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Pour un jeune Franc-maçon qui vient d’être initié, il est très difficile de comprendre ce qu’il vient de vivre. Depuis le début (le passage sous le bandeau, les quatre éléments, le cabinet de réflexion, etc.) en passant par les serments et la chaîne d’union jusqu’à la cérémonie de réception et la reconnaissance des Frères, l’initié a commencé sa démarche. Mais trop de choses vécues, entrevues sans les percevoir, et surtout sans en saisir le sens, se bousculent dans sa tête et le laissent avide de connaissances.
À PROPOS DE L'AUTEUR
Initié au « Grand Orient de France » en 1981,
Pierre Pelle Le Croisa est membre actif de la GL-AMF Passionné par la recherche dans les domaines de la science, de la philosophie, de la littérature et surtout de l’ésotérisme initiatique, écrivain engagé, il a publié une vingtaine d’ouvrages destinés au grand public (romans, essais littéraires et sociologiques, poésies, livres professionnels) et aux Francs-maçons (langages symboliques, mémentos du REAA, les couleurs des rites, Liberté-Égalité-Fraternité, humour maçonnique, etc.) Il écrit aussi dans les médias, et plus particulièrement dans de nombreuses revues et magazines maçonniques.
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Seitenzahl: 142
Veröffentlichungsjahr: 2020
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Pierre Pelle Le Croisa
Mémento 3e degré du R.E.A.A.
PAROLES DE MAÎTRE
HIRAM et LES ARBRES DE LUMIÈRES
INTRODUCTION
Quelle relation y a-t-il entre Hiram et l’arbre ? Une relation d’identité : Hiram est un Arbre de Vie – ce que la branche d’acacia suggère. Mais il est bien plus encore : chacune des positions de son corps – renversé, couché, relevé, debout – évoque la position d’un arbre mythique – l’Arbre Inversé, l’Arbre des Morts, l’Arbre Dressé, l’Arbre des Vifs – et toute la symbolique qui s’y rattache : la cosmogonie du temple, les trois mondes (la Terre, les Enfers et le Ciel), le sens de la vie, la quête de la Connaissance, l’ascension vers la Lumière, la régénération, l’immortalité…
Ainsi, à travers le mythe maçonnique du Maître nous retrouvons, retraçons et revivons ces mythes et ces rites qui sont les fondements culturels de nos sociétés.
Le thème universel de l’arbre éclaire d’un jour nouveau, mais ô combien significatif, l’enseignement anagogique de ces traditions – c’est-à-dire l’élévation spirituelle, dont la tradition maçonnique est elle-même l’héritière.
Pierre PELLE LE CROISA a été dirigeant de grandes entreprises et de grandes écoles internationales pour ses activités professionnelles. Franc-maçon depuis bientôt 33 ans, membre actif du Grand Orient puis de la Grande Loge de France, il s’est impliqué dans la vie maçonnique (dans ses loges, au Congrès Île-de-France, au Conseil Fédéral). Écrivain engagé, il a publié des ouvrages grand public (romans, nouvelles, essais, études philosophiques et littéraires, poésies, livres professionnels) et des ouvrages maçonniques (récits et contes initiatiques, chroniques d’histoire, traités sur les mythes et sur les rites, études symboliques, mémentos sur les grades, travaux de recherche). Il a aussi écrit de nombreux articles dans des magazines et des revues spécialisés.
Toute une histoire pour un arbre…
Franchement, vous connaissez l’acacia ?
Les arbres de pierre
Les Aborigènes
L’Arbre de Vie des Espèces
La mythologie des arbres
La sacralisation de l’arbre
Les « Bons Cousins Fendeurs »
Les arbres exemplaires
La source, la pierre et l’arbre
L’image de l’arbre
Un arbre à être
L’arbre de vie d’Hiram, l’arbre du bien et du mal des trois compagnons
L’Arbre de Vie d’Hiram
L’Arbre du Bien et du Mal des trois Compagnons
La mort d’Hiram, ou l’orme qui tombe
Les colonnes du Temple, piliers du monde
La mauvaise graine
Le Pommier de la Discorde
Le mot sacré, les mots secrets
Le saule agite ses feuilles
Les outils qui tuent
La mort d’Hiram, ou l’orme qui tombe
Le renversement du corps ou l’arbre des étoiles
Pourquoi Hiram a-t-il été assassiné ?
