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Violette est une très belle femme. Une faible minorité la dévisage, une immense majorité l'envisage. Bob, le futur mari de Violette, a une technique d'approche très particulière et redoutable pour ses futures peut-être comme il dit. Moi, c'est Robert, mais vous pouvez m'appeler Chéri! Une fois mariés, qui aurait plu penser devant tant de complicité que ça finirait ainsi, elle, qui avait envoyé le petit oiseau du paradis à l'enfer, du chaud au froid juste avant la douce explosion. Depuis plus de deux ans, le commissaire principal Soulet a déjà eu maintes fois l'occasion de travailler avec Violette Doucet-Lampart, médecin légiste très compétente mais très réservée, presque transparente, mais néanmoins redoutable. À leur actif, l'arrestation d'un monstre, l'une des plus grosses histoires criminelles qui ait secoué Toulouse dans les années 2006. Après le départ de Violette pour l'Amérique du Sud, c'est de façon tout à fait surprenante qu'ils seront amenés à se retrouver. Et dire qu'ils étaient dans le même train. pour la même destination pour deux destins diamétralement opposés. Ils ne se sont pas vus, et pourtant! La boîte de nuit du Lac Saint Pierre, entre Carcassonne et Castelnaudary dans l'Aude est le point de départ de la résolution de l'énigme. Et ces effluves d'un parfum qui sans cesse, obsèdent le commissaire Soulet. Quant à Silplat, il est très contrarié par l'état de santé de ses cochons. L'assassin avant tout prévu, quoique. Un crime parfait? C'était sans compter sur la providence. Avec ce sixième roman, Jean-Félix Brouet, nous plonge dans ce qu'il y a de plus sombre dans l'âme humaine. Les souffrances accumulées, les blessures jamais cicatrisées, la haine enfouie au plus profond de soi et soudain ce désir de vengeance qui explose. Rien ne laissait supposer que... Voilà un roman construit comme un scénario.
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Seitenzahl: 172
Veröffentlichungsjahr: 2022
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A compte d’auteur :
La Chauritude, un soir d’été en Lauragais. 2010
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Chez Publisroom
Le Chipiron du Dézaley. 2015
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Biographie de Bernard Ziegler
Père de l’airbus.
Vous êtes essentielles 2021
50 portraits de femmes pour 50 ans du droit de vote
À Isabelle, mon épouse, qui illumine ma vie.
À Valentin et Guillaume, mes supers fils.
À Ido, qui au fil des jours est devenu mon complice.
À mes lectrices et lecteurs.
www.jeanfelixbrouet.com
Ce mercredi était, comme on se l’imagine parfois le matin au réveil, une journée qui s’annonce sans grand relief, avec juste ce qu’il faut pour laisser la vie de chacun organiser sa marche en avant au gré de son humeur. Si nous croyons à la fatalité, nous avons rendez-vous avec notre destin qui nous attend au coin de la rue. Mais nous ne savons jamais quand, ni avec qui et encore moins de quelle manière. Qu’il soit tragique, quelconque ou merveilleux, notre avenir finira par nous rattraper quoique nous entreprenions.
En cette fin de mois de mars, la vie continuait sa marche en avant. La pluie, le soleil, le vent étaient au rendez-vous mais pas forcément dans cet ordre. Une pluie froide, parfois glaciale, pouvait succéder à de cinglantes bourrasques qui emportaient, avec un malin plaisir, chapeaux et parapluies. Puis le soleil venait réchauffer l’atmosphère, un bref instant, avant de s’en aller aussi vite.
Une espèce d’entre-deux, mais là c’était un entre-trois, avec l’impression que chacun de ces éléments se déchaînait pour triompher des deux autres. C’était à qui gagnerait la partie. Un vrai temps de giboulées. Ce mercredi-là allait, par le plus pur hasard, devenir le point de départ d’une histoire invraisemblable.
La vie est ainsi… surprenante.
Tout guilleret qu’il était le commissaire. Gai comme un pinson qui sent les beaux jours arriver, il sifflait sous la douche, faux et à tue-tête.
