Ma ligne verte - Fred K-Net - E-Book

Ma ligne verte E-Book

Fred K-Net

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Beschreibung

Prenez-garde ! L'objet que vous tenez entre vos mains risque de s'autodétruire dès que vous aurez terminé la lecture de cette mise en garde ! Volez-le dès que le libraire aura le dos tourné, photocopiez-le au bureau ou téléchargez-le illégalement, puis brûlez-le ! Ne glissez aucune protubérance anatomique dedans (nez, oeil, doigt...), au risque de vous faire aspirer par un insidieux vortex et son orchestre d'invisibles engrenages irréversibles car vous risqueriez de sourire, rire et pire : de vous sentir mieux. En plus, qu'un incarcéré anonyme et synonyme de déchet de la société puisse ainsi prendre le contrôle à distance de vos zygomatiques figés, de votre intime déprime et de vos saines émotions, dans cette ère interminable du pangolin mal digéré, devrait être condamné sous le sceau de la haute trahison ! Nous vous aurons prévenu.es : l'autodestruction de vos légitimes préjugés, au détriment d'une insatiable curiosité est amorcée...

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Seitenzahl: 196

Veröffentlichungsjahr: 2021

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Table des matières

Avant-propos

Remerciements

Un homme K-onfiné en vaut deux

K-Liméro !

Devinettes ?

ZOMBIE-LAND

V.H.S.

T'es partie...

Une journée formidable

SHIT ALORS!

(

B.F.M.)

Bonne fête maman !

Conne-K-xion !

Lettre à K-rine

Dé-K-onfinement

Les hé-K-tombes silencieuses...

Au-K-une morale

Allô j'é-K-oute

Mes dire-K-trices

Ma psy

La Justice

Visites à la K-rte

Les larmes de l'enfance

Plan de re-K-lassement

Space of life

No-name

Ne remplissez pas ma flûte, s.v.p.

Spageth'Blues

Démon-K-ratie

U.S.A.

Les SURV

(eillants dél)

IN-K-ANTS

K-onfessions intimes

BOUGE

Jeudi, K-antine viande

J’ai accepté par erreur, ton intoxi-K-tion…

Paranoïa-K

Amarchissage sur la planète Marche

Derrière les murs, de ma prison dorée

Pas évident...

J’aurai tellement voulu te dire

Au-K-un refrain

Potentiel…

Mes lectrices/lecteuses/Le-K-ter/et lecteurs « potentiels »…

H.B.D

Big-Bug

Disparition du premier océan primitif

Il est né le païen bébé…

2020 : K-asse toi tu pues, et marche à l’ombre

Avant-propos

Comme un poème de Prévert, une séparation, des diffamations, une incarcération, artisanat des pollutions, maquettes en construction, modèles à profusion, demande d'expositions, photos en diffusion, la C.A.A.P.1 qui me répond, concours de rédaction, un gain de 200 ronds, assez pour la caution, PC en location, puis Genepi Belgique2 répond, de belles propositions, chroniques sur la prison, je n'en ai pas le don, donc improvisation.

Voici la chaîne quantique des possibles, qui dans le hasard et le destin, a fait de moi le modeste serviteur des chroniques en mon androgenèse et mes ovulations littéraires. Puis il fallut « conventionnellement » imposer un titre à tout cela.

Dernièrement, rediffusion d'un grand classique du cinéma américain, « La ligne verte ». Jamais vu, j'avoue. Regarder les films de prison quand on est en prison, c'est pas trop la grande tentation, mais bon... La peine capitale n'existant plus dans notre bonne vieille Europe, ne nous plaignons pas. Cependant, des parallèles indéniables existent; le racisme John Coffey-Georges Floyd, la vindicte populaire des barakis, les gardiens sadiques et délinquants, les très bons surveillants, le cachot, l'erreur judiciaire, les passe-droits, la solidarité inter-détenus, et aussi parmi nous, des sales types et des braves gens. Mais ici comme ailleurs, contrairement aux films fantastiques américains, pas de miracles ni de grâces royales !

