Mariez-vous qu’ils disaient ! - Marie Moreau - E-Book

Mariez-vous qu’ils disaient ! E-Book

Marie Moreau

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Depuis son enfance, Emma est fascinée par les contes que sa mère lui racontait. Devenue adulte, elle aspire à une vie douce et harmonieuse, où les oiseaux chantent et le ciel reste dégagé. Lorsque dix ans après leur première rencontre elle retrouve Jules, leur histoire prend une tournure inattendue. Un amour profond les pousse à décider de se marier. Seulement, la réalité la rattrape rapidement, effaçant les rêves d’Emma. Loin des contes de fées, sa vie devient une aventure captivante pleine de défis et de surprises. Les oiseaux et le ciel sans nuage laissent place à une histoire bien réelle, remplie de rebondissements. Comment Emma fera-t-elle face à ces nouveaux défis ?


À PROPOS DE L'AUTRICEMarie Moreau puise dans sa propre expérience pour nourrir ses écrits. Mariez-vous qu’ils disaient ! reflète sa détermination à partager avec son entourage les défis qu’elle affronte au quotidien.

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Seitenzahl: 133

Veröffentlichungsjahr: 2023

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Marie Moreau

Mariez-vous qu’ils disaient !

© Lys Bleu Éditions – Marie Moreau

ISBN : 979-10-422-0580-5

Le code de la propriété intellectuelle n’autorisant aux termes des paragraphes 2 et 3 de l’article L.122-5, d’une part, que les copies ou reproductions strictement réservées à l’usage privé du copiste et non destinées à une utilisation collective et, d’autre part, sous réserve du nom de l’auteur et de la source, que les analyses et les courtes citations justifiées par le caractère critique, polémique, pédagogique, scientifique ou d’information, toute représentation ou reproduction intégrale ou partielle, faite sans le consentement de l’auteur ou de ses ayants droit ou ayants cause, est illicite (article L.122-4). Cette représentation ou reproduction, par quelque procédé que ce soit, constituerait donc une contrefaçon sanctionnée par les articles L.335-2 et suivants du Code de la propriété intellectuelle.

À mes parents aimés,

à mon fils adoré.

L’amour c’est n’avoir jamais à dire qu’on est désolé.

Erich Segal

Préface

C

haque petite fille est bercée dès son plus jeune âge par des contes de fées fabuleux. C’est une sorte de tradition, une coutume bien encrée.

La fille est une princesse. Elle est ravissante, jeune, délicate, gentille et souvent naïve. Elle passe son temps à attendre son prince Charmant. Parfois, elle entretient son intérieur de maison, parfois elle s’admire dans un miroir à longueur de temps en se brossant les cheveux ou encore elle chante et attire les oiseaux alentour. Mais quoi qu’il en soit, elle reste à la maison et espère la venue de son prince. Elle a toujours le sourire, elle est agréable, douce et aimante.

Le garçon, quant à lui, est le prince. Il est beau et grand, galant et intelligent, courageux et valeureux. Il n’a peur de rien. Il arrive toujours sur son magnifique cheval blanc avec son épée. Il est prêt à affronter tous les démons et méchants de toutes sortes pour parvenir jusqu’à la princesse. Il est là pour la protéger de toutes les choses maléfiques, pour la délivrer et la sauver des sortilèges divers.

Dans les contes de fées, la marâtre tient également une place prépondérante. Elle est laide, méchante, fourbe et odieuse. Elle persuade la princesse qu’elle est gentille avec elle, qu’elle ne veut que son bien, alors qu’elle la jalouse. Elle envie sa beauté et sa gentillesse et fait tout pour lui faire du mal et l’empêcher de rencontrer son prince.

Malgré de multiples périples et d’innombrables obstacles, le prince n’a de cesse d’affronter les situations aussi difficiles et dangereuses, soient elles. Et il gagne à chaque fois.

Il est vraiment trop fort !

Il finit toujours par retrouver sa bien-aimée. Et à cet instant précis, comme une évidence, ils s’aiment – ils étaient forcément faits l’un pour l’autre – et la marâtre disparaît pour de bon afin de laisser place à une fin heureuse.

D’ailleurs, c’est ainsi que les contes de fées se terminent : « Ils se marièrent, vécurent heureux et eurent beaucoup d’enfants ».

Or, ce que l’on n’avait jamais raconté à Emma, c’est que dans la vraie vie, c’est à ce moment-là que les ennuis commencent…

Tout ce qui arrive avant n’est que bonheur, béatitude, félicité. En effet, lorsque l’on rencontre un homme, il est savoureux de se découvrir, d’apprendre à se connaître, se deviner pour ensuite se séduire. L’un et l’autre ont envie de se plaire mutuellement, d’exciter la curiosité de l’autre, de convenir à ses attentes et de se captiver. Ils fournissent des efforts pour charmer l’autre, l’envoûter et lui correspondre.

