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Iris et le sexe:
De l’érotique déjanté ? Pourquoi pas ?
C’est Iris qui nous raconte. Elle nous embarque avec elle dans une série de dix aventures de plus en plus folles.
Qui ? Iris ! Une femme mariée qui s’ennuie avec son riche mari... Un beau jour, sans trop comprendre ce qui lui arrive, elle suit un routier dans son camion. C’est une révélation : le sexe peut être excitant !
À partir de là, les aventures s'enchaînent et amènent notre narratrice toujours plus loin, aux frontières d’elle-même. Un vieux dentiste, un inconnu contacté via un site de rencontre, une nageuse suédoise, un guide nature… jusqu’à son ultime chapitre avec un gourou.
J'assouvirai tous mes fantasmes...: même les moins avouables
40 ans, mariée depuis 20 ans, notre héroïne est délaissée par son mari. Quand il lui fait l’amour, il agit en égoïste, bâcle son acte et s’endort sans lui avoir offert le moindre plaisir. Des fantasmes hantent son esprit, des désirs qu’elle ne peut visiblement pas partager avec son mari. Un jour, elle franchit le cap et décide d’assouvir ses fantasmes…
De la contrainte jusqu’à l’amour avec un inconnu en passant par l’exhibitionnisme et le triolisme elle assumera toutes ses envies et découvrira enfin, à plus de quarante ans, le vrai plaisir physique…
À PROPOS DES AUTRICES
Marie Battar aime rire et boire du bon vin. Elle vit au fond des bois avec ses poules et son chien.
Elle écrit essentiellement du noir, enquêtes policières et romans déjantés, pour lesquels elle a acquis une certaine notoriété.
Pour son unique texte érotique, elle a préféré l’anonymat et s’est inventé un nouveau pseudonyme.
Marie Battar.
Battar sans le D, mais quand même... parce que derrière le mot « bâtard », bien plus qu’une insulte, il y a tout un combat de femme libre.
Lana CALDER est Française d’origine Canadienne. Elle a la quarantaine. Belle femme aux longs cheveux noirs, elle ne laisse aucun homme indifférent, excepté le sien. Pourtant elle est réellement amoureuse de lui et, jusqu’alors, elle lui est restée fidèle. Elle vit dans une grande ville Française et mène une vie de femme de son temps. En couple depuis plus de vingt ans avec le père de sa fille elle alterne entre vie professionnelle très active et passionnante dans une grande entreprise où elle occupe de grandes responsabilités et sa vie de maman et de compagne. Lana est libre et libérée. Un jour, désireuse de connaître autre chose dans sa vie sexuelle qu’une vie sans relief, elle tente de proposer à son homme d’assouvir quelques fantasmes. Il refuse et s’offusque. Lana décide donc de passer à l’acte en rencontrant un homme afin de faire l’amour avec cet inconnu. Elle y prend goût et assume, dès lors, l’ensemble de ses fantasmes. Passionnée de littérature érotique, elle décide de mettre par écrit et sans fard ses aventures pour donner du courage à celles et ceux vivant de frustrations sexuelle tout en mesurant les risques de ce changement de vie. Elle songe maintenant à écrire une version masculine…
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Seitenzahl: 157
Veröffentlichungsjahr: 2024
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IRIS ET LE SEXE
Marie Battar
Iris et le camionneur poilu
Je m’appelle Iris et je suis mariée.
Avec un ingénieur. Il est beau, élégant, sportif, riche.
Je suis moi-même belle, élégante, sportive. Il me manque juste le « riche ». Cela explique – en partie – la longévité de notre mariage.
La vérité, c’est que souvent mon mari, Jérôme, m’ennuie. Pire : parfois, il m’agace. Prenons la manière qu’il a de s’essuyer la bouche en tenant sa serviette à deux mains. Plus rarement, il me dégoûte. Notons une sorte de bruit qu’il produit juste avant d’entamer la procédure de l’accouplement.
Ceci dit, je ne suis pas une bécasse – être ennuyée par un homme, mon époux, n’est pas un motif à déprime, mélancolie, spleen et autres divertissements des siècles passés. C’est juste une anecdote dans une vie somme toute agréable. Confortable.
J’ai presque trente-cinq ans. J’en parais moins évidemment, l’argent conserve. Chaque semaine, je passe un après-midi entier chez l’esthéticienne. Je m’inflige fitness, jogging, natation et même taï-chi. Nous partons en vacances trois fois par an, au minimum. Résultat immanquable : un corps parfaitement musclé. Et bronzé ! Une peau si douce.