Miette1 avait préparé son plus beau costume ainsi que la nouvelle chemise et la cravate, dernier cri, achetées la veille aux Galeries Frayette. Leur fils Guillaume était déjà parti à l'école. Pomponné, coiffé, habillé, il se contempla dans l’immense glace installée dans l’entrée, satisfait. Il y avait même un soupçon d’orgueil au fond de son regard, lui, introverti d'habitude, se surprit tout de même.
— Monsieur le Commissaire, vous êtes magnifique. Beau comme un Ministre de la troisième république. Si votre plumage ressemble à votre ramage… je crois que je vais vous accompagner, je ne vais pas vous laisser aller jouer le joli cœur pour que vous fassiez une mauvaise rencontre, on ne sait jamais. Vous êtes beau comme le soleil le matin alors méfiance.
— Ma douce, ma belle, que veux-tu qu’il m’arrive ? Je n’aime que toi et c’est avec toi que je suis heureux. Ne sois pas inquiète. Promis, je regarderai le sol constamment, comme ça même si une donzelle me fait du rentre-dedans, je ne verrai rien.
Bon ! Je risque de bousculer de nombreuses dames ou pire de m'encastrer dans un poteau, mais je dirai que c’est à cause de toi.
— Très bien Soulet, mais n’oublie pas que nous, les femmes, avons un huitième sens…
— Sixième Miette, sixième sens, à moins que toi tu ne sois pas comme les autres.
— Et qui te parle des autres, attention Soulet, tout commissaire que tu es, attention !
Toutes ces taquineries se terminaient toujours par de grands éclats de rire avec la promesse de régler tout ça le soir venu sous la couette. Miette était pour Soulet la femme parfaite, excellente cuisinière et tout aussi douée au lit.
Convoqué ce mercredi à 11 heures 30 au 36 par sa hiérarchie, il voyait sa mutation officialisée dès septembre avec une belle promotion assortie d'un retour dans sa région natale.
Il était heureux. Intérieurement, il jubilait, c'était la consécration, sa consécration.
Il revenait, comme il l'avait promis à sa mère, après avoir réussi. Lui le natif de Castelnaudary, il allait retrouver ses racines, son terroir. Déjà il se remémorait son enfance avec beaucoup d’émotion. Que de chemin parcouru depuis.
Sitôt sorti, il entra dans un café pour boire une bonne bière et pour confirmer la nouvelle à Miette.
À peu près à la même heure, à Saâcy-sur-Marne, Violette Doucey, au volant de la voiture que le futur couple venait d’acquérir, se gara de l’autre côté de la rue en face de la bijouterie. Elle coupa le moteur, pris son parapluie puis se ravisa. La pluie avait cessé comme par enchantement.
Elle se pressa quand même, elle traversa la chaussée et, arrivant devant la boutique, elle poussa la porte sur laquelle était écrit en lettres d’or : Alexandre Vosges, Artisan, Compagnon du Devoir, Maître Bijoutier, Meilleur Ouvrier de France.
Violette Doucey venait prendre possession des deux alliances commandées pour son mariage avec Robert. Cela faisait maintenant deux mois qu’avec son fiancé, ils avaient choisi ces deux bijoux sans nul autre pareil. Bien sûr, il fallait que cela soit unique, comme elle les avait imaginées.
En choisissant Alexandre Vosges, installé dans cette petite bourgade depuis plus de dix ans, ils avaient fait le bon choix, du sur mesure. Oh ce n’était pas à proprement parler donné, mais comme elle disait : « on ne se marie pas tous les jours, alors... »
Du bel ouvrage, un travail d’orfèvre, trois anneaux d’or différents, jaune, gris et rose qui, minutieusement travaillés, rendaient ces bijoux uniques.
Violette était tellement satisfaite qu’elle embrassa spontanément ce brave Alexandre qui n’en revint pas.
— Comme vous nous l’aviez demandé, Mademoiselle Doucey, nous avons gravé la date ainsi que vos initiales entremêlées en miroir. Ainsi, seuls vous et votre époux saurez ce que cela signifie.
