Moon & le Bouquin Affamé - Christophe Carreras - E-Book

Moon & le Bouquin Affamé E-Book

Christophe Carreras

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Beschreibung

Alors que Moon passait des vacances chez sa grand-mère, elle ouvrit une porte mystérieuse qui la propulsa dans un monde fantastique et surprenant. Aventurière, elle décida de le parcourir et ce qu'elle découvrit allait au-delà de ce qu'elle aurait pu imaginer. Embarquez avec Moon dans une aventure où un Bouquin Affamé éveille la curiosité et la crainte, où des personnages hauts en couleur vont l'accompagner dans une quête littéraire inconnue. Entre "Alice au Pays des Merveilles", "Kerity et la Maison des Contes" ou encore "Kirikou", savourez une histoire pour petits et grands.

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Seitenzahl: 83

Veröffentlichungsjahr: 2017

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Loi n°49-956 du 16 juillet 1949 sur les publications destinées à la jeunesse, modifiée par la loi n°2011-525 du 17 mai 2011.

Cette histoire est une fiction.

Toute ressemblance avec des personnes ou des faits ayant existés ne serait que fortuite.

Table des matières

MOON & LE BOUQUIN AFFAMÉ

Chez mamie

La pièce mystérieuse

La bibliothèque des 3 Frères

Le repas des livres

Charivari sur l’océan

Les bords du livre

Le Point Final

Dans l’antre du B.A.

Le Méta Fort

L’évasion

Sous les fesses du B.A.

Des livres &...

AUTOUR DU LIVRE

Le vocabulaire du livre

Les personnages

Glossaire

Les écrivains évoqués dans le livre

Chez mamie

Dès son arrivée, Moon reconnut la façade du corps de ferme dans lequel habitait sa grand-mère qui l’attendait sur le perron. Elle claqua la portière de la voiture et le cœur battant elle enfouit son visage dans les bras de Huguette. Des baisers rafraîchissants ponctuèrent l’accolade.

– Bonjour mamie.

– Bonjour ma petite lune.

Son père apporta la valise suivi de sa mère tenant un sac en plastique rempli de bric et de broc, d’objets anciens qui les accompagnaient d’un lieu à un autre.

Précédés de Moon, les parents et Huguette passèrent la porte. Huguette avait fait couler un café. Autour d’une tasse, chacun devisait de son quotidien. Deux heures plus tard, après le départ des parents, la maison retrouva son calme. Moon resta seule avec sa mamie.

Elle s’éclipsa pour disparaître dans la chambre où dormait sa maman lorsqu’elle était enfant pour y redécouvrir les vieilleries du siècle dernier, comme elle aimait les appeler.

Elle savait exactement que dans le tiroir de la table de chevet se trouvait — sous un fin manteau de poussière — un WalkmanI. A l’intérieur, attendait une cassette de musique enregistrée il y a plusieurs années par sa maman. Elle enfila le casque sur ses oreilles à la manière d’un serre-tête et appuya sur le bouton play. Dans ses oreilles, une kyrielle de guitares électriques balançaient des rythmes punkI.

L’arceau en métal dans les cheveux, elle traversa les pièces en enfilade, chaussa ses baskets et bondit à l’extérieur, sous le soleil estival. Elle se mit à courir dans le jardin, enjamba une petite barrière et courut à nouveau dans les hautes herbes jusqu’à un enclos. Là-bas, elle pouvait voir des chevaux.

L’un d’entre eux se prénommait Puca Poncho. Elle l’appréciait plus que les autres : il avait une particularité qu’elle portait aussi – bien plus rare chez les hommes que chez les équidés. En effet, sa crinière possédait une unique mèche blanche parmi ses longs poils noirs. Moon en avait également une dans sa chevelure couleur de nuit. La sienne formait un croissant de lune dans le noir de ses cheveux.

A l’approche de Puca Poncho, la jeune fille se réjouit. Elle arracha quelques brins d’herbe qu’elle lui tendit. Le cheval pencha sa tête et, en se débarrassant de trois mouches qui le gênaient, ouvrit ses lèvres sur la touffe verte. Tout en mâchant sa gourmandise, il se laissait caresser par la jeune fille.

Elle sortit son smartphone de sa poche, cadeau de son passage en sixième. Elle activa l’appareil photo et prit un selfie, dos à Puca Poncho. Elle appuya sur le déclencheur et aperçut sur son écran de cinq pouces* son visage et un quart de la tête du cheval. Ce n’était pas grave, elle partagea sa photo avec sa meilleure amie, restée à la ville.

Moon profita du soleil, de la nature et de l’air pur jusqu’à la tombée de la nuit. L’après-midi, elle joua à faire des ricochets icochets ochets hets dans l’étang. Elle répondit aux oiseaux cachés dans les arbres et se roula dans l’herbe.

En rentrant, fatiguée et heureuse, les vêtements tachés de vert, elle trouva sa grand-mère dans la cuisine. Elle portait toujours un rictus pris entre parenthèses par ses zygomatiques ; elle se retourna en voyant sa petite-fille rentrer :

– Alors, ma belle, comment s’est passé cet après-midi ?

– Très bien, mamie, je me suis éclatée.

– Je vois ça, tu as plein de paille dans les cheveux.

Moon passa sa main dedans et découvrit çà et là de l’herbe ou de la paille. Elle s’esclaffa. Huguette, tout sourire, se pencha sur son faitout et glissa à sa petite-fille :

– File devant la maison secouer tes cheveux et va te laver avant de manger, j’ai préparé tes affaires sur ton lit.

Moon acquiesça et ressortit quelques secondes dehors pour épousseter ses mèches. Elle prit une douche fraîche et rapide, se sécha dans un peignoir en coton et enfila son pyjama turquoise.

