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« Les souvenirs peuvent être nos amis comme nos ennemis, mais toujours enfouis au creux de notre mémoire, ils jalonnent nos vies. »
En un instant nous vivons plusieurs fois, plusieurs vies, plusieurs états de vie. En un instant, des émotions multiples nous pénètrent et nous gagnent, elles répandent en nous leur liquide, nous imprègnent positivement ou négativement. Nous pouvons faire des pauses sur ces morceaux de vie, en profiter, les regarder en face, les ressasser à loisir tant qu’il nous semblera bon de le faire.
Morceau de vies, ce sont des réminiscences, des parts de vies, vécues ou pas, glanées çà et là et qui nous fortifient, nous enlacent et nous étreignent. Ce sont des batailles engagées, gagnées ou perdues, mais toujours porteuses de belles espérances.
Un recueil de deux nouvelles :
L’île aux coquillages, le bras de mer et moi, souvenirs de vacances et
Amady le petit Talibé, À la recherche d’un autre destin.
Avec talent, l'auteur explore ces morceaux de vie disparates, parfois imaginaires, qui composent nos existences.
EXTRAIT DE
AMADY LE PETIT TALIBÉ
Il était dix heures du soir.
Elle entendit un coup sourd à la porte. Qui pouvait bien venir chez elle à cette heure de la nuit, dans ce petit froid glacial du petit hiver sénégalais ?
Mme Durand osa un œil curieux par-dessus le portail de la vieille maison familiale, sise au centre-ville, et ne put retenir une exclamation d’agacement. Pourtant quelques minutes auparavant, un groupe de talibés, avaient franchi le portail pour demander l’aumône et avait été servi comme d’habitude, en petite monnaie généreuse et bien sonnante.
Mme Durand ouvrit la porte.
Elle vit alors un jeune talibé d’une quinzaine d’années environ, pas très grand, debout, le regard furtif. Il se tenait un peu à la perpendiculaire, le buste légèrement en avant, comme s’il s’attendait à être rabroué.
Il triturait son obole de ses mains rendues moites par son audace et la soudaine appréhension qui l’enveloppait alors. Le visage courroucé de Mme Durand ne présageait rien de bon ! Au demeurant, il avait déjà franchi une barrière, il lui fallait continuer.
À PROPOS DE L'AUTEUR
Noëlle Solange Degboue se définit comme hybride, métisse africaine, née à Dakar, d’un père béninois et d’une mère sénégalaise. Riche de deux cultures, elle vécut de part et d’autre de cette Afrique de l’Ouest. Ses parents étaient amoureux de la lecture et des livres, et très tôt les voyages ont fait partie de sa vie. Assistante de direction au sein d’une multinationale pendant plusieurs années, aujourd’hui, elle veut danser sur une autre musique, tirer de son carquois, une autre flèche, et l’ajuster à l’arc multi-cordes que nous avons tous en notre possession.
Auteure de plusieurs publications dans un journal sénégalais, le champ de ses préférences n’a pas de limite. Du sport à la vie politique, de la vie de tous les jours à celle de contemporaine d’un monde effervescent et fiévreux, tout l’émeut.
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Seitenzahl: 63
Veröffentlichungsjahr: 2018
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MORCEAU DE VIES
Tome I
Nouvelles
Edité par:
Éditions DIASPORAS NOIRES
www.diasporas-noires.com
©Noëlle Solange DEGBOUE 2017
ISBN version numérique : 9791091999816
ISBN version imprimée : 9791091999823
Date de publication numérique : 23 Septembre 2017
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En un instant, nous vivons plusieurs fois, plusieurs vies, plusieurs états de vie. En un instant, des émotions multiples nous pénètrent et nous gagnent, elles répandent en nous leur substance, nous imprègnent positivement ou négativement. Nous pouvons faire des pauses sur ces morceaux de vie, en profiter, les regarder en face, les ressasser à loisir, tant qu’il nous semblera bon de le faire. Nos pensées sont des graines essaimées dans les sillons de nos pulsions, qui vont germer et produire des actes, des morceaux de vies.
Notre nature humaine a cela de naturel, faut-il le réaffirmer, qu’elle est imparfaite. Et c’est parce qu’elle se conjugue à l’imparfait, que notre vie se découpe en plusieurs tranches. Pas d’uniformité, mais beaucoup d’imperfections et de contrastes qui rendent notre ascension vers la perfection pénible et naturellement impossible. Une vie même bien remplie, est toujours un polygone dont nous ne maîtrisons pas toujours les formes et les sinuosités, une mosaïque hétéroclite. De notre conception à notre fin, nos vies en une seule pourtant, ou notre vie en plusieurs, se déclinera selon notre naissance et notre vécu. Vies morcelées, instants fugaces ou intenses, enchevêtrés, mis bout à bout ou côte à côte pour modeler notre être.
