Mon ado change de genre - Elisa Bligny - E-Book

Mon ado change de genre E-Book

Elisa Bligny

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Beschreibung

« Au fond de moi, je ne suis pas une fille. »
En une phrase, notre ado de 15 ans a littéralement bouleversé la vie de la famille et déconstruit tous les codes. Mais qu’à cela ne tienne ! S’il devenait une nouvelle personne, alors ce ne serait pas sans nous, ses proches. Sans notre appui, sans notre amour.
Comment comprendre, comment accepter l’idée même que son enfant n’est pas, au fond de lui, celui que l’on chérit depuis sa naissance ? Comment l’accompagner au mieux dans cette aventure hors du commun et fondatrice ?
Elisa, courageuse et dynamique, raconte son quotidien de maman d’un « nomade du genre »...

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Seitenzahl: 162

Veröffentlichungsjahr: 2020

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© La Boîte à Pandore

Paris

http ://www.laboiteapandore.fr

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ISBN : 978-2-39009-470-8 – EAN : 9782390094708

Toute reproduction ou adaptation d’un extrait quelconque de ce livre par quelque procédé que ce soit, et notamment par photocopie ou microfilm, est interdite sans autorisation écrite de l’éditeur.

Elisa Bligny

mon ado change de genre

‘I think Lili’s thoughts

I dream her dreams.

She was always there.’

The Danish Girl

Lili Elbe née Einar Wegener

1 - Comment le dire ?

« Écrire, pourquoi ? Écrire pour qui ? Est-ce vraiment si important ? Écrire l’activité des insectes que nous sommes ! »

Normand Rousseau

29 mai. 18 h 55. Je suis dans le train qui me ramène chez moi. Je quitte peu à peu Paris où je travaille. Mes pensées défilent comme un écho au paysage. Je pense à la conversation que j’ai eue, à l’heure du déjeuner, avec une collègue, sur le fait de livrer à des inconnus une partie intime de nous-mêmes. Je pense à mon fils avec qui je me suis rendue à l’hôpital, la veille. Je pense à ce que nous vivons depuis presque trois ans. Je pense à ce livre qui est en train de prendre forme, en me demandant si j’ai bien raison de l’écrire et jusqu’où je peux aller, sans tomber dans l’exhibitionnisme. Depuis que ce projet d’écriture a germé et que j’ai commencé à confier mon ressenti aux pages blanches, je cherche une signification à cet acte. Une thérapie ? Peut-être. Le besoin de partager ? Possible. Mais quoi ? Et avec qui ? Avec vous qui êtes, peut-être, parents d’un enfant transgenre. Sinon, pourquoi auriez-vous eu la curiosité de lire ce témoignage ? Ou avec vous qui vous posez des questions sur ce frère, cette cousine ou cette amie qui, un jour, vous annonce que ce corps dans lequel il ou elle vit, ce corps que vous lui connaissez depuis des années lui est étranger. Qu’il est devenu l’ennemi ! Ce livre, je ne le destine pas seulement aux parents. Je l’écris aussi pour tous ceux qui, proches d’un transgenre, ont envie de découvrir ce parcours que nous avons vécu et, je l’espère, de s’en inspirer. Tout le propos de cet ouvrage est donc d’expliquer en quoi consiste le fait d’accompagner une personne transgenre et pourquoi nous l’avons fait. Pour nous, il est important de respecter la diversité et la complexité des individus et de leur permettre de s’épanouir et de s’exprimer au quotidien. Mais pour ça, il faut qu’ils se sentent compris et soutenus. Toute l’aide apportée, toutes les questions abordées et les réponses trouvées, toutes les erreurs commises participent à la transition. Elles sont autant de pierres qui pavent ce long chemin qui nous mène vers cette nouvelle personne.

Vous l’aurez sans doute compris, je suis la mère d’un adolescent transgenre, enfin, nous sommes les parents d’un adolescent transgenre. Car nous sommes un couple et même une famille, puisque nous avons également un fils aîné. À partir du moment où notre plus jeune fils — aujourd’hui il est notre fils — a fait son coming out1, jusqu’à ce qu’il commence sa réassignation, nous l’avons accompagné, et nous le ferons aussi longtemps qu’il aura besoin de nous.