L’Arbre Renversé
Le frémissement d’une branche sur le ciel
L’Arbre mort de la Vérité
Le bois du cercueil
L’arbre d’Azachim
Une branche d’acacia
À la recherche d’Hiram
Où allez-vous ?
Le signe du deuil
Le cèdre du Liban
Les grenadiers de la Sulamithe
Le relèvement du corps, ou l’arbre dressé
La moelle dans les os
Un bourgeon sur une branche morte
L’humus de la terre
L’Arbre du Renouveau
L’homme debout, ou l’Arbre Dressé
L’arbre, centre et axe du monde
L’Arbre du Monde
Le Centre du Monde
L’Axe du Monde
La Terre, le Ciel et l’Enfer
Les Gardiens de l’Arbre
L’ascension de l’Arbre
L’Arbre de la Félicité
L’Arbre de la Mémoire
Le bois sec et le bois vert
L’Arbre des Morts et l’Arbre des Vifs
L’Arbre de la Régénération
L’entrée de l’arbre
L’immuabilité du mort, ou l’immobilité de l’arbre
L’arbre du milieu
L’Arbre de la Sagesse
L’Arbre de la Connaissance
Les feuilles de Simsapã
L’Arbre des Sephiroth
Le sens de l’arbre
Les arbres de lumière
L’Arbre de la Tradition
L’Arbre de la Transmission
L’Arbre de l’Immortalité
L’Arbre de Lumière
L’arbre et l’oiseau
Le choix de l’arbre
L’oiseau dans le ciel
Pourquoi faut-il que l’arbre et l’homme meurent ?
Le tableau synoptique du 3e degré
Références bibliographiques
Du même auteur
Copyright
Dans la même collection
À la mémoire de mon Frère Michel.
« N’oublions pas que nombre de dieux et de déesses des cosmogonies antiques n’étaient pas autre chose que des plantes… »
DUINO (A.), « L’Éternel rire des Dieux. Une histoire de fou » (éd. Signatura, 2010)
« Quelle que soit sa désignation biblique, Hiram ou H’ouram se situe dans la sphère élevée et interdite de l’Arbre de Vie, le Discernement. »
SOUED (A.), « Du temple de Salomon au Cantique des Cantiques » in « Dix réflexions »(« Conférences et cours sur la Quabalah », 1985)
L’acacia est au cœur du mythe d’Hiram et de la cérémonie d’exaltation au troisième degré symbolique de Maître.
Mais, dites-moi, qui se préoccuperait de l’arbre si ceux qui ont élaboré le mimodrame n’en avaient pas parlé ? Et pourquoi nous obligent-ils à nous intéresser à lui alors que ce qui nous préoccupe, nous, en tant qu’êtres humains, c’est de bien mener notre vie tant sur le plan matériel que sur le plan spirituel ? Et, si la chance nous est donnée d’en pousser le destin, de participer au mieux et en toute humilité, au perfectionnement et au progrès intellectuel et moral de l’humanité ? Alors, les arbres !…
Pourtant, il y a tant à dire sur eux ! Pour une fois qu’on leur laisse la parole, écoutons-les.
Que disent-ils ?
L’histoire des arbres de la vie a fait l’histoire de la vie des hommes. Ah, leur histoire !… Mais de quelle histoire parle-t-on ? De la vôtre, bien sûr. De la vie !
L’avez-vous oubliée ? Oui, la mémoire s’efface. Cependant, eux ne vous ont pas oubliés ! Sans le gaz carbonique qu’ils absorbent, sans l’oxygène qu’ils vous apportent, vous auriez disparu. Ils remplissent leur mission, quoi que vous leur fassiez. Et quoiqu’ils en souffrent.
Mais pourquoi les faites-vous souffrir ? Pourquoi, Fils de la Terre, avez-vous bitumé vos pères ?
