Le discours - Elisa Bligny - E-Book

Le discours E-Book

Elisa Bligny

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Beschreibung

Jean-Baptiste a une semaine pour écrire le discours d'inauguration de la maison de la culture de sa commune pour le maire dont il est adjoint. C'est une mission qu'il n'a pas pu refuser. Les personnes de son entourage se mêlent de l'aider pour différents motifs, motifs qui se révèlent plus ou moins intéressés, et lui rendent la tâche encore plus compliquée.

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Seitenzahl: 63

Veröffentlichungsjahr: 2021

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« On a souvent dit beaucoup de mal du vaudeville.Ce n’est pas, en effet, une forme littéraire bien relevée. C’est pourtant la plus véridique. Peut-être n’en a-t-on dit autant de mal parce qu’elle nous offre trop de ressemblances avec nous-mêmes et avec nos propres actions. Quoi qu’en puissent penser les gens qui prennent tout au sérieux, la vie que nous menons n’est qu’un vaste vaudeville… »

Le théâtre de Maurice BoissardPaul Léautaud

Personnages

Jean-Baptiste : adjoint au maire d’une commune. Mari d’Amélie. Homme discret et d’un naturel plutôt calme et gentil.

Amélie : femme de Jean-Baptiste, professeure de yoga. Excentrique et tête en l’air.

Marie-Angèle : sœur de Jean-Baptiste. Vieille fille un peu aigrie, désagréable, à l’apparence classique, presque d’une autre époque.

Simon : décorateur, en charge de l’aménagement de la maison de la culture. Jeune homme timide et emprunté.

Clothilde : amie d’Amélie. Elle dirige une maison d’édition. Femme énergique et déterminée.

Alexandre : copain d’enfance de Jean-Baptiste. Personnage sans-gêne et égocentrique. Se la joue artiste bohème.

Mylène : la bonne de Jean-Baptiste et Amélie. Plutôt débrouillarde et futée, elle ne se laisse pas impressionnée.

La maire (uniquement présent à la fin de l’acte 3) : Imbu de sa personne, il est en représentation.

Décor

Salon bureau d’une maison bourgeoise. Époque contemporaine. Un bureau et une chaise. Un canapé au centre et deux petites tables, genre gigogne. Une porte côté cour. Une fenêtre côté jardin.

Synopsis

Jean-Baptiste doit écrire le discours d'inauguration de la maison de la culture de sa commune pour le maire dont il est adjoint. C’est une mission qu’il n'a pu ou su refuser. Les personnes de son entourage (sa femme, sa sœur, son ami d’enfance, la bonne, un décorateur...) se mêlent de l’aider pour différentes raisons, plus ou moins bonnes et souvent intéressées... rendant sa tâche encore plus compliquée.

Sommaire

ACTE I

Scène 1 - Jean-Baptiste et Mylène

Scène 2 - Jean-Baptiste et Amélie

Scène 3 - Jean-Baptiste, Amélie et Clothilde

Scène 4 - Jean-Baptiste et Marie-Angèle

Scène 5 – Mylène et Simon

Scène 6 – Simon et Jean-Baptiste

Scène 7 – Jean-Baptiste et Amélie

Scène 8 – Jean-Baptiste et Alexandre

ACTE II

Scène 1 – Amélie et Clothilde

Scène 2 – Amélie, Clothilde et Jean-Baptiste

Scène 3 –Jean-Baptiste et Mylène

Scène 4 – Jean-Baptiste et Marie-Angèle

Scène 5 – Jean-Baptiste, Mylène et Alexandre

Scène 6 – Alexandre, Clothilde et Simon

Scène 7 – Amélie et Jean-Baptiste

Acte III

Scène 1 – Amélie et Clothilde

Scène 2 – Amélie, Clothilde, Alexandre et Simon

Scène 3 – Amélie, Clothilde, Alexandre, Simon et Marie-Angèle

Scène 4 – Amélie, Clothilde, Alexandre, Simon, Marie-Angèle et Mylène

Scène 5 – Amélie, Clothilde, Alexandre, Simon, Mylène et Jean-Baptiste

Scène 6 – Amélie, Clothilde, Alexandre, Simon, Mylène, Jean-Baptiste et le maire

Scène 7 – Amélie, Clothilde, Alexandre, Simon, Marie-Angèle, Mylène, Jean-Baptiste et le maire.

ACTE I

Scène 1 - Jean-Baptiste et Mylène

Jean-Baptiste est assis derrière son bureau, en train d’écrire et prononçant à voix haute quelques mots.

JEAN-BAPTISTE.‒ Je ne vais jamais m’en sortir avec ce discours. (Il soupire. Mylène entre en portant un aspirateur et se dirige vers Jean-Baptiste.)

MYLÈNE.‒ Je ne vous dérange pas, j’espère, mais j’ai prévu de nettoyer le salon ce matin, alors. (Elle commence à enlever la poussière avec un chiffon qu’elle sort de sa poche, çà et là tout en regardant ce que Jean-Baptiste fait. Lui soupire.) Toujours sur votre discours ? Ça avance un peu ?

JEAN-BAPTISTE.‒ Non, ça n’avance pas du tout, du tout !!!

MYLÈNE (posant son aspirateur).‒ Ce que je ne comprends pas c’est pourquoi le maire n’écrit pas son discours lui-même, après tout c’est lui qui doit le prononcer lors de l’inauguration de la maison de la culture.

