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Lou trouve en l'hypnose l'arme idéale pour assouvir sa soif de vengeance...
Lou est une très belle jeune femme débordante de vie. Rien ne rappelle son enfance où elle était clouée sur un fauteuil roulant et pour laquelle elle garde la blessure des moqueries et humiliations dont elle a été victime. Maintenant qu’elle marche à nouveau, un désir de vengeance la ronge… L’hypnose pourrait être une solution…. Saura-t-elle maîtriser ce pouvoir pour ne pas tomber dans la folie meurtrière ? Et pourra-t-elle enfin trouver l’amour qui comblera son cœur ?
Stéphanie Vincent offre dans son roman une analyse pointue des sentiments violents ressentis suite à un traumatisme ou à une maladie, tout en nous faisant découvrir le monde incroyable et terrifiant de l'hypnose.
EXTRAIT
Avec une des voix les plus douces qu’il ait été possible d’entendre et en même temps, très sûre d’elle, elle enchaîna :
−Maintenant, tu n'écoutes que ma voix et tu vas faire tout ce que je te dis, tu ne crains absolument rien et tu es en confiance totale. Dans une premier temps, je veux que tu profites de cette belle soirée que nous passons ensemle et je veux que tu souffres comme la maladie m'a fait souffrir en me prenant mes jambes. Aussi je vais toucher tes jambes et en une caresse, je te contorsionnerais et broierais tous les os. Tu huleras de douleur et me supplieras d'arrêter en t'excusant pour tout le mal que tu m'as fait, aussi en prononçant le mot
jambe, ta torture commencera. Ensuite, je veux que tu ailles sur la terrasse et que tu te penches comme si tu voulais attraper le nuage à côté pour m'en faire cadeau. Et tu te penches au maximum, en tendant le bras, et même quand la gravité t'emportera, tu continueras quand même d'essayer de l'attraper. Tu finiras par tomber. Tu le feras quand je prononcerai le mot
nuage. Maintenant, réveille-toi !
À PROPOS DE L'AUTEUR
Jeune auteure, débordante d’imagination,
Stéphanie Vincent vous transporte dans son univers à la fois mystérieux et envoûtant. Psychologue de formation, elle connaît suffisamment les rouages de la psyché humaine pour emmener ses lecteurs sur des terrains glissants. Toujours en quête de spiritualité, elle aime rencontrer de nouvelles personnes pour enrichir sa connaissance personnelle.
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Seitenzahl: 126
Veröffentlichungsjahr: 2019
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LOU
Nouvelle
Stéphanie Vincent
Cet ouvrage a été composé en France par Libre 2 Lire
www.libre2lire.fr – [email protected], Rue du Calvaire – 11600 ARAGON
Tous droits de reproduction, d’adaptation et de traduction intégrale ou partielle réservés pour tous pays.
ISBN papier : 978-2-490522-12-5ISBN Numérique : 978-2-490522-13-2Dépôt légal : Avril 2018
© Libre2Lire, 2018
Aux deux hommes qui ont le plus compter dans ma vie :
Mon papa, qui m’a donné la force et le courage de toujours arriver à faire ce que je veux
‘Toi’, sans qui l’écriture de ce livre n’aurait pas été possible tellement tu as rempli mon cœur de haine et de colère.
En écrivant ces lignes, j’ai cru pouvoir tuer notre relation mais c’était sans compter sur la force de mes sentiments…
A vous deux, vous représentez mon passé et mon présent.
Et, à tous ces gens, victimes de discrimination, que la société isole et oublie...
Stéphanie Vincent
Lou, elle s’appelait Lou. C’était une très belle jeune fille, rayonnante comme la lumière du jour avec de magnifiques yeux verts qui, quand on les regardait, plongeaient leur victime dans l’immensité de l’océan. Une magnifique chevelure longue, douce et blonde venait finir de dessiner son visage en rappelant la délicatesse de ses traits. C’était une jeune fille qui aimait la simplicité de la vie et savait profiter de tous les plaisirs qu’elle pouvait apporter. Elle était encore une enfant mais avait déjà compris les côtés éphémères de la vie comme le bonheur, la beauté, l’argent. Elle avait également découvert que c’était pareil en matière de relations humaines aussi bien amoureuses qu’amicales. En revanche, elle était heureuse en compagnie d’animaux avec lesquels elle se sentait totalement libre d’aimer, sans jugement. Ils lui apportaient un amour inconditionnel dont, à mesure qu’elle avançait dans la vie, elle ne pouvait plus se passer. De ce fait, dès qu’elle emménagea dans son appartement, elle s’entoura de plusieurs chats.
