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De l'ombre à la lumière, deux mondes différents. Mickael est étudiant Il lui reste seulement une année avant de plonger dans la vie active. Un jeune homme serviable et doux. Il est timide mais déjà semi-professionnel dans sa voie. Il partage une grande amitié avec Quentin, un jeune autiste de quinze ans. Une vie banale, en apparence. Mickael souffre d'un dédoublement de la personnalité. Un contraste ... "Hé ! Ho ! De quel droit tu parles de moi, toi ? Moi j'vais t'dire : si tu m'croises un samedi soir aux abords d'une boîte de nuit, tu m'appartiendras. J'te laiss'rai aucun souffle ! Je jouerai avec toi et ta tiendra qu'à un fil." Tout à coup, Mickael baisse les yeux. "Mais pourquoi je fais cela ?" Je pose ma plume sur son épaule. "C'est à toi et à toi seul de le découvrir."
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Seitenzahl: 169
Veröffentlichungsjahr: 2015
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Merci à Jesse Jay pour sa couverture
Kentinspark.fr
Ma place, mes pensées
Malgré moi
De l'ordre
Le centre
anniversaire
Mardi
Malgré la peur
Une future amitié
Révélation
Voyeur du mal
La reprise
Un raté en souvenir
X
Le flingue
L'arrestation
Ouf !
Rendez-vous en lieu caché
Grand nettoyage
Journée catastrophe
L'attente
Enfin
Remplacement
Confusion joyeuse
Le doute
Assis sur le même banc que d’habitude, je sens la chaleur du soleil dans mon dos. Je regarde autour de moi. Aujourd'hui, le gazon est fraîchement tondu. J'aime cet endroit. J'aime cette odeur. Je m'y installe chaque mardi à l'heure du déjeuner pour déposer l'encre de mes pensées. Sur mon cahier personnel, j'inscris ma vie comme elle vient. Je dois être possédé. Mon esprit me torture et j'ai besoin de relâcher toute cette tension. Je sors mon stylo d’un geste anodin.
mardi 24,
Samedi passé, visite chez mon filleul d’adoption, Quentin. Quel bonheur ! Quelle joie de voir cet enfant autiste parler avec sourire. Il sort de sa bulle pour partager ce moment extraordinaire avec moi. Seulement une semaine sur deux, mais c’est un régal de jouir de cet échange. Je me sens revivre. En plus, pour le week-end de mon anniversaire, j'ai l'autorisation de l'emmener chez mes parents.
Je lève la tête et je regarde autour de moi. D’autres étudiants lisent ou rêvassent. Mon ventre gargouille. J'ai faim ! Je sors une briquette de jus de pommes et une barre de chocolat énergétique pour finir la journée. La fraîcheur du jus me fait du bien et cet encas me redonne de l'énergie. Désaltéré et rassasié, je me lève pour jeter les emballages. Puis, je reprends le fil de mes pensées. Je me recroqueville sur moi-même.
Pourtant, le samedi suivant, je meurs de cette absence… Cette sensation de manque m'obsède depuis des années. J'ai besoin de la combler. Je suis sans cesse à la recherche d'une présence. J'ai des pulsions et je ne les maîtrise pas. Elles me permettent de combler ce vide mais c'est éphémère. Pourquoi je fais cela ? Je n’évolue pas. Je ne comprends toujours pas pourquoi je fais cela ?
Je range mes observations personnelles et mon stylo dans ma serviette. Je consulte ma montre : 14 h 45. Il est temps de repartir en cours. C'est mon dernier jour avant les vacances.
Samedi 19 heures. À défaut de manger avec mon ami Quentin, j'ouvre le frigo. Il me reste un morceau de beurre, une tranche de jambon, une endive crue et un bout de fromage. Il faut que je fasse les courses. En attendant, ça suffira pour ce soir. J'allume le gaz, je mets le reste du beurre dans la poêle et je le fais chanter. J'insère la tranche de jambon. J'y ajoute le fond de mon bocal d'herbes de Provence, une gousse d'ail un peu malade et je fais revenir la tranche de chaque côté. Je coupe l'endive en enlevant les feuilles un peu abîmées. Un peu de vinaigre, un peu d'huile et la salade est prête. Je me contenterai d'un plat léger ; ce soir, je sors. Après le repas, je laisse ma table en plan. Je me jette sur le lit et je ferme les yeux pour quelques minutes de repos.