Mais quel beau titre puissamment métaphorique. Si le film m'a mouillé les oculaires, comme d'habitude, c'est dû à mon cœur d'artichaut.

La ligne verte, c'est aussi la philosophie qu'a impulsée la jeunesse dans la rue, l'année dernière, en manifestant chaque semaine pour un monde plus écoresponsable. La ligne verte, ce sont ces aurores boréales, que notre Pôle Nord magnétique opère sur les particules solaires qui nous bombardent par milliards. La ligne verte, c'est la couleur de ma bouteille thermos, face à moi, renfermant ma précieuse caféine, comme le nom du héros du film, issue du vert arbuste robusta ou arabica, trésor des colonisations. La ligne verte, c'est cette marche verte, initiée par le Roi Hassan II le 16 octobre 1975, accompagné de 350 000 personnes, femmes et hommes à mains nues, pour obtenir la décolonisation du Sahara occidental, pour débloquer pacifiquement ce vol de territoire par l'Espagne. La ligne verte, c'est la résilience de ce peuple musulman, couleur des tuiles des madrasas, que le pouvoir anglo-saxon a décidé de diaboliser pour faire un hold-up sur l'opium afghan et le pétrole irakien. La ligne verte, c'est l'échelle de temps de 75 ans de paix de la vieille Europe. On peut donc y voir mille métaphores, ce qui n'est pas le cas de Rocky et Rambo, véhiculant un tout autre message, si tant est qu'ils en véhiculent un....

Le héros du film, John, a un pouvoir fantastique magnifique. Celui d'absorber le mauvais chez l'humain, d'en sucer le mal, et d'en restituer la bonté. Et cela n'est pas fantastique : c'est juste banal pour les femmes et les hommes de bonne composition. À l'origine, les prêtres à la confession, ces derniers se sont mis à sucer autre chose en franchissant la ligne rouge eux. Et ce cancer sans rémission est induit par l'interdiction innommable appelée « vœu de chasteté » qui rendrait n’importe quel animal fou, conjugué à écouter la lie des perversions, à la pardonner avec trois comptines et deux Alca-seltzer de notre Père. Plus d'espoir en cette secte machiste, homosexuelle refoulée, frustrée et déviante. John Coffey lui, suçait le cancer de la femme du directeur de la prison, à s'en rendre malade. Alors, la citoyenneté a créé les travailleurs sociaux, dépourvus de tout dogme invasif sur leur vie privée. Ou si certains s'y engagent par opportunisme à l'embauche, l'immense majorité reste encore empreinte d'une grande humilité face aux souffrances de ce siècle. Leur engagement sacerdotal, au sens second du terme, est de la même noblesse que la racine latine de ce mot : dignité d'augure. Ces augures, prêtres romains, étaient chargés d'interpréter les présages du chant, du vol des oiseaux. Ces travailleurs sociaux eux aussi sont chargés d'interpréter le présent et le futur de la misère humaine. Sans la fortune Vaticane, sans propriété de cathédrale, levant un milliard d'euros, pour une cigarette mal éteinte à Notre-Dame de Paris, sans l'art pictural d'un Michel-Angelo sur le plafond d'une chapelle, mais avec trois bouts de ficelles, deux punaises, et une miette octroyée par le pouvoir politique, ils tracent cette précieuse et fragile ligne verte sur laquelle on ne joue qu'une note fondamentale, par ses harmoniques, celle de l'humanité sauvegardée. Leur Bescherelle, ligne verte grammaticale de mon enfance, ne contient que les verbes : accompagner, avancer, dialoguer, former, protéger, rapiécer, ouïr, servir, réagir, s'émouvoir, recevoir, résoudre, suivre. À travers le monde, ils sont là pour leurs frères de misère. Alors, fort de ce faisceau pacifique de lignes vertes, diffusé à travers notre univers quantique, comme John Coffey, autant écrasé par la machine judiciaire calomnieuse jusqu'à ma dernière expiration, je diffuserai mes chroniques, pour moi-même et qui veut, comme un flot d'abeilles, au nom de ma ligne verte.

