Le Ki et la Voie - Marc Senzier - E-Book

Le Ki et la Voie E-Book

Marc Senzier

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Beschreibung

Passionné, pratiquant et enseignant d'arts martiaux, Marc Senzier aborde dans cet ouvrage la notion d'énergie, Ki, au travers de l'Aikido. Cependant, indissociable à la pratique du Budo en tant que Voie de réalisation de l'Etre, le Ki concerne tous les pratiquants d'arts martiaux comme d'arts dits internes.

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Seitenzahl: 90

Veröffentlichungsjahr: 2024

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À mes maître, d’hier comme d’aujourd’hui,

qui m’ont ouvert la voie

et me donnent l’envie irrésistible

d’y cheminer encore et encore.

Préface

C’est avec beaucoup d’humilité que j’entreprends de préfacer cette oeuvre de Marc Senzier « le Ki et la Voie » au terme de laquelle il expose sa compréhension et son approche de l’aïkido.

La voie du Ki ou Ki no michi est un chemin exigeant. Il inspire les pratiquants vers une harmonie intérieure profonde.

L’auteur, à travers cet ouvrage, nous invite à explorer sa conception de l’aïkido, art martial où le mouvement et l’intention se rejoignent dans une dimension subtile pour créer paix et harmonie.

Je vous invite à lire ces pages avec un esprit ouvert. L’auteur veut nous plonger au coeur même de l’essence de l’aïkido.

Marc Senzier aborde la notion de Ki que l’on apprend à ressentir, canaliser et unifier avec le monde qui nous entoure. Le Ki est indissociable du mouvement corporel à l’origine de techniques.

Aussi, en aïkido, la force physique s’efface devant le relâchement, la bienveillance et le lâcher-prise. Cela permet un pont vers la paix intérieure, une voie de transformation personnelle et un moyen de connexion authentique avec l’environnement.

La voie de l’aïkido est bien plus qu’un simple art martial. Elle est une discipline de vie, une quête d’harmonie et d’équilibre entre le corps et l’esprit. Ce chemin de progression caractérise l’intérêt de la pratique et le processus éducatif. Il en est le véritable but de la construction personnelle et collective sans rechercher une finalité en première intention.

Débutant ou pratiquant avancé, cet ouvrage nous invite à toujours repenser notre pratique, à découvrir l’importance de la notion de KI dans l’aïkido et à intégrer ses enseignements dans notre vie quotidienne.

C’est un livre pour tous ceux qui cherchent à donner un sens philosophique à leur pratique, à faire dans le respect de la tradition martiale chaque mouvement, à chercher un pas vers l’harmonie partie intégrante de la notion de Ki.

Hubert THOMAS Hanshi

8ème Dan DNBK, 8ème Dan UFA Kinomichi

Sommaire

Préface

Introduction

Aïki, du Jutsu au Dō

Les temps ont changés

Do, la Voie

Une voie sans Ki

Une pratique coupée de son essence

Le Ki dans l'Aïkido

Kokyu et Ki

Shintō, religion des dieux ou voie des Kamis

Le monde n'est qu'un reflet de notre esprit

Dojo : un lieu, un esprit, une intention

Aborder la Voie

Le combat du Soi contre l’Ego

Raku no Ki, l’esprit de la goutte de rosée

Conseils pour ressentir et mettre en oeuvre le Ki

En guise de conclusion

Qualités et notions à parfaire

Glossaire

Bibliographie

Ki (Énergie)

 

Introduction

Souvent traduit par Énergie ou Énergie Vitale, le Ki est un élément fondamental et indissociable de la pratique du Budō.

Il l’est, plus particulièrement dans la pratique de l’Aïkidō qui l’intègre dans sa propre nomination. Cependant, même pour cette discipline martiale, il reste difficile de trouver des livres ou des ouvrages traitant du Ki.

En Occident, et ce dès le début de l’introduction des pratiques martiales japonaises, parce que le plus souvent non assimilée ou non comprise, cette notion a été délaissée et l’accent a été mis sur la technique pour laquelle de nombreux ouvrages ont été édités.