Émondés, coulés dans le goudron, ils ont perdu cette majesté qui apanageait leurs ancêtres. Dans les grilles qui les enserrent, ils sont comme des oiseaux en cage. Rongés par l’urine acide des chiens, les gaz toxiques des voitures et le salage corrosif des chaussées. Les employés municipaux ont coupé ras leurs branches. Les platanes, le pied dans l’asphalte, tendent leurs moignons suppliants vers un ciel qui ne les écoute pas. Arbres éclopés qui gémissent et que personne n’entend. Le passant, pressé, ne s’arrête pas. Il ne les voit plus. Il n’a pas le temps. Il passe. Et les arbres, dépassés, trépassent derrière lui. Arbres blessés dans leur sève, arbres morts pour ceux qui ne les rêvent plus. Simples décors de rues pour des hommes qui les ont fossilisés. Images d’arbres, comme celles des pierres lointaines, là-bas, dans les glaces arctiques, qui portent la trace de leur histoire…
Vous vous plaignez : tailler leurs branches au printemps, ramasser leurs feuilles en automne grèvent lourdement le budget des communes. Aujourd’hui, dans les villages, vous préférez les couper plutôt que de les entretenir. La scie, avec leurs troncs, a fait tomber leurs souvenirs. Dans les champs, au nom du remembrement, vous les avez démembrés. Avec les haies disparaissent l’ombre fraîche de leur ramure et la beauté verdoyante de leur frondaison. Les paysages arasés, nivelés, aplanis, compassés ont perdu leur âme.
Je ramasse quelques fanes qui s’écornent déjà. Je les caresse. Ma main les réchauffe. Elles s’animent. Il était une feuille…
Quelles relations y a-t-il entre l’arbre et l’homme ?
Au toucher, l’arbre transmet sa force, sa puissance à l’homme : « Le plus ancien [corps] emprunte à la sinuosité des vieux arbres une robustesse terrible » constate Tirtiaux. L’ombre de ses feuilles l’abrite des ardeurs du soleil. Comme un ami, il le protège.
Un ami ? Plus, peut-être. La plus ancienne tradition qui nous soit parvenue prétend qu’au début du monde nous étions parents : l’arbre et l’homme seraient issus d’une même lignée. Une autre tradition affirme que les Aborigènes seraient les descendants des arbres.
La légende dit qu’en leur avènement, les Aborigènes étaient des « Hommes-Arbres », des « Dendromininés » ; puis, au cours de millions d’années, ils auraient muté en « Archanthropes », en « Anciens des Hommes », leurs racines se transformant en jambes, leurs branches en bras et leur feuillage en chevelure. De là viendrait leur nom d’« Aborigènes » - qui, en fait, serait à l’origine une déformation du nom d’« Arborigènes ».
L’étymologie latine (de « arbor », « arbre » et de « genus », « genre ») a conservé dans son radical le sens du mot : « qui est du genre de l’arbre ». Or dans le terme « Arborigène », le « r » après le « a » se présente comme une consonne dévoisée, c’est-à-dire comme une consonne sourde qui aurait tendance à être avalée, à ne pas être prononcée ; d’où, les siècles passant, l’évolution naturelle du phonème vocalique de la première syllabe a fait disparaître le « r » pour donner au sème sa forme contemporaine d’« Aborigène ». Toutefois, les Aborigènes australiens développent une généalogie inverse.
Au commencement du monde, il n’y avait que des hommes. Dans un univers hostile, certains d’entre eux, effrayés, trop apathiques sans doute, s’immobilisèrent : ils s’enracinèrent sur place et se transformèrent en arbres. D’autres plongèrent dans l’eau : leurs membres devinrent des nageoires et ils se changèrent en poissons. D’autres enfin, étendant et agitant leurs bras, les convertirent en ailes et se métamorphosèrent en oiseaux…
Cette parenté d’espèce nous remet « dans l’intensité d’une même origine » avec « notre sœur la rivière, notre frère le vent, notre sœur l’étoile, notre frère l’arbre » - écrit Bobin, avec lyrisme.
