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Cet ouvrage fournit une analyse approfondie de Manon Lescaut de l'abbé Prévost avec toutes les clés pour analyse l'œuvre.
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M. de Renoncour croise le chevalier Des Grieux qui lui raconte son histoire d'amour avec Manon Lescaut, une jeune fille fascinée par le luxe qui n'hésite pas à devenir la maîtresse d'hommes riches pour subvenir à ses besoins. Si la jeune femme est promise au couvent par ses parents, le chevalier la convainc de s'enfuir avec lui : de succès en ruine, d'adultère en emprisonnement, le jeune couple connaîtra une histoire d'amour aussi passionnée que tragique.
Que contient cette analyse d'oeuvre ?
Après avoir détaillé la biographie de l'abbé Prévost, Ariane Chaumat nous transporte directement au sein de l'histoire de
Manon Lescaut, qu'elle résume fidèlement partie par partie. Elle se penche ensuite sur le contexte qui a vu naître ce roman, la France du XVIIIe siècle qui voit le développement du genre romanesque et du réalisme, bien que le roman soit publiée en Hollande, pendant les années d'exil de son auteur. Les personnages du roman, Manon Lescaut, Des Grieux ou Tiberge, sont alors soumis à une analyse rigoureuse. Vient ensuite l'étude des thématiques principales de l'oeuvre : la corruption qui ronge la société du XVIIIe siècle, les différences sociales, la passion amoureuse ou encore, la morale et la religion. L'analyse du style de l'abbé Prévost fait l'objet du chapitre suivant, tandis que l'étude de la réception de cette œuvre clôt l'analyse littéraire.
Profil Littéraire propose des analyses approfondies faisant le tour complet des plus grandes œuvres de la littérature. Notre objectif est de permettre à nos lecteurs d'aller plus loin dans leur expérience de lecture et leur offrir ainsi un nouveau regard sur l'oeuvre concernée. Nos "profils littéraires" sont conçus par des professeurs triés sur le volet et révisés par un comité éditorial constitué de professionnels de la littérature.
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Seitenzahl: 66
Veröffentlichungsjahr: 2017
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Antoine François Prévost, dit Prévost d’Exiles, est plus généralement connu sous le nom d’abbé Prévost, en raison de son statut ecclésiastique. Issu de la bourgeoisie, il entreprend des études pour devenir prêtre et, dès cette époque, manifeste un goût certain pour l’écriture. À la fois représentant de l’Église et auteur prolixe, il ne se conforme pas aux exigences de son époque : en effet, dans la France du XVIIIe siècle, les religieux ne sont pas censés écrire sur des sujets profanes – non liés à la religion –, et encore moins immoraux. Or l’abbé Prévost n’hésite pas à décrire des personnages emportés par leurs passions jusqu’aux confins de l’inconduite et de la débauche.
Ses écrits de fiction sont généralement des romans-mémoires, récits de la vie d’un narrateur fictif. Parmi ceux-ci, plusieurs se présentent sous la forme de cycles : les Mémoires et aventures d’un homme de qualité (sept tomes de 1728 à 1731, dont l’Histoire du chevalier Des Grieux et de Manon Lescaut, 1731), par exemple, racontent la vie mouvementée de M. de Renoncour.
D’autres « mémoires » ne sont en revanche constitués que d’un seul roman, comme les Mémoires pour servir à l’histoire de Malte ou Histoire de la jeunesse du commandeur, qui retracent les aventures et amours d’un jeune religieux, chevalier de l’ordre de Malte.
L’abbé Prévost a également rédigé des livres historiques (Histoire de Marguerite d’Anjou, 1740, etc.) et traduit de nombreux ouvrages de l’anglais, comme le roman épistolaire de Samuel Richardson (écrivain anglais, 1689-1761), Lettres angloises ouHistoire de Miss Clarisse Harlove.
Manon Lescaut paraît pour la première fois en 1731, en Hollande, où l’abbé Prévost est en exil. Le roman a vraisemblablement été écrit en quelques mois. Il constitue le septième et dernier volume des Mémoires et aventures d’un homme de qualité. L’histoire rencontre tout de suite un grand succès, malgré la défiance et le dégoût que l’immoralité des personnages inspire à une partie des critiques. Le sujet principal du roman est l’amour passionné et ses inéluctables conséquences : une succession d’aventures et de malheurs qui aboutissent à une fin tragique…
Plus tard, l’auteur modifie son ouvrage à deux reprises : en 1742, il opère d’abord des changements de langue, corrigeant quelques « fautes grossières » (p. 49) ; en 1753, il transforme et ajoute quelques scènes qui concourent notamment à affiner les différents caractères. C’est cette seconde version qui fait l’objet de notre étude.