Pourtant le Budō n’est pas sans le Ki, l’Aïkidō l’est encore moins.

Quelle est cette Énergie ?

Poser cette question revient à demander quelle est l’énergie qui fait battre notre coeur, celle qui permet la régénérescence de nos cellules ou bien le développement d’une cellule par la fusion d’un ovule avec un spermatozoïde.

Cette énergie est naturelle. Elle fait partie de la nature. Elle est en ce que nous sommes et ce qui nous entoure.

Nous recevons une partie de cette énergie à notre conception et nous la rendons à notre mort. Tous, nous la possédons. Elle est en nous, ici et là, à portée de coeur. Mais le plus souvent nous n’en avons pas conscience et nous l’ignorons.

Il nous faut alors apprendre à la reconnaître, à la ressentir, à la laisser circuler, à la laisser agir et peut-être apprendrons-nous alors à la canaliser et à l’utiliser.

Dans quel but ? C’est justement là tout l’enjeu.

Une des promesses que fait le Budō est l’accès à cette énergie, accès non sans travail et non sans beaucoup d’efforts pour le pratiquant au coeur sincère.

Cette énergie est précieuse et nous ne devons pas la mettre au service de forces obscures ou mal intentionnées.

Nous ne pouvons pas nous permettre de la gaspiller en futilités ou essayer de la garder juste pour soi, égoïstement, car sa valeur n’existe que dans l’échange et le partage.

Pour que l’Énergie reste bénéfique, nous devons décider de ne l’utiliser que dans la lumière et la mettre au service de l’accomplissement de nobles ambitions.

Je souhaite que ce livre amorce une réflexion pour tout pratiquant de Budō souhaitant développer et approfondir ses connaissances. Qu’il vous guide vers cette lumière et vous permette de vous donner l’envie de pratiquer avec cette même « volonté de se réaliser » qui anime et motive ma pratique.

Ki : Énergie vitale

Budō : désigne les arts martiaux japonais dits modernes, dont la finalité première n’est plus la destruction ou la technique guerrière, même si cette dernière reste l’objet de l’étude ou de la pratique. La pratique du Budō est orientée vers le développement de compétences physiques ou techniques pour l’aspect sportif, le contrôle des émotions, la bienveillance ou le développement de nobles qualités humaines pour l’aspect psychique et parfois religieux.

Aïkidō : art martial moderne créé par Morihei Ueshiba (18831969), dont la finalité est la préservation des individus et la résolution pacifique des conflits. Aï se traduisant par harmonie, Ki, énergie et Dō, la Voie.

Chi (la Terre)

 

Aïki, du Jutsu au Dō

Texte extrait de "Le souffle du Budō" aux Éditions Bod.

L'Aïkidō est né des différents arts martiaux pratiqués par Moriheï Ueshiba (1883-1969), qu'il a synthétisés en y apposant sa philosophie et ses croyances religieuses.

L'un d'eux est le Daïtō Ryu Aïki-Jujutsu qu'il a étudié auprès de Sokaku Takeda (1849-1943).

Bien que Moriheï Ueshiba précise que son terme Aïki n'a pas le même sens que par le passé, le sien étant orienté vers l'Harmonisation et l'Amour, les similitudes des techniques du Daïtō Ryu Aïki-Jujutsu et celle de l'Aïkidō sont évidentes.

Le terme Jutsu, traduit souvent par technique, évoque une finalité guerrière et destructrice à l'opposé de la volonté pacifiste du Dō, la Voie, de l'Aïkidō.

Si les origines du Daïtō Ryu remontent dans le lointain Japon médiéval, l'Aïkidō est né à une autre époque où il n'est plus question de cultiver l'art de la guerre mais de permettre à l'Homme de trouver matière à se réaliser en tant qu'être dans la société, à s'épanouir et à trouver sa juste place entre Terre et Ciel.