J’ai presque trente-cinq ans, un mari ennuyant et pas d’amant. Bien entendu, je m’investis sérieusement dans l’éducation de nos deux fils, mais comme je les ai eus jeune, l’aîné a déjà quatorze ans et le second douze. Cela fait longtemps qu’ils préfèrent leur I-phone à leur maman. Sans compter les entraînements de tennis le mercredi, de hockey le samedi et les scouts le dimanche. Sans oublier les séries débiles qu’ils se regardent en douce sur leur tablette.
Moi, j’observe mes fils et je repense à mes jolis bébés, je ne me sens plus trop concernée par ces deux longues choses qui traînent leurs pieds immenses d’un fauteuil à l’autre.
La maison est charmante, décorée avec goût, fantaisie même. Le jardin est fleuri. Cela m’a plu pendant quelques printemps de superviser la plantation d’arbustes. J’aime particulièrement les hortensias. J’aime aussi les tulipes. Et les pivoines. Si vite fanées.
Désormais cela m’ennuie. Je m’ennuie. De plus en plus souvent. C’est presque amusant, l’ennui.
Ce soir-là, Jérôme termine son sudoku. Mon mari résout des problèmes logiques, pour se détendre. Il participe même à des championnats de sudoku, le gentil crétin. Il relève la tête après avoir éteint son chronomètre – car en plus il mesure et compare ses temps de résolution ! – et me regarde gentiment.
— Ça va Minou ? Tu voudrais aller voir un film ?
Quand j’ai l’air de tourner en rond, il me propose invariablement une sortie cinéma – où il s’endort à tous les coups.
— Non merci, vraiment, je préfère aller me coucher. Ou tiens, je vais plutôt faire un jogging.
Je monte me changer. Enfile training et baskets. Embrasse Jérôme qui est déjà installé devant son pc et sors. Il est vingt heures trente. Il fait encore clair, mais les journées ont déjà raccourci. La pénombre risque de me rattraper. Je vais galoper.
Je traverse le petit bois de Laubel. Arrivée au carrefour Bellecroix, j’hésite, à peine : au lieu de continuer tout droit, comme d’habitude, vers la forêt du Grand-Seigneur, je bifurque à droite et me dirige vers l’aire autoroutière de Ferenfail.
En général, je déteste entendre le ronronnement sordide de l’autoroute. Mais ce soir, je n’y pense pas. J’agis. Enfin.
Je longe le parking, traverse facilement la haute clôture qui a été cisaillée sur plusieurs mètres. Et je me retrouve à une dizaine de pas d’une série de gros camions parqués pour la nuit.
Le fantasme du camionneur est assez basique, je le sais bien. Il s’en passe des choses bizarres dans les aires de parking, je le sais aussi. Enfin je l’imagine. Mais ne suis-je pas une innocente femme au foyer, mariée trop jeune à un ambitieux ingénieur ? Ne me demandez pas d’avoir des rêves trop élaborés. Cela viendra… peut-être.
Je déambule entre les poids lourds. J’oscille entre la démarche ondulante d’une péripatéticienne de cinéma et le pas hâtif d’une mère agacée à la recherche d’un doudou égaré.
— Bonjour Mademoiselle. Vous êtes déjà montée dans un camion ?
— Euh… non. Je ne suis jamais montée dans un camion.
Bien sûr, je rougis en brave pimbêche. Innocente, cruche, godiche.
C’est un homme assez petit, mais sec, nerveux et noiraud, ce serait bien un Corse. Bien sûr, je ne connais aucun Corse – à part Ocatarinetabellatchitchix dans d’Astérix.
— Ça vous tente ?
Je hoche la tête. D’un geste exagérément galant, il m’invite alors à entrer dans son long véhicule… non sans avoir lancé un clin d’œil explicite à un autre routier qui se détend les jambes un peu plus loin.
— Si tu veux, je lui dis de venir aussi.
Il me tutoie ! Il me propose un truc à trois !
— Non, non, ça ira comme ça.
C’est toujours moi qui réponds, même s’il me semble que j’ai la voix un peu idiote d’une Brigitte Bardot jeune.
Je le suis, tête baissée, je grimpe le marche-pied en veillant à ne pas trébucher. Je ne suis pas assez rusée pour feindre de m’intéresser à son poids lourd… Combien de tonnes ? Combien de pneus ? Non, je me tais.
Nous sommes debout dans la cabine. Il plaque immédiatement ses mains sur mes seins et me regarde droit dans les yeux. Un vieux réflexe me pousserait soudain à le gifler.
— Alors c’est ça que tu veux, ma belle ?
