Mystique - Priscilla Turcotte - E-Book

Mystique E-Book

Priscilla Turcotte

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Beschreibung

Lors d'une soirée, Romy Lepage, une étudiante de vingt-et-un ans, devient la proie des revenants. Qui sont-ils ? Pourquoi elle ? Qui est Austin, qui la protège et l'amène loin de chez elle ? Peut-elle lui faire confiance ? Tout au long de son périple, Romy découvrira que le monde dans lequel elle vit n'est que mensonges et que les humains ne sont pas les seuls à vivre sur la Terre, les anges aussi. Est-elle prête à connaitre la vérité et à accepter sa destinée ?




À PROPOS DE L'AUTEURE


Priscilla Turcotte est fascinée par les anges, l’amour et le paranormal. Un jour, elle a vu un nuage en forme de colombe qui surplombait l’église de Causapscal. C’est ce qui lui a donné l’idée d’écrire cette histoire passionnante et intrigante.

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Seitenzahl: 226

Veröffentlichungsjahr: 2022

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Table des matières

Crédits

Proverbe

Prologue

Chapitre 1

Chapitre 2

Chapitre 3

Chapitre 4

Chapitre 5

Chapitre 6

Chapitre 7

Chapitre 8

Chapitre 9

Chapitre 10

Chapitre 11

Chapitre 12

Chapitre 13

Chapitre 14

Chapitre 15

Chapitre 16

Chapitre 17

Chapitre 18

Chapitre 19

Chapitre 20

Chapitre 21

Chapitre 22

Chapitre 23

Chapitre 24

Chapitre 25

Chapitre 26

Chapitre 27

Crédits

Catalogage avant publication de Bibliothèque et Archives nationales du Québec et Bibliothèque et Archives Canada

Turcotte, Priscilla, 1981-

Mystique

ISBN  978-2-924169-51-3

I. Titre.

PS8639.U724M97 2017               C843'.6                    C2017-941450-X

PS9639.U724M97 2017

Auteure :Priscilla Turcotte

Titre :MYSTIQUE

Tous droits réservés.

Toute représentation ou reproduction intégrale ou partielle faite par quelque procédé que ce soit, sans le consentement de l’Auteur, est illicite et constitue une contrefaçon sanctionnée par les articles L335-2 et suivants du Code de la Propriété Intellectuelle.

©Éditions du Tullinois

www.editionsdutullinois.ca

Corrections grammaticales: Anne-Laure PEREZ

Illustration de la couverture : Mario ARSENAULT

Photographie de l'Auteure :PhilB photographe

ISBN papier : 978-2-924169-51-3

ISBN E-Pdf : 978-2-89809-044-8

ISBN E-Pub : 978-2-89809-045-5

Bibliothèque et Archives Nationales du Québec

Bibliothèque et Archives Nationales du Canada

Dépôt légal papier : 3e trimestre 2017

Dépôt légal E-Pdf : 3e trimestre 2020

Dépôt légal E-Pub : 3etrimestre 2020

Imprimé au Canada

Première impression : Septembre 2017

Nous remercions la Société de Développement des Entreprises Culturelles du Québec (SODEC) du soutien accordé à notre programme de publication.

SODEC - QUÉBEC

Proverbe

Incapables de mourir sont les êtres chers.

Car l’amour, c’est l’immortalité.

- Émily Dickinson

Prologue

Je me suis toujours sentie différente, mais jamais au point de penser que je l’étais vraiment. Ma mère et mon père ne m’ont jamais caché qu’ils m’ont adoptée lorsque j’avais quelques mois. C’est peut-être à cause de cela, au fond, que je me sens ainsi. Pourtant, je n’ai jamais manqué de quoi que ce soit, ils m’ont aimée et ne m’ont jamais fait sentir que je n’étais pas leur vraie fille, bien au contraire.

Un soir, lorsque j’avais six ans, une colombe d’un beau blanc immaculé vint se poser sur le rebord de ma fenêtre. Dans le reflet de la lune, elle avait l’air d’un ange.