1Concertation des Associations Actives en Prison.

2 Association d'éducation populaire, sa vocation est de participer au décloisonnement de la prison en établissant un lien entre les personnes incarcérées et le monde extérieur (www.genepibelgique.be)

Remerciements

Ma mère et mon père, s’unissant, corps entremêlés, qui, d’un orgasme au moins masculin, m’ont créé, sur un lit ou sur la table de la salle à manger. Elle, pour m’avoir éduqué, mon frère pour m’avoir torturé et abusé, sans quoi je n’aurai pas hérité de ma sensibilité.

De Corine A. à Valérie E., mes dulcinées, tant aimées, cohortes de filles femmes et femelles, m’ayant protégé, aimé, le cœur sous mamelles toujours naturelles.

Mes professeurs, tous aliénés ou décédés aux dernières nouvelles, en particulier Monsieur Michel H., qui m’enseignera la chimie de 8 à 18 ans. Les bancs des amphithéâtres du Val-Benoît, de la cité ardente, et les banquettes du Blés d’or, du Carré et du Pub.

Mes amis, mes ennemis, Léa Salamé, Yann Barthès, Caroline Fourest, Hubert Reeves, Charles Darwin, Gutenberg, Brian May, Freddy Mercury, Roger Taylor.

Le tissu associatif à mission sociale belge, en particulier les folles de Genepi, la C.A.A.P. (Concertation des Associations Actives en Prison), la Ligue des Droits Humains (LDH).

La directrice de maison de peine de Lantin, Madame Fabry, Madame Isabelle D. de l’A.S.J. Liège II (Aide Sociale aux Justiciables), le S.A.D de Marche (Service Aides aux Détenus), ainsi que le Directeur de l’E.P. Marche : Monsieur De Thier, aussi la laïcité Luxembourgeoise et le CPAS de Verviers.

La majorité des agents rencontrés, en particulier big up pour Patricia, Manu, Fabienne et Sylvie. Les informaticiens Fabrice C. de Lantin et Christophe A. de Marche. Et K-mille C. actuelle manager, charmante au demeurant.

Gilbert, mon fidèle écuyer, rencontré sur la fin de l’œuvre et l’ayant rendue lisible et publiable !

Et puis la Terre entière, y compris Zemmour, Sardou, les Le Pen, me servant de modèles quotidiens à ne pas être, je les embrasse avec tendresse.

Et en tout dernier, comme pour ne pas les déranger, mes deux filles Lola et Chloé.

1.

Un homme K-onfiné en vaut deux

Vendredi 1 mai 2020

Mes chères cousines/cousins confiné·es, c’est avec infiniment de tendresse teintée d'une larme d'empathie que je m'adresse à vous. Sans cesse, la petite lucarne cathodique m'informe de vos turpitudes et vos souffrances... Être confiné depuis plus d'un mois, avec femmes et enfants, quel calvaire ! Chômage payé sans bosser, certains certes dans un petit 20 m2, d'autres en parcs et jardins dont le silence assourdissant est cruellement rompu par le clapotis des vaguelettes sur le bord de la piscine contre le marbre rose (Cf. Nabilla sur Instagram, tite chouchoute va !). Non mais à l'eau quoi !

Et puis ce viol collectif du décret de la République Française, sur un irrésistible « Laissez-moi danser » de Dalida, renvoyant TomorrowLand, et autres David Guetta, aux rangs de Has Been périmés, dans un Montmartre ensoleillé, dominical, d'un mois d'avril confiné mais décomplexé.

Puis ces bonnes vieilles désobéissances-party-lockdown-pirates dont les adolescents néo-libertaires et à peine post-pubertaires, aux acnés violacées, baves éthyliques aux lèvres, haranguant d'un doigt d'honneur, vengeur et lâche, le pouvoir parental, fédéral, gouvernemental, pour des intromissions anales. Ces empêcheurs de vivre (leurs futurs morts !) démasqués, collés-serrés, du libre-éternué « découdé » !!