J’ouvre un œil. Il se pose sur mon réveil : déjà 23 h 03 ! Merde ! Quelle sieste ! Vite ! Direction la douche ! Il faut que je me réveille. L'eau chaude coule sur mon corps engourdi et le revigore. Puis, je me sers un bon café, corsé pour rester éveillé.
Ma sortie est individuelle. Personne ne m’accompagne. Je n’ai pas d’ami. Enfin, la soirée m’apportera une présence… J’espère…
J’arrive devant la boîte de nuit. Je les choisis toujours un peu au hasard. Le son percute les parois. La batterie rythme le battement des cœurs présents. Il y a du monde sur le parking, des jeunes discutent. Leurs coffres de voiture ouverts, ils picolent. Ils parlent fort et rient. La plupart fument. Comme à l'accoutumée, je ne rentre pas. Je n'aime pas la foule ni me sentir opprimé.
Le samedi soir quand je sors, je suis solitaire. La soirée m'appartient. Je me gare un peu loin de l’entrée, dans un coin sombre. J'attends le moment où l'attroupement extérieur se dissous pour me préparer. Quand la soirée est bien entamée, quand les vapeurs d'alcool gangrènent le sang, je sors enfin. Debout dans l’ombre, j’attends patiemment le moment où sortira un jeune dans mon goût. Je piétine sur place. Le vent se lève. Je suis aux aguets.
J’observe dans la pénombre. Enfin, je l’aperçois devant l'entrée. Il sort. Mon cœur s'accélère. Mes yeux, adaptés au noir de la nuit, scrutent la démarche fatiguée. Il tangue de droite à gauche et d’arrière en avant. Certainement une conséquence de sa soirée alcoolisée, du bruit et des mouvements de la boîte, vie des noctambules disco. Tant mieux ! Ce sera plus facile. Il marche dans ma direction mais ne me voit pas. Je reste silencieux, tapi dans l'ombre. Je ne bouge pas d’un cil. Il a la vingtaine, je crois. Un beau brun. Sans un regard autour de lui, il se débraille et sort son tuyau pour soulager sa vessie. C'est le moment ! À moi de jouer. Je l'observe. Enfin, je sors discrètement de ma planque et je me dirige doucement derrière lui. Sur les gravillons, je marche comme sur des œufs. Ma tête scrute tel un radar les alentours. Pas une présence n’est repérée. Personne pour m'arrêter.
À sa hauteur, je retiens ma respiration. D'un geste vif, mon bras passe par dessus son épaule et ma main, armée d'un chiffon imbibé, se pose sur ses voix respiratoires avec une belle pression. Je reste collé quelques minutes. Il en tombe dans mes bras. Je lui plais, je crois. Il est avec Morphée. Je le porte comme si je lui faisais franchir le seuil. Il sent la bière à plein nez.
Dans les entrailles de mon camion, je le dépose délicatement sur le lit. Je n'ai pas le nez d'un parfumeur, mais j'apprécie son déodorant. Il met tous mes sens en éveil. Je l’entrave d’une paire de menottes. Pour ne pas blesser mon invité d'un soir, j'ai pris soin de les entourer de mousse. Ma soirée va enfin commencer.
Je m'installe au volant, tout excité. Je démarre et roule. J'enclenche la deuxième, puis la troisième. Sur la route, les habitations se font de plus en plus rares. Une brise vient se fendre sur mon carreau. Mes pleins phares stoppent net la traversée d'un chevreuil. Effrayé, il fait demi tour sans demander son reste. Je parcours une vingtaine de kilomètres. Puis, je tourne sur le parking à la lisière d'une forêt. Le noir de la nuit rend le lieu encore plus lugubre. Je l'ai repéré quelques temps auparavant. Je me gare. Je descends et remonte par la porte latérale. Je la referme. Il dort toujours. Je le regarde. Je le savoure. Il est beau quand il dort.
Je le secoue doucement pour le sortir de ses rêves. Il a du mal à ouvrir les yeux. Il ne se doute de rien. L’œil absent, il se remet de ce sommeil forcé.