Elle était entrée dans la vie avec beaucoup d’énergie, une soif d’apprendre, l’envie et la détermination nécessaire pour toujours obtenir ce qu’elle voulait. Très tôt, elle était rentrée à l’université, en droit précisément. Elle avait voulu suivre un deuxième parcours pour avoir également un diplôme de psychologue, mais, malheureusement elle n’eut pas le temps. Elle avait abandonné l’idée en suivant malgré tout, des cours de ci de là, qui lui permirent d’apprendre énormément sur elle-même et sur les autres en même temps. Quelques années plus tôt, à la suite de nombreuses pertes d’équilibre, des neurologues lui avaient diagnostiqué une maladie génétique rare qui lui ferait, à terme, perdre toute la motricité de son corps. Elle ne voulait pas l’accepter et elle avait décidé de se battre contre ce destin qui semblait déjà tout tracé. Les médecins ne savaient pas d’où venait la maladie, ni comment elle allait évoluer, si évolution il devait y avoir. Des séances de rééducation furent la seule recommandation qu’ils lui apportèrent.
Pendant ses années de collège, Lou se déplaçait en fauteuil roulant. Le rythme scolaire, les changements de salle, les bousculades étaient devenues impossibles à gérer, mais elle ne l’utilisait que pour l’aider à suivre ses études normalement. Elle avait commencé la rééducation, ce qui devait l’aider à stabiliser sa maladie. Elle s’y rendait quotidiennement dans l’espoir d’obtenir des résultats rapides. A ce moment-là, la maladie avait atteint son maximum et elle ne pouvait plus marcher du tout. Elle était obligée désormais d’utiliser le fauteuil roulant, comme elle aurait utilisé ses jambes. Rapidement, elle comprit que c’était le seul moyen de continuer à avoir une vie à peu près normale, même si les gens en général avaient du mal à l’accepter. Ses journées se passaient entre ses cours et sa rééducation parce qu’elle refusait d’accepter cette situation. Elle aimait passer le temps libre dont elle disposait, à la plage. C’était un endroit où elle adorait se promener. La solitude, le silence et le bruit des vagues contre les rochers laissaient libre cours à son imagination et elle oubliait tout. Très vite, ses efforts allaient être récompensés et les premiers résultats, qu’elle devait à sa kinésithérapeute, allaient voir le jour. Elle s’était battue contre les douleurs, contre la fatigue et contre tous car elle refusait l’idée d’être prisonnière de ce fauteuil roulant. Elle ne pouvait pas à accepter la simple idée d’être différente. C’était comme si on l’avait condamnée. Elle estimait que personne n’aurait accepté ce qui lui arrivait, surtout qu’elle n’était qu’une enfant. Mais c’était sans compter sur sa détermination et elle allait prouver à tout le monde qu’avec la volonté, on peut réaliser des miracles. Elle l’a fait, elle a réalisé l’impossible alors que personne n’y croyait, ni la soutenait. Elle ne devait cette réussite qu’à elle-même et maintenant, vers l’âge de vingt-cinq ans, elle remarchait sans plus aucune trace de la maladie. Après avoir été prisonnière du fauteuil roulant pendant toute son adolescence, elle était enfin libérée et comptait profiter totalement de cette renaissance.
Bien qu’elle fût handicapée, elle était le centre de nombreuses convoitises de la gente masculine. Elle plaisait, mais pas toujours pour de bonnes raisons. Elle avait eu de nombreuses histoires qui, en général, ne s’étaient pas bien terminées. A force de déceptions et malgré son jeune âge, Lou ne savait plus ce qu'était la confiance et avait appris à ne compter que sur elle-même. Elle avait été blessée, amoureusement parlant, par des hommes qui n’en valaient sûrement pas la peine. A l’époque, elle s’était donnée entièrement. La déception avait été tellement grande que petit à petit, elle avait secrètement nourri, au fond de son cœur, un terrible désir de vengeance. Elle voulait se venger de toutes les personnes qui lui avaient fait du mal à plusieurs reprises. Elle avait laissé son imagination l’envahir. Elle mettait en scène des scénarios macabres afin d’assouvir sa soif de vengeance. Mais ce n’était encore que fantasmes.
