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Un voyage initiatique à travers les âges et les souvenirs où se croisent et s'entremêlent les chemins de plusieurs âmes dans un fabuleux récit allégorique. "Laissez naître à nouveau votre âme dans votre esprit. Ecoutez-la, ressentez-la. C'est elle qui détient la vérité qui est en vous."
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Seitenzahl: 79
Veröffentlichungsjahr: 2020
à Elle,
à tous ceux que j’ai aimés et ceux que j’aimerai.
Vous serez sûrement surpris par le récit que je m’apprête à vous conter.
Lorsque vous l'aurez lu, vous sourirez peut-être et vous vous direz que cette histoire n’est que pure affabulation.
Pourtant, cette histoire est vraie.
Elle l’est dans mon esprit et dans mon âme, elle l’est de tout mon être.
Igraine et Hildebert
Espérance
Balade en forêt
Probable providence ou suprême hasard
Pré-histoire
Réincarnation et Spiritisme
Statues de l'oubli
Az-zahr, le jeu de dés
Visiteurs
Plénitude
Magnétisme
Reflet de lune
Quête intérieure, vers la connaissance de soi.
Animal Totem
Face à soi
Lâcher-prise
Big Bang
Le Labyrinthe ou le mythe du Minotaure
Equilibre
Jeu des possibles
Quête et Bien-Être
Vies antérieures
Cartes et Divination
L'ennemi vient de l'intérieur
Les retrouvailles des âmes séparées
Les anges gardiens
Flammes de mes ancêtres
Retour dans l’église
Accepter la mort
Mon père
Les naufragés des montagnes enneigées
Un si difficile adieu
Avenir
C’est la fin du douzième siècle, le roi de France Philippe II est en guerre contre les fiefs de Richard Cœur de Lion, roi d’Angleterre. Le comté de Toulouse avait été annexé quelques années auparavant par les armées de Henri II, père de Richard et Jean sans Terre. Lorsque Henri II décède, les combats reprennent de plus belle. C’est une période de reconquête pour le royaume de France.
Igraine est promise à Hildebert, un jeune chevalier qui ne possède qu’une petite châtellenie. En tant qu’héritier de banneret, il est autorisé à porter sa bannière et commande à deux autres chevaliers.
Les nouvelles ne sont pas bonnes. Hildebert doit prendre les armes et rejoindre le comté de Toulouse.
Le départ est imminent.
Il est décidé que le mariage serait prononcé avant celui-ci.
Quelques frugales mais non moins belles festivités sont organisées et un petit nombre de convives y est invité.
Igraine est ravissante. Elle porte une robe simple mais rehaussée par de fines broderies et une couronne de fleur blanche en diadème nuptial égaie son visage. Elle est heureuse, souriante et n’a d’yeux que pour son bien-aimé.
La soirée de festivité fait oublier le départ de son époux qui doit avoir lieu le lendemain. Peut-être un vin épicé y était-il servi, comme cela se faisait depuis que l’on avait ramené des épices lors de la première croisade ?
Lorsqu’il est temps pour les jeunes mariés de se retirer dans leur quartier, Igraine se laisse guider.
Dans l’intimité de la chambre au mobilier dépouillé mais humblement décorée pour l’occasion, un sentiment particulier, doux et intense l’envahit lorsque son époux l’étreint.
Elle s’abandonne alors corps et âme lors d’une étreinte d’amour charnel.
L’instant la détache de la notion d’espace et de temps, elle a la sensation de s’évaporer.
La nuit se passe dans l’euphorie des noces.
Au petit matin, alors que les premiers rayons du soleil ne percent pas encore le ciel étoilé, Hildebert est déjà levé et s’apprête.
Il s’approche d’elle, l’embrasse et lui fait la promesse de revenir.
Connaissant les dangers que Hildebert allait courir, ils firent alors le vœu de s’aimer par-delà la mort.
C’est déjà le jour du départ.
Il enfourche son cheval et s’éloigne avec une petite troupe d’hommes en armes.
Hélas, quelques semaines plus tard, un messager apporte à Igraine la triste nouvelle : son époux a été tué.
La tristesse d’Igraine est alors incommensurable.
Elle n’aura connu que brièvement son époux et passé qu’une seule nuit avec lui.
La promesse d’Hildebert ne sera pas tenue, ce qui laissera un sentiment amer d’inachevé.
Mais l’histoire ne s’arrête pas là.
Je fus confronté pour la première fois à la mort alors que je n’étais qu’un jeune enfant.
Ma grand-mère maternelle qui avait pris soin de moi pendant une brève période qui succéda au divorce de mes parents, mourut prématurément. C’était un être lumineux à l’allure élégante ; je garde encore le souvenir de sa gentillesse.
Aujourd’hui, il ne me reste que peu de souvenirs de cette époque, mais je me rappelle très bien un événement qui eut lieu lorsque que je n’avais pas encore quatre ans.
Une cour séparait la maison de mes grands-parents d’un vaste jardin potager où mon grand-père cultivait toutes sortes de fruits et légumes. Un petit portillon en bois m’en empêchait l’accès et j’étais curieux de savoir ce qui se trouvait au bout de la petite allée bordée de fleurs qui menait tout droit à quelques rangées de pieds de vigne.