C’est, ici, ce que je veux tenter de vous raconter, à vous qui devez, bien malgré vous, faire face à cette situation. Je souhaite témoigner du soutien que nous lui apportons dans la construction de son nouveau genre, vous raconter la compréhension de nos familles, la bienveillance des amis, mais aussi vous dire toutes les questions, les doutes, les peurs… Et aussi vous parler des différentes étapes de suivi (médical, administratif, social), le tout émaillé de termes propres au contexte. Termes qu’il est important de connaître.

Je crois que je le tiens, le motif profond de cet ouvrage. La conviction intime qui m’anime. Je veux vous parler de ma perception de la souffrance des transgenres face à l’incompréhension de beaucoup de gens, à la phobie d’une partie, hélas toujours plus grande, de la société, et de l’empathie que j’éprouve pour ceux qui n’ont pas choisi leur genre ou leur orientation sexuelle et qui ne demandent qu’à vivre au grand jour, tout simplement, tels qu’ils sont réellement. Je veux vous parler d’amour.

En toute honnêteté, je ne savais pas trop comment commencer, quoi raconter exactement, quel ton prendre. Comment faire passer le message sans moralisme, mais avec le désir de traduire au mieux ce que je veux transmettre : donner de la visibilité à la transidentité, pour qu’elle soit mieux acceptée. Tout se bousculait dans ma tête, les tentatives de confidences, l’instant présent, la complicité née de ce parcours long et compliqué. Car oui, nous avons noué une belle complicité au fil des mois. Mon fils transgenre et moi, nous avons renforcé le lien indéfectible d’amour qui unit un parent à son enfant. Déjà la fin du livre, me dites-vous ? La conclusion ? Non, le chemin commence à peine. Et toujours cette même interrogation : est-il justifié que j’écrive ce livre ? J’ai rarement lu des récits-témoignages. Le fait de confier des sentiments, de raconter une expérience personnelle à un grand nombre a, pour moi, quelque chose de gênant dans sa dimension d’ingérence à la fois chez le lecteur, car les propos en appellent à son empathie, et chez l’auteur, qui fait preuve d’un abandon total de sa pudeur. Étais-je bien capable de livrer ce que je ressentais au fond de moi ? Y avait-il un réel intérêt à le faire, autre que celui d’un quelconque journal intime ? Au fur et à mesure que se dessinait ce projet, j’attachais une nouvelle signification à le mener à terme. Il m’a juste fallu un peu de temps pour le comprendre et le formaliser.

Une longue discussion avec une jeune fille qui vient de valider son master II en psychologie m’y a un peu aidée. Au cours d’une conversation dont le sujet était tout autre — j’étais en train d’écrire une pièce de théâtre pour un atelier qu’elle animait —, je me suis retrouvée à raconter ce que je ressentais en tant que maman d’un adolescent transgenre. Mes réponses en écho à ses questions qui, sans que je m’en aperçoive, avec habileté, m’incitaient à une introspection. Ce fut un peu comme une thérapie, cette heure au téléphone. Dans la foulée, j’en ai discuté avec une chargée d’édition avec qui je suis en contact. Elle m’a encouragée dans ma démarche, me prodiguant quelques conseils au passage. Cela faisait sens. Ainsi, en confiant ce que je ressentais intimement, en rapportant les propos et les sentiments de mon mari, de mon fils aîné et de son frère transgenre, mon but était, et demeure, de faire comprendre qu’un transgenre est une personne « comme les autres ». Et qu’en racontant cette histoire, notre histoire, je servais finalement cette cause fondamentale, le droit de chaque être humain d’être ce qu’il est au fond de lui, de vivre en toute liberté son genre et sa sexualité. Quelques mots d’encouragement de mon mari ont achevé de me convaincre de vous parler de mon fils, un nomade du genre.

