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Tu es en train de lire la quatrième de couverture de mon livre, que j'ai écrit du bout de ma mine. Dis-toi qu'avec moi ou l'un des miens, la grande famille des stylos, ton environnement, ton monde, ta vie peuvent changer. J'ai déversé mon encre pour t'éveiller, et même l'auteur n'aurait pas pu poser le décor sans moi.
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Seitenzahl: 41
Veröffentlichungsjahr: 2017
Début d'écriture, mars 2014
Auteur : Belluso Sébastien
Bonjour,
Dès les premières lignes, je vais entrer dans le vif du sujet.
Chez l'homme, son ancêtre le plus commun est un primate, chez moi, mon ancêtre est une plume.
Je suis un stylo et j'ai une âme, je suis une chose, un consommable dans l'esprit de tes semblables et du tien.
Que tu sois dans un avion, un train, un bateau, dans une salle d'attente ou à la plage, tu ne me verras plus de la même manière.
Ma descendance a su se faire une place aux alentours du V° siècle avant J.C, elle a dominé l'ère du moyen-âge pour évoluer vers son apogée dès 1960. Nous n'étions plus des plumes, mais des stylos. Comme des primates devenus homo-sapiens.
Dans la catégorie des miens, il existe aussi plusieurs races, le stylo plume, le stylo feutre, le stylo bille, comme il existe chez toi, des blancs, des noirs, des bridés et des bronzés, j'ai longtemps cru que les miens, leur sang était plus saint, mais pourtant certains ont laissé leur encre couler pour des lois, des traités de guerre, qui comme celle de 39-45 fut la perte d'autant de tes semblables que contient la France des années 2000.
Au fond de mon être, je savais que mon encre n'était pas faite pour ces horreurs.
Ma vie débute dans un emballage plastifié qui fut ouvert et m'expulsa vers l'extérieur, j'étais plus étiré que large, facilitant ainsi une préhension, il m'a fallu près d'une minute pour jeter mon premier jet d'encre. C'était magnifique, la vie m'était offerte.
Mon premier foyer était un domaine, un monastère merveilleux, il avait
déjà 400 ans histoire . Des moines y vivaient, probablement des nobles, et moi j'étais entre les mains d'une famille modeste. Les gardiens de mon paradis.
Mes premières années, je les ai passées entre les mains d'une petite fille et d'un petit garçon, ils n'étaient pas foutus de me faire faire des ronds et des carrés. Insouciance et dérision je n'avais droit qu'aux griffonnages.
Après quelques mois de tiroir, me voilà soudainement dans les mains du petit garçon.
Dieu merci !
Il avait un bon Coup de Crayon
Mon encre était si fluide et si légère.
Pendant les années de maternelle et une grande partie des années cours préparatoire j'ai longuement entrepris le dessin.
Je voyageais ainsi dans une trousse à moitié déjà décapotable et je n'étais jamais seul. Il est ensuite arrivé le jour des devoirs à la maison, où je me suis dit : « c'est plus possible ! ».
Je devais maintenant tirer des traits droits bien appuyés sur des règles d'une trentaine de centimètres, on appuyait fort sur mon dos me faisant faire des va-et-vient le pire était les punitions où je devais jeter mon encre à copier des bêtises.
Il est arrivé un jour, où j'ai cessé de verser mon encre. Je ne voulais plus de ça. L'adolescent m'a posé dans la soupière qui sert de débarras au milieu d'une table en bois. J'ai ainsi passé des années au domaine entre soupière, commode et tiroir. Je me suis dit à cette époque :
« Cherche ta place ! Veux-tu être pour le reste de ta vie dans cette soupière où on trouve de tout et de rien, ? Des piles, des épingles, des soldats en plastiques, des billes... ».
Un jour, je sentis une main ferme le long de ma colonne vertébrale, c'était l'index et le pouce du père de famille. C'était le moment de faire couler une encre limpide et épaisse, bien grasse et je réalisais une signature prononcée et affirmée sur le bulletin scolaire de l'adolescent.
Ce paraphe m'avait offert une opportunité de quitter ces lieux obscurs, ni soupière, ni tiroir... Le hasard ou la chance m'avait déposé sur une étagère, proche des clés et face à une porte vitrée. J'ai commencé à rêver d'espace, j'imaginais déjà une renaissance, je voulais déverser mon encre sur des causes nobles et modestes, j'ai passé quelques jours en hauteur sur l'étagère, quand je fus soudainement saisi par une main fine aux doigts froids. C'était la mère de famille, maîtresse de la maison, j'ai été brutalement relâché au fond d'un sac à main. Le choc était si violent que j'ai perdu mon bouchon argenté, j'étais dénudé de mon capuchon.
Je pris un trousseau de clés sur la tête et j'ai été secoué dans tous les sens jusqu'au moment où Madame posa le sac sur le siège passager d'une voiture. Un court répit et la main froide replongea au fond du sac pour récupérer les clés. Même dans le noir au fond de la sacoche, je sentais cet enthousiasme, cette positivité traverser mon artère principale au sang bleu marine. Je percevais au fond de mon être que j'allais enfin servir à l'échange et au partage. J'ai entendu le frein à main grincer, après quelques kilomètres, on était arrêtés et j'étais prêt, une drôle d'odeur était percevable, une émanation d'essence et de Gazole .