Je murmure oui, à voix si si basse. Je me demande quand même si je suis excitée. Je sens ses mains qui pressent mes seins, ses mains qui semblent évaluer la marchandise. Va-t-il me chasser hors du camion parce que ma poitrine est trop petite ?
Je suis subjuguée, humiliée par son absence de civilité, par sa totale assurance. En fait, oui, OK, je suis excitée, complètement excitée par son hardiesse. Je m’approche de lui. Une vague de désir intense m’envahit d’un seul coup. Brutalement, mes seins supplient ses mains, ils veulent être malaxés, tordus, mordus. Je soulève mon sweat-shirt, dégrafe mon soutien et lui tend ma poitrine comme une offrande, comme une friandise à mon chien.
Il a compris – et là, il gagne déjà dix point sur Jérôme. Mes seins ne sont pas si petits, ils sont fermes et ronds avec de gros tétons bien durs. Des tétons d’Africaine, me disaient mes copines de lycée. Des tétons qui adorent être pincés fort.
Mon Corse le sait, il le sent, il le fait sentir. Rien d’autre, pour le moment. Un long moment où seuls mes mamelons semblent être montés dans ce camion.
Doucement, mes doigts se laissent aller à toucher ses cheveux. Je m’entends respirer si fort. Ce bruit m’excite plus encore que le reste. J’ai les yeux fermés. Quand je les entrouvre, un petit morceau de mon cerveau a envie de rire, mais la sauvagerie de ma pulsion est plus forte qu’une brève tentative d’ironie.
Je sens le camionneur me guider vers sa couchette. Tout se passe sans un mot, cela me convient. Il ôte mes baskets, mon jogging. J’ouvre les yeux. Je suis allongée. La cabine du camion est exactement comme j’aurais pu me l’imaginer…
Il me tourne le dos et se déshabille.
J’attends étendue, je sens mon entre-jambe fourmiller. Discrètement, je glisse ma main dans ma culotte, ma vulve est mouillée. C’est même le terrible mot « dégoulinante » qu’il faudrait utiliser. Cela me fait sourire. Je refuse absolument de réfléchir, d’analyser la situation. Alors je laisse visiblement la main dans ma culotte.
Il se retourne.
Il est poilu, de la base du cou au tout bas du ventre. Des poils noirs qui lui couvrent tout le torse. En dessous de cette fourrure, son pénis en érection. Un pénis d’une taille comparable à celui de Jérôme. Mais quelle jolie couleur il a ! Un pénis mat, un pénis corse, pas rougeasse comme celui de mon mari.
Je ne pourrai sans doute jamais raconter l’histoire du camionneur poilu à aucune copine. Alors je me la raconte déjà à moi, dans ma tête, en même temps que je la vis.
Ses poils ne me dégoûtent pas, ils m’intriguent et m’attirent.
C’est à mon tour de le toucher, de caresser sa toison. Il semble en avoir l’habitude, il me tend le torse comme je lui ai tendu les seins peu avant. Mais je sens aussi sa main qui pousse ma tête vers son sexe. Mes pensées courent vite : quoi ? Comment ose-t-il ? Puis, d’accord, je vais le faire. Je me mets à le lécher et garde les yeux ouverts. Le plaisir que j’y prends est une nouveauté. Je n’ai jamais rien trouvé d’aussi passionnant, d’aussi merveilleux que ce joli pénis dressé vers moi en dessous d’une forêt de poils. Je le tiens d’une main pour être sûre de ne pas le perdre, et je le contourne à petits coups de langue gastronomes, l’engouffre, le suce. Mon cerveau ne connaît plus que le mot « encore ». Quelle blague !
Je le regarde et lui souris. Il me dit :
— Tu es belle.
Bon sang, il n’aurait rien pu prononcer de plus adéquat, c’est exactement cela que je veux entendre. Je suis belle. Et il va me baiser !
Il attrape une boite de préservatifs, en enfile un, tranquillement, comme il s’allumerait une cigarette. Il me regarde en silence. Je pousse un cri rauque quand il enfonce son sexe dans mon sexe. Non ! Oui ! Cette sensation-là ne doit plus jamais s’arrêter. C’est ça ! Cela n’est que ça la vie ! Cette présence à l’intérieur de moi, comme un orage, je veux plus, je veux encore, je veux qu’il bouge, fort, doucement, oui. J’entends ma bouche supplier.
Je n’en reviens pas, je suis cette femme, cette femme qui gémit, qui supplie, qui reçoit des coups de bite et dit merci, qui s’arque-boute et crie encore. Ce n’est pas moi, c’est moi. Alors je jouis vite, beaucoup trop vite. Puis le froid m’envahit.