Nos vies déjà tranchées par le créateur, en trois grands pans, enfance, jeunesse, vieillesse, nous appartiennent d’ores et déjà, avant même que nous ne soyons nés. À l’intérieur de ces pans, les ascendants feront tout pour nous dans la prime enfance et l’enfance ; puis à l’adolescence, nous tenterons le voyage en électron libre. Plus tard, devenus adultes, nous assumerons pleinement cette liberté, mais nous serons pétris de même, par les autres, ceux que nous rencontrerons un jour au tournant d’un chemin, d’un morceau de vies. Notre histoire propre se construira aussi à notre insu cependant, au détour d’insidieux ou de clairs hasards, et de symphonies inachevées.
Morceaux de vies imbriquées les unes dans les autres, morceaux issus de nos ascendances et de nos descendances.
Ces rencontres pourront être un tremplin ou un frein, bien qu’un frein puisse servir de tremplin : parfums de vie, bons ou nauséabonds. Le puzzle qui sera formé alors, sculptera notre personnalité, notre destin tout autant morceau, parce qu’une partie de ce destin dépend de nous, une autre de ceux que l’on va côtoyer tout au long de notre séjour et la troisième dépend de l’Être transcendant. Le morceau de bonheur, de réussite, combiné à celui de misère ou de déception, nous fortifiera et donnera un sens à ce combat pour la vie qu’il nous faut à tout prix gagner.
Morceaux de vies ici et là…
Êtres de chair et de sang, limités par l’espace et le temps et notre imperfection, nous passons comme poussière ; l’éternité ne nous habite pas et rompt ainsi notre désir d’infini et de continuité. Morceau, nous sommes des morceaux d’éternité, et donc des éternités interrompues, parce qu’imparfaites. Nous sommes des morceaux de victoire, des morceaux de défaite, des morceaux d’amour, des morceaux de haine, des morceaux de grandeur, des morceaux de damnation, nous ne serons jamais un tout de quelque chose.
Parce que nous sommes commandés par notre finitude, nos sentiments ne sont pas inconditionnels. Ils sont dépendants, fractions, contradictions et mélanges, morceaux de tout un peu. Il n’y a pas de plénitude en nous, seulement des morceaux de satisfaction.
L’intelligence que nous avons de pouvoir dompter et créer tant de choses est une illusion d’éternité, un mirage d’éternité, donc un morceau d’éternité. Ici-bas, rien d’éternel ; tout est en morceaux, en tranches, en superpositions. C’est ainsi que naissent les aléas de la vie qui sont des morceaux aussi et à travers lesquels nous sommes ballotés, plongés, et dans lesquels nous sommes inhumés, mais d’où nous pouvons sortir, ressuscités.
Au détour de moments inoubliables marquants, un morceau de vies, qu’il m’appartienne ou pas, que j’aimerais vous offrir, à petites doses comme des souvenirs impérissables pour ceux à qui ils se rapportent, mais éphémères dans leur perpétuité et leur constance.
L’auteur
Morceau de vies
En un instant nous vivons plusieurs fois, plusieurs vies, plusieurs états de vie. En un instant, des émotions multiples nous pénètrent et nous gagnent, elles répandent en nous leur liquide, nous imprègnent positivement ou négativement. Nous pouvons faire des pauses sur ces morceaux de vie, en profiter, les regarder en face, les ressasser à loisir tant qu’il nous semblera bon de le faire.
Morceau de vies, ce sont des réminiscences, des parts de vies, vécues ou pas, glanées çà et là et qui nous fortifient, nous enlacent et nous étreignent. Ce sont des batailles engagées, gagnées ou perdues, mais toujours porteuses de belles espérances.
Noëlle Solange DEGBOUE
Elle se définit comme hybride, métisse africaine, née à Dakar, d’un père béninois et d’une mère sénégalaise. Riche de deux cultures, elle vécut de part et d’autre de cette Afrique de l’Ouest. Ses parents étaient amoureux de la lecture et des livres, et très tôt les voyages ont fait partie de sa vie. Assistante de direction au sein d’une multinationale pendant plusieurs années, aujourd’hui, elle veut danser sur une autre musique, tirer de son carquois, une autre flèche, et l’ajuster à l’arc multi-cordes que nous avons tous en notre possession.
Auteure de plusieurs publications dans un journal sénégalais, le champ de ses préférences n’a pas de limite. Du sport à la vie politique, de la vie de tous les jours à celle de contemporaine d’un monde effervescent et fiévreux, tout l’émeut.
À notre frère et ami d’enfance, de son petit nom, Youssou, happé par le souffle de la méchanceté et de la traîtrise humaines !
À mon frère Nicolas, travailleur acharné, amoureux des combats épiques !
Les souvenirs peuvent être nos amis comme nos ennemis, mais toujours enfouis au creux de notre mémoire, ils jalonnent nos vies et nous avons la possibilité d’ouvrir la cache où ils se trouvent pour les offrir à nos amis et connaissances, à nous-mêmes, les partager comme des friandises et les déguster. Ils ne sont pas éternels, peuvent s’effacer et mourir dans les sables mouvants de notre subconscient, mais traversent l’espace et le temps, pour peu qu’ils soient contés.
Ils peuvent aussi raviver les amitiés perdues et les renouer. Les moins bons sont utiles, ils nous attristent, mais servent toujours, car ils sont des repères pour se reconstruire et éviter les pièges de la vie.
Le souvenir est comme un piment.
