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En traversant la vie, Jean-Claude Cassen en a saisi la douceur parfois piquante et souvent drôle au cours de ses rencontres et de ses voyages. Son oeuvre : des instantanés, des images, des scènes de vie traduites dans la musique de ses mots choisis, inventés, mis en rythme.
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Seitenzahl: 72
Veröffentlichungsjahr: 2020
L’homme est de la race des poètes, des plus grands, des vrais, des immenses, de ceux que l’on désespère d’atteindre.
Jean Claude voyage les yeux ouverts, le cœur offert, et l’âme vagabonde.
Il vous décrit l’Afrique comme vous ne l’auriez jamais imaginée, ou visitée. Il transforme un désert de cailloux en bouquet de rose de sable.
Non seulement il sait voir, mais il sait vous faire voir en vous emmenant par la main en des lieux où vous n’auriez jamais su aller, que vous n’auriez jamais supposé exister. Il transforme le monde en un bouquet de rêves et l’humain en un demain d’espoir.
Mieux que diamant il est pure opale dont les pensées jaillissent en mille feux dans mille lieux.
Son regard sait voir au travers des choses et des gens les réalités cachées et les beautés enfouies.
Comme le peintre choisit ses touches de couleurs avec précision, Jean-Claude choisit ses mots avec pareil discernement pour dépeindre le monde avec juste observance.
Qu’il soit remercié d’être ce qu’il est, car il reste l’un des derniers charmeurs des bonheurs de la vie dont il nous offre le plaisir de partager le regard.
Jean-Claude a l’amitié sans outrage, sans ombrage, sans partage, entière.
bernard l’hostis, éditeur
Poèmes libres
Arènes
Bateau
Burnous
Calypso
Camel
Carrelet
Céleste
Colère
Comment dire
Dactylo
Dans les nuages
Décembre
Dune
Echo
Ecrire
Ephémère
Et après
Faute
Fleur de désert
Fondant
Fontaine
Grand Coeff
L’attente
L’homme bleu
La minijupe et a burka
La sédentaire
La siesta
La Vigie (dessin)
La Vigie
Le fil
Le gardien
Le miroir
Le repos
Les ânes
Magnolia
Marée de 111
Matin
Matin Chopin
Matin de Mai
Matin de rose
Mérou
Midi
Nécessaire
Nocturne
Nouveau crédo
Printemps 1
Printemps 2
15 Août
Solitude
Souvenir dans les étoiles
Tes yeux
Tiédeur
Vélo
Traits de plume
Baudets du Poitou
C’est possible
Chez Michou
Clignement de nuit
Constipation
De Dieu
Dictateur
Extra-vierge
Faut pas rêver
Ferrari
Foire de juin
Golf Hotel
Hammam
Hiver
Juillet
Juste un doigt
Khankalili
L’art de rien
L’artiste
L’Urinoir Andalou
La charmeuse
La conspiration des poubelles
La fouine
La lingette
La petite peste
La petite vieille
La recette du marais
La traversée
La vierge à l’enfant
Le banquier
Le basque
Le billet
Le commandeur
Leçon d’anatomie
Lycée
Malaga
Médecine
Michel Strogoff
Migration
Nuit de lune
Mystère
Paséo
Patience
Petit matin
Pouvoir
Prière
Room service
Rupture
Santa Maria
Sol y Sombra
Tartare
Tolérance
Tout s’invente
Un café
Vénus Hollandaises
Vomir d’amour
Béant,
Comme la bouche d’un géant,
L’amphithéâtre ne rêve plus des splendeurs et des fêtes
d’antan.
Silencieux, immobile, et figé dans sa pierre,
Saint Eutrope le protège et lui voue ses prières.
Le grand clocher et le géant,
Selon le jour, blafards, convalescents,
Peuvent être gris, bleus, roses, incandescents,
Sur un fond lumineux de ciel d’océan.
Blessé dans le vallon, le cirque s’est couché
Sous la flèche de son clocher,
Triomphe de l’Église sur la Rome oubliée.
Endormi sur la vase comme un rêve échoué,
Retenu par sa chaine inutile,
Son mât n’est qu’une barre oblique sur le ciel.
Il se repose, retient son souffle, ne vit qu’à peine,
Regrette la houle et la mer,
Et pleure par ses écoutilles.
Couché sur un manteau de boue,
Il écoute dans ses haubans
Les premiers frémissements du vent,
Et le frisson de la marée dont le cœur bat déjà, là-bas,
dans l’estuaire.
Assis près de la fontaine,
Le burnous rabattu sur la tête,
Le vieil homme penché
Médite, ou prie.
Et je devine entre ses mains
Filer les nœuds de la prière.
Il n’en est rien.
Le vieil homme de la fontaine,
Au regard trouble
Et aux doigts malhabiles,
Lance un message sur son mobile.