Avec ma chance, je serai aujourd'hui, en préventive pour tentative d'homicide collectif avec circonstances aggravantes, d'avoir fait muter le Corona en Corona-Dalida. Car n'est point cela en fait, le non-respect des gestes barrières ? Dans l'arborescence de ces contaminations logarithmiques, les bourgeons terminaux des branches tentaculaires de ce tronc seront tantôt la vieille Mathilde nonagénaire, résistante à deux guerres, puits d'histoire et de savoir-faire, s'éteignant dans un dernier souffle, une dernière larme, tantôt Youness, jeune docteur fraîchement diplômé faisant fierté de sa famille, succombant au titre suprême et sans valeur de héros anonyme, pourtant ayant sauvé pléthore de ses semblables inconscients, habités sans doute d'un racisme latent... Vos petites danses de Lock-down Party, impunies et infantiles auront décimé quelques dizaines d'humanités, dont vous n'avez eu, sans doute, rien à foutre ! Nous, les salauds de la société, sommes confinés durant des années, du deux au premier janvier, pendant des mois et des années. Nous, privés de nos enfants, dont vous semblez vous plaindre tant, de nos aînés, année après année jusqu'au décès, dans nos neuf mètres carrés, sommes résignés. Pas d'Internet, pas de moquette, aux oubliettes, sans nos nénettes, et des matons qui se permettent, contaminations et racket !

Comprenez, pendant votre court et luxueux confinement, la richesse de la présence permanente de vos enfants, de vos tentatives maladroites d'être un enseignant, c'est si touchant ! Comprenez également, que l'existence de vos parents ne méritait pas d'être abandonnée comme un vieux jean usé, par notre culture si égoïste, individualiste et je-m’en-foutiste. Il est des peuples de la Terre, que vous jugez de retarder, qui gardent leurs vieux, au coin du feu; ces vieux, gardant les rejetons et leur apprenant leurs jeux, dans une transmission séculaire, plutôt que nos homes de pensionnaires, suçant leur salaire, pendant que trépignent les héritières.

Sachez in fine, que si les tueurs « multi-contaminateurs », parmi vous resteront impunis, ici, il existe, certes contraints et forcés, des innocents de crimes ou de meurtres qui se languissent chaque jour et depuis des années de leurs progénitures, de leurs aînés. C'est encore un des paradoxes d'une justice schizophrène et vengeresse, qui vous encline à plus de sagesse.

2.

K-Liméro !

Samedi 2 mai 2020

Ma douce et fraternelle société, toi qui m'as suspecté,

Auditionné, arrêté, jugé, incarcéré, puis bafoué,

Toute dignité, je ne t'exprime aucune velléité,

C'est vrai ! Au départ, tu étais sûrement bien intentionnée.

Malgré qu'en vérité, ta mécanique souffre bien de ratés

Innocence et culpabilité échappent souvent à ta sagacité…

Capables du fait, délits de faciès et extrêmes lenteurs

Tes manques de moyens sont à l'image de tes erreurs.

Le fléau de ta balance est déréglé, il doit être ré-étalonné !

Calomnies rééditées, le vrai du faux vous esquivez

Avocats véreux, procureurs heureux et juges vaniteux

Broyés des rouages de ton âge, tu accuses les vices de vieux.

Alors tu bâtis moultes prisons aux cloisons sans option,

Tu incarcères, tu mets aux fers, cela t’indiffère, au fond,

Mais si tu bâtissais plus d'écoles, tu redorerais ton auréole

Victor Hugo, au temps jadis, prônait ces sages paroles.

Tes instructions de constructions de méga-prisons sont à foison

Faisant fleurir à profusion, les appels d'offres et le sale pognon

Mais si tout cela subit tes multiplications dans l'exagération,

Comptes-tu vraiment incarcérer toute la population ?

Des sans-dents aux nouveaux cols blancs, par mille et par cent ?