Portrait de l’abbé Prévost réalisé en 1745 par Georg Friedrich Schmidt.
Né en 1697, Antoine François Prévost est le deuxième des dix enfants de Liévin Prévost – conseiller et procureur du Roi au baillage d’Hesdin – et de Marie Duclay. Il entre au collège jésuite d’Hesdin et poursuit des études de rhétorique, entrecoupées d’un premier engagement dans l’armée en 1712, à la fin de la guerre de Succession d’Espagne (1701-1714). Suivant l’exemple de son frère aîné, et après quelques petits écarts de jeunesse, il est admis au noviciat des Jésuites de La Flèche, en 1717 : il se prépare alors à devenir prêtre, comme son oncle et son frère. Cependant, homme de contradictions, Prévost quitte encore l’ordre religieux, vraisemblablement pour s’engager dans la guerre de la Quadruple-Alliance, menée contre l’Espagne (1718-1720).
En 1720, Prévost se réfugie chez les moines bénédictins. Il entre dans leur confrérie l’année suivante, sans doute parce qu’il n’a pas d’autre alternative. Aucun document ne permet d’expliquer clairement cette mystérieuse et soudaine vocation, mais deux hypothèses sont admises : il s’agirait soit d’une fuite après des déboires amoureux, soit d’un moyen d’échapper à des poursuites judiciaires. Dans des écrits plus tardifs relatant sa jeunesse, Prévost juge la vie monastique avec sévérité et qualifie l’ordre de « tombeau » : « Je demeurai quelque temps si bien mort, que mes parents et mes amis ignorèrent ce que j’étais devenu […]. La perte de ma liberté m’affligea jusqu’aux larmes. Il était trop tard. » (PRÉVOST (Antoine François), Le Pour et Contre, Paris, Didot, 1734).
Prévost étudie l’érudition bénédictine et la théologie mais, déjà, il se préoccupe d’autres sujets et rédige en parallèle Les Aventures de Pomponius, chevalier romain, ou l’Histoire de notre temps. Ce pamphlet s’attaque aux jésuites et aux bénédictins, mais aussi à diverses personnalités de l’époque comme le Régent, Philippe II d’Orléans (1674-1723). L’ouvrage est publié en Hollande sous un faux nom et rencontre un grand succès.
Antoine François Prévost est ordonné prêtre en 1725-1726, après une longue attente qui n’est peut-être pas sans lien avec la réticence de ses supérieurs suite à ses nombreuses mésaventures. Il devient donc l’abbé Prévost et enseigne un temps les humanités au collège de Saint-Germer (Oise). Il est également engagé dans la rédaction de la Gallia Christiana, encyclopédie en latin qui détaille l’histoire des provinces ecclésiastiques françaises.
Il aurait néanmoins consacré davantage de temps à la rédaction de ses propres écrits : en 1728, sont publiés les quatre premiers tomes des Mémoires et aventures d’un homme de qualité qui s’est retiré du monde. Ces romans-mémoires – genre très en vogue à l’époque – retracent les nombreuses aventures du narrateur, M. de Renoncour. Le thème de l’entrée forcée en religion y est abordé à plusieurs reprises, et il s’y rencontre aussi un personnage d’ecclésiastique qui s’est enfui avec sa maîtresse – un thème que l’on retrouve dans plusieurs œuvres postérieures, et notamment dans Manon Lescaut. Aussi, s’il ne s’agit pas d’un récit autobiographique, l’abbé Prévost s’y est très certainement inspiré de ses propres expériences.
Toujours en 1728, il quitte la vie monacale, n’ayant pas obtenu le droit d’intégrer une branche moins stricte de l’ordre bénédictin. Une lettre de cachet – sous l’Ancien Régime (régime politique et social français qui court du règne de François Ier, durant la première moitié du XVIe siècle, à la Révolution française de 1789), celle-ci permet d’incarcérer un individu sans jugement – est émise contre lui, mais l’abbé parvient à s’enfuir en Angleterre, où il se convertit à l’anglicanisme.
En Angleterre, l’abbé Prévost est engagé comme précepteur de Francis Eyles, fils de John Eyles, parlementaire et sous-gouverneur de la South Sea Company. Il entretient une liaison avec Mary, la sœur de son élève, et envisage avec elle un mariage secret. Mis au courant, le père exige et obtient que Prévost quitte le pays.
L’abbé émigre alors en Hollande avec des manuscrits qu’il a commencé à rédiger au cours de son séjour anglais. C’est vers cette époque qu’il commence à signer « Prévost d’Exiles », un nom qui l’anoblit en même temps qu’il rappelle sa situation d’exilé. En 1731, il publie les quatre premiers tomes du Philosophe anglais ou Histoire de M. Cleveland, fils naturel de Cromwell, roman-
