvions que charriait la rivière des faunes.

Le saphir bleu, pierre d’immortalité ! Et si c’était cela, leur secret ? De pareils gisements de cette merveilleuse pierre magique devaient leur transmettre une formidable énergie vitale. Silvère en était la preuve !

Sa décision était prise : elle allait s’approprier ces saphirs. S’installer à la place des faunes et créer, loin de Luminis, son propre royaume. Aux fées qui choisiraient de la suivre, elle offrirait ainsi l’immortalité ! Mais d’abord, son premier objectif : évincer{1} Silvère et son peuple.

 

 

Chapitre 1

 

 

 

Rassemblés sur l’espace plat et rocailleux qu’on appelait Rocher de parole, tous les habitants de la fauneraie{2} s’étaient réunis ce matin-là.

Face à eux, légèrement en hauteur et juché sur le trône du roi, Liann était inquiet.

Son grand-père, Silvère, était parti depuis quelques jours déjà. Il lui avait solennellement confié le royaume pendant son absence. Malgré son jeune âge, l’enfant-faune avait prouvé par le passé qu’on pouvait lui faire confiance.

— Un jour, Liann, lui avait dit Silvère, tu règneras toi-même sur ce territoire. Il est temps que tu prennes au sérieux le rôle qui te reviendra. Je compte sur toi pour maintenir la paix et l’harmonie de cette terre.

Silvère était parti rendre visite à son frère Mervin, qui vivait avec son peuple de l’autre côté de la vallée. Quelques amis fidèles et les parents de Liann l’avaient accompagné pour ce voyage. Après une longue brouille qui les avait opposés, Silvère et Mervin s’étaient enfin réconciliés, et cette rencontre était importante pour eux.

Liann s’était d’abord senti très fier de la confiance que son grand-père lui accordait. Mais les choses ne s’étaient pas passées comme prévu. Assez rapidement après le départ de Silvère, plusieurs évènements avaient bousculé l’équilibre du royaume. Les faunes, habituellement pacifiques, étaient vite devenus nerveux et même agressifs en l’absence de leur roi. Liann avait accepté de les rencontrer ce matin-là sur le Rocher de Parole. Saurait-il les calmer et satisfaire leurs exigences ? Lui-même ne se sentait pas au mieux de sa forme. Lorsqu’il saisit le bâton de roi que Silvère lui avait confié, il dut s’y appuyer, pris de vertige.

« Allons, se dit-il, ce n’est pas le moment de faiblir. Je dois être digne de la confiance de mon grand-père. »

Installé sur le trône royal, Liann tenta de retrouver son assurance. Haut comme trois pommes, il savait bien qu’il n’avait ni la prestance{3} ni la dignité de Silvère. Après avoir rapidement salué son auditoire, il donna la parole à Aslan, qui avait demandé la tenue de cette réunion. C’était un jeune faune, grand et fort, qui avait beaucoup d’influence sur les habitants de la fauneraie.

— Liann, commença-t-il, notre roi t’a confié la responsabilité de ton peuple. Que comptes-tu faire face aux difficultés que nous rencontrons ? Depuis le départ de Silvère, plusieurs tempêtes se sont succédé. Des cabanes ont été détruites et des familles n’ont plus d’abri pour dormir !

Liann eut un instant d’hésitation. Il sentait comme une chaleur brûlante qui émanait du trône où il était assis. Il se leva, et s’appuya un moment sur le bâton de roi. Tremblant, il tenta de répondre :

— Des crottes ! s’exclama-t-il. Voilà la solution !

Des protestations s’élevèrent et Aslan réagit aussitôt :

— Liann, tu oses te moquer de nous ! Tu es arrogant, tu te crois supérieur aux autres mais tu n’es qu’un gamin et tu ne seras jamais un roi respecté !

Liann ne savait plus où il en était. Qu’avait-il dit ? Que s’était-il passé ? Il posa un instant le bâton royal à côté de lui et tenta de reprendre ses esprits en massant doucement son front en sueur.

— Je suis désolé… Je voulais dire, les grottes. Nous pourrions aménager les cavernes proches de la rivière, comme celle où vit Aster. Les familles pourraient s’y abriter en attendant que l’on reconstruise les habitations.

— Ce n’est pas tout, poursuivit Aslan alors que Liann reprenait une position plus digne, debout, son bâton de roi à la main. La grêle a détruit nos récoltes. Nous n’aurons bientôt plus de provisions. Qu’allons-nous manger ?

— Eh bien, du poison, suggéra Liann. Ou encore des braises de foie !

Un vieux faune se redressa de toute sa haute stature et intervint à son tour d’une vois sévère :

— Cela suffit, Liann ! Nous en avons assez d’entendre tes mauvaises plaisanteries ! J’ai toujours pensé que tu n’étais pas assez impliqué dans la vie de notre fauneraie. Tu ne mérites pas ce bâton de roi ! Lâche-le !

Honteux, Liann obéit et reprit piteusement :

— Je voulais dire du poisson : il y en a dans la rivière, nous en pêcherons pour nous nourrir. Et aussi, nous cueillerons des