Dans l'endettement à fonds perdus, tu plonges nos enfants.

Chaque année, de nouvelles lois créent de nouveaux malfrats

Bientôt péter sera lourdement condamné, non mais Allô quoi ?

N'est-ce point toi jadis, qui a osé condamner les violées d'avortement ?

L'euthanasie suppliée, l'homosexualité, et le petit vin blanc ?

Penses-tu vraiment avoir fermé la porte de ton inquisition,

En en enfonçant d'autres pour une abusive perquisition ?

Humilité gardée, tu n'es faite que d'hommes perfectibles,

Malgré ma déférence, votre Honneur, vous êtes bien susceptible.

C'est fier et droit que je tente de vous analyser sereinement.

Sur ma vie, vos erreurs, dues aux menteurs et arracheurs de dents

Ont influé négativement, erronément, contre marées et vents.

Mais qu'importe, c'est à raison, que je deviens l'intendant,

De votre passif si jouissif, pour vous : sous-fifres sans griffes

Vers le naufrage, vers le récif, dérive votre si frêle et nocif esquif .

Moi ma cellule est de béton, et j'y forge mes douces motivations,

Même si peu féconde, la population de moutons, face aux institutions

Mes rébellions à vos prononcés abscons, annihilent toute prostitution

Aux auditions, fouilles de matons, gros titres dans les torchons

Mon doux regard sur l'horizon espère vraiment ton ultime guérison

Une dose de pardon, deux gouttes d'humanisation, et un soupçon d'émotion.

3.

Devinettes ?

Dimanche 3 mai 2020

Voici venu le temps du doux Ramadan, et malgré le temps, c'est le printemps ! L'agnostique que je suis se réjouit du fait de fêter les fêtes ! Bouddhistes, catho, laïques, orthodoxes ou musulmanes, je n'en suis pas protestant mais tolérant. Comme pour les supporters de foot, ce choix m'a toujours emmerdé; j'ai trop de respect pour le gazon, qu'il soit à fumer, à brouter ou à scarifier !

Mais force est de constater que la représentativité des étrangers est souvent majoritaire en ces terres pénitentiaires ! Mais comment se fait-ce ? Je vais tenter de vous répondre par des devinettes.

Charles-Alexandre et Mouloute sont sur un arbre… Tous deux ont commis un modeste larcin, imaginons un vol de sac à main !

Mon premier, domicilié dans les beaux quartiers de la Hulpe, dans la villa de papa, paria de l'actionnariat d'une grosse S.A. Il sera défendu par le ténor Maître Du Barreau, dont l'étude sise, Avenue Marie-Louise, ornée de belles frises ?!?

Mon second, squattant un carton Gare du Nord, défendu par un jeune avocat commis d'office un quart d'heure avant l'audience...

Alors que le sac à main du premier, qui contenait bijoux, liasses, et strass, fut arraché en BMW, juste pour le fun d'une « after » en descente de coke. Le second sac lui, qui contenait un paquet de Stimorol entamé, un jeton de caddie Delhaize, et des bons de réductions Aldi, subtilisé car abandonné du regard quelques secondes, fut dérobé honteusement, pour tenter de se nourrir après une semaine de mendicité fortement réprimée.

Question : qui va écoper d'une peine de 200 heures de travail d'intérêt général, comme maître-nageur à la piscine privée de son quartier pendant ces belles heures d'été et qui va écoper d’une peine de 3 ans ferme ? No idea ? It's a pity!

Bonne autre devinette : Khalid Ben Youssef, le bien nommé en respect de son père, et Pierre-Alexandre De Cocteau-Lambert, reconnu par un père géniteur échevin à la famille, du Mouvement Réformateur, se présentent tous les deux au poste vacant d'ingénieur chimiste, dans une filiale américaine. Le premier candidat, honoré d'une grande distinction, au cursus complété de pléthore de formations, six langues pratiquées, trois alphabets maîtrisés (arabe, cyrillique et latin), le second a son diplôme sanctionné d'une « tout juste satisfaction » en seconde session.