Lorsque j’en parlai à ma mère, elle me dit que c’était un signe de ma vraie mère qui était morte à ma naissance. C’était sa façon de me dire qu’elle veillait sur moi. Je le croyais fermement. Chaque semaine, elle me rendait visite. Je lui confiais mes peurs, lui parlais de mes secrets et lui racontais ma semaine. J’avais l’impression qu’elle m’écoutait vraiment.

Puis, elle vint tous les jours. C’était mon amie, et je sentais qu’elle me protégeait. J’avais souvent eu cette impression face aux oiseaux. Un beau jour, elle ne vint plus. Cela créa un grand vide à l’intérieur de moi. Les jours passèrent, j’espérais la revoir et je finis par l’oublier...

Chapitre 1

Je dépanne dans un petit casse-croute une ou deux fois par semaine. Le petit restaurant appartient à la mère d’une copine de classe. La serveuse habituelle est enceinte et elle a diminué ses heures. Alors, je fais quelques périodes de travail pour me faire un peu d’argent de poche, ce qui m’aide pour mon prêt étudiant. Je dessers les tables, prends les commandes et sers les clients. Les uniformes sont loin d’être à la mode. Ils sont de couleur foncée, et leur coupe n’avantage pas la taille. Bon, il faut ce qu’il faut, je n’ai aucun pouvoir sur les uniformes. Je dois afficher mon plus beau sourire, même si parfois, certains clients auraient besoin d’être remis à leur place. Il y en a qui n’ont aucun respect pour les serveuses. Qu’est-ce qu’il ne faut pas endurer pour un minimum de pourboire !

Dans quelques jours, c’est mon anniversaire. J’espère que mes amies n’organiseront pas une grosse fête. Je n’aime pas vraiment être le centre d’attraction.

Pour le moment, je dois me concentrer à débarrasser les tables 2 et 5.

Au moment où je termine de nettoyer la table 2, deux gars, un peu déglingués, arrivent et prennent place à cette table. Poliment, je leur dis :

— Je vous apporte le menu dans deux petites minutes.

En m’éloignant, je vois qu’ils chuchotent en me dévisageant. Je me retourne, et l’autre serveuse me voit lever les yeux au ciel. Patricia est une grande mince aux cheveux blonds décolorés. Elle me soulage en disant :

— Laisse. Je m’occupe de ces idiots. Après, j’ai terminé mon quart de travail.

Cela fait bien mon affaire. Ces deux gars me donnent froid dans le dos.

Patricia revient avec leur commande, deux steaks saignants. Je sers d’autres clients pendant ce temps, mais ceux-là ne cessent de chuchoter en me regardant. C’est plus fort que moi. Je veux savoir ce qu’ils ont à me regarder ainsi. Essayant de percevoir leurs faibles paroles, je ne peux pas déceler s’ils parlent bien de moi. J’avance en leur faisant face.

— Bonsoir, j’aimerais savoir ce que je vous ai fait pour que vous parliez de moi.

— Pourquoi dis-tu ça ? me demande celui qui a unpiercingdans la langue.

Il regarde en même temps le nom sur mon uniforme.

— Romy! continue l’homme.

— Vous devez avoir quelque chose contre moi, dites-le-moi en face.

Ils éclatent de rire.

— Ma pauvre, tu n’es pas le centre de l’univers. On rit seulement...

— De ?

— De toi. Ah ! Ah !

— Quels enfantillages vous faites !

L’un des gars me prend le bras fermement.

— Si tu veux qu’on ne rie plus de toi, montre-nous ce qui se cache sous ce bel uniforme de la couleur du sang. On aimerait gouter ton nectar.

— OK ! Ça suffit les gars, lance Patricia qui est venue s’enmêler. Mangez et fichez le camp.

— On n’a plus faim ! s’exclament-ils en poussant leur assiette.

Je vais en cuisine pour décompresser, et Patricia vient me rejoindre.

— Merci, Pat. Je ne sais pas pourquoi, mais ces deux gars me titillaient les nerfs.

— Il y a des clients pas faciles.

— Comment fais-tu ?

— Après trois ans, on se fait une carapace.

— C’est certain que je ne resterai pas trois ans.

— Bon, j’ai fini mon quart de travail.

— Bonne fin de soirée !