Appliqué, le vieux sage
Tape un à un les mots de son message.
Bercé par le silence
Et par le bruit de l’eau,
Il se connecte, échange, correspond,
Avec le monde et le lointain,
Avec sa femme ou son cousin,
Ignorant l’appel muezzin
Pour avertir une parente :
” Toute affaire cessante,
N’oublie pas mon thé à la menthe. ”
Dieu n’est qu’un voile
Derrière lequel il n’y a rien.
Dieu n’est qu’un voile
Qui tend à nous faire espérer,
Tout ce qu’on voudrait posséder.
Dieu n’est qu’une convoitise,
Un commerce de friandises.
Et lorsqu’on croit lever le voile,
Enfin s’ouvrir à l’inconnu,
On voit bien que chacun porte un masque,
Alors qu’il prétend être nu.
Unique, ondulant, archaïque,
Il pose avec indifférence
Sa silhouette nonchalante
Sur l’horizon.
Sa lippe molle et tendre blatère avec dédain
Sur le rythme élastique d’un tambour Africain,
Et son regard de Joconde
En méprisant le monde,
Y poursuit un chemin de rêves incertains.
À la fois de passage
Et éternelle image,
Immuable et constant,
Il chaloupe les dunes et tangue sur le temps,
Vaisseau silencieux de la steppe et du vent.
Cet oiseau là ressemble à un courlis.
Par son bec tendu,
Et sa poche qui pend,
Il tient aussi du pélican.
Perché dessus ses pattes grêles,
Attaché à la rive et planté sur la grève,
Il est le guetteur avancé, le vigilant,
Celui qui défie la marée, et les courants.
C’est un oiseau de bois fixé sur le rocher,
Et cet oiseau de bois, quand le large l’appelle,
Nous permet de voler,
Emportant sur son aile
Nos rêves migrateurs.
De gros nuages y paissent lentement.
Leur fourrure épaisse et souple,
Se gonfle comme un souffle,
S’arrondit, se fait ample, riche, douce,
Comme de gros animaux sucrés,
De gros glaçons lactés,
Comme une mousse,
Des iles, une banquise.
Il n’y a pas de vent sur la prairie céleste.
Ce sont bien des bisons,
Et les grandes plaines de l’ouest…
Il invente l’amour,
Il prie et fait la guerre.
Il pense voyager,
Se perd,
Et quand tout est perdu,
Il espère.
Insatisfait et solitaire,
L’homme n’est qu’une colère,
Et comme les orages
Masque par des éclairs
L’ombre de son nuage.
Comment veux-tu que je te dise ?
Avec ma main sur ta main ?
Avec un baiser sur ta bouche ?
En chuchotant au creux de ton oreille,
Ou à la pointe de tes seins ?
Comment ne pas vouloir crier
Cet amour qui m’enfièvre,
Et me frisonne au creux des reins ?
Comment ne pas espérer
Et comment ne pas craindre
Alors que je voudrais t’étreindre,
Que tu ne veuille plus m’aimer ?
Lovée au creux de la machine
La feuille s’est cambrée sous les longs doigts d’acier.
En rythme saccadé,
En tac tac mécanique,
Les bras impatients
Viennent y poser des mots,
Imprimer des secrets,
Jouant de frôlements,
De caresses furtives,
D’arpèges et de rafales,
Jusqu’à ce cri final
Où le papier s’extirpe
Dans un long feulement de plaisir métallique.
J’imagine des mains, douces et sensuelles,
Des mains habiles, fines et belles,
Recueillant pieusement
Le long jaillissement de papier blanc.
Vêtue d’un manteau noir,
Avec des dents nacrées,
Elle était élégante et posée.
Je m’en souviens encore,
C’était une Olivetti noire,
Et or.
Dans un ciel de lendemain,
Dans un ciel blanc bourrelé de satin,
Un gros nuage noir apeuré,
Seul, immobile, sombre comme un chagrin,
Ne sait plus où aller.
Le vent de sud se fait doux et tiède, l’entoure, le rassure,
le console, le borde tendrement, alors que ses frères plus
blancs viennent se frotter à lui, le renifler, ...
lui dire...
Il se détend, s’étire,
Se fond dans le troupeau,
Garde sa grêle et son sanglot.
Dans la lueur pâle
D’un jour en pénitence,
Il tombe un voile de silence,
Comme une aurore blanche.
Le ciel si bas qu’il ne peut être vu
Saupoudre d’un nuage les branches d’arbres nues
Où les oiseaux se taisent, ne chantent plus.
Tout s’alanguit, tout se détend,
Et sous le voile épais du temps,
La vie n’est plus qu’un rêve blanc.
Alanguie, assoupie, consentante,
Caressée par le vent qui glisse sur sa peau,
Elle respire et elle chante
Et l’on dirait le bruit de l’eau.
Toute en rondeur et en fluidité,