Qui va, sous les pressions de papa et ses relations maffieuses, obtenir, en parfaite incompétence, l'emploi ? Et qui, après ce 153ème refus d'embauche au faciès, va finalement être contraint à cœur et à corps, à partager ses connaissances durement acquises, pour permettre d'enfin subvenir à sa famille, à ses parents, qui se sont saignés aux quatre veines pour lui.

Partage de connaissances dans le domaine des stups; le seul secteur qui embauche encore, sans aucune discrimination.

Qui prendra 10 ans de salaire et parachutes dorés ? Qui prendra 10 ans de prison, et préaux non abrités ? Toujours pas d'idée ? Fichtre alors...

Une petite dernière alors. Prenons un Etat, au hasard, qui pendant des décennies va envahir, coloniser, humilier un pays comme le Congo (à l'époque). Dévalisant toutes les richesses : œuvres d'art, or, diamants, bois précieux, minerais rares, uranium et cela avec une main d'œuvre défiant toute concurrence puisque gratuite sous CDD (Contrat D'esclavage Désintéressé). En cas de refus : coupage de mains, coupage de bras, plus d'chocolat ! Pays, donc, évangélisant, violant de 7 à 77 ans, par de bons Tintin missionnaires et conquérants. Pays se targuant même, d'avoir pu être le premier fournisseur officiel de l'uranium nécessaire aux américains (autre peuple de migrants colonisateurs s'étant parfaitement intégré à la communauté autochtone amérindienne, en bons génocidaires !) pour les premières bombes nucléaires de Nagazaki et Hiroshima ! Youpla ! Et d'un autre côté, un pays adorable par sa population, osant produire en son Nord, du Kif, permettant aux paysans séculaires de survivre et produire un nectar végétal et pacifiant, aux vertus thérapeutiques indéniables ! Un pétard de H, serait-il plus dangereux qu'une bombe H qui pète ? C'est dingue cela !

Dernière devinette : qui va voir ses politiciens usés mais opportunistes prendre les commandes de la communauté européenne, et qui va se faire mettre au banc des accusés de producteur de cette vile résine ? Toujours pas ? Je ne peux plus rien faire pour vous !

Pourtant, à l'origine de ce texte et de nos humanités, ces livres saints et sacrés prônaient des valeurs de partage, de paix, de respect, et d'égalité... Y'a dû avoir une couille dans l'pâté de la société…

En tout cas, ici en prison, les valeurs de solidarité et de fraternité existent toujours, je vous rassure. Ce soir c'est tajine pour tout le monde, à la fortune du pot, quelles que soient tes opinions, on ne se mêle pas de tes oignons, que tu sois mouton ou lardon !

INUTILE DE CHOISIR UNE COULEUR POUR RÉSOUDRE L'ÉNIGME DE LA VIE :

4.

ZOMBIE-LAND

Lundi 4 mai 2020

Ce matin, Hop, infirmerie, quoi de neuf Doc‘ ? M'étant tordu le poignet à force d'écrire des textes tordus ! Deux étages plus bas, je rejoins sagement l'enclos des bestiaux que nous sommes en somme, nous les bêtes de somme. Entrée discrète dans la cour des miracles de Game of Thrones version produits blancs. Sur 23 pupilles présentes (si si, Jimmy est borgne !), 16 sont déjà « pétées comme des harengs » !

Auraient-ils osé commencer le buffet-apéro-breakfast-Lunch-garden-open-bar sans moi et avant l'arrivée de la mariée ? Peu importe, on ne peut pas dire que cela me tente comme dirait mon oncle ! Cette symphonie de paupières, néanmoins, en parfaite synchronisation, accusent déjà un coucher crépusculaire précoce. Bordel, y a plus de saisons !

C'est alors que Sandro (prénom d'emprunt à court terme !) mû par une force défiant toutes les lois de la gravitation universelle, démarre avec conviction, marche avant toute.