De plus, dans la vraie vie, la marâtre n’apparaît pas tout de suite.

En revanche, une fois mariés, le charme se rompt et tout commence pour de vrai. Le prince n’est ni vaillant, ni valeureux, ni galant, ni brave et, encore moins, courageux… surtout face à la marâtre dont il a une peur bleue et qui entre en scène juste après le mariage, pour prendre tout à coup beaucoup (trop) de place dans la vie du « prince » et de son épouse.

D’un seul coup, alors que la princesse pense avoir réussi sa vie puisqu’elle est mariée à un véritable seigneur, c’est à cet instant-là que tout bascule : ses illusions chancellent et ses projets chavirent. Rien n’est gagné !

Des ronces et des buissons à la fois acérés et ténébreux s’élèvent alors devant elle. Elle se rend compte que son prince, au lieu de partir en éclaireur, droit devant, et lutter pour lui frayer un chemin et la protéger contre d’éventuels malfaiteurs, reste derrière elle, blotti, afin d’éviter tout risque de blessures pendant qu’elle, la princesse, délicate, fragile et frêle, se prend tous les coups. Et le tout, sans être armée ! Mais ce n’est pas grave pour le prince, car l’important, c’est que lui ne soit pas touché et donc pas blessé !

Inutile de dire que le réveil d’Emma, jeune fille sans histoire, fut brutal et âpre. Elle était loin, très loin, des contes de fées qu’elle aimait tant, enfant ! Ces contes que sa mère lui racontait avant de s’endormir et qui la portaient ensuite durant tout son sommeil. Elle y croyait. Cette vie qu’elle devait avoir en tant que princesse lui convenait pleinement : être protégée par son prince, aimée de lui, entourée d’êtres bienveillants, chaleureux et affectueux. Ce monde tendre était pour elle. Elle se sentait prête à le vivre. Elle était, elle aussi, disposée à donner beaucoup d’affection et d’amour autour d’elle et surtout à son sauveur.

C’est dans cet état d’esprit que notre princesse dans l’âme rencontra Jules.

Voici comment tout débuta…

L’homme de sa vie

Les retrouvailles

J

ules et Emma s’étaient connus lorsqu’ils avaient tous les deux dix-huit ans.

Ils habitaient alors à une cinquantaine de kilomètres l’un de l’autre, aux deux extrémités du département.

Ils étaient tous les deux en Terminale, dans des lycées différents.

La mère d’Emma pensait, à cette époque de la vie de la jeune fille, que pratiquer du sport lui ferait le plus grand bien. Elle avait lu que pratiquer une activité physique durant l’année du bac stimulait le cerveau et boostait la concentration. Bienveillante, elle l’inscrivit donc à des cours de tennis qui étaient proposés dans son village. Le formateur de tennis était un jeune homme de son âge, grand, posé et très brun. Son prénom : Jules.

Une dizaine de femmes s’étaient inscrites à ces cours de tennis. Dès le premier regard, Emma vit des femmes d’un « certain âge ». C’est-à-dire que du haut de ses dix-huit ans, il s’agissait de femmes d’une quarantaine d’années ! Pas très encourageant et encore moins motivant ! Elles étaient toutes employées à la mairie du village, avec un embonpoint certain, ou comme qui dirait une « bonne assise ». Bref, elles étaient « bien charpentées ». Elles s’étaient inscrites en groupe au tennis. Emma, quant à elle, était la seule « pubère » !

Le premier cours de tennis débuta par un échauffement consistant à courir autour du terrain, durant un certain temps. La jeune fille ne voyait absolument pas l’intérêt d’un pareil exercice ! À la fin de la course, Jules leur demanda de prendre leur pouls. Emma ne savait même pas qu’elle en avait un, et encore moins comment le prendre ! Ni où il se cachait ! Lorsqu’elle le trouva enfin, elle se mit à compter : un-deux, trois-quatre, cinq-six… C’est-à-dire qu’à chaque pulsation : tou-toum, tou-toum, tou-toum, elle comptait : un-deux, trois-quatre, cinq-six…

Jules leur demanda ensuite, les unes après les autres, de lui communiquer le nombre de pulsations. Les cougars annoncèrent qu’elles avaient entre 70 et 80 pulsations. Lorsqu’il arriva à Emma, elle lui dit : « 170 » ! Et cet imbécile se sentit obligé de rétorquer : « Tu n’es vraiment pas très sportive ! ».