C’est en lisant beaucoup de livres que Lou découvrit le pouvoir de suggestion, autrement dit l’hypnose. Il lui sembla incroyable qu’un être humain ait la capacité de contrôler les faits, les gestes et les pensées d’un autre, et d’arriver à lui faire faire exactement ce dont il a envie. Elle y porta tout son intérêt. Elle apprit tout ce qu’il y avait à savoir sur le sujet en faisant la différence entre l’hypnose thérapeutique et l’hypnose dite de spectacle. C’était cette dernière qui l’intéressait car c’était avec elle qu'elle pouvait contrôler le monde. Elle fit des formations jusqu’à obtenir son diplôme d’hypnothérapeute. Elle voulait induire des transes hypnotiques en utilisant uniquement la puissance de son regard. Avec beaucoup d’entraînement, elle y parvint sur ses animaux de compagnie comme le chat, qui à son grand étonnement, réagissait très bien à la suggestion.
Elle commença donc avec son chat, puis ceux de ses parents pour continuer par le chien de ces derniers. Par la suite, elle le fit sur ses amis, hommes et femmes confondus. Elle refusait d’utiliser cet art pour son propre intérêt et exigeait le consentement préalable de toute personne acceptant de se prêter à une semblable expérience. Déjà à l’époque, elle s’était créé un monde totalement imaginaire dans lequel elle évoluait sans maladie. Elle s’était créé des amis, des amants et des scénarios où elle était toujours le personnage principal. Elle avait besoin de cet espace car ce qui était le plus difficile à supporter, pendant toutes ces années où son corps ne fonctionnait plus normalement, était le regard et le comportement des gens extérieurs, poussant à l'isolement, parfois même total. Sans doute ne comprenaient-ils pas, peut-être n’était-ce pas méchant, ni même intentionnel, mais c’était très dur pour elle de voir dans leur regard toute la pitié ou la peur qu’elle inspirait, ou peut-être les deux. Elle renvoyait l’image de ce qu’elle ne voulait pas être.
Ce monde imaginaire était un moyen de fuir, de se réfugier et surtout de se protéger dans un monde idéal dont elle contrôlait tous les paramètres. Elle avait commencé dès son plus jeune âge, comme beaucoup d’enfants, par s’inventer un ami imaginaire. A ce moment-là, elle le faisait vivre même devant ses parents, ce qui paraissait tout à fait normal et ne laissait entrevoir aucun dysfonctionnement mental. Ce n’est qu’au cours de l’adolescence, pendant cette période de handicap synonyme d’isolement, que ce monde devint secret et influença son propre psychisme. Au bout d’un moment, elle prit l’habitude de toujours tout calculer. Son état mental laissait clairement apparaître un dédoublement de personnalité et son délire devenait réalité. Mais elle savait encore discerner le bien du mal. Le passage à l’acte semblait se rapprocher, inévitablement, et bientôt, elle basculait temporairement ducôté de la folie.
Un jour, Lou reçut un appel de sa sœur jumelle, Aurélie, qui lui demandait, d’un air totalement paniqué, de la retrouver pour aller boire un café. Elle avait sans doute quelque chose d’important à lui annoncer.
Elles étaient jumelles hétérozygotes, donc il y avait eu deux œufs distincts au moment de la fécondation. Elles n’avaient pas le même patrimoine génétique et Aurélie ne souffrait pas de la maladie de Lou.
En buvant leur café, Aurélie confiait à Lou :
Lou était quelque peu sous le choc de cette révélation, mais Aurélie paraissait tellement angoissée à l’idée d’avoir un bébé, toute seule, que Lou s’était engagée à la soutenir et l’aider du mieux qu’elle pouvait dans cette aventure, à toujours être là pour elle. Elles n’avaient jamais été très proches l’une de l’autre et Lou espérait secrètement qu’en faisant tout son possible pour elle, elle recréerait des liens qui n’existaient plus.
Quand cette petite fille vint au monde, Lou était présente en salle d’accouchement pour accompagner sa sœur. Le papa était parti et il ne voulait pas assumer ce petit bout qui répondrait au doux prénom d’Emma. Dès que la sage-femme eut mis le bébé dans les bras de Lou, il y eut comme une étincelle entre elles deux, signe d’une immense complicité qui venait de naître. Tous les jours, Lou était avec elle et s’occupait d’elle comme si elle était sa fille. La maladie la handicapait encore énormément et elle pensait ne jamais avoir d’enfants.
