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Dans Limite Idyllique, la frontière entre réalité et fiction s'efface, tissant un récit envoûtant inspiré de vérités brutes. À travers le prisme de Jeanne, l'auteure explore les nuances d'une tourment psychique, révélant les multiples facettes de son être. Au fil des pages se mêlent les mots empreints de poésie, émanant de ces différentes voix qui résonnent en elle, comme autant d'échos d'une âme fragmentée.
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Seitenzahl: 41
Veröffentlichungsjahr: 2024
Aujourd’hui, mon être est mort.
alors je me permets de reprendre Camus.
Jeu d’acteur
Jeanne
Ariel
Jeanne
Rose-Aimée
Sigmund
Rose-Aimée
Charlotte
Ariel
Jeanne
Hannah
Rose-Aimée
Ariel
Jeanne
Maléfique
Jeanne
Ariel
Sigmund
Hannah
Rose-Aimée
Hannah
Sigmund
C’est la fille aux constellations sur la mains.
Elle viendra un jour de pluie dessiner le soleil.
Au soir vient ma nausée
nausée de malnutrition
ou nausée de déni,
n’oser en parler, nausée de ma vie.
C’est le corps serré,
le cœur noyé
que j’ai perdu pieds,
pris la nausée
Nausée sans cesse rejouée,
oser le silence meurtrier,
estomac contracté,
tête embaumée,
cœur étranglé,
chair mutilée.
Douleur de mon passé
qui appelle la nausée
Alors châtier,
sangloter
pour [m]’oublier.
A petit feu de nausée,
mon être en vomissait.
à l’imparfait ?
Je ne sais combien d’âmes j’ai écrivait Fernando Pessoa, et moi, je ne sais combien nous sommes dans cette tête qui est mienne.
Cela porte un nom que je n’ai pas voulu admettre dans l’immédiat. C’est lorsque ces entités se sont trop manifestées que j’ai accepté le terme du trouble dissociatif de l’identité.
Il y a la peste narcissique
celui qui est perfectionniste au possible
l’anxieuse, qui tente de nous préserver des autres
la plus néfaste, qui ne gère pas les pulsions, qui se détruit à petit feu
celle qui vomit tout ce qu’on ingère
une autre, qui fume tout ce qu’elle trouve
et puis celle qui se gave de bonheur à travers la nourriture.
Je sais qu’il y en a d’autres, des alters plus discrets, comme j’aime les appeler. Et ce n’est qu’à la fin d’une crise de dissociation que je prends conscience que ce n’était pas vraiment moi, que cette folle-à-lier n’était qu’une petite part de ma personne. Tout cela s’était déclenché avant la clinique, je me croyais cinglée et illégitime d’oser dire que je n’étais pas la seule responsable de mes faits et gestes. Cela a duré des semaines, des mois entiers où j’étais seulement spectatrice des dégâts causés. Je suis redevenue actrice de mes actes lorsque le diagnostic et les médicaments adéquats furent posés. Mais je sais désormais que je ne serais plus jamais l’actrice principale de ma propre vie.
Ma douce tulipe,
à quel jeu sommes-nous vouées ?
Celui où tu m’aimes et moi en secret.
J’aimerais obscurcir ce doute, cette peur
et nous laisser une chance de faire
éclore nos fleurs.
Louise dormait encore à poings fermés tandis que le jour pointait le bout de son nez dehors, là-bas, caché au-dessus de son épaule, juste derrière le rideau. Quel merveilleux prétexte pour rester au lit, spectatrice de ma muse et du soleil en même temps. Quel merveilleux prétexte pour en écrire quelques vers, ai-je aussitôt pensé, et c’est en attendant que le soleil m’aveugle juste assez que j’ai précipitamment quitté le lit et filé m’habiller, avant de déposer un baiser sur son front et de quitter le domicile. Celle-ci commençait à se réveiller en entendant la porte se refermer et, de ses petits yeux du matin, elle m’écrivit un texto me souhaitant bon courage, surplombé de cœurs.
J’étais en première année d’études supérieures, c’était donc le commencement de l’indépendance, de l’émancipation et de l’éloignement de la famille. Et puis l’angoisse, la solitude, la boule au ventre et les maux qui suivaient, avec son lot de misères. Tout cela peut sembler étranger à un étudiant lambda, mais en réalité, qui ne se reconnaîtrait pas lui-même en ces dires ?
Nous n’avions pas les mêmes horaires, mais c’est à peu près sereine et heureuse le matin que la pensée qu’elle serait chez moi ou bien que je serai chez elle le soir-même, en rentrant, à la fin de la journée, me faisait tenir bon. Louise n’imaginait même pas à quel point elle m’aidait à tenir bon, à maintenir le cap et à accepter d’aller en cours malgré l’angoisse.
Mais de quelle angoisse parles-tu ? m’a un jour demandé Marie. L’angoisse change constamment, elle s’amplifie, change de direction d’une seconde à l’autre, comme celle de ne pas être à la hauteur, de ne pas avoir assez travaillé les cours. Mais aussi l’angoisse d’être dans une classe d’une quarantaine de cerveaux en ébullition, l’angoisse de ne pas fumer ma clope assez vite pendant la pause, l’angoisse de ne pas trouver le temps de passer aux toilettes. L’angoisse de ne pas réussir la khôlle, l’angoisse de lever la main ou encore l’angoisse d’oser parler aux autres.