Marche arrière aussi, mais dans la bonne direction d'Adrien, à la vitesse d'une amibe unijambiste dans un pot de miel figé. Bref pas speed quoi ! Le temps d'un coït de gastéropode plus tard, il arrive à bon port; cible verrouillée ! Dans un ralenti à deux images par seconde, animant ses mandibules édentées, il ouvre un large bec et fonce sur sa proie en ces mots : « Hey fraaaangginnn ! ». Une des paupières d'Adrien subit alors une secousse sismique de -0,02 sur l'échelle de Richter ! (Le bougre est donc vivant, un pouls est plausible, l'espoir renaît en l'humanité toute entière!).

« Si tu me files ton Révotril et un demi Oxycontin je te laisse sniffer mes deux Subox ! » s'époumone Sandro dans un micro-souffle issu de son emphysème terminal vaporeux, à côté duquel, l'haleine d'un poney crevé d'une overdose d'ail fermenté ferait pâlir de jalousie, le Coco Chanel N°5. Adrien, pris soudainement de remontées gastriques, ne se sent plus de joie et réfléchit. C'est vrai que cette O.P.A. pharmaceutique pourrait s'avérer intéressante, mais cela pourrait faire chuter WallStreet au profit du yen ! Je ne peux personnellement m'empêcher d'entonner sourdement en mon for intérieur, le célébrissime hymne aux trocs; « Si tu me donnes tes noix d'coco, moi je te donne mes ananas ! ». Je suis alors parcouru d'un fou-rire nerveux le long de ma courte moelle épinière, que je dissimule derrière une façade de Poker-face, imperturbable au demeurant.

Adrien, toujours occupé par l'alléchante proposition, comme un boulier chinois en ivoire du 13ème siècle fulmine, surchauffe, les fusibles de sécurité se déclenchant les uns après les autres, dans un ultime sursaut de sauvegarde système, ouvre une large braguette, et actionne cette dernière soupape thermique salvatrice ! Bref, il part pisser dans un coin de la pièce finement repéré par sa sous-population apparente, même si le dédain collectif répond à cette jolie marque de gratitude de sa part.

Sandro continue sa logorrhée inaudible, certes dans le vide, mais fixé à 0,0000° près, sur le méridien de Greenwich, avec une précision digne de tous les sextants présentés à « Affaire conclue ». Adrien, non honteux et non confus, revient, tel Moïse traversant les eaux, sandalettes fraîchement trempées d'une urine matinale et foncée, vers Sandro, tel un trader survolté : « Tu m'as dit quoi frérot ? » Sandro : « Hein ? ».

Trop tard, l'AVC l'a frappé de plein fouet. Tout son métabolisme de base est en sursaturation de travail, en station verticale option chancelant, et à assurer la demi ouverture des 6 tonnes de paupières. Face à cette mort cérébrale, Adrien tente de retrouver une belle prestance anglo-saxonne, malgré ses bas de pantalon autant imbibés que lui, en arborant, malgré l'interdiction en vigueur dans cet espace hors du temps, une belle cigarette neuve aux lèvres.

Le sort s'acharne sur le pauvre bougre; elle est à l'envers ! Sandro revient à nous dans un bras vengeur, briquet allumé, tendu fraternellement vers l'extrémité proéminente de sa proie ! Et c’est dans cette inédite effluve de polyéthylène carbonisé et d'urine radioactive, empreinte d'émotion, que mon patronyme résonne; c'est mon tour ! Fichtre, je vais encore rater la fin du film Zombieland. J'espère qu'il repassera sur Net-fix !

5.

V.H.S.

Mardi 5 mai 2020

Quel drôle d'acronyme que cet ancien standard de cassette vidéo des années 80, que les moins de 30 ans ne peuvent pas connaître. Et ces vidéoclubs où l'on pouvait louer les derniers films, avant internet, avant Netflix, et dont certains rayons X, n'étaient que fréquentés par des hommes moustachus, impers serrés, lunettes fumées, et chapeau ridicule : le début de l'anonymat de nos réseaux sociaux actuels.