1. Coming out : faire son « coming out », c’est dévoiler autour de soi (famille, ami, collègue…) toute caractéristique personnelle (sexuelle ou de genre) jusque-là tenue secrète par crainte du rejet ou par souci de discrétion. Le terme est utilisé de manière générale et par extension, aussi bien pour confier son homosexualité que pour expliquer sa transsexualité ou sa transidentité. Le 11 octobre est devenu la journée internationale du coming out depuis 1988 (Coming out Day). Elle a été créée une année après une marche ayant rassemblé plus de 500 000 manifestants à Washington DC, États-Unis.

2 - Une question de courage

« Le courage, c’est de chercher la vérité et de la dire. »

Jean Jaurès

Pour défendre au mieux cette cause — celle de pouvoir vivre en toute liberté son genre et sa sexualité —, je devais aussi confier, en tant que proche, mes doutes et mes angoisses. Je n’ai pas la posture d’un spécialiste, médecin, sociologue ou philosophe qui, avec recul et partialité, disserte sur le concept de transidentité. Mon vocabulaire sera sans doute moins précis, mon style, plus décousu, le fil du récit guidé par l’émotion, plus anarchique… Mais j’ai la légitimité d’une mère. Mon propos s’appuie sur une expérience qui lui donne toute sa force et son courage. Car, ici, il n’est question que de courage. Courage du jeune qui affronte son entourage et qui, sans cesse, doit s’expliquer, se justifier pour être accepté. Le courage des parents placés dans une situation à laquelle ils n’étaient pas préparés, eux-mêmes en proie aux questions, aux troubles, aux appréhensions… À vous parents comme aux autres membres de la famille, aux amis, aux copains, à ceux qui veulent comprendre… je veux d’abord vous rassurer : il faut laisser le droit à la réflexion et à l’hésitation. Saisissez bien l’importance justement de toutes ces étapes où se construit la compréhension. Ces moments, chèrement gagnés, où vous faites un pas l’un vers l’autre, parents vers enfant, enfant vers parents. Chacun doit mener son chemin comme il le peut, à son rythme. Les retrouvailles (entre vous et la nouvelle personne qui se construit à vos côtés) n’en seront que plus sincères et émouvantes. Parfois même, il ne sera pas question de retrouvailles, mais d’une belle rencontre avec un fils ou une fille que vous ne connaissiez pas vraiment. Dont vous ignoriez l’existence. À côté duquel vous auriez pu passer si vous n’aviez pas été aussi vigilants et à l’écoute de sa souffrance.

Mais, et je sais que là je vais me montrer moins conciliante et peut-être vous choquer : la réflexion et l’hésitation certes, seulement jusqu’à un certain point. Car si, à mon sens, la personne transgenre ne peut qu’aller au bout de sa démarche (c’est pour elle une question de survie), les proches se doivent, à un moment, d’accepter sans condition, par amour. Ainsi, même s’il est difficile de comprendre et d’accompagner un enfant dans sa transition, on ne peut pas, en tant que parents, agir autrement. Enfin, je n’imagine pas qu’on puisse faire différemment. J’ai conscience d’exiger beaucoup de certains d’entre vous, mais je me permets de le faire avec la conviction que l’amour qu’on porte à son enfant doit être plus fort que toute autre considération sociale, morale ou religieuse. Je vous assure, vous pouvez y arriver ! Je sais les exemples nombreux, les témoignages poignants et les ruptures violentes. Je suis profondément triste pour ces milliers de jeunes rejetés par leur famille, livrés à eux-mêmes dans une société qui pardonne rarement à ceux qui sont singuliers. Nous vivons dans un cadre social, celui de nos représentations, de nos idées. Il ne tient qu’à vous de vous les réapproprier et d’en déplacer les curseurs. Je l’ai fait, vous le pouvez aussi ! Les enfants transgenres dérangent, surtout parce qu’ils nous appellent à plus de tolérance. Ils sont sans doute les plus puissants vecteurs d’un changement des mentalités. Et les plus à même de faire bouger les lignes sur cet état de fait, ce sont nous, les parents transfriendly2, en témoignant de notre soutien et en posant aux familles concernées — et plus généralement à toute la société — une simple question : devons-nous forcer des êtres humains à s’adapter à tout prix à un genre qui les plonge dans la dépression et, parfois, les pousse au suicide, ou sommes-nous en capacité d’accepter une plus grande fluidité dans le genre3 et dans la sexualité ? Je crois que oui. J’en suis même sûre. Nous le pouvons !