Patricia sort par la porte des employés derrière le restaurant. Je retourne au service. Les deux gars sont partis, heureusement. Le reste de la soirée se passe bien, et je termine à vingt-deux heures. Je sors par-derrière également. Le ciel est clair, les étoiles et la lune sont apparentes. Une légère brise frôle mon visage. Les poils de mes bras se hérissent, mais je ne sais pas pourquoi. Je n’ai pourtant pas froid. Depuis quelque temps, je sens que mon corps me parle. Je me sens différente. J’ai souvent l’estomac dans les talons et j’ai la tête lourde, comme si j’avais dans le cerveau un trop-plein d’informations.

Il est imprévisible de savoir quand sera la dernière fois que l’on voit le ciel ou même que l’on côtoie les gens. J’ai réalisé plus tard que c’était la dernière fois que je mettais les pieds au travail...

Chapitre 2

Trois jours plus tard.

Je ne sais pas si vous êtes comme moi, mais j’aime feuilleter le journal du jour, assise à la table de la cuisine. Cela me permet de rester informée. C’est très rare que les nouvelles soient bonnes, mais parfois, elles me font bien rire, surtout la section des records Guinness. La femme qui a la plus grosse coupe afro ayant une circonférence de 1,32 m ou cette femme du Mexique qui se fait appeler la femme vampire, car elle a subi le plus grand nombre de transformations corporelles au monde. Non, mais quel record ridicule ! Il y a aussi les pages des petites annonces, « homme cherche femme », etc. Les plus bizarres sont les nouvelles insolites. Je me demande où ils vont chercher cela. Celle d’aujourd’hui titre : « La guerre aux anges et aux enfers est enclenchée. »

Voyons, c’est impossible, les anges et les enfers, c’est vraiment n’importe quoi. Les anges n’existent pas; du moins, ils ne sont pas visibles.

L’autre jour aussi, j’ai lu un article qui n’avait pas d’allure. Malheureusement, je ne me souviens pas des mots exacts.

Non, mais le monde est rendu fou! Les journalistes écrivent n’importe quoi. Si je deviens aussi folle, il faut m’enfermer et même me tuer. C’est assez, cette perte de temps, je dois lire du sérieux sur des humains normaux et me concentrer sur mon futur, car j’ai de l’ambition. Je veux écrire et fonder une famille. Je rêve de me marier et d’avoir des enfants, comme la plupart des femmes.

En tournant rapidement les dernières pages, je tombe sur la section nécrologique. Je suis surprise, même abasourdie, d’y découvrir la photo de Patricia Duquette. Voyons donc ! Je l’ai vue il y a trois jours. C’est insensé ! Je lis pour en savoir plus, mais ils ne parlent pas de la façon dont elle est décédée.

J’espère qu’elle ne s’est pas fait attaquer par les deux épais du restaurant. Cela n’a pas d’allure, on se croirait dans un film.

-o0o-

Je passe la journée à étudier. Le soleil tombe doucement, et les lumières d’ambiance extérieure s’allument. J’enfile une veste noire pour sortir, histoire d’oxygéner mon cerveau. Habituellement, je ne marche pas vers le nord, car c’est un quartier défavorisé où il y a des vols, mais quelque chose m’attire dans cette direction aujourd’hui. Je m’arrête devant une discothèque, le Ritorno. Ce nom me dit vaguement quelque chose. J’ai peut-être entendu quelqu’un le prononcer. Je ne suis jamais venue dans cette boite. Nous allons toujours vers l’est, dans les quartiers plus branchés.

Une fille sort de la discothèque, s’approche de moi et m’invite à entrer. Cet endroit m’a l’air tout à fait normal, comme toutes les autres boites. Parfois, nous avons tellement les idées arrêtées. Pourquoi n’irais-je pas jeter un petit coup d’œil ? Après tout, je vais peut-être découvrir un endroit intéressant. J’entre. La musique techno et l’éclairage créent une ambiance hallucinante. Il y a des danseurs partout. Mon corps a le gout de bouger au rythme de cette musique. Je prends mon cellulaire pour « texter » Josiane. La fille blonde me prend le bras en me criant à travers la musique.

— Allez, viens t’éclater !

J’ai cours demain, je ne veux pas rentrer tard. Une petite danse pour me changer les idées, et je pars. Je suis la blonde qui m’enlève mon manteau et me tend un verre de bière.