— Ma-gni-fi-que, je suis si heureuse.
Après avoir payé le solde, elle sortit de la petite boutique avec un air espiègle accroché à sa frimousse telle une gamine qui, à la fin des cours, part rejoindre en courant son amoureux en cachette.
La pluie et les bourrasques avaient pris un malin plaisir à chasser le soleil, qui, bien que timide, était nettement préférable à ces deux calamités.
Comme un fait exprès, elle avait laissé le parapluie dans la voiture de l’autre côté de la rue. Certes, il n’y avait que vingt petits mètres, mais c'est justement à ce moment précis que la pluie redoubla. Trempée, elle était trempée jusqu’aux os. Elle se jeta à l’intérieur du break Mercedes.
Dans la précipitation, elle brisa l'un de ses talons, elle le ramassa et le posa sur le siège à côté passager.
S’arrêtant devant la maison de ses parents à Saâcy, au moment de le reprendre, elle ne le trouva pas. Il avait dû glisser, elle le récupérerait plus tard lorsque le temps serait plus clément. Pour le moment elle frissonnait, elle avait froid. Elle descendit pieds nus, avec ses chaussures à la main, en pestant contre les éléments.
En arrivant dans le vestibule, elle demanda à son paternel d’avoir la gentillesse de ranger soigneusement les deux anneaux dans le coffre du bureau.
Elle monta dans sa chambre et fila dans sa salle de bain. Ce court instant de pluie l'avait mouillée plus qu'elle ne le pensait. En se déshabillant, elle se rendit compte que même ses sous-vêtements étaient humides, elle frissonna avant de se glisser sous la douche. Elle la souhaitait réparatrice et surtout réconfortante.
Elle était fatiguée depuis le début de l'année. La fin de ses études était proche. Elle mettait la touche finale à sa thèse de médecine qu’elle devait soutenir fin mai. Elle était un peu nerveuse. Après le déjeuner, une bonne sieste s’imposerait.
À 11 heures 30, ce même mercredi, au volant de son coupé Triumph TR4 vert anglais, Robert Lampart roulait sur l'A4 en direction de Fère en Tardenois, dans l’Aisne à quelques kilomètres de Château-Thierry, aux portes de la Champagne.
Il profitait pour l’une des dernières fois de son bolide qu’il avait surnommé « son petit aspirateur à nanas », car il l’avait mis en vente et comme lui avait dit sa future belle-mère :
« Il va falloir devenir sérieux mon petit et vous séparer de cet engin de mort et de dépravé, ce n’est pas fait pour un homme marié, si vous voyez ce que je veux dire. »
Il chassa très rapidement l’image de sa future femme et surtout celle de sa belle-mère, car pour le moment, il avait une autre priorité. Il était très excité à l’idée de se pencher sur un nouveau sujet. Une jeune Parisienne qui venait d’avoir dix-huit ans, en vacances chez ses grands-parents à Méry-sur-Marne, le village au-dessus de Saâcy. Elle serait à n’en point douter un met de choix pour ce gourmet de l’amour.
Pour lui, chercher midi à quatorze heures avait un véritable sens.
Dans moins d’une demi-heure, il serait dans la chambre de ce Château de Fère dont il était un habitué très assidu. Il aimait cet endroit rempli d’histoire. En plus d’honorer une belle dans un cadre absolument idyllique, il avait l’occasion de prolonger son plaisir. Cet adepte d’Épicure profitait des massages proposés dans le spa et des visites des caves du château commentées par le sommelier.
Une fois de plus, Robert Lampart trompait sa future femme. C’était plus fort que lui, il sautait sur tout ce qui bougeait.
C’était un phénomène, en quelque sorte un boulimique de la quéquette, un accroc du collé serré, un goulu du gland…
Il pensait souvent sur le chemin du retour, toujours par des petites routes de campagne pour jouir jusqu’au bout du bout, qu’après le mariage, il rangerait son arbalète au placard.
Cela le faisait sourire, il le savait très bien, c’était une promesse d’ivrogne.