Il me reluque. Il ne comprend pas. C'est vrai, l'intérieur n'est pas très gai. Les rideaux vert anglais, avec des motifs bateaux et lanternes de pirates, amènent une atmosphère ténébreuse. Ses yeux sont bleu foncé. Je kiffe. Je ne dis rien. Il regarde partout. Certes, le lit n'est pas confortable vu l'épaisseur du matelas. Mais les joyeuses couleurs de la literie donnent un effet de chaleur.
Je lui propose un café en poudre instantanée.
« Il faut juste chauffer un peu d'eau sur le gaz. »
Il ne répond pas.
« Ça m'arrange car on a autre chose à faire tous les deux. »
J'ouvre le placard en dessous. Le grincement me rappelle de mettre un peu d'huile. Quel bruit strident ! J'attrape mon sac de soirée. Je l’aide à se lever. Il se débat. Je le claque. Il hurle.
« Ta gueule ! »
On sort de mon char à rencontres.
« Si tu essaies encore de jouer le dur, je te tue. Maintenant avance et ferme-la ! Je n'veux plus te rapp'ler à l'ordre, compris ? Pour information, j’ai acheté ce véhicule, il y a quatre mois à un couple de personnes âgées. »
Je parle à voix haute. Un brin de causette avant de passer aux choses sérieuses.
« Mais je n'ai rencontré que l'homme, un retraité de l'agriculture. L'odeur parfumée de la campagne m'avait changé de la ville. Je ne le comprenais pas tout le temps, tu sais. Mais dans son jargon, j'ai compris qu'il ne pouvait plus écrire. J’ai rempli moi-même les documents du certificat de vente. Il passait souvent sa main droite dans sa barbe, plus noire que grise, en me regardant. J'ai supposé un tic. Il était habillé d'une salopette, plus ou moins sale et de sabots en caoutchouc. Il sentait la même odeur, tu sais, que le fumier. Je lui avais proposé de déposer l’exemplaire de la préfecture en allant faire les papiers. Tu vois, je suis un petit malin. Au cas où tu voudrais te servir du camion pour me balancer, c'est raté. »
Il ne dit rien.
« Il avait accepté et m'avait simplement remercié de ma gentillesse. Je sais être gentil. Le vieux monsieur ne pouvait plus conduire à cause de son diabète. Alors il l'a mis en vente car il n’avait plus envie de s’en occuper. Avance ! Tu ralentis là. Ne m'oblige pas à changer de ton. De toute façon, mon exemplaire servira à allumer le poêle à bois ! m'avait-il dit. Alors je ne risque pas grand chose si on remonte la source du véhicule. »
Je le vois trembler. Il est inquiet. Mon récit ne l'encourage guère.
« Tu sais, c'était un monsieur charmant ; un peu benêt à mon goût. »
Je pousse mon compagnon d’un soir sur le chemin forestier. Il titube. Une chouette nous chante la bienvenue dans son monde. Il se retourne apeuré mais ne dit rien. Un faible vent refroidit le col de nos habits.
De temps en temps, je lui tape dans le dos pour le faire avancer dans la noirceur du sentier. Je le sens terrifié. Ça m'excite. La senteur forestière nous transporte dans un lieu pur. Nous marchons environ deux kilomètres à la lueur de ma lampe torche. Il doit flipper de plus en plus quand nous pénétrons dans le cœur de la forêt. Puis je le regarde.
« Nous sommes arrivés. »
J’ouvre mon sac de sport et en sors ma couverture de pique-nique verte. Un panier garni est dessiné. Je le fais asseoir et le regarde avec voracité.
« Tu es très beau ! On va partager mon désir !
- … »
Son silence me réjouit. Qui ne dit mot, consent.
« T’as déjà baisé ? »
Un bref non de la tête. Il rougit.
« Qu’est ce que vous m'voulez ? »
Son inquiétude me flatte.
« Qu’aimerais-tu pour ta première fois ?
- Qui êtes-vous ? demande-t-il, tremblant.
- Détends-toi ! Je n'te veux que du bien.
- Je veux rentrer chez moi ! »
Il grelotte. Pas de froid, à mon avis !
« Non pas encore ! Ma soirée commence et tu es son étincelle. » Dans la profondeur de son regard, je lis comme dans un livre. Sa peur et son angoisse m’excitent davantage. Mon entrejambe sent gonfler mon envie.