J’aimerais tellement qu’à la lecture de ce livre, vous, pour qui le coming out de votre enfant (jeune, ado ou plus vieux) a été un choc, vous disiez : « C’est mon enfant, c’est notre enfant et, ensemble, en famille, nous allons y arriver. » Alors vous surmonterez cette épreuve douloureuse — car il n’y a pas de honte à l’appréhender comme quelque chose d’extrêmement difficile à vivre —, et vous en sortirez unis. Je veux vous dire que vos doutes, vos questions, vos peurs sont légitimes. J’irais même jusqu’à assurer que ces interrogations sont bénéfiques, constructives. Mais, je vous supplie de ne pas baisser les bras, de ne pas abandonner et, quoi qu’il vous en coûte, de laisser parler votre cœur. Cette période est très délicate, mais nous devons l’appréhender avec courage. Quand je vous disais qu’il est ici question de courage, je ne vous mentais pas.

Nous aussi, parents d’enfants transgenres, nous avons notre propre parcours dans cette grande aventure. Nous aussi, nous vivons une sorte de « réassignation », même s’il ne s’agit pas de réassignation ou réattribution sexuelle, mais plutôt d’une réattribution de parentalité. Par sa décision de changer de genre et de sexe, notre enfant nous confère un nouveau statut. Par exemple, nous avions un garçon et une fille. Aujourd’hui, il s’agit de nos fils. Ces dernières années, je me suis familiarisée avec le vocabulaire propre à la transidentité. J’ai déjà évoqué le coming out, le genre, et il existe bien d’autres termes que j’expliquerai au fur et à mesure. Là, il est question de réassignation. De quoi s’agit-il exactement ? Dans le domaine médical, elle désigne les actes chirurgicaux qui font d’un homme une femme ou le contraire4. C’est la voie empruntée par les transgenres pour se « débarrasser » de ce corps qui leur est une véritable prison. C’est le long chemin de la réattribution sexuelle.

En cherchant donc la définition exacte de réattribution sexuelle sur Internet, j’ai relevé que le forum médical suisse (organe officiel de formation continue de la Fédération des médecins suisses, NDLA) précisait : « Toutefois, de plus en plus de patients se contentent soit d’un traitement psychiatrique, soit d’une hormonothérapie, avec parfois une première étape chirurgicale (mammectomie ou augmentation mammaire), afin de prendre l’apparence de l’autre sexe, sans pour autant passer à l’acte chirurgical de changement de sexe. » Et là, vous vous demandez : « Pourquoi diable aller chercher l’information sur un forum médical suisse ? » J’entends votre interrogation. Mais en tapant « réattribution sexuelle » sur mon moteur de recherche, c’est l’une des premières occurrences sérieuses trouvées. Et cela corrobore bien ce que je pense, à savoir que le sujet de la transidentité en France n’est pas encore sérieusement considéré. Il suscite peut-être plus de malaise que chez nos proches voisins. Ou peut-être pas… Pour le coup, c’est peut-être un manque de courage qui fait que, chez nous, on n’offre pas assez de visibilité et de soutien aux transgenres, comme le souligne Arnaud Alessandrin, sociologue à l’université de Bordeaux où il enseigne la sociologie du genre et des discriminations : « La France reste très en retrait de ces débats. La question du genre, hier comme aujourd’hui, est très mal perçue dans l’Hexagone. » (Jean-Pierre Bouchard, Transidentités et changement de sexe : le point de vue du sociologue, le rôle du psychiatre, entretien dans les Annales médico-psychologiques, 2019, chez Elsevier Masson) Mais quoi qu’il en soit de l’origine de ces propos trouvés sur le forum médical suisse, « prendre l’apparence de l’autre sexe, sans pour autant passer à l’acte chirurgical de changement de sexe », ils ont immédiatement trouvé un écho en moi, car ils correspondaient en substance à une demande de mon fils, enfin plus particulièrement à un désir formulé auprès du spécialiste de la dysphorie de genre qui l’a suivi durant toute la période de son questionnement. Je n’évoquerai que plus tard cette période, celle du suivi médical. Je souhaite respecter une certaine chronologie dans la rédaction de ce livre. C’est important pour mieux comprendre mon cheminement, et pour comprendre comment, petit à petit, je suis arrivée à accepter cette transition inéluctable et salvatrice. Mais cette simple phrase rédigée par un médecin suisse a été pour moi un soulagement : mon fils est loin d’être le seul à ne pas vouloir faire une réattribution totale. Sa non-binarité5 n’est pas une lubie. C’est souvent ainsi, vous l’aurez sans doute remarqué, quand un écrit ou des propos extérieurs viennent en quelque sorte légitimer ce qu’on vit ou pense. On se sent presque satisfait que quelqu’un d’autre soit passé par là. On se sent moins seul.

