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Déjà 10 heures que ce bus pourri et surchargé traîne ses vieilles roues sur le goudron vérolé, même les chèvres là, sur le toit, coincées entre les mobylettes et les sacs de manioc, semblent exprimer toute la lassitude de ces interminables périples africains. Encore une panne, tout le monde descend, on partage les infortunes du voyage, les arachides et les petits beignets, ceux qui donnent la chiasse. La nuit est claire comme toujours et la brousse toute attentive à ce petit nuage humain inquiet. Bing, bang, les artistes chauffeurs s'affairent au chevet du vieux diesel cacochyme, il vit encore, il tousse, il redémarre ! Allez, on remonte vite et ça repart. Dans deux minutes, l'habitacle bondé cédera aux coups du sommeil. Je regarde encore un peu les coiffures des femmes devant moi, petites tresses insolentes, carrés délimités avec soin à boucle centrale, infinies déclinaisons de nattes, elles sont trop fortes ces élégantes-là ! Pas de riz aujourd'hui! La nuit, Koudougou est encore loin.
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Seitenzahl: 96
Veröffentlichungsjahr: 2017
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Part I
Lettre à un inconnu (ou tentative d’introduction)
Lettre à miss XX : qui es-tu miss XX?
Lettre à miss XX : choix du mode épistolaire
Lettre à miss XX : au bout de l’hameçon
Lettre à miss XX : peur des sirènes
Lettre à miss XX : pas de confusion du sentiment
Lettre à miss XX : doute
Lettre à miss XX : éloge du corps
Lettre à miss XX : incartade nocturne
Lettre à miss XX : tentative de réconciliation
Lettre à miss XX : échec de la réconciliation
Lettre à miss XX : ainsi meurt ma belle histoire
Les concerts : épisode 1
Fin de concert…épisode 2
L’Afrique et le fric
Je n’aime pas les fusils!
Je n’aime pas les fusils!
Je n’aime pas les fusils!
Je n’aime pas les fusils!
Je n’aime pas les fusils!
Je n’aime pas les fusils!
Je n’aime pas les fusils!
Je n’aime pas les fusils!
Je n’aime pas les fusils!
La pièce rapportée
Préface finale
Part II
Les cafards (avec tout mon respect pour la p’tite bête)
Nostalgie
Ah, nostalgie!
Hum, nostalgie!
Pas terrible la nostalgie!
Pas bon la nostalgie!
Ça craint la nostalgie!
Fait chier la nostalgie!
Foutue nostalgie!
Le blanc qui avait le feu
L’Affreux
La Suisse
Droit de réponse
Part III
Correspondance à la jolie
Le 23, lendemain enchanteur,
Le 24, soleil, douceur et bourgeons,
Le 25, du gris au loin…
Le 26, persistance d’un climat orageux…
Le 27, giboulées violentes et timides éclaircies…
Le 28, encore une bonne douche écossaise,
Lettre prénatale à MA fille,
Ainsi se boucle la boucle
Laisse-moi te dire, futur lecteur, et tu vois, je présuppose déjà ton existence, que je ne sais ni les motivations de mon acte d’écriture ni l’identité qui éventuellement sera tienne… ni même d’ailleurs si tout cela est vraiment destiné à être lu… Bref, ça commence par beaucoup de confusion et ça risque de continuer… Sache d’abord, qu’à l’époque qui vit naître ce griffouillage, la vacuité était ma terrible maîtresse et que ses chaînes légères et redoutables entravaient tout mon être, esclave que j’étais d’un ciel infesté de myriades d’angoisses où ne brillait que le soleil de mon propre nombrilisme… Pourtant, il y a tellement de beau dans la vie… même si l’appréhender en chouette ou moche n’a aucun sens… D’ailleurs, est-il nécessaire que tout cela ait un sens? Mais l’homme en a besoin, c’est peut-être bien une des racines de l’humanité, chercher le sens… et y’en a qui cherchent tellement qu’y trouvent… enfin, y croient savoir… alors y deviennent tellement arrogant qu’y voudraient absolument que les autres aussi y trouvent… mais des fois, les autres y-z-ont trouvé autre chose… alors on s’tape sur la gueule… Au nom de dieu, au nom d’une doctrine, d’un idéal, au nom de ma vérité! Tue! Vole! Massacre! Et là, tu vois que le chemin de cette foutue humanité est vachement long, on en serait qu’au début que ça m’étonnerait même pas… la marche de l’escargot asthmatique en terrain accidenté un soir de biture! Á se demander même si on se trompe pas de sens des fois… Bon, je m’emballe, bref, j’étais bel et bien paumé, incapable de prendre la moindre décision… enfin presque… et les occasionnelles envolées oniriques que me procurait la pâte qui rend nigaud n’arrangeaient que rarement l’affaire. Il m’eût fallu, pour me sortir de ce bourbier existentiel, canaliser cette énergie affective qui tantôt excédait et parfois manquait si durement, une femme! des gosses bordel! Savoir qu’enfin, on est un vrai maillon, qu’on est raccordé devant aussi! Alors écrire… oui… pourquoi pas?
