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Gaston Rousseau est le frère de mon grand-père paternel. Lorsque j'étais enfant, j'entendais qu'il était mort "à la guerre". Par la suite, j'ai su qu'il fut tué lors de la "grande guerre", celle de 1914-1918, à Verdun. Il y a très longtemps, la soeur de Gaston me remit un petit carnet de poèmes ayant appartenu à son frère. Celui-ci y avait également consigné, du mois de février 1914 au mois de décembre 1915, ses états d'âme, des notes relatives à ses occupations militaires, le tout illustré de dessins en couleurs. J'ai décidé à mon tour de devenir un passeur de mémoire en éditant ce carnet afin que tous les membres de la famille, et plus largement toutes personnes intéressées, puissent en prendre connaissance. Alain Rousseau
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Seitenzahl: 22
Veröffentlichungsjahr: 2021
Gaston Rousseau (à gauche) à Saint Cyr le 3 mai 1915
Pourquoi ?
La Conscience
Le Conseil de la Place
Cambronne
Adieu Cauterets
Notes et impressions
Le soldat
Mes heures roses
Correspondance
Gaston Rousseau est le frère de mon grand-père paternel. Lorsque j’étais enfant, j’entendais qu’il était mort « à la guerre ». Par la suite j’ai su qu’il fut tué lors de la « grande guerre », celle de 1914-1918, à Verdun, aux confins de l’humanité, là où la lumière se rétractait et où la vie se lançait un défi quotidien.
Gaston Henri Rousseau nait à Aiffres (Deux Sèvres) le 23 octobre 1896 à 5 heures du matin dans une famille de cultivateurs selon son acte de naissance. Après des études pour devenir instituteur, il enseigne durant un an à Cauterets. Il est mobilisé le 6 avril 1915 et suit une formation d’élève aspirant à Saint Cyr avant d’être envoyé au front avec le grade d’aspirant le 29 mars 1916.
Le 9 juin 1916, le 137e régiment d’infanterie vendéen auquel il appartient est transféré depuis la citadelle de Verdun afin de relever les troupes présentes à Thiaumont avec la mission de tenir la position. Son bataillon, le troisième, ainsi que le premier sont déployés en première ligne sur le versant nord du ravin de la Dame (qui sera baptisé par la suite ravin de la Mort) en dépit d’une situation fort peu favorable. En effet, d'une part, le régiment est positionné à contre-pente du ravin de la Dame et dominé par l'ennemi, d'autre part, la liaison avec l'artillerie est défectueuse, et en plus, les deux bataillons sont à découvert sur plus de cinq cents mètres. Par ailleurs, des renseignements obtenus de prisonniers sur le regroupement de pièces d'artillerie ennemies font craindre une attaque imminente.
À l'aube du 10 juin, les deux bataillons aménagent à la hâte leurs positions dans une succession de trous d'obus entre le boyau de Nan et l’ouest du boyau Genêt. Le 11 juin, durant dix heures, les positions françaises sont soumises au pilonnage intensif et permanent de l'artillerie allemande.
Le lundi de Pentecôte 12 juin, à partir de six heures, les troupes allemandes, soutenues par leur artillerie, lancent plusieurs attaques afin de prendre les deux bataillons à revers. À six heures trente, sur la cote 121, Gaston Rousseau est touché mortellement par une balle de mitrailleuse française dans la tempe droite selon le témoignage d’un de ses camarades. Alors que les Français, submergés sur trois côtés à la fois par l'infanterie allemande et manquant de munitions, ont du se rendre, le commandant du 93e