— Je m’appelle Aby, et toi ? me crie-t-elle.

— Romy.

Une serveuse s’avance vers nous et discute dans l’oreille d’Aby. Elle répond qu’il n’y a pas de problème, car je suis avec elle. C’est peut-être un bar privé, me dis-je. Par la suite, Aby va se lover auprès d’un grand musclé sur la piste de danse.

Je prends une gorgée de bière en croisant le regard d’un gars qui me regardait. Il a les cheveux courts, bruns et ébouriffés ainsi qu’un regard mélancolique et un petit nez retroussé. Je lui souris et je me fais bousculer. Lorsque je me retourne vers le gars, il n’est plus là.

Un homme brun dans la quarantaine pose ses mains sur mes hanches. Je relève les yeux vers lui, un peu troublée par sa proximité. Il chuchote contre ma tête.

— Veux-tu t’éclater ?

— Merci, j’allais partir.

L’homme insiste.

— Allez, un dernier verre et une petite danse.

Pourquoi pas? Ce n’est pas un dernier verre qui va me tuer. Il lève le bras, et la serveuse apporte deux petits verres deshooter.

— Un verre, ensuite je m’en vais.

— Cul sec !

Je bois d’un trait la boisson qui a un fort gout. Des danseurs gesticulent dans tous les sens, et je me fais bousculer continuellement. Autour de moi, c’est comme si le temps s’était accéléré. Je ne me sens pas bien du tout. Dans quel état me suis-je mise ? Je me dirige vers les toilettes.

Dans la salle de bain, je me passe un peu d’eau sur le visage quand j’entends des petits cris dans une cabine derrière moi. Je regarde sous la porte et je vois quatre pieds. Je crois que deux personnes sont en train de s’envoyer en l’air. Les sons que j’entends me prouvent que j’ai raison. Des gémissements intenses se font entendre, et les amants semblent avoir bien du plaisir assis l’un sur l’autre. Je me dépêche de sortir pour ne pas les déranger, mais ils sont tellement concentrés dans leurs ébats qu’ils ne se sont certainement pas rendu compte que j’étais là.

J’étais loin de me douter qu’une telle cabine pouvait servir à autre chose qu’à soulager nos besoins existentiels ! Je me dirige vers la sortie, et Aby m’accompagne à l’extérieur. Elle m’entraine dans un coin où il n’y a personne.

— Merci, je vais retourner chez moi.

Elle s’avance et me plaque contre le mur en mettant ses bras de chaque côté de ma tête. Puis, elle passe sa main sur mes cheveux.

— Maintenant, tu me laisses tranquille, Aby.

— Voyons, Romy, je ne me suis pas encore éclatée.

— Je crois que tu te trompes de personne. Je ne suis pas intéressée.

— Hé, Aby ! Tu la laisses partir, intervient le gars aux cheveux bruns et ébouriffés.

— Hé, toi-même, je l’ai vue avant.

Elle fixe le gars dans les yeux, me laisse et part tranquillement.

— Merci ! lui dis-je.

— T’a-t-elle fait du mal ?

— Non, ça va.

— Retourne chez toi.

— Je suis Romy, et toi ?

— Tu devrais partir.

— J’essaie d’être polie.

— Je suis Austin, me lance-t-il en tournant les talons.

— Mais, attends, ajoutè-je.

Je le rejoins en passant devant le bar quand on me pousse au sol. Aby m’enjambe avec férocité. On dirait qu’elle est possédée. Je m’écrie : 

— Austin, viens à mon secours !

Il se précipite et m’arrache à son étreinte. Je n’ai pas eu le temps de voir ce qui s’est passé tellement tout cela a été rapide. Il me prend dans ses bras et s’éloigne du bar. Cet homme est fort et marche vite. Bien que je sois contente qu’il m’ait aidée, je panique un peu.

— Qu’est-ce qu’elle a, cette fille, pour m’attaquer ainsi ? Est-elle folle ?

— Elle est droguée, me répond-il.

Je n’aurais pas dû entrer dans ce bar avec elle. Cela m’apprendra à faire confiance rapidement. Le gars me dépose sur mes jambes.