De toute façon, il ne réfléchissait pas avec son cerveau, mais avec son sexe…
Du côté de Carcassonne, là aussi vers 11 h 30, la belle de Mai, comme la bande l’avait affectueusement surnommée, rentrait chez elle dans son appartement du bord de l’Aude.
C’est vrai qu’elle était belle, toujours souriante, magnifique, bien faite, le teint toujours hâlé.
Elle transpirait la sensualité.
Violette avait pour elle une tendresse toujours poussée à l’extrême. Par exemple, pour son anniversaire, elle envoyait toujours une gerbe d’iris portant le nom de « Belle de Mai ». Cette fleur majestueuse ressemblait à sa sœur, le pétale rose saumoné vif avec des sépales crème rosé à bord améthyste et de longues et épaisses barbes rouge corail terminées par un éperon de même teinte. Cette vivacité de tons sans équivalent collait à la couleur cuivrée de sa peau.
Pour Violette, c’était évident, les établissements Cailleux à Poilly-Lez-Gien s’étaient inspirés de May afin de créer cette merveille.
Tous les garçons de Saâcy et des alentours avaient, une fois dans leur vie, été amoureux de ce rayon de soleil.
Après avoir pris son courrier, elle vit le faire-part de mariage de Violette. Elle était au courant bien sûr, mais en voyant ce bout de papier, de grosses larmes coulèrent sur son beau visage.
C'est à partir de sa majorité que, sans vraiment comprendre pourquoi, une profonde et infinie mélancolie l’avait envahie.... La réalité froide de la vie sans doute. Elle était de plus en plus souvent absente. Elle voyageait vers de mauvais horizons, sur de drôles de vaisseaux toujours tout de noir voilés.
Son corps était là, son esprit ailleurs... Elle se rongeait les sangs ne sachant pas ce qu'étaient devenus ses parents biologiques. Elle descendait lentement vers l’enfer.
Le temps passait, elle avait maintenant vingt-neuf ans et l’espoir d’avoir de leurs nouvelles s’envolait chaque jour davantage.
Personne, mis à part sa mère adoptive, ne savait les tourments et les douleurs qui hantaient May. C’était l'unique chose qu’elle ne partageait pas avec Violette.
Une première cachotterie en quelque sorte.
Elle se sentait forte malgré tout et elle savait pouvoir tenir. En aucune manière, elle ne se permettrait de venir gâcher le mariage de sa sœur d’adoption… Elle lui devait tellement.
Violette Doucey épouserait Robert Lampart, le samedi 16 août 2003, en l’église Saint-Jean Baptiste de Saâcy-sur-Marne avec la bénédiction exceptionnelle de Monseigneur Aimé-Marie de Bauléon.
Les convives pourraient ainsi profiter du pont du quinze août. Violette était heureuse.
Au fur et à mesure que la date de son mariage approchait, elle était de plus en plus resplendissante.
Elle était gaie, enjouée, sereine. Elle avait tellement envie d’être avec l’homme qu’elle aimait.
Malgré une enfance des plus joyeuses, elle voulait maintenant vivre sa vraie vie, comme elle disait.
Son amie d’enfance, son double, sa sœur de cœur, la belle May serait son témoin de mariage. Elle serait bientôt là.
Ensemble comme autrefois elle passerait, comme chaque année, l’été dans sa famille adoptive.
Le soleil brillait…
Elles avaient tout partagé depuis le début de leur rencontre. Comme dans un conte de fées, tout avait parfaitement fonctionné entre elles dès le premier jour.
May était arrivée dans la famille Doucey il y avait maintenant un peu plus de vingt ans. Elle avait quatre ans, Violette cinq.
Miraculeusement, réchappée des massacres, elle avait été retrouvée, sans ses parents, sur un boat people en 1978.
Parmi ces centaines de milliers d'émigrants, pour la plupart originaires du sud de l’ancienne République du Viêt Nam, la petite May, confiée par ses parents à un passeur, moyennant leurs derniers dongs, fut retrouvée au milieu de ces déracinés.