JEAN-BAPTISTE.‒ Oui, ce n’est pas faux. Mais comment savez-vous ça, vous ?

MYLÈNE.‒ Votre femme, elle m’en a parlé.

JEAN-BAPTISTE (en aparté).‒ C’est tout Amélie ça. (À Mylène) Écoutez Mylène, je n’ai pas le temps d’en discuter avec vous, et je ne suis pas sûr que cela vous concerne.

MYLÈNE.‒ Oui et non, vu que tout tourne autour de ce discours depuis une semaine. Enfin, ce que j’en dis… Elle fait mine de brancher l’aspirateur.

JEAN-BAPTISTE.‒ Ah, non ! Ce n’est pas le moment de passer l’aspirateur. J’ai besoin de calme.

MYLÈNE.‒ Si vous voulez mon avis, ce n’est pas de calme dont vous avez besoin, mais de nouvelles perspectives.

JEAN-BAPTISTE.‒ Vous vous y connaissez en discours, peut-être ? Je ne veux pas être désagréable Mylène, mais vos compétences, c’est plutôt le ménage et la cuisine, non ?

MYLÈNE.‒ Tout à fait et je pense être très compétente dans mon domaine, mais comme pour toute chose, l’important, c’est de changer de perspectives.

JEAN-BAPTISTE.‒ De perspectives ?

MYLÈNE.‒ Oui, d’angle.

JEAN-BAPTISTE.‒ D’angle ?

MYLÈNE.‒ Oui, de manière d’aborder le problème.

JEAN-BAPTISTE (ne comprenant rien).‒ Oui, oui. Il se replonge sur son texte.

Mylène grimpe sur le canapé.

JEAN-BAPTISTE (surpris).‒ Que faites-vous, là ?

MYLÈNE.‒ Eh bien, je change d’angle, j’aborde le problème différemment.

JEAN-BAPTISTE.‒ Au moins, sur le canapé, vous verrez mieux la poussière sur les étagères.

MYLÈNE (un peu navrée).‒ C’est juste pour que vous visualisiez l’idée d’aborder les problèmes sous un nouvel angle.

JEAN-BAPTISTE.‒ Parce que vous pensez que j’aurais de nouvelles idées, en écrivant debout sur ma chaise.

MYLÈNE (descendant du canapé).‒ Non, mais vous prendrez du recul, de la hauteur. Et les idées viendront comme ça (elle claque des doigts). J’ai lu un livre qui parle de…

JEAN-BAPTISTE.‒ Écoutez Mylène, j’apprécie vos conseils… (moqueur) à leur juste valeur, mais il faut que j’avance et, là, vous me retardez. Alors soyez gentille, allez prendre du recul ailleurs et emmenez votre aspirateur. D’accord ?

MYLÈNE (en haussant les épaules).‒ Comme vous voulez, mais pensez-y (en montrant le canapé), à changer d’angle.

Mylène sort.

JEAN-BAPTISTE (en regardant la porte).‒ Elle est serviable, mais un peu envahissante. Enfin, on s’y fait. Voyons, alors… (Le téléphone sonne, Jean-Baptiste lève les yeux au ciel et décroche) Allô ? Ah ! Monsieur le maire… Oui, ça avance. J’ai déjà écrit l’introduction… Oui, je sais… Oui, le temps presse… Vous lire ce que j’ai… je ne suis pas sûr… Ce sont plutôt des concepts… Oui, je sais les trois principes clé : responsabilité, unité et efficacité… D’accord, rappelez-moi après votre rendez-vous. Oui, responsabilité, unité et efficacité.

Il raccroche, un peu désabusé.

Scène 2 - Jean-Baptiste et Amélie

Jean-Baptiste se remet à écrire, Amélie entre. Elle porte un tapis de yoga, elle est en tenue pour pratiquer. Elle pose son tapis, le déroule…

AMÉLIE (à Jean-Baptiste).‒ Fais comme si je n’étais pas là… Mylène fait le ménage dans la chambre. Du coup, je me suis dit, si j’allais faire mon yoga dans le salon… Mais je ne veux pas te déranger. Je me fais… discrète. Elle commence ses mouvements et respirant assez fort. Jean-Baptiste se remet à écrire. Amélie inspire et expire de plus en plus fort.

JEAN-BAPTISTE.‒ Tu as besoin de respirer aussi fort.

AMÉLIE.‒ Je fais circuler les énergies…

JEAN-BAPTISTE.‒ Elles sont plutôt bruyantes tes énergies, et j’ai besoin de calme pour mon discours. Alors si tu pouvais respirer en silence.

AMÉLIE.‒ Oui, bien sûr, excuse-moi, chéri. (Elle continue ses mouvements et Jean-Baptiste écrit. Amélie respire de plus en plus fort.)

JEAN-BAPTISTE.‒ Amélie, s’il te plaît !

AMÉLIE.‒ Je suis désolée, mais la respiration est fondamentale dans la pratique du yoga, et je ne peux pas respirer sans bruit. Tu comprends la respiration agit sur les centres énergétiques, les chakras. Tu sais, les chakras… Je t’en ai déjà parlé.

JEAN-BAPTISTE.‒ Oui, oui les chakras, je sais.