Quelques temps après la naissance d’Emma, Lou et sa maman décidèrent de faire des analyses pour savoir si elle était atteinte comme Lou. Le verdict fut sans appel, elles souffraient de la même maladie, ce qui ne fît qu’accroître leur complicité naturelle. Lou passait beaucoup de temps avec Emma, elle voulait lui donner toutes les clefs pour pouvoir se défendre contre le monde extérieur. Un peu trop même, car Emma était devenue capricieuse dès qu’elle n’obtenait pas ce qu’elle voulait. Mais elle était, malgré tout, un rayon de soleil dans la vie de Lou qui la couvrait sans arrêt, d’amour et de cadeaux. Cependant, elle n’était pas sa mère, et sa sœur lui avait très bien fait comprendre en mettant de la distance entre elles. Sans doute était-ce de la jalousie, mais les faits étaient là. Lou eut bientôt l’interdiction de voir Emma sans la présence de sa mère. Lou avait tenté d’hypnotiser sa sœur pour lever cette interdiction mais sans résultat. Deux possibilités : soit elle n’était pas réceptive à l’hypnose, soit la dimension affective empêchait Lou d’utiliser son art.
Après la première rentrée scolaire d’Emma, alors qu’elle n’avait que trois ans, Lou essaya tant bien que mal de continuer à la voir, au moins une fois par semaine. Mais sa mère semblait apprécier de moins en moins ces moments si intenses et magiques entre Lou et Emma. Elle fit en sorte que ces moments deviennent de plus en plus rares, jusqu’à se limiter aux anniversaires et aux fêtes de fin d’année.
Après avoir obtenu son diplôme, Lou fut engagée dans un prestigieux cabinet d'avocats. Les locaux étaient magnifiques, très chics, avec une incroyable vue sur la mer et fréquentés uniquement par des gens très riches. Elle travaillait sans compter ses heures sur des affaires toutes plus délicates les unes que les autres. Un jour, alors que son patron se reposait de plus en plus sur elle, un jeune homme poussa la porte de son bureau et lui annonça qu’il venait poser sa candidature pour faire un stage à ses côtés. Elle le reconnut immédiatement. C’était le premier homme qui avait joué avec elle et qui l’avait fait souffrir. Bien sûr, lui, ne l’avait pas reconnue, ni même son nom. Rien ne lui rappelait cette belle jeune femme qu’il avait devant lui. Surtout qu’à l’époque, elle se déplaçait en fauteuil roulant. C’est à ce moment-là qu’elle eut une révélation et que tout se bouscula dans sa tête. Elle commença à imaginer ce qu’elle pourrait lui faire pour se venger, en se servant, pour la première fois de sa vie, de cette faculté de pouvoir contrôler les gens. Mais cette fois, ce serait sans leur consentement, et sans aucun scrupule. Elle disposait de l’opportunité idéale pour réaliser son plan bien machiavélique. Elle était décidée à ne plus rien laisser passer, à ne plus pardonner.
Elle prit les papiers, profita pour jeter un œil sur le CV et termina l’entretien par la traditionnelle phrase « nous vous rappellerons ». Elle savait maintenant tout de lui : son nom, son adresse, qu’il était célibataire, sans enfant et qu’il vivait seul.
La fin de journée fut très compliquée pour elle, car elle n’avait plus qu’une idée en tête : parvenir à ses fins. Elle ne voulait même pas prendre le temps d’élaborer un plan et le soir-même, elle décida de se rendre chez lui. Une fois au bas de l’immeuble, une multitude de doutes tournèrent dans sa tête. Pour la première fois, elle pensa qu’il serait peut-être mieux de faire marche arrière. Après un long moment d’hésitation, à retourner les éventuelles situations dans tous les sens, Lou finit par prendre son courage à deux mains et alla sonner à sa porte. Quand la sonnerie retentit, l’homme fut très surpris mais il lui ouvrit sans aucune hésitation. En même temps ça n’était pas compliqué : elle avait sorti tout l’attirail nécessaire pour séduire un homme. Talons aiguilles, bas résilles, minijupe et décolleté plongeant. Elle était sublime. Agréablement surpris, il l’invita à entrer sans se douter de ce qu’elle complotait. Gentiment, il lui proposa de boire un verre, ce qu’elle refusa, en répondant :
Il s’approcha d’elle, un verre à la main et lui demanda avec un petit sourire :
Il ne s’imaginait pas ce qu’elle avait derrière la tête et ne s’était pas aperçu qu’elle portait des gants, qu’elle avait les cheveux attachés et qu’elle restait debout pour ne pas laisser la moindre trace.