Qui es-tu miss XX? réelle ou imaginaire? être protéiforme à souhait, née des méandres de gamberges oniriques ou, plus simplement, fruit d’une rencontre belle, d’échanges enivrants, de l’espoir placé dans ces instants que l’on voudrait si fort embryon d’idéal? Un peu des deux je crois… une timide accointance entre le phantasme et le monde, acoquinés pour la circonstance et, néanmoins, à l’échelle insignifiante de l’ego, source de bien des tumultes…
Va donc pour l’écriture, surtout que la tienne est délicieuse, qualité que je prise fort chez une femme, quelle patte! Diantre, pareille écriture en ferait pâlir plus d’un… à commencer par moi... et que nenni, belle dame, je ne suis point lassé et encore moins barbé, je suis frustré! D’autant que les piètres aventures d’un certain homme que je vais évoquer, si toutefois tu le permets, m’apparaissent infiniment moins trépidantes! Là j’ai trou… ou plutôt j’hésite… par où commencer entre ces passions qui ont animé ma vie… peut être par celle de cet ado tranquille, enfin énergique mais sans histoire, qui rencontre un univers jusqu’alors inconnu! Patatrac! le rock&n roll venait de prendre possession de lui! Une furieuse passion qui allait métamorphoser sa vie, éloignant dieu, famille, avenir bien paisible, mais qui allait également, à vingt ans à peine passés, lui procurer un métier, des expériences fabuleuses, la scène, les studios… les groupies… bref, un tournant décisif, surtout que celui-ci s’accompagna de la rencontre de celle qui allait partager 12 années tumultueuses de sa vie… Puis, vint le temps des douleurs, de la séparation… et puis cette fuite… loin loin… Madagascar! Et là, le choc, le mythe qui enfin prend corps, l’Afrique! L’Afrique! Alors ce furent les disques, le Sénégal, le Mali, ah! ce périple à Tombouctou en pinasse! (je pige mieux René Caillé) le Burkina et tout et tout… jusqu’à ce moment de doute… le bac, pas suffisant pour se reconvertir lorsqu’on est plus en adéquation avec ce que l’on fait, alors retour à la fac mon pote, bosse bosse! DEUG, licence, et tout… et puis, allez, soyons fou, tentons le doctorat, et voilà que le bougre se retrouve docteur, cette année précisément! Bon, je pense que cette litanie insipide a réussi à t’endormir… enfin, si tel n’est pas le cas, sache encore qu’il est rare de rencontrer autant de finesse, de grâce, de sensibilité… et je pourrais multiplier les épithètes! Je suis plus que jamais sous ton redoutable charme… Oui, je parle de redoutable charme parce qu’il est exceptionnel de lire si fine prose, de si bien malaxer les mots pour en exprimer joies et douleurs, de dire autant sans sombrer dans le pathos… vraiment, quel talent! J’attends, légèrement fébrile et impatient, de me laisser à nouveau emporter par les mouvements gracieux de ta plume…
Sont-ce les projections, idéalisations ou phantasmes inhérents à toute rencontre... je ne sais trop mais j'ai le sentiment diffus d'avoir établi une certaine complicité avec toi ou, du moins, de trouver en toi la plupart de ces "éléments" qui me semblent si nécessaires à toute relation "forte" (hum hum) entre deux êtres... Ton éclectisme, ta culture, ta gaieté, ta sensibilité (je pourrais continuer...) sont pour moi autant de sources d'attirance et je dois parfois lutter pour ne pas me laisser emporter par le flot rageur de mon romantisme effréné, par le tumulte entêtant de ma quête d'Amour, d'aimer... de vie... Bref, voilà que je me surprends, adolescent timide et boutonneux (pour les besoins de l'allégorie), à attendre fébrile et plein d'espoir chacun des ces contacts devenus quasiment quotidiens avec toi... mais, pire encore (hé si, c'est possible!), cette soif de te connaître ne se dément pas, elle demeure insatiable et croît au fil des jours...
