Mercredi - Florence Marco - E-Book

Mercredi E-Book

Florence Marco

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Beschreibung

Une jeune femme, en quête du bonheur, met une pause dans sa vie pour prendre le temps de se découvrir et de se connaitre.

Je m’appelle Mercredi, j’ai trente-sept ans et je me demande pardon !
Ce livre témoigne du parcours initiatique d’une jeune femme en quête de sérénité qui décide de partir enfin à sa rencontre.
Plus qu’un récit de vie, une autobiothérapie parsemée d’humour.
Une promenade thérapeutique vivifiante.
Une démarche positive pour ne plus subir les choses mais les vivre pleinement.
Un antidote à la morosité.
Un bras d’honneur au pessimisme.
Au bout du chemin, le bonheur.
Là-bas, loin des miens, au rythme des ukulele, j’ai grandi. Un grand voyage qui m’a finalement ramenée vers plus de moi-même.

Florence Marco nous livre un roman émouvant et poétique qui nous invite à nous recueillir sur nous-mêmes et à s'interroger sur notre identité.

EXTRAIT

Mercredi, cette petite fille timide, introvertie qui se cache derrière ses longs cheveux, qui garde tout pour elle et qui pleure discrètement, est en train de se construire bien plus qu’une carapace, une forteresse.
Elle a des ressources insoupçonnées, son instinct de survie est énorme. Elle est volontaire et courageuse.
C’est une grande rêveuse, une incorrigible sentimentale qui met noir sur blanc, à l’abri des regards indiscrets, tout ce qu’elle ressent sans crainte d’être jugée. Elle aime écrire. Elle a trouvé un fabuleux exutoire qui l’aide à avancer le plus dignement possible vers l’avenir, son avenir. Étonnamment, c’est quand elle a commencé à écrire qu’elle a cessé de faire pipi au lit… Elle avait déjà douze ans.


À PROPOS DE L'AUTEUR

Florence Marco voit le jour un beau matin de juin à Albi dans le Tarn en 1969 et grandit discrètement dans la cité millénaire de Gaillac connue, notamment, pour la diversité et la qualité de son vignoble.
Après deux années de psychologie, Florence reprend le chemin de l'école à 27 ans pour obtenir en 2000 son « dilpôme » (écrit tel quel sur le dit document) d'assistante de service social. Elle exercera cinq ans en Institut Médico-Educatif puis dans un Centre Médico-Psychologique. En 2005, oscillant entre excitation et angoisse, elle s'envole pour la Polynésie Française où l'occasion lui est donnée de se confronter à la précarité locale, à ses mœurs, à sa fracture sociale. Une mission qui la conforte dans l'idée de mettre sa carrière en suspens. Le temps d'une mise au point.

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Seitenzahl: 71

Veröffentlichungsjahr: 2019

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Cet ouvrage a été composé par les Éditions Encre Rouge

®

Florence Marco

Je m’appelle Mercredi, j’ai trente-sept ans et je me demande pardon ! Pardon pour tout le mal que je me suis fait en ne m’occupant pas de moi, en plaçant le bonheur des autres bien avant le mien, en faisant le ménage ailleurs que devant ma porte ! Pardon d’avoir été lâche et irrespectueuse de ma personne.

Longtemps, en cachette, j’ai pleuré sur moi, sur ma vie qui ne me convenait jamais, sur ce bonheur qui me semblait si inaccessible. Et j’ai couru à en perdre haleine, après mes idéaux, trop haut !

Un jour, j’ai fini par m’essouffler alors je me suis arrêtée et j’ai regardé autour de moi. J’étais seule. Les autres avaient poursuivi leur route, leur course contre la montre, leur marathon infernal. Ils ne faisaient aucun cas de moi. J’étais seule, j’ai eu peur et j’avais mal. Mal dans mon corps, mal dans mon cœur, mal dans mon esprit. C’est mon être tout entier qui souffrait, mais c’est mon corps qui a dit Stop !

Comme le dit si bien Le Monsieur qui m’a accompagnée dans ma restauration, certaines personnes prennent bien plus soin de leur voiture que d’elles-mêmes. C’est tellement vrai ! Il n’y a qu’à voir avec quelle tendresse nous bichonnons notre auto. Et avec quelle attention nous la conduisons régulièrement à la révision. Que dire de la colère qui nous gagne dès que sa tôle est froissée… ou qu’elle est bonne pour la casse.

Moi, c’est un peu comme ça que je me sentais à ce moment-là : bonne pour la casse. Sauf qu’il n’y avait personne pour s’indigner de cela. Sans doute parce qu’à trop vouloir donner le change j’ai fini par croire que j’étais telle que les gens me voyaient, ou me voulaient : forte.

J’ai souvent remarqué combien mes blues pouvaient déranger les autres : « Mais non Mercredi, tu vas voir, ça va aller… tu es forte ». Avec un léger ton de reproche par-dessus le marché, car ma force aussi était gênante pour eux. Eux qui vous pompent toute votre énergie, qui vous remplissent de leur grisaille, de leur tension, qui vous laissent leur linge sale et qui ne vous demandent même pas combien ils vous doivent.

Oui, ils ont peut-être raison ceux-là, je suis forte et je vais de ce pas me prendre enfin en main, que dis-je, en soin. J’ai envie de me regarder le nombril, de voir comment je suis à l’intérieur, de faire tout simplement quelque chose pour moi. Je voudrais faire ma connaissance ou ma reconnaissance pour savoir qui je suis vraiment. J’ai envie de m’aimer, car il me semble que je ne serai jamais aussi bien aimée que par moi-même !

En cas de crash, les avions ont des boites noires qui en disent long sur les raisons de la catastrophe ; moi je me trimbale avec ma valise noire et je crois qu’il est grand temps de l’ouvrir. Cette valise me contient, je veux me découvrir.