A cette époque, fidèle à ses traditions ancestrales, la France accueille un quota officiel de réfugiés des camps. May, par un miracle dont seule la vie est coutumière, fut embarquée à l’initiative de l’ambassade de France sur un bateau à destination de la métropole.
C'est la première grande vague d'immigration d'origine asiatique.
May avait donc grandi au sein de cette famille française qui l’avait recueillie puis adoptée.
Petit à petit, surtout grâce à Violette, elle s’était ouverte à la vie, l’amour de ses parents adoptifs avait fait le reste. Rapidement, elles étaient devenues inséparables.
Elles n’avaient aucun secret entre elles. Comme deux sœurs, la fusion en plus.
Jamais une dispute, jamais un mot plus haut que l’autre, elles vivaient en parfaite harmonie.
Les préparatifs du mariage les rapprochaient encore davantage.
Pour des raisons professionnelles, May habitait maintenant à Carcassonne, elle était professeur dans un collège pour adolescents en difficulté.
Elle avait choisi cette voie afin de les aider, autant que faire se peut, à intégrer au mieux le monde des adultes.
C’était aussi pour elle une noble façon de rendre ce que la vie lui avait donné avec tant de générosité. Sans ce concours de la providence et de la France, Dieu seul sait où elle serait aujourd’hui.
Mais, depuis quelques semaines, une toute petite lueur d’espoir était apparue là-bas, dans le noir de ses songes.
Elle devait se rendre au ministère des Affaires étrangères avec ses parents adoptifs afin de faire le point sur les recherches concernant sa famille restée au pays.
« Ne vous emballez pas, le chemin est encore long, très long, nous n’avons pas de certitudes, nous essayons d’avancer… » Lui avait dit son interlocuteur au ministère des Affaires étrangères lorsqu’elle avait pris rendez-vous...
L’espoir serait-il de mise ? Elle était comme fébrile, une toute petite lanterne s’était mise à briller, certes très faiblement, mais elle était là et May avait une furieuse envie de se battre. Ses nuits étaient un peu moins sombres.
Peut-être que l’apaisement, dont elle avait tant besoin, était au bout du chemin ?
Elle repensait à cette phrase de Marcel Proust :
« Le véritable voyage ne consiste pas à chercher de nouveaux paysages, mais à avoir de nouveaux yeux. »
Le bonheur, son bonheur était proche. Un enchantement, une illumination inespérée, elle devinait, elle savait, elle sentait.
En repensant au chemin parcouru, elle se disait qu’elle était née sous une belle étoile, elle avait toujours eu beaucoup de chance. Elle avait échappé au pire.
Un ange veillait sur elle.
May était brillante dans tous les domaines, c’était peut-être pour cette raison qu’elle avait très peu d’amies. Elle faisait peur aux autres femmes. Sa réputation de croqueuse d’hommes était quasiment universelle.
Elle était comme ça, naturelle, elle ne se prenait jamais la tête, du moins en apparence. Elle entreprenait des études, c’était une véritable promenade, elle devenait professeur agrégée après une année d’école normale supérieure. Tout semblait facile pour elle, elle cherchait du travail, elle recevait dix propositions, elle passait son permis de conduire, elle l’obtenait du premier coup. Elle cherchait un appartement, elle arrivait pour le visiter parmi les dernières, c’est elle qui était retenue.
Elle avait un charme fou, un charisme ravageur, c’était affolant, rien ne lui résistait.
De son côté, Robert Lampart, malgré ses bonnes résolutions, toujours renouvelées après ses joutes corporelles, ne voulait surtout rien changer à sa vie de célibataire. Il disait à qui voulait l’entendre :
« La différence entre avant et après le mariage ? Et bien avant tu peux… alors qu’après tu dois ! »
Et il partait dans un éclat de rire des plus bruyants.
Il enterrait sa vie de garçon.
Cela faisait plus d’un mois que tous les soirs, avec ses copains d’enfance, Alex, Jean-Pierre, Michel et Titi, il fêtait ça, comme souvent chez lui, avec beaucoup d’excès en tout genre.