J'ai toujours l'impression que la vie, dans toutes ses formes, relève d'équilibres et que les relations humaines, tout particulièrement celles qui concernent l'amour, sont question d'accords sur le dosage ainsi que sur l'objet vers lequel on tend... Et oui, en dépit de mon humanisme de gauche anarchisant, force m’est de constater que je suis un incorrigible romantique et qu’une vie sans Amour (note le big « A »), c’est comme le pain sans sel, la coquille sans l’œuf, la forme sans le fond… Bien sûr, laisser parler ses élans peut être risqué, encore plus sûr qu’aucun succès n’est garanti par avance, pas moins sûr que le simple fait de vivre ne soit déjà un risque considérable! Mais que diable, s’agit-il d’un contrat d’assurance, d’un acte de vente? Point du tout! Alors, sans vergogne, je repousse au loin ces voix insidieuses et me laisse envahir par la puissance de nos échanges… par toute cette magie d’une rencontre où l’on se découvre d’une communauté de pensée, d’une communauté de volonté, d’une communauté de désirs… Au diable pensées frileuses! je m’engouffre à corps perdu dans cet univers que tes doigts habiles dessinent, je bois avide, jusqu’à la lie, le calice que la vie me tend!
Je me trouve bien affligé de la grande banalité des mes précédents propos aussi, toute belle, vais-je m’essayer à remédier à cela… Il me semble fort avoir perçu, à travers la finesse de vos propos (le vouvoiement est de retour), le désir profond et justifié de ce que vous qualifiez d’éventuel idéal, voire d’utopie, et que je n’hésiterai pas, au risque de me méprendre, à appeler l’Amour (hé oui, avec une majuscule!)… La description que vous en faites est admirable et sachez que je partage pleinement le désir d’accéder à cet état merveilleux auquel je persiste à croire (peut-être est-ce grande naïveté de ma part) en dépit des aléas de la vie… d’ailleurs, que reste-t-il de la vie lorsque l’Amour en est absent… une sensation de vide… l’insipidité d’un quotidien centré sur soi… le manque insupportable de partage… beaucoup de vide… du moins en ce qui me concerne… Á votre instar, je désire ardemment mêler mon petit monde à celui de l’autre afin de donner naissance à un autre univers, plus grand, plus riche, plus beau, plus fou… Peut-être vais-je passer, à vos yeux malicieux, pour un rêveur ou un incorrigible romantique mais après tout, est-ce un défaut que de rêver, d’espérer, de croire en l’infini beauté de l’avenir?
Impatient de vous lire!
Déjà deux longues journées sans nouvelles de vous, belle et douce amie, et voila que je me surprends, « petit poucet rêveur » eût dit Rimbaud, à laisser la mélancolie envahir mon univers et à redouter quelque triste coup du sort... Mais la raison, cette foutue raison si nécessaire parfois, me ramène inéluctablement à des sentiments plus raisonnables (comme si le sentiment pouvait l'être!) et me chuchote d'une voix perfide que vous vaquez sans doute à d'autres tâches plus cruciales m'abandonnant amer aux affres du temps... Bon, bon, miss XX jolie, j'exagère sans aucun doute mais que veux-tu, il est des moments où, à travers des bouffées romantiques, s'expriment véhéments le trouble, l'intérêt, le désir et tant d'autres choses encore... Je me sens tiraillé entre Dickens et Kafka, entre Les Grandes Espérances et La Muraille de Chine ; tout semble si simple et évident, je vais sous le ciel, Muse, mais suis-je ton féal? (mon impatience est à son comble.... tout