Non mais… pour qui il se prenait ce grand dadais ? De plus, elle lui trouvait un physique nigaud et maladroit.

Depuis cette remarque désobligeante, elle ne le supportait pas…

Il la faisait courir après une balle. Elle… Personne n’avait encore jamais osé avant lui ! Et en plus, cela l’amusait. Il se divertissait de ses maladresses, de ses râleries, de sa fainéantise de courir après la balle, en un mot, de son exaspération à jouer au tennis.

Durant les cours, les préménopausées et elle passaient les unes après les autres afin de s’entraîner à rattraper les balles qu’il leur lançait depuis l’autre bout du court. Lorsque, par exemple, elles travaillaient les coups droits et que c’était le tour d’Emma, il lui envoyait un revers… qu’elle loupait, bien évidemment, puisqu’elle s’était préparée à réceptionner un coup droit et donc s’était positionnée sur le côté droit du court et non au centre comme il leur avait demandé ! Et il riait, ainsi que toutes les MILFs du cours.

Étant donné que Jules et elle avaient le même âge, le jeune homme voulait se rendre intéressant et lui montrer qu’il avait une certaine forme d’autorité et elle, de son côté, voulait lui prouver qu’elle avait du caractère et qu’elle ne se laissait pas impressionner facilement.

Les cours de tennis se terminèrent fin mai, juste à temps pour passer le bac avec succès.

Les années passèrent, l’âge bête aussi…

Dix ans plus tard, alors qu’Emma était en pleine rupture et se réfugiait régulièrement chez ses parents pour se ressourcer, elle reçut une lettre de Jules. Quelle ne fut pas sa surprise ! Il avait gardé l’adresse de ses parents ! Sa mère était folle de joie. Enfin, un garçon bien ! Le seul problème, c’est qu’elle était en fin de course d’une histoire et était beaucoup moins enthousiaste que sa mère pour recommencer quelque chose avec qui que ce soit. Bref, elle finit par lire la lettre…

Il lui écrivait qu’il était à Paris où il terminait ses études. Il finissait un cursus d’ingénieur qui complétait ses études d’architecture. Autrement dit, un intellectuel ! Emma était à Bordeaux à ce moment-là, secrétaire de direction dans une démolition automobile – beaucoup moins d’allure ! – sa situation était franchement moins folichonne !

Tout d’abord, elle ne voulut pas lui répondre. Elle n’avait rien à lui raconter. Mais ses parents, et surtout sa mère, insistaient tellement à chaque fois qu’elle venait les voir : « Lui as-tu répondu ? », « Réponds-lui donc ! ». C’est donc ce qu’elle finit par faire pour avoir la paix et être débarrassée de leur obstination une bonne fois pour toutes. Elle lui envoya donc un courrier quelques mois plus tard. C’est avec beaucoup de difficultés qu’elle trouva matière à sa lettre. Alors elle lui parla de son bac et des notes qu’elle avait eues, de son travail d’assistante de direction – sans toutefois lui préciser qu’elle exerçait dans une démolition automobile – et du tennis qu’elle avait abandonné pour faute de temps, mais surtout de motivation suffisante. Aussitôt postée cette bafouille, elle se sentit soulagée : voilà une bonne chose de faite ! Maintenant, la tranquillité ! Le seul souci, c’est qu’il lui répondit quelques jours après. Sa lettre était plus longue que celle qu’elle lui avait envoyée. Elle sentait en la lisant qu’il avait été touché, qu’elle lui réponde. Alors, pour ne pas le décevoir, et aussi parce qu’elle se prenait au jeu, elle lui répondit de nouveau, et ainsi de suite, pendant plusieurs mois.

Leurs lettres étaient de plus en plus longues. Ils avaient de plus en plus de choses à se dire. D’ailleurs, pour elle, cela devenait fastidieux de lui écrire, car elle était plutôt de nature bavarde et finissait par en avoir mal au poignet à force de lui retranscrire par écrit toutes les idées qui lui passaient par la tête. Et quand elle voulait raccourcir ses écrits – et donc ses pensées –, cela n’avait plus aucun sens.

Mais ce qui devint le plus pénible fut qu’elle était dans l’obligation d’attendre plusieurs jours avant d’avoir la réponse à la lettre qu’elle lui avait postée ! L’inconvénient majeur était que son impatience prenait le pas, peu à peu, sur son calme de façade. Le second inconvénient était que lorsqu’arrivait enfin ladite lettre avec la réponse à l’intérieur, elle ne se souvenait même plus de ce qu’elle avait écrit la fois d’avant. Il faut dire ce qui est, ils étaient de plus en plus empressés de recevoir des nouvelles de l’autre. Emma avait de plus en plus hâte de le lire. Chaque jour, après le passage du facteur, elle se précipitait pour regarder dans la boîte aux lettres si une missive était arrivée.

