Mis piedras de dawson - Edicto Garay - E-Book

Mis piedras de dawson E-Book

Edicto Garay

0,0

Beschreibung

Le sujet de ce livre sont les pierres de basalte gravées par Edicto Garay en 1974 pendant son internement comme prisonnier politique de la dictature chilienne au camp de concentration de l'Ile Dawson. Ces pierres, destinées à ses enfants et à son épouse furent un acte de résistance humaine dans un lieu de négation de l'humanité. Ces pierres, miraculeusement préservées, sont présentées par des photographies de Jean-françois Noël. Le camp de Dawson, l'internement et le travail forcé, la résistance des hommes et les pierres gravées sont la matière des poèmes d'Edicto Garay et de son ami Victor Escobar (présentés en langue espagnole avec leur traduction en français par Béatrice Brunet).

Sie lesen das E-Book in den Legimi-Apps auf:

Android
iOS
von Legimi
zertifizierten E-Readern

Seitenzahl: 54

Veröffentlichungsjahr: 2016

Das E-Book (TTS) können Sie hören im Abo „Legimi Premium” in Legimi-Apps auf:

Android
iOS
Bewertungen
0,0
0
0
0
0
0
Mehr Informationen
Mehr Informationen
Legimi prüft nicht, ob Rezensionen von Nutzern stammen, die den betreffenden Titel tatsächlich gekauft oder gelesen/gehört haben. Wir entfernen aber gefälschte Rezensionen.



Sommaire

Introduction

Introducción

Mes pierres de Dawson, symboles de résistance

Mis piedras de Dawson, símbolos de resistencia

La memoria es pertinaz, es obstinada, es un arma de larga duración. No se rinde.

Edicto Garay

Noire, noire et brillante

Negra, negra y brillante soy

Murs de barbelés et couteaux crochus

Muros de puas y cuchillos corvos

Pour ceux-là qui ne pensent pas

Para aquellos que no piensan

Pierres de Dawson

Piedras de Dawson

Víctor Escobar

Dawson

Dawson

53°58’S 70°35’0

53°58’S 70°35’0

Pierres de Basalte

Piedras de Basalto

Souvenirs de Dawson

Recuerdos de Dawson

Edicto GARAY OYARZO

Introduction

Loin de leur lieu de naissance et emportés par le vent des évènements tragiques du coup d’état perpétré par les militaires en 1973, les poètes se réunissent pour trinquer à la vie et aux souvenirs qui les lient au lointain et longiligne pays appelé Chili.

Edicto, prisonnier politique qui vécut et vit la douleur à Dawson, combattant social qui écrit de la poésie, nous offre sa copie fidèle des faits, narrateur depuis le ventre du mal qui le jeta hors des frontières du réel pour recommencer son existence en France.

Víctor, libre penseur et amant de la poésie, vécut la répression sociale et a vite saisi son arme favorite : la culture, pour défendre le non à l’oubli. Les deux amis se sont proposés de parcourir ensemble un moment littéraire et ont décidé d’exposer à la vue de tous le non-dit, ce qui est occulté, ce qu’ont tenté de cacher avec tant de soin les élites économiques, la vérité sur ce qui s’est passé, pour honorer la mémoire des disparus et des prisonniers politiques du sinistre régime militaire qui fut le bras droit des intérêts nationaux et étrangers.

Ils ont déjà publié ensemble Poemxiliario (2013) et tous deux travaillent ardument à la prochaine publication de deux livres de poésie. Tous ces travaux seront à la disposition du public à la Bibliothèque Nationale et au Musée de la Mémoire, à Santiago de Chili.

Dans leurs leurs projets, il y a un lieu qu’on ne pouvait laisser de côté : Dawson, représentation de la négation de l’être humain, lieu de la cruauté organisée et ordonnée par la junte militaire. Dawson est une blessure au cœur de la démocratie et aussi, malheureusement, la copie exacte des camps de concentration des nazis, en Allemagne pendant la Seconde Guerre mondiale. Que d’horreur et d’espoir à la fois sur cette île, qui avait déjà accueilli les navigateurs natifs des canaux de fin du monde, et qui devint le lieu parfait pour le châtiment infligé aux hommes qui cherchaient le meilleur chemin pour construire une société plus juste pour les Chiliens.

REMERCIEMENTS

Avec ce livre, nous voulons vous inviter à partir en voyage pour la véritable histoire de militants qui furent condamnés et torturés mais qui sortirent renforcés dans leur conviction de la beauté de la vie et de la nécessité de la bataille pour la joie. Témoins des faits, nous vous laissons notre cœur ouvert comme une fenêtre sur l’avenir. Nous vous accompagnons jusqu’ici, c’est maintenant à vous de partir à la recherche de la vérité.

Nous remercions particulièrement, très sincèrement, Jean-François NOËL pour l’admirable travail effectué et la noblesse de son amitié dans la réalisation de cet ouvrage. Egalement notre chère amie Véronique BRUNET pour sa précieuse, solidaire et dévouée traduction et, comme toujours, Angélica VILLALÓN pour sa patience, son apport constant à la lutte pour la mémoire et sa diligente contribution à la réalisation de cet ouvrage.

Edicto Garay & Víctor Escobar - Paris, septembre 2015

Mes pierres de Dawson, symboles de résistance

Les pierres de Dawson, parmi lesquelles se trouvent les miennes, concentrent toute une diversité symbolique humaine, la survie de la mémoire individuelle et collective en prison avec des significations affectives de camaraderie parmi les des victimes de l’oppression. Bien sûr, tout dépend de l’optique et de l’interprétation que chacun lui donne, surtout si on les considère du point de vue du monde extérieur. En ce qui me concerne, les pierres taillées de mes mains représentent un souvenir vivant de la mémoire, extrêmement significatif.

Pourquoi avoir décidé de les tailler dans les conditions rigoureuses de l’horreur, en en assumant toutes les conséquences, avec, dans mes poches, mes pierres dangereuses, subversives et clandestines qui auraient pu me coûter la vie, laquelle n’aurait coûté aux militaires fascistes que le prix de leurs balles ?

Tout d’abord, l’amour de la vie et la vie des miens ont été, en ces jours d’horreur, l’élément déterminant pour moi, plus fort que la mort même. Car mes pierres ne sont pas seulement symboles de souvenir matériel et historique, mais aussi ma propre représentation personnelle, car elles sont inspirées par ma famille, ma femme, mes enfants, avec leurs joyeux sourires lors du vécu familial antérieur au coup d’état. Cela devint, dans ma vie carcérale, la plus grande forteresse morale, et aussi la plus grande préoccupation pour leurs vies.

En second lieu, mon obstination politique et psychologique, mon engagement politique de militant communiste, toujours accroché à la vie, essayant de maintenir bien haut les rêves et les souvenirs du vécu durant les mille jours de révolution, aux côtés de nombreux camarades hommes et femmes, de jeunes, avant et pendant l’Unité Populaire, avec Salvador Allende, exemple d’héroïsme révolutionnaire, qui est mort les armes à la main, fait historique inédit en Amérique latine et dans le monde entier. Pour moi, la détermination héroïque du camarade Président Allende de donner sa vie pour la liberté et l’honneur de la patrie fut un stimulant, un antidote de force psychologique, politique et mentale qui m’aida à Dawson, à résister à la violence et la brutalité des bourreaux de la dictature, et le facteur déterminant qui contribua à ma prise de décision entre me rendre ou résister, sans toutefois cesser de regarder la cruelle réalité que, dans ces moments-là, nous vivions et qui nous affectait tous.