Le portillon était peint d’un joli jaune assorti à la couleur d’une des rangées de fleurs.
Un jour, alors qu’il était ouvert, je voyais là une occasion unique. Sans attendre, je m’élançai en courant aussi vite qu’il m’était possible, persuadé de pouvoir atteindre les premiers pieds de vigne et découvrir enfin ce qui s’y trouvait plus loin.
Mais à peine avais-je avancé de trois ou quatre enjambées que je fus stoppé net par ma grand-mère qui m’avait déjà rattrapé par l’épaule.
Je me souviens encore aujourd’hui de ma pensée en levant mon regard sur elle :
« Qu’est-ce qu’elle court vite ? ».
C’était en effet incroyable pour l’enfant que j’étais qu’elle ait pu me rattraper aussi rapidement.
Lors de la veillée funèbre, son lit de mort avait été installé dans la pièce qui servait de salon.
Je fus autorisé à y entrer quelques instants.
La pièce était plongée dans la pénombre, à peine éclairée par quelques bougies.
Ainsi en est-il de mes souvenirs.
Les membres de ma famille étaient tristes ; l’un ou plusieurs d’entre eux pleuraient.
Alors que je sentais l’émotion grandir en moi, je me surpris à penser que je ne devais pas exprimer ma tristesse.
Non pas que je n’en ressentais pas, mais que je n’étais pas autorisé à l’exprimer devant la défunte.
Drôle de sentiment, je vous l’assure, mais à l’époque ceci se traduisit par :
« Ne sois pas triste, Ne pleure pas ici ».
Cette expérience résonnera en moi bien plus tard, lorsque je conceptualiserai, en libre penseur, les fondements d’une sensibilité théologique proche du bouddhisme et du chamanisme.
Les pleurs des vivants ne doivent pas retenir l’âme d’un défunt ni entraver son départ vers un au-delà, quelque soit cet au-delà, quand bien même l’au-delà n’existe pas.
Mon grand-père qui était d’obédience catholique se rendait souvent à la messe les dimanches.
L’un d’eux, j’eus l’occasion de m’y rendre en famille. Entrer dans le bâtiment au plafond si haut était impressionnant, sans compter les statues, les vitraux, la coupole.
De nombreuses personnes étaient déjà présentes et attendaient assises sur les bancs savamment ordonnés en rangées successives.
Pour l'enfant que j'étais, c’était nouveau et grandiose et incontestablement un lieu où se passaient des choses extraordinaires.
J’en garde cependant un souvenir désagréable. Pendant la messe, il fallait se lever, s’asseoir, se relever puis s’asseoir à nouveau.
Les gens récitaient des textes et des prières que je ne connaissais pas ni ne comprenais.
La messe était-elle en latin ?
Je n’en ai pas gardé le souvenir.
Comme il n’y avait pas d’obligation, je refusai de m’y rendre la fois suivante, préférant rester jouer dans la maison ou dans le jardin auquel j’avais désormais un accès libre.
Lorsque l’on est enfant, les choses sont simples et apparaissent souvent comme des évidences.
Mes amis arabes étaient musulmans, les juifs étaient juifs, les indiens des Indes étaient hindous, ceux d’Amérique chamanistes et les asiatiques étaient bouddhistes (du moins je pensais qu’ils l’étaient tous).
Moi, homme blanc, je serai catholique, ainsi était l’ordre naturel des choses et il ne pouvait en être autrement dans ma tête d’enfant.
C’est donc tout naturellement vers mes dix ou douze ans que m’est venue l’envie de comprendre ce qu’était Dieu.
Me voilà donc en classe de catéchisme.
Très vite, je dois apprendre le « Notre Père » qui était un peu difficile à retenir. Puis viennent des histoires extraordinaires sur Jésus le Messie.
A l’époque, je commençai à lire la revue Strange où apparaissaient des super-héros aux pouvoirs spéciaux capables de réaliser des choses tout aussi invraisemblables.
Je faisais cependant la part des choses entre la fiction et la réalité.
J’en fis donc autant avec le catholicisme, non sans avoir fait ma première communion, et abandonnai définitivement l’idée d’être un jour catholique.
Je m’étais trompé.
Il était possible de se tromper.
L’Homme pouvait donc se tromper.
Médecin, professeur, religieux ou simplement homme commun, tout être était susceptible de se tromper.
Mais pire encore, il pouvait rester dans l’erreur.
Devrai-je alors continuer à avoir une foi aveugle en la personne garante d’une autorité ?
Non.
À l’avenir, je devrai douter, non pas de manière suspicieuse ou systématique, sauf bien entendu pour la parole politique (ici c’est l’adulte qui parle), mais afin de tenter de me rapprocher, à défaut de la vérité, d’une certaine réalité.
Il me faudra appliquer une méthode scientifique, avec postulats, axiomes, expérimentations, vérifications et conclusions. Conclusions dont il faudra aussi savoir se méfier, car établies par un homme qui peut se tromper et pouvant se tromper lui-même.
Je devrai donc apprendre à voir au-delà de l’illusion des choses du monde.
Bien évidemment, à l’époque, je n’exprimais pas ce raisonnement dans ces termes mais je le percevais intuitivement.
C’est vers cet âge que je reçus un livre illustré dont je me souviens très bien.