Dans notre cas, comme je vous le disais donc, nous pouvons ainsi évoquer une forme de réassignation, faisant de nous les parents de deux garçons. Je me souviens de la première fois où mon fils aîné a parlé de son petit frère. C’était durant l’été, il y a un an. J’ai d’abord été surprise, puis j’ai eu envie de le serrer dans mes bras. Ce n’est pas simple pour lui non plus, mais il a respecté la volonté de son frère, mettant de côté ses propres interrogations. J’en aurais presque pleuré. Bon, d’accord, j’ai la larme un peu facile. Mais je m’égare, me laissant doucement gagner par mes émotions. Un mot ressuscitant un souvenir. Un souvenir mettant le présent brièvement entre parenthèses, le temps de retrouver cette émotion soigneusement rangée dans un coin de notre mémoire, qu’une allusion ramène sur le devant de notre scène… D’accord, je reviens à l’instant présent. Décidément, il va falloir que je sois plus rigoureuse et plus concentrée si je ne veux pas vous perdre en cours de route.

Je reviens donc à « notre » réassignation. Ce travail que nous devons faire sur nous. Qui est compliqué, perturbant, qui nous a pris des mois. Certes, il n’est pas question d’actes chirurgicaux et de suivis médicaux. C’est certainement plus douloureux et plus difficile pour nos enfants transgenres même si, au final, cette chirurgie est libératrice pour eux. Mais j’y vois tout de même un parallèle. Cette réassignation est un voyage que nous accomplissons ensemble, en tenant compte des craintes de l’autre, en nous soutenant, en nous témoignant de l’affection, en faisant de preuve de patience. Une exploration que je vous invite à mener.

2. Transfriendly, qu’on pourrait traduire par ami des trans ou sympathisant. Des personnes qui sont ouvertes et accueillantes envers les transgenres (ou transsexuels), qui les respectent et les considèrent tels qu’ils sont, sans jugement.

3. Le terme genre,du mot anglais gender, est utilisé à partir de la seconde moitié du XXe siècle dans les milieux universitaires nord-américains, dans les départements d’études en sciences sociales. Dans un premier temps, le genre désigne une manière d’analyser la société, d’organiser un système binaire entre deux catégories, d’établir des codes auxquels chaque représentant devra se conformer. À partir des années soixante-dix, le concept de genre est fréquemment employé par les féministes pour démontrer que les inégalités entre femmes et hommes sont souvent le fruit de diktats sociaux ou culturels.

4. La chirurgie de réattribution sexuelle (CRS) est l’opération permettant de modifier les caractéristiques sexuelles initiales afin d’obtenir l’apparence du sexe opposé.

5. Une personne non-binaire refuse d’être cantonnée dans un genre masculin ou féminin. Elle rejette le système binaire, car, pour elle, le genre n’est pas forcément une alternative entre deux propositions : homme ou femme. La non-binarité s’inscrit donc dans le refus d’appartenir à un genre normé et de se plier à des rôles propres au genre attribué à la naissance, et dicté par la représentation que se fait la société de l’être humain.

3 - L’élément déclencheur

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