Partir à ma reconquête. Cette étape me semble vitale bien que je l’envisage douloureusement.

Mais avant d’entamer le grand voyage qui me mènera au pays de mon enfance et de mon adolescence, parlons de celui qui m’a conduite ici, à Tahiti.

Rien dans ma vie ne laissait présager qu’un jour, je mettrais autant de kilomètres entre moi et ceux que j’aime. Entre moi et mes racines. Ma famille, mes amis, mon drôle de chien. Ils me manquent tous tellement ! Pourtant, d’aussi loin que je me souvienne, j’ai quitté la maison à ma majorité pour aller vivre à plus de cinq cents kilomètres. Une distance géographique dont j’avais besoin pour exister par moi-même, pensais-je à l’époque, tout en gardant une proximité affective nécessaire à mon bien-être.

Ici, tout le monde dit qu’il faut compter un an pour commencer à se sentir bien, à s’acclimater, à se « tropicaliser ». Avec tout l’optimisme dont j’étais capable, j’étais persuadée d’y parvenir bien avant. Après tout n’avais-je pas fait le choix de partir dans une contrée aussi lointaine que paradisiaque ? N’avais-je pas relevé ce défi ?

Fin septembre 2005, Mercredi avec sa petite famille atterrit à l’aéroport de Tahiti Faa’a.

Quelle joie de mettre enfin pied à terre, de sentir cette douce odeur de tiare et d’entendre les ukuleles vous souhaiter la bienvenue. Mercredi, même si au fond d’elle, était déjà en miettes, attendait beaucoup de cette nouvelle vie. Elle était impatiente de pouvoir recréer un petit nid d’amour dans lequel elle pourrait à nouveau se sentir chez elle, en sécurité. Un chez-soi où elle pourrait donner tout son amour à sa petite famille.

Mais la magie n’a pas opéré. Ni le cœur ni les yeux de Mercredi ne parvenaient à trouver du beau, à s’émerveiller. Mercredi n’allait pas bien, mais elle ne voulait pas l’admettre. Cela passera, il faut que cela passe, se disait-elle. Comme cet état déprimant persistait, elle polluait l’atmosphère familiale, histoire que tout le monde en profite. Après tout…

Quand il n’y avait personne vers qui diriger sa colère, alors elle écrivait ses états d’âme sur un cahier qu’une grande amie lui avait offert un peu avant son départ.

Le 12 décembre 2005

… D’où me vient ce sentiment de néant ?

Pourquoi l’euphorie de ma nouvelle vie ne me gagne-t-elle pas ?

C’est quoi le bonheur ?

Pourquoi ai-je cet étrange sentiment d’attendre sur le quai d’une gare un train qui ne passera jamais ou qui est peut-être déjà parti ?

Tahiti, sa langueur, son lot de « fiu » l’ont obligée à se regarder en face, à rentrer en contact avec la petite fille qu’elle était et qui trop longtemps est restée cachée.

Le « fiu » à Tahiti c’est une sorte de lassitude, de ras le bol général qui vous attrape ou vous rattrape sans même que vous ne vous en rendiez compte. Vous êtes là, à vous traîner comme une larve, à n’avoir d’autre envie que celle de vous laisser aller à la paresse, à l’oisiveté.

Le fiu, si vous n’y prenez garde, peut vous entraîner dans les dédales de la déprime.

Bref, depuis des années, cette petite fille tente de sortir de sa coquille, de dire ce qu’elle a à dire, de crier, de pleurer, de comprendre, d’aimer, d’être aimée…

Cette petite fille, parce qu’elle dérangeait dans son jeu de rôle, Mercredi a essayé de l’étouffer, lentement mais sûrement. Elle faisait comme si elle n’avait jamais existé. Tant et si bien qu’elle a fini par croire qu’elle l’avait vaincue. La petite fille s’exprimait, de temps en temps, à l’occasion de fêtes familiales, de sorties entre filles. Que dis-je, elle faisait bien plus que s’exprimer, elle se lâchait. Elle était fofolle, exubérante, délirante, survoltée. Une des reines de la nuit, c’était elle. Étrangement les autres n’étaient autres que Lundi et Mardi, ses deux sœurs aînées ainsi que Jeudi et Vendredi, ses plus jeunes sœurs. On aimait la compagnie des filles Semaine parce qu’elles apportaient souvent le petit grain de folie qui faisait tant défaut. Elles apportaient de la fraîcheur, de l’insouciance, de la spontanéité, de l’audace aussi.

Les sœurs Semaine, c’est de la dynamite !

Ces moments de bringue passés, Mercredi remettait aussitôt au placard la petite fille. Sauf qu’à trop vouloir mettre de distance entre elles, c’est moi qui me suis perdue, moi qui me suis essoufflée. C’est encore moi qui me réveille la nuit en sursaut parce que je la vois, qu’elle me sourit timidement et me tend la main. J’ai l’impression qu’elle a encore envie de jouer, de profiter de son enfance, de courir dans les champs, de partir à vélo avec ses sœurs pour pique-niquer au cœur d’une forêt, de jouer les détectives privés dans une propriété privée, chanter, rire, danser… Je crois qu’elle aussi voudrait se connaître, voir quelle adulte elle est devenue pour être en paix avec elle-même.

Avant d’en arriver à cela, j’ai raté quelques révisions, quelques réglages qui m’ont finalement amenée à « péter une durite ».

Quand vous n’avancez plus, mais alors plus du tout, que vous regardez autour de vous le grand désert que vous avez si bien dessiné et que même les larmes viennent à vous manquer, vous savez, au fond de vous, qu’il est grand temps d’appeler le garagiste à la rescousse.