Lui aussi était empli de bonheur à l’idée d’épouser la douce et belle Violette, ce qui ne l’empêchait nullement de continuer sa vie de patachon.
Beau comme un dieu, il ne savait pas résister à toutes sortes d’appels. Il savait la chair faible alors à quoi bon se faire mal, à quoi bon résister ?
Il connaissait sa future depuis leur prime jeunesse, ils avaient d’abord voulu terminer leurs études avant de se marier.
Sorti major de sa promotion de l’école d’ingénieur en avionique, l’E.I.A. Robert, Bob pour son entourage, était un garçon brillant.
Beau gosse, il savait jouer de son charme, il ne comptait plus ses conquêtes.
Sportif, excellent nageur, il aimait cette plage en bord de rivière à Saâcy-sur-Marne où chaque été, toute la bande se retrouvait, manière de refaire le monde et surtout de se baigner dans cet affluent de la Seine.
Il croquait la vie par tous les bouts.
Bob était ce que l’on peut appeler un jeune homme heureux.
Sitôt le mariage célébré, son premier poste d’ingénieur l’attendait déjà à Toulouse. Il avait été recruté dès le début de sa quatrième année d’études en tant qu’ingénieur-chef de projet chez World Plane. Mais ce qui l’intéressait par-dessus tout, mis à part la gent féminine, c’était l’archéologie.
Il avait dû faire un choix des plus cornéliens entre raison et passion.
La raison l’avait emporté, il était ingénieur en avionique.
Durant son cursus, il s’était lié d’une solide amitié avec Marcello, un Colombien, fou tout comme lui d'aviation et d’archéologie.
Marcello, seul à Paris, était souvent, pour ne pas dire tous les week-ends chez Robert à Saâcy. C’est là qu’il avait connu Diane. Il avait eu une aventure avec cette fille un peu junkie de la bande, amie de Robert et de Violette.
Et bien sûr, Marcello serait son témoin de mariage. Ils avaient tant partagé.
Leur complicité était un régal.
À l’évocation de leurs tribulations, ils partaient toujours dans des fous rires aussi bruyants qu’interminables. Tel un volcan que l’on croyait endormi, un seul petit mot pouvait déclencher une nouvelle éruption de joie.
Que du bonheur ces deux-là.
Les « mamazelles » du cru s’en méfiaient comme du lait sur le feu. Leurs réputations n’étaient plus à faire… elles les précédaient.
Ils avaient une technique de drague qui faisait des ravages. Dès qu’ils rencontraient de nouvelles « peut-être » (c’était leur expression), ils se présentaient en disant leur nom et prénom, mais ajoutaient :
— Mais vous pouvez nous appeler « Chéris » !
La glace rompue, leur charme faisait le reste.
On dit même qu’ils adoraient les jeux amoureux à deux contre une. D’ailleurs, aucune plainte ne fut jamais déposée par les demoiselles outragées, preuve que... disait Robert !
Les festivités terminées, le beau et ténébreux Marcello s’envolerait pour Bogota en Colombie. Sa famille, son pays, sa ville, sa rue, ses bruits et ses odeurs lui manquaient de plus en plus.
Il avait trouvé un job dans une boîte privée travaillant pour des compagnies minières en Amazonie. Il fallait se hâter, il était attendu.
Diane, amie d’enfance et doyenne de la bande, terminait, elle aussi ses études. Tout comme Violette, elle voulait devenir médecin.
Elles avaient réussi en même temps le DESC. Elles présenteraient leurs thèses la même semaine, en mai.
Dans le cadre de leurs cursus, Violette et Diane avaient fait leur internat à l’Institut Médico-Légal de Paris.
Elles savaient ce qu’elles voulaient maintenant.
Cela les passionnait.
Elles en rêvaient. La nouvelle politique judiciaire permettait d’avoir bon espoir. L’état avait grand besoin de ce genre de profil rompu aux nouvelles technologies.
Diane avait un côté rebelle. Dès son adolescence elle n’avait pas fait que de bonnes rencontres.