— Voilà, je te raccompagne pour m’assurer qu’elle ne te suit pas.

— Non, mais tu me fais peur. Elle est si dangereuse ?

— Crois-moi, ce n’est pas elle que tu dois craindre le plus.

Nous arrivons devant mon appartement, Austin entre avec moi.

— Je te sers une bière ? lui demandè-je en prenant deux bouteilles dans le réfrigérateur.

Et j’ajoute :

— Alors, te promènes-tu souvent dans les bars pour protéger des filles comme moi ?

— Tu ne veux pas le savoir.

— Ah oui ! Je le sais. Tu es un policier en surveillance ou quelque chose du genre.

— Pas exactement.

Je lui demande de se mettre à son aise pendant que je vais à la salle de bain. Je ne peux pas croire qu’il y ait un inconnu chez moi. En plus d’être un valeureux chevalier, il est plutôt mignon. Cela ne peut qu’être un signe du destin.

-o0o-

Pendant ce temps, Austin sort un petit cylindre qui contient une fine poudre rouge qu’il saupoudre quelque peu dans la bière de Romy.

-o0o-

Je sors de la salle de bain, et commence à boire ma bière.

— Que fais-tu dans la vie ? As-tu une copine ?

— Dans la vie, je suis chercheur et je n’ai pas de copine.

Je bois encore, et ma tête se met à tourner. Une douleur apparait entre mes seins. Je ne me sens pas bien du tout. Tout devient noir.

-o0o-

Austin soulève Romy qui est étendue au sol et va la déposer sur son lit. Il a mis de la poudre d’amnésie dans sa boisson pour qu’elle ne se souvienne pas de sa sortie ni des rencontres faites ce soir-là. Ce n’est pas comme cela qu’il devait procéder pour arriver à ses fins. Romy ne devait pas voir ce bar. Austin est chercheur et il devait venir chercher Romy dans quelques jours. Tout devait se passer par étapes.

Il brouille toutes les traces dans le téléphone. Personne ne peut voir le bar à moins que cette personne ne soit spéciale.

Pourtant, Romy l’a vu. La transformation de la perception de la jeune fille a commencé. Elle vient d’avoir vingt-et-un ans.

Chapitre 3

Mon cœur cesse de battre et quelques minutes plus tard, je me redresse en me sentant légère.

Suis-je morte ?

Je me souviens de la douleur dans ma cage thoracique et de mes étourdissements. Je râle, car l’air de mes poumons n’arrive pas à sortir de ma bouche. Aucun son ne sort pour dire quoi que ce soit.

En observant autour de moi, je vois des pierres tombales. Ce n’est pas vrai, je suis dans un cimetière ! Si je suis morte, pourquoi ne suis-je pas dans l’au-delà ou ne vois-je pas la lumière avec un grand tunnel ?

Qui suis-je vraiment ?

J’ai peur et j’ai froid.

J’entends vaguement une sorte de comptine, mais elle s’interrompt. 

J’appelle la Lumière.

La Lumière est en moi et autour de moi.

La Lumière me protège.

La Lumière me guide...

Pas de panique, il faut que je me souvienne de ce que je faisais avant d’être ici...

-o0o-

Je ferme les yeux et je les ouvre de nouveau en sursaut. J’ai fait un rêve ou plutôt un cauchemar. C’est un peu délirant de rêver à la mort, surtout quand on vient de fêter ses vingt-et-un ans.

— Merde ! m’exclamè-je en voyant l’heure sur mon réveil.

Je me dépêche de prendre une douche pour ne pas être en retard à l’école.

-o0o-

Dans le corridor qui mène à mon cours de français, je marche rapidement pour ne pas être en retard à mon examen. Dans ce même couloir, je sens des regards sur moi. Les gens se retournent sur mon passage. Que se passe-t-il ? Ai-je du papier de toilette qui dépasse de mon pantalon ? Et puis, je m’en moque. Je pense juste à cet examen et je continue à marcher.

Je prends place à ma table de travail et en tournant la tête, je remarque un nouvel étudiant. Je lui souris pour être polie, et il me rend ma salutation. C’est un garçon ordinaire, ses cheveux sont courts, bruns et ébouriffés. Son regard mélancolique met en valeur son nez légèrement retroussé. Il porte un jean et un t-shirt. Ce garçon est plutôt mignon dans son genre.