Déjà, dans la culture japonaise, et bien avant l'ère Meïji, il est question de se cultiver et de s'épanouir, certes en respectant les règles de vie d'une société féodale.

L'étude d'une Voie martiale, par ses aspects pluridimensionnels, permet aussi cet épanouissement au même titre que d'autres voies : Nō (théâtre), Sadō (cérémonie du thé), Shodō (calligraphie)…

La pratique a donc pris un autre sens que la simple préparation au combat.

Sans les nécessités de ce dernier, il est possible d'adapter les techniques suivant ce nouveau cahier des charges, tout comme les arts sportifs de combat délaissent les techniques amenant une disqualification, comme les coups aux parties génitales pour ne citer que cet exemple.

Il existe alors un risque de s'engager dans des voies qui s'éloignent de l'objectif martial, dans des voies sportives et compétitives, ou dans des voies plus artistiques pour les disciplines n'étant plus amenées à pratiquer le Shiaï *. L'Aïkidō fait partie de ces dernières.

Cette dérive possible n'empêche pas l'atteinte de la finalité moderne : la réalisation de soi. Mais le chemin emprunté est tout autre. Sur ce chemin existe l'illusion de l'efficacité technique, d'autant qu'elle n'est plus éprouvée en combat réel ni en forme de combat s'y rapprochant.

Pour le pratiquant désirant suivre les pas sur la voie tracée par Ô Senseï Ueshiba, la transmutation du Jutsu en Dō ne doit pas l'éloigner de la Voie Martiale.

Mais il ne s'agit pas non plus de revenir aux techniques du passé. La technique en Aïkidō doit alors s'exécuter avec Jutsu, sous la bienveillance du Dō.

Daïtō Ryu Aïki-Jujutsu est un art martial japonais considéré comme la source des formes techniques de l’Aïkidō.

Jutsu désigne la technique dans les arts de guerre japonais nommés Bujutsu (Bu : guerre).

Meïji ou Meïji Jidaï : dans la chronologie japonaise, ère qui va de 1868 à 1912. Elle met fin à la politique d'isolement volontaire du Japon et est le début d'une politique de modernisation. C’est pendant cette période que se situe le basculement du système féodal vers celui de l’industrie à l'occidentale.

Shiaï : compétition visant à vérifier les acquis techniques en situation de combat.

Sui (l’Eau)

 

Les temps ont changé

De nos jours, nous avons accès facilement à toutes sortes d’informations en un clic de souris. De nombreux enseignements sont diffusés sur Internet, que ce soit par vidéos ou sur des blogs spécialisés.

Si l’on peut dire que les progrès technologiques nous ont fait faire un grand bond en avant, nous devons aussi faire le constat que les usages qui en sont faits ne sont pas en accord avec la pratique d’un art martial. Certains affirment que les arts martiaux doivent évoluer aussi, et qu’il faut adapter les contenus aux nouveaux supports qui s’offrent à nous.

Cependant, dans la pratique d’un art martial, rien ne peut remplacer la pratique. Rien !

L’art martial requiert un travail sur le corps et l’esprit, et ce travail ne peut se faire que dans le cadre de la pratique, car l’interaction corps-esprit et son développement passent par la pratique elle-même.

Les livres, les vidéos et autres supports ne sont que des outils complémentaires.

Certes, nous nous devons de nous adapter à notre époque et conserver notre capacité d’évolution, mais si, pour survivre, nous devons renier notre essence-même, alors autant mourir et disparaître.

À notre époque où nous pouvons partager si facilement les enseignements, il est regrettable de trouver une grande majorité de pratiques qui contiennent de nombreuses lacunes.

Beaucoup de démonstrations, le plus souvent faites par des jeunes enseignants ou parfois même par des sensei déconnectés de la réalité martiale, ressemblent à un ersatz de pratiques exempt de Ki.

La faute revient indéniablement aux anciens (pas tous, bien entendu) qui n’ont pas su transmettre. Elle revient aussi aux professeurs qui ont reçu une formation partielle et qui ne se sont pas donné les moyens de la compléter.