Sonna l’heure du repas et Moon retrouva sa grand-mère à table. Elle avait préparé une blanquette de veau, un plat délicieux.

Il s’agissait du repas préféré de Moon. Sa grand-mère adorait faire plaisir à ses petits-enfants en leur concoctant leurs mets favoris.

– C’est cro bon, mamie, déglutit Moon la bouche pleine. Elle savoura le repas, et en reprit même une seconde fois, chose assez rare pour ce petit estomac. En dessert, Huguette avait acheté des Mister Freeze, Moon choisit un bâton parfum cola.

Le repas terminé, la fatigue gagnant ses yeux, sa mamie l’accompagna jusqu’à son lit où elle la borda jusqu’au cou et l’embrassa sur le front.

– Fais de beaux rêves mon amour.

– Merci, mamie, à demain matin.

– Tu te lèves quand tu veux. Par contre, si tu te réveilles après onze heures, tu ne déjeuneras pas car l’heure du repas sera proche.

– Je t’aime.

Sa grand-mère éteignit la lumière et laissa la porte entrouverte pour qu’un mince filet de lumière atteigne le regard de Moon.

Dans la pénombre de son lit, Moon attrapa son smartphone et se connecta sur Skipper, le kangourou de l’e-communication. Déjà qu’elle n’avait pas pu apporter sa console Lec Station car il n’y avait pas de télévision à la ferme. Il ne fallait pas pousser mémé dans les orties. Skipper s’alluma et elle vit sa meilleure amie, Claudine, connectée. Elle activa la conversation et elles papotèrent jusqu’à presque deux heures du matin ; Moon chuchotait tandis que Claudine riait en permanence. Depuis que Moon avait eu son téléphone, elle ne vivait plus que par lui. La télévision ne l’intéressait plus et la console de jeux ne sortait du placard que lorsqu’une copine venait à la maison. Son smartphone s’accordait à sa raison d’être. La nuit bien avancée, elle s’endormit.

I Voir le glossaire en fin de document.

La pièce mystérieuse

Le lendemain matin, Moon se réveilla dans le calme. En ouvrant ses volets, elle découvrit le temps maussade qui s’était installé dehors. Une pluie incessante tombait. Son sourire matinal perdit de sa lumière et elle claqua la fenêtre en la refermant.

Qu’allait-elle faire de sa journée sans pouvoir courir dans les herbes et les champs ?

Elle se rendit à la cuisine pour y partager le petit-déjeuner. Sa grand-mère avait préparé des oeufs brouillés et du bacon grillé accompagné du traditionnel chocolat en poudre.

– Mon petit cœur, il ne fait pas beau aujourd’hui.

– C’est dommage.

– Je vais te laisser t’occuper tranquillement toute seule pendant que je prépare le repas de midi. Ensuite, nous jouerons ensemble.

Moon acquiesça. Elle n’avait aucune envie de se retrouver enfermée dans sa chambre, sans console ni télévision.

Assise sur son lit, elle écoutait le Walkman quand, soudain, la bande marron s’emmêla dans l’appareil. Elle tenta avec un stylobille de replacer la bobine dans la cassette. Elle s’énerva face à l’impossibilité de rétablir l’ordre des choses.

Elle posa alors le baladeur sur la table de chevet. Sans inspiration, elle entrouvrit la porte de sa chambre et scruta le couloir. Au loin, Huguette s’activait aux marmites.

Elle tourna la tête des deux côtés et repéra pour s’amuser les portes identifiables. La grande correspondait au salon. Celle dont une lumière jaillissait, donnait sur la cuisine. Les deux autres en face permettaient d’accéder à la salle de bain et aux toilettes. Celle à sa droite donnait accès à la chambre de sa grand-mère. Ses yeux se portèrent enfin sur une porte au fond du couloir, une porte totalement inconnue.

A quoi correspondait-elle ? Elle n’avait jamais attiré son attention auparavant.

Remarquant que sa mamie ne l’avait pas vue, elle décida de s’aventurer jusqu’à cette dernière. Intriguée, elle posa sa main sur le loquet, quelque peu curieuse.

Aventurière dans l’âme, elle décida d’en savoir plus sur cette pièce mystérieuse. Elle pressa la poignée et l’huis* s’ouvrit. Derrière la porte un autre couloir s’annonçait, dans la continuité de celui de la maison.

Elle entra et referma aussitôt la porte derrière elle. Le couloir était parfaitement éclairé sans qu’il y ait de luminaire ou de fenêtres. C’était étrange. Le corridor était vide, il n’y avait aucune porte en dehors de celle qu’elle venait de pousser. Seuls, quelques tableaux habillaient les murs au papier peint jauni. Un léger vent soufflait mais impossible d’identifier sa provenance.

Moon était déçue de sa découverte. Rien de bien excitant dans cette aventure qu’elle imaginait périlleuse et pleine de surprises.

Un peu triste, elle ressortit du couloir, se demandant ce qu’elle allait bien pouvoir faire jusqu’à l’heure du déjeuner.

A son grand étonnement, elle se retrouva dans une autre pièce qu’elle ne connaissait pas. Comment était-ce possible ?Comment, en étant ressortie par la porte par laquelle elle était entrée, pouvaitelle découvrir une salle spacieuse et lumineuse, éclairée par deux immenses fenêtres à meneaux* ?

– Qu’est-ce que cet endroit, murmura-t-elle ?

Le soleil perçait les carreaux alors qu’il pleuvait à verse dehors. Sur les deux autres pans de murs, des étagères partaient du sol jusqu’au plafond. Toutes de la même longueur et de la même hauteur. Un drôle de canapé, un guéridon surmonté d’un vase et plus étonnant, un bassin d’eau sans fin venait s’échouer aux pieds du sofa.