L’enseignant nous distribue les feuilles d’examen. Je commence à lire, cependant, je ne peux pas m’empêcher d’observer le nouveau. Il fait l’examen quand même. Il vient d’arriver, c’est surement pour voir où il en était rendu dans son ancienne école. Il ressemble à quelqu’un que j’ai déjà vu. Peut-être un acteur de la télévision ou un mannequin dans un magazine. Je me retourne pour faire ma tâche et je pars dans la lune. L’enseignant dit :

— Trente minutes.

Je reviens sur terre et je m’aperçois que j’ai dessiné sur mon examen. J’ai fait un soleil en reliant des lettres I, Q, S, U, M, E, Y et T.

Mes yeux tentent de déchiffrer un mot en replaçant les lettres dans un ordre approprié. C’est plus fort que moi. SUQIMYET.

Je continue mon travail pour l’examen en jouant avec les lettres. MESIQUTY-MUSIQETY.

Il reste dix minutes à l’examen. J’ai presque terminé. Il me manque une phrase à écrire. Malgré ma déconcentration, je me surprends à terminer trois minutes avant la fin. Je profite des dernières minutes pour placer les lettres dans un ordre logique : MYST ou MYSTE...

La cloche sonne.

L’examen s’est bien passé mis à part cette obsession de remettre les lettres en place. Je crois que l’examen sera une réussite. Je l’espère, j’ai quand même étudié fort. C’est la pause et la fin du cours.

Je sors en même temps que le nouveau et je me présente.

— Je suis Romy.

— Salut, mon nom est Austin.

— Arrives-tu d’une autre ville ?

— Oui, c’est ma première journée.

— J’espère que tu te plairas ici.

Josiane, ma meilleure amie, arrive sur le moment.

— Hé, Romy ! Viens-tu à la fête de Jay demain soir ?

Austin me salue en s’éloignant.

— Je ne sais pas encore.

J’ai le gout d’y aller, mais j’ai quand même beaucoup de travail à faire.

— Allez, il va y avoir de beaux gars !

Josiane en a sans doute un en particulier dans l’œil. C’est vrai que je n’ai pas eu de petit ami depuis longtemps. Il faut bien que je parte à la chasse moi aussi. Il faut bien que je m’amuse un peu avant de fonder une famille et d’avoir un emploi stable. Le cégep, c’est fait pour expérimenter.

— C’est bon. Je vais y aller.

— Chouette ! Je passe te chercher à dix-neuf heures trente demain.

Sacrée Josiane! Elle a le don de me convaincre d’aller à des soirées loufoques. Le mois dernier, elle m’a amenée chez Claire. Il n’y avait que cinq personnes. Il y a deux semaines, nous nous sommes retrouvées dans une soirée où les gens se prenaient pour des clowns. Je me demande bien ce que Jay a organisé comme soirée. En tout cas, j’espère que ce sera une fête normale avec des personnes normales. J’aime la bonne musique, les consommations alcoolisées, les grignotines, sans oublier les beaux garçons célibataires.

-o0o-

Après les cours, je me dirige rapidement vers la bibliothèque pour emprunter un livre nécessaire à un travail. En cherchant mon volume dans un rayon, j’entends des murmures. Quand on y pense, cela donne une allure assez spéciale et même lugubre à cet endroit où la poussière est présente. Les voix sourdes s’installent, comme si l’endroit était hanté. En plus, je ressens une brise fraiche sur ma peau. Je réagis en me frottant les bras tout en reculant de quelques pas. J’accroche deux livres sur une étagère. En me penchant pour les ramasser, j’aperçois des souliers de sport. En me relevant, je me trouve face à face avec ce nouveau gars. Je ne sais pas trop quoi dire.

— Excuse-moi, je suis maladroite.

— Il n’y a pas de quoi s’en faire, me lance-t-il avec un sourire.

J’aurais bien voulu continuer à discuter, mais je suis assez pressée. Je ne sais pas pourquoi, mais cet Austin me fait perdre mes moyens. Il est entouré d’une aura de mystère et de danger qui accroit mon intérêt. Quelle mouche m’a piquée ? Je ne me suis jamais enflammée pour ce genre de garçon, encore moins un inconnu.