Aussi, face à cette « lenteur administrative », ils prirent la décision de s’envoyer des SMS. Que c’était bien ! Que ce fut bon ! C’était une véritable révolution. Une méthode plus simple – surtout pour celui qui savait comment s’en servir. Il faut préciser que tout cela se passait dans les années quatre-vingt-dix, quand le téléphone portable commençait juste à se démocratiser. Ce qu’il y avait de bien, c’était la réponse immédiate, sans plus attendre. Une véritable révolution technologique !

Les semaines passèrent et un jour, Jules lui proposa de l’appeler, car il souhaitait entendre de nouveau sa voix. Il avait un forfait téléphonique qui lui permettait d’appeler qui il voulait à partir de vingt heures, et cela en illimité. Cependant, à cette demande, Emma eut vraiment un instant de panique. Elle prit peur. Sa première intuition fut de vouloir reculer devant cette idée. Elle était vraiment affolée. Et puis, après réflexion, deux-trois respirations, sa deuxième intuition s’orienta vers une acceptation de cette évolution dans leur relation.

Mais des questions se bousculaient dans sa tête. Lorsqu’il appellera, devait-elle prendre une voix sensuelle d’hôtesse de l’air : « Allôôô », ou bien devait-elle parler comme à la démolition automobile : « Démolition automobile, bonjour ». Quel stress ! Quelle angoisse !

Ils finirent par définir une date pour se contacter. Emma était dans tous ses états. Lorsque le téléphone retentit, ses mains devinrent moites, son cœur se mit à battre à toute allure et ses jambes à se ramollir, tel du coton. Elle décrocha. À l’autre bout, une voix familière masculine lui dit : « Allô ». Ce timbre de voix la rassura. Il était doux et engageant, amical et bienveillant. Cette gentillesse ressentie la mit à l’aise. Elle restait néanmoins très concentrée sur ce qu’elle disait. Et ça aussi, c’était une première pour elle ! Il était hors de question de raconter n’importe quoi, de bafouiller. En quelques mots : il fallait assurer.

Avec le temps, elle se détendit et son naturel revint au galop.

Toutefois, heureusement qu’il n’y avait pas de caméra ! Un jour, qu’elle s’était apposé un masque à l’argile verte sur le visage, Jules l’appela. D’abord, tout se passa bien. Puis, au fur et à mesure des minutes qui s’écoulaient, son visage se figeait, jusqu’à devenir solide. Il devint très compliqué de répondre à ses questions, aussi elle dut trouver une excuse pour raccrocher.

Au début, ils s’appelaient une fois par semaine, puis deux, puis trois et, pour finir, tous les soirs. À chaque fois, leurs discussions duraient de plus en plus longtemps jusqu’à atteindre plusieurs heures. Un soir, ou plutôt, une nuit, ils restèrent en ligne huit heures d’affilée ! Ils parlaient de tout et de rien à la fois. Ils étaient bien, c’est tout. Emma avait pris l’habitude de s’asseoir sur le rebord de sa baie vitrée et elle l’écoutait. Sa voix lui faisait du bien. Ils avaient tous les deux l’impression de s’être quittés la veille. Qu’ils étaient bien !

Et puis un jour, Jules lança l’idée qu’ils pourraient se revoir dans un mois. En effet, ses études à Paris prenant fin, il comptait redescendre sur Bordeaux, lieu de sa résidence. Emma accepta sur le champ.

Cependant, après avoir raccroché, elle prit conscience de l’idée folle qu’avait eue Jules quelques instants auparavant ! Et elle eut encore plus conscience de l’idée folle qu’elle avait eue d’accepter ! « Mais qu’est-ce qui m’a pris de lui dire OUI ? »

D’un seul coup, elle se sentit seule au monde. Elle était tétanisée. Presque anéantie. Elle en avait perdu le souffle. La jeune fille essayait de se remémorer tout ce qu’elle avait pu lui dire comme inexactitudes au téléphone. Elle ne l’avait pas fait dans l’intention de lui nuire ou de lui mentir, évidemment, mais principalement pour embellir la réalité et surtout sans penser qu’ils pourraient un jour, se retrouver !

« Il va certainement me trouver moche, vieillie, mal coiffée avec une sale tête ! Moi qui lui ai dit que j’étais plutôt bien roulée ! Tu parles ! Il va être déçu, c’est certain ! Remarque, comme ça, ça coupera court à tout ! »