J’attrape ma bouteille de rosé et deux verres. Je nous sers. « Trinquons à notre rencontre !
- … »
Ses membres supérieurs sont entravés. Alors, je porte le verre à ses lèvres. Une fine gorgée glisse dans sa bouche. Il avale. Je lui parle avec douceur comme si je le connaissais depuis toujours.
« C’est quoi ton prénom ? Ton âge ? Ne mens pas, je peux vérifier dans ton portefeuille. Et ça éviterait de me mettre en colère.
- Romain. »
Il renifle.
« J’ai tout juste dix-huit ans.
-Tu étais seul en soirée ou accompagné ?
- Avec des potes. Mais je voulais rentrer car j’étais crevé. » Il est meurtri par l'émotion.
« Pourquoi moi ?
- Tu allais rentrer comment ?
- J’habite chez mes parents à dix minutes à pied de la boîte. Ils vont s’inquiéter de n'pas me voir. Laissez-moi partir ! J'dirai rien, je vous l'jure !
- Non ! D'abord, j’en profite. »
Il me fixe. L'incompréhension se lit dans son regard.
« Si tu le fais avec plaisir, j'te laisserai rentrer tranquillement.
- Mais… mais faire quoi ? »
Je le sens effrayé. Une boule au ventre le paralyse. Je sens transpirer sa peur.
« J’ai peur ! Ne me faites pas de mal ! Je veux partir ! »
Sa voix à peine audible est cassée par des sanglots. Ça donne la chair de poule.
« OK ! Si tu veux. »
Il relève la tête. Un brin d’espoir naît dans son regard. Cette lueur me ravit.
« Mais avant tout, on va s’amuser comme des fous, tous les deux. Après, tu pourras rentrer chez toi. »
Il rebaisse la tête. Merde ! La lueur a disparu. Aucun mot ne sort de sa bouche. Je le prends pour argent comptant. Je sais, il est transi de peur. Il doit avoir une crampe d'estomac. Mais peu importe, ce n'est pas la partie que je préfère. Plus aucun bruit. À croire que les animaux assistent au spectacle.
Je lui ordonne de se coucher. Il hésite, je lève la main pour lui montrer que je vais l'y forcer. Il ne dit rien et s'exécute. Il m'obéit. Je suis dominateur et j'aime ça. C'est pas évident, ni agréable comme position mais j’ai pas envie de le détacher. Sinon, il s'f'ra la belle. L'environnement ne m'intéresse plus. Seule sa présence compte.
Je m’approche de lui. Je faufile mes mains impatientes sous son maillot de corps. Sa peau est douce. Il reste immobile. Je le caresse avec délectation. Son visage grimace. Je le regarde droit dans les yeux mais ils sont fermés. Je vais lui redonner le plaisir de sourire.
Ma main droite descend sur son ventre. Par-dessus son pantalon, elle caresse ses cuisses, son sexe. Il se crispe. Une petite bosse me rend dingue. Je déboutonne sa braguette.
« Non ! S’il vous plaît, pas ça ! »
Je baisse son falsard jusqu’aux chevilles. J'adore quand on m'résiste. Il a un beau boxer avec de belles fraises. Ça tombe bien, j’adore les fraises ! Je lui tâte les parties par-dessus. Hum ! Je me régale de cette sensation. Mon bâton durcit.
Mes doigts entrent à l’intérieur de son boxer. Je sens ses poils. Hum ! Ils sont doux ! J’ai envie de le dévorer.
Je le mets à poils. Il crie. Je lève la main, il se tait. Je souris. Il ne fait pas très chaud mais je vais le réchauffer. Il a une bite d’environ trois ou quatre centimètres au repos. Il est là, à ma merci. Il a une belle queue. Son odeur, sa peau, son visage et sa peur me mettent en appétit. Quel festin ! Je n'ai pas mangé depuis quinze jours.
Ma lampe éclaire sa beauté, fait briller son poil d’un brun appétissant. J’approche mon visage de cette belle touffe. Ma langue l’effleure. Il sent bon. Il est tétanisé mais j’aime ça. Je salive. Je gobe son bout comme un en-cas et j’entame goulûment un va-et-vient. Il ne bronche pas mais sa bite monte péniblement. À croire qu’il n’aime pas ça ! Pourtant il a l’air d’avoir un bon dixsept. Je m’arrête… net.