Le camionneur me regarde, il sourit. Je ne sais pas – j’ignore totalement – s’il a éjaculé ou pas. Mais je vois qu’il jette la capote en y faisant un nœud. Donc je me dis que, sans doute, oui. Je l’espère même.
Le camionneur me sourit toujours. Je crois que je suis amoureuse.
Non, évidemment.
— Tu veux mon numéro ?
Je refuse d’un signe de tête. Je suis déjà rhabillée. Je quitte le parking au petit trot.
Jérôme ronfle devant la télévision. Un sudoku inachevé traîne sur la table. Je m’amuse à transformer un trois en huit, puis file prendre une douche.
Une fois installée dans mon lit, j’attrape ma tablette et cherche le sens de l’expression « passage à l’acte » sur Wikipédia.
Iris et le vieux dentiste
Je m’appelle Iris et j’ai trompé mon mari. La semaine passée. Avec un camionneur. Poilu.
Cela m’a plu. Fort, fort plu.
Depuis, je me rejoue la séquence plusieurs fois par jour. Ma mémoire m’offre ce petit film précis, un surplus de jouissance, comme le rab du soldat affamé. Je pense que cette pulsion sur l’aire autoroutière est l’événement le plus romantique qui soit arrivé dans ma vie, autre chose que notre anniversaire de mariage au Taj Mahal…
Pour la première fois, j’ai été surprise, émue. Par moi-même.
Oh ! Ce n’est pas que je sois frigide. Mes orgasmes avec Jérôme ne sont jamais simulés. Ils sont réguliers – et décevants : assez prompts et très brefs. Ce qui est peut-être pire que le vrai rien. Ils me laissent glaciale et cynique. Je m’installe sur mon mari, nous nous embrassons, il me caresse le dos, je m’agite un peu et je jouis. Deux minutes, top chrono. Puis il me chevauche, s’agite à son tour. Je simule juste un peu pour qu’il ne traîne pas trop, car à partir de là, je m’emmerde.
Beaucoup de femmes envieront ce presque rien, ce mieux que rien. Mais depuis le camionneur poilu, je sais qu’il existe un autre monde et je dois le découvrir.
Clairement, une porte s’est ouverte, j’y ai à peine passé le bout du nez avec mon aventurette, mais j’ai compris que ce qui s’y cachait m’excitait furieusement. Mon rapport à moi, ma manière d’être à mon corps, a changé. Je le vois dans le regard des hommes que je croise en rue. J’ai décidé d’en profiter. Je veux jouir, encore, souvent, fort. Jouir !
Alors je m’exerce à prendre des airs de femmes fatales devant mon miroir.
Pas si facile.
Tout ça pour dire qu’aujourd’hui, j’ai rendez-vous chez mon dentiste, pour un détartrage. Je connais Monsieur Sanen depuis que je suis petite : c’est lui qui a soigné mes quelques caries d’enfant, c’est lui qui a arraché mes dents de sagesse, c’est chez lui que je me rends pour mes contrôles annuels. Je le déteste. Comment pourrait-on aimer son dentiste ?
Il a presque soixante ans, peut-être même plus. C’est un homme élégant, dans le genre soigné, méticuleux. Un bon dentiste aussi. Il est marié avec une toute petite Asiatique, nettement plus jeune que lui, et hystérique. Il a une maîtresse, certainement plus calme, en Bretagne. Tout le monde sait cela dans notre petite ville à potins.
Bref, m’y voilà. Monsieur Sanen me salue avec l’indifférence profession-nelle qui colore nos contacts depuis toujours. Je prends malgré moi mon air inquiet de gamine qui a peur de la piqûre et du bruit des machines.
Sincèrement, je jure qu’à ce moment-là, je n’ai aucune idée, aucun projet sur ce qui va pourtant suivre. En théorie, un détartrage, bruyant et désagréable.
Je m’allonge sur la chaise en cuir vert foncé, il l’incline. Je respire par le ventre pour me détendre.
À ma décharge, je peux dire qu’il a incliné le fauteuil un peu fort. Je ne sais pas. Mais voilà, c’est comme ça, je tends la main – ma main droite – et la pose direct sur son entrejambe. J’ai les yeux fermés. Je sens qu’il s’immobilise. Je suis sûre qu’il me regarde. Je ferme les yeux avec concentration, avec application. Je sens la forme de son sexe sous ma main, je la bouge très doucement. Comme si je n’étais pas là, comme si ce n’était pas moi… C’est mou, mais ça me semble durcir légèrement. Oui, ça vit, ça tressaille dans son pantalon, et même ça vibraille.