Quant à Aubertin d’Avallon, il « s’approche du feuillu comme il irait au-devant d’un frère. De ses rudes mains d’artisan, il en parcourt les racines moussues, pose son front contre l’écorce rugueuse de l’arbre, y colle son oreille. Après quoi, il se retourne dos au tronc pour s’incruster dans une excavation qui est son empreinte. » Il épouse ses formes. Il s’unit à lui. Chair contre bois. « Je sens le flux de la sève. Une force terrible monte en lui. Elle me soulèverait. » Son regard « revient ensuite au tronc et reprend sa place dans son empreinte d’écorce, d’aubier, de sève, et revêt le grand feuillu comme une parure géante. Être à la fois de la Terre et du Ciel. »
Et « l’être s’élargit comme le tronc d’un chêne » glisse Virginia Woolf, qui se lignifie lentement.
Pour Corbin, il n’y a plus de doute : l’arbre est un végétal anthropomorphe…
Nous devons cependant émettre de sérieuses réserves sur l’étymologie latine : elle paraît relever, pour beaucoup de scientifiques, d’une sémantique incertaine. De nombreux Darwinistes, relayés par de savants biologistes, préfèrent s’appuyer sur l’Arbre de Vie des Espèces.
« Tous les organismes, absolument tous, sont le résultat de l’association de plusieurs organismes individuels qui se sont rencontrés dans le lointain passé, se sont unis par intérêt mutuel, ont mis leurs gènes en commun et ont donné lieu à des organismes complexes de plus en plus performants », déclare la biologiste Lynn Margulis.
Ces micro-organismes s’unissent. Les symbiotes, enrichis par des apports patrimoniaux successifs (transmission horizontale), les communiquent à leur tour (transmission verticale). Par solidarité réciproque, deux espèces étrangères regroupent leurs gènes dans une entité unique où se dissolvent leurs spécificités. Les formes unicellulaires se rassemblent en formes polycellulaires : les algues filamenteuses (il y a près de 2 Ga1).
Les « babetosphaera » précambriens représentent une structure intermédiaire dans l’évolution des cellules procaryotes (sans noyau). Elles engendrent les « synsphaeroides » (des bactéries qui produisent de l’énergie par photosynthèse). Puis les interactions entre cyanophycées (les algues bleues) donnent les chloroplastes (ce sont les organites des cellules photosynthétiques à noyau). Précurseurs des « glaucocystis », ils forment les futures chlorophycées (les algues vertes).
À présent le bourgeonnement se fait à l’intérieur du cytoplasme : la concrétion se concentre sur le noyau. La cellule devient eucaryote (il y a 1,5 Ga).
Dès lors, les organites cellulaires se multipliant, les édifices biologiques se construisent, simples d’abord, puis de plus en plus complexes. Les morphologies se dessinent, les fonctions se finalisent… et l’Évolution commence.
C’est avec le réchauffement silurien (- 430 Ma2) que les zones marécageuses se couvrent de plantes uliginaires (elles vivent dans des lieux humides) : ce sont les nématophytes amphibies (des plantes filamenteuses), les tallophytes aérobies (des plantes sans racines, sans tige ni feuilles), des végétaux aciculaires (des plantes formées de petites aiguilles) et les précurseurs des mousses.
La régression marine favorise l’expansion des terres émergées. Failles transformantes et plissements orographiques modifient le relief continental et les fonds abyssaux (- 400 mA). Le climat est tropical humide, la végétation dévonienne prolifique (mousses, lycopodes géants, équisétales, psylophytales et protolepidodendrons). La flore carbonifère est luxuriante (prêles, sigillaires, calamites, ptéridospermes, lepidodendrons arborescents et conifères).
Les bouleversements tectoniques hercyniens façonnent la Terre. La Pangée (l’ensemble des terre émergées) se forme. Elle baigne dans la Panthalassa (un océan unique) : au Nord la Laurasie, au Sud le Gondwana, séparés par la Téthys.3 Le temps varie : tantôt sec, tantôt pluvieux. Les gymnospermes (cycadales, benettitales et gingkoales) caractérisent la phytobiologie permienne (- 295 mA) et triasique (- 250 mA).
Le déplacement des plaques continentales fragmente la Pangée. L’eau s’engouffre dans les brèches (c’est la « Transgression »). Les océans atlantique et indien submergent les zones de subduction. Les plantes à cônes s’épanouissent pendant le Trias et les plantes à fleurs pendant le Jurassique (- 190 à - 135 mA).