J’ai l’air d’une parfaite idiote avec cette phrase. J’échange un regard avec lui et je m’en vais en prenant mon livre.

-o0o-

Je fais un saut au centre commercial pour me trouver un beau haut qui s’agencerait avec mes cheveux noirs coupés au carré et mes yeux bleus. J’aurais voulu que Josiane vienne avec moi, mais elle avait un rendez-vous chez le médecin. Elle a tellement le tour d’agencer les couleurs des vêtements. C’est certain qu’elle est blonde et que toutes les teintes lui vont à ravir.

Je déambule dans le corridor du centre lorsque je croise Austin. Va-t-il m’aborder ? Dois-je lui parler ? Il doit me prendre pour une fille antisociale depuis notre rencontre à la bibliothèque. Il se rapproche.

— Allo, Romy !

— Comment vas-tu ? Tu visites notre super centre commercial ?

Une question stupide !

— Bien oui ! Je flâne un peu.

— Je me cherche quelque chose à porter pour la fête de demain.

J’espère au fond de moi qu’il me demande où se déroule cette soirée. S’il y était présent, je pourrais mieux le connaitre.

— Je te souhaite bonne soirée dans ce cas.

Eh bien non ! Il ne tente même pas de me draguer ni de prolonger la conversation. Il part, les deux mains dans ses poches de jean.

Je me pose une multitude de questions à son sujet. Qui est-il ? D’où vient-il ? Je ne sais pas pourquoi, mais sa présence provoque chez moi une accélération de mon rythme cardiaque.

Heureusement, je réussis à me trouver un joli haut violet qui s’attache dans le cou. Je sors de la boutique avec mon sac, quand deux gars me bousculent sans faire attention. Mon sac tombe sur le sol.

— Hé, vous pourriez faire attention !

Les deux individus me regardent dans les yeux et ils me donnent froid dans le dos. Ils ne sont même pas fichus de s’excuser. En posant le regard vers mon sac, je vois quelqu’un le ramasser. Lorsque je reprends la poignée, je me rends compte que c’est Austin. Il est encore là ! Avec un sourire, je lui dis :

— Merci !

— Connais-tu les deux gars ?

— Non. Ce n’est pas grave.

— Est-ce que je peux te raccompagner chez toi ?

Ça y est, il fait les premiers pas. Par chance, je suis à pied, ma voiture est au garage depuis une semaine. J’aurais pris le bus de ville, sans cette invitation.

— D’accord.

Durant le trajet, je tente d’en apprendre un peu plus à son sujet. Cependant, il détourne toujours mes questions, comme s’il ne voulait pas répondre. Il est bien mystérieux. Je me donne comme mission de découvrir son secret, car il en cache sans doute un. En sortant de la voiture, je me retourne vers lui. Son regard me confirme que l’on va se revoir. Cela ne s’explique pas, c’est une forte vibration. Pas comme une simple attirance, mais comme s’il faisait déjà partie de ma vie. Je ne suis pas du genre à croire à la réincarnation, mais peut-être que j’ai vécu une histoire avec Austin dans une autre vie. Qui sait, le monde des anges existe peut-être.

Je m’installe devant le miroir de ma chambre pour me démaquiller. Je me surprends à sourire bêtement dans la glace.

— Austin, prononcè-je à haute voix.

À ce moment, un frisson me traverse le corps. Je me sens épiée dans ma propre chambre. Pourtant, il n’y a personne, et je crois que la porte est verrouillée. Je fais le tour des lieux et effectivement, la porte et les fenêtres sont fermées.

C’est le silence. Je n’ai pas l’habitude d’être angoissée, cependant, j’ai un fort mauvais pressentiment. Je n’arrive pas à savoir pourquoi.

Mon cellulaire fait un gros « bip ». Je sursaute à la réception du message texte. Il vient de Josiane.

Jo :

« Hé, ma belle ! Je ne t’ai pas donné de cadeau pour ta fête, mais j’ai une surprise.J »

Romy :

« Quel genre de surprise ? »

Jo :

« Ha ! Tu verras ! C»