J’entends sa respiration s’accélérer. Il ne va plus me chasser. Je souris en pensant à tout ce qui doit lui traverser l’esprit. Il s’approche, je peux enfin plier le coude en gardant ma main sur son pénis désormais bien dur. C’est plus confortable. Je devine qu’il déboutonne son pantalon. Il soulève ma main, la prend dans la sienne un instant avant de la guider vers son pénis, qui est gros et grand. A vue de main, je dirais même très gros, très grand. Je garde les yeux fermés. Je n’ouvrirai plus jamais les yeux. Je me mets alors à le branler simplement, fermement, doucement, peut-être un peu maladroitement, car je sens ses doigts qui se resserrent sur les miens pour renforcer la pression. Je sens sa main qui guide la mienne pour accélérer le mouvement.
Il ne me touche toujours pas, j’écarte les jambes de chaque côté du fauteuil. Mes cuisses sont largement entrouvertes, en partie cachées par ma robe en lin gris, mes seins sont à portée de main. Et il ne me touche pas ! Je commence à m’agiter. Il se penche brièvement sur moi pour attraper ma main gauche qu’il dépose entre mes jambes. Il ordonne « Caressez-vous ! » comme il dirait « Rincez-vous la bouche. » Mais sa voix n’est plus sa voix, sa voix me bouleverse. Moi qui n’ai jamais été douée pour me masturber, je me mets à me caresser de la main gauche, je sens mon clitoris qui se réveille, qui chauffe, mendie, se tortille. Mes doigts sont trempés. Ma main droite continue à caresser son sexe gigantesque, mais je ralentis un peu, car mon plaisir me distrait, me déconcentre, je sens alors sa main prendre le relais, elle fait désormais bien plus que guider mes aller-retours sur son membre.
Il se branle. Je me branle. Et c’est la Sécu qui paie… C’est un orgasme encore plus intense que celui dans le camion, je ne crie pourtant pas. Je n’ose pas ouvrir les yeux. Je tremble. J’ai froid, comme la dernière fois.
J’entends qu’il se lave les mains.
— Ouvrez la bouche, me dit-il.
Il commence le détartrage, je garde les yeux fermés, les mains croisées sur le ventre.
Iris et le bavard masqué
Je m’appelle Iris et j’ai un corps.
Ou plutôt je m’appelle Iris et j’ai découvert que j’avais un corps. Un corps qui me parle ! Il me dit : Sors-moi d’ici. Emmène-moi exister.
Je lui obéis.
Désormais, mon corps ordonne, il me crie qu’il veut frémir et jouir. Peu importe la main, peu importe la queue, il me répète : j’en veux. Ce n’est que tout récemment que cette voix a surgi dans ma vie pour revendiquer et exiger. Tout a commencé avec un jogging, un parking, un camion. Mais depuis, je n’ai aucun répit. Je ne vous parlerai plus jamais du vieux dentiste. C’est écœurant.
— Ça va Minou ? Tu voudrais aller au cinéma ?
Je l’ai déjà dit. Quand j’ai l’air de tourner à rien, à tous les coups, Jérôme me propose une toile.
— Non, non, je me sens un peu patraque, je vais me coucher.
Je me fous de lui, je me fous au lit. Avec ma tablette. Mon mari ne peut un seul instant imaginer que je me suis inscrite sur un site de rencontres extraconjugales. Jérôme ne manifeste aucune méfiance quand je ferme ma tablette à son approche ou quand je pars à la salle de bain en la gardant en main. Je lui ai dit que je participais à un forum d’apprentis écrivains… Il m’a répondu que cela lui faisait plaisir pour moi, que j’avais toujours eu un tempérament un « peu artiste ». Il aimerait, peut-être, qu’un jour je lui montre ce que j’écris – s’il a le temps, a-t-il ajouté.
Je regrette de n’avoir personne avec qui partager les ricanements mauvais que m’occasionne sa naïveté. Après le coït avec le camionneur, j’avais espéré que la culpabilité ou autre chose, le sentiment de liberté par exemple ou celui d’impunité, me rapprocherait de lui. Mais non, rien ne s’est passé ainsi. Mon cher mari, brillant, imposant, m’agace. Et bien sûr, je le lui cache.
Je me suis choisi un pseudonyme amusant : « Marguerite Lovebit ». Je trouve que cela sonne cochon innocent, un peu english malencontreusement pervertie, genre « Oups, même pas fait express