Sous l’effet de la tectonique des plaques, les terres émergées se morcellent, annonçant les continents actuels. Les océans se forment. Le parfum des magnolias pénètre les forêts d’araucacias, de pins, de sapins, de cyprès et de séquoias. Monocotylédones et dicotylédones s’épandent.
Les dérives continentales se poursuivent. Au Paléocène (- 65 mA), l’Amérique du Nord, soudée à l’Eurasie, se sépare de l’Amérique du Sud, encore très proche de l’Antarctide (dont l’Australie s’écarte). Les angiospermes, apparues à la fin du Malm (- 140 mA), se propagent (palmiers, lauriers, forsythias). Les arbres à feuilles caduques (chênes, hêtres, érables, noyers, ormes) croissent au Miocène (- 20 mA).
Et du côté de l’homme ? Depuis les premiers micro-organismes qu’il avait en commun avec les végétaux, il a beaucoup évolué ! En partant de l’arbre des placentaires et de leurs successeurs, les mammifères ont conduit, après bien des remaniements génétiques, aux primates puis à la famille des « Homininés » (avec les sous-familles des « Australopithèques » et des « Homo »). La suite de l’histoire, vous la connaissez.
Qu’il s’agisse d’histoire ou de légende, la relation de l’arbre et de l’homme commence avec la genèse du monde.
De toute éternité l’homme s’est comparé à un arbre, soit que sa chair devienne bois (c’est le cas de Daphné transformée en laurier pour échapper aux élans amoureux d’Apollon), soit que son bois devienne chair (et c’est ainsi que le platane sacré de Sparte prend la figure mythique d’Hélène de Troie).
De même, le récit de la Création du Monde dans l’« Ancien Testament » met des arbres en exergue ; ce sont ceux du Paradis Terrestre : Arbre de Vie, Arbre de la Connaissance du Bien et du Mal, Pommier du Péché et de la Discorde4 qui scelle le destin tragique de l’Humanité…
C’est par un arbre géant du pays de Canaan – dévoile une légende juive - qu’Abraham distingue les adorateurs de Dieu (ceux que le feuillage protège de son ombre) et les adorateurs d’idoles (ceux qui souffrent des ardeurs du soleil). C’est aussi au pied d’un chêne qu’il parle avec Yahvé.
Le chêne est l’arbre vénéré des druides. Par l’intermédiaire de ces « drus » - comme les appelle Pline l’Ancien -, il transmet sa force aux guerriers : les Celtes et les Gaulois.
Dans le « Cad Goddeu », le récit gaélique du « Combat des Arbrisseaux », le barde prend la parole. Il raconte que le Seigneur exigea de lui qu’il prenne « la forme des principaux arbres : « J’ai été sous de nombreuses formes avant que je ne sois libre. […] J’ai été bois dans le buisson » », mais aussi aune, saule, sorbier, groseillier, néflier, rosier, peuplier, cerisier, bouleau, if, ormeau, coudrier, aubépine, cep, fougère, genêt, ajonc, chêne, poirier…
L’écorce de l’arbre est le support de l’écriture. Les druides écrivent leurs oghams sur du bois d’if ou de coudrier : « J’ai été mot parmi les lettres. J’ai été livre à l’origine », poursuit le « Cad Goddeu ».
L’invention du papier tiré du bois de l’arbre en fait l’auxiliaire de la mémoire des hommes.
Le peuple le pare de symboles : avec la Révolution française, il l’érige en Arbre de la Liberté.
Il se fait bonapartiste sous l’Empire pour célébrer le couronnement de Napoléon.
L’arbre sacre… ou devient sacré.
Quoi d’étonnant ? Depuis les temps préhistoriques les Hominiens ont vécu dans les arbres ; et leurs descendants, les Hommes du Paléolithique, ont été des cueilleurs-chasseurs.
La forêt est leur espace de vie. La clairière est le temple de leurs croyances. Le ciel est leur voûte étoilée ; et les arbres, les colonnes qui la soutiennent.
Dans l’Antiquité, le culte qui est consacré à l’arbre le maintient dans un lien étroit avec l’homme : « Il symbolise le paradis perdu, notre désir de revenir au primitif » explique Corbin.