Je me déshabille et le retourne. Je lui masse fermement les fesses. Mon index s’engouffre d’un trait dans son trou. Il crie de douleur et remue pour chasser mon doigt. Je le retire. Il est enfin prêt. J’enfile un préserv’ et le pénètre sans ménagement.
« Ahhhh ! S’il vous plaît ! Vous me faites mal. Arrêtez ! dit-il en pleurant. »
Il remue vivement ses fesses. Tout son corps se déhanche de partout. Je ressers fermement ma prise. Enfin ! Je le domine ! Je savoure ma puissance. Il ne bouge plus sous mes va-et-vient. Je suis très excité, au bord de l’éjaculation. Un râle se dégage de mes tripes. Je l'écoute gémir, cela augmente mon orgasme. Je souffle de plaisir en giclant dans son cul. Je me sens soulagé.
« Quel délicieux moment ! lui dis-je en lui murmurant dans l'oreille. »
Je reste en lui un moment pour reprendre mes forces. Il ne bouge plus. Il est peut-être, lui aussi, vidé d'énergie.
Je me retire. J'enlève la capote et fais un nœud. Je la mets dans mon sac. Je la jetterai en rentrant. J’enfile une paire de gants et prends mes ciseaux. Je lui coupe quelques poils pubiens. Il a un mouvement de recul. A-t-il eu peur que je la lui coupe ? Je les place dans un sac plastique zippé. Je le range directement avec une petite feuille où j’ai noté son prénom, la couleur de ses yeux, son âge, et la taille de son sexe.
« Je suis obligé de te laver ! Après l’amour, il faut se laver. »
Je sors ma bouteille d’eau, mon gant et mon gel douche. Je le nettoie sans faire attention à son bien-être. À la fraîcheur du gant, il frémit mais ne bouge pas. Son regard est vide. Après, je sors un tabouret pliable. Quatre euros chez Kéon et ma corde d’alpinisme coupée en trois longueurs identiques, par souci d’économie. C’est mon dernier bout. À mettre sur ma liste d’achats.
« Alors ! Voici comment on va procéder : je te rhabille et je te laisse attaché. Tu montes sur ce tabouret. J’accroche la corde à un arbre puis l’extrémité à ton cou. Quand je serai prêt à partir, je désentrave tes mains et tu attends dix minutes avant de te libérer.
T'as compris ? »
Il pleure, me regarde et suffoque.
« Oui, j’ai compris. Je ferai c'que vous voudrez. Mais ne me faites plus de mal. Je ne dirai rien. »
J'attache la corde et je l’aide à monter sur le tabouret. Il a du mal à garder l’équilibre.
« Garde ton sang froid ! Tu pourrais te pendre à trembler comme ça. »
Je range tout. Il pleure de plus en plus. Il ne faudrait pas qu'il se noie dans ses larmes. Il pourrait me gâcher ce dernier plaisir. Je me redresse et passe derrière lui. Mon pied droit shoote le haut du tabouret. Il tombe d’un coup. Il suffoque, se débat. Il veut me dire quelque chose, je crois. Trop tard ! Les secondes défilent, il tombe dans l’inconscience. Son corps lutte contre la mort. C’est sa faute ! Il n’a pas aimé !
Pourtant, je respecte mon engagement et le libère de ses entraves. Je charge le sac sur mon dos et rebrousse chemin. Je remets mes affaires en place dans le camion. Je démarre et file à ma base secrète. La route est déserte. Je ne croise personne, même pas un chat. Rentré chez moi, je me désinfecte de cette soirée. Je me sens mieux, lavé de tout remord. Mais je suis toujours sans réponse à mes interrogations ! Je me couche à 6 h 30 ce dimanche. Je m’endors comme une masse jusqu’à 15 heures. Puis, je finis la journée en regardant la télévision.
Mon réveil sonne. Il est sept heures. J’ai bien dormi. La date ne me rassure pas : lundi 30 juin, dernière semaine avant mon anniversaire. Je vais vieillir et avoir toujours cette sensation. Elle me perturbe depuis mon plus jeune âge. Couché dans mon lit, je me torture. Pourquoi ce tourment ? Je ne me rappelle rien de mon enfance. Tout est vague en moi. Une confusion règne et cela devient mortel.
