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Ces étranges visions, ne me quittaient plus, elles étaient mon quotidien et ma vie. Je devais apprendre à les accepter, à les comprendre, à me les expliquer, à trouver la portée symbolique de certains signes et images qui revenaient à chaque fois.
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Seitenzahl: 74
Veröffentlichungsjahr: 2018
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« Il y a toujours une
aube d’espérance après les
blessures des tribulations de la vie.
A chaque larme de désespoir naît
un soleil de bonheur »
Nelly N. EBANG
A toi Esther…
Par tes mots j’ai chassé les maux, les incertitudes, les déceptions et les doutes existentiels. Tu as su guider mes pas fragiles dans ces chemins ardus.
Aujourd’hui, je suis dressée, le regard levé vers les horizons définis.
Je suis ton cri poussé, ta douleur comblée, ton souffle apaisé.
Je suis NSA la belle-mère aimée.
Apprends-moi à voir avec les yeux de la vie.
Je t’aime maman.
Chapitre I
Chapitre II
Chapitre III
Chapitre IV
Chapitre V
Chapitre VI
Chapitre VII
Chapitre VIII
Chapitre IX
Chapitre X
Chapitre XI
Chapitre XII
Chapitre XIII
Il existe bien des mystères de la vie, des choses étranges et impénétrables. Un monde emplit d’évènements existentiels, d’un occultisme ahurissant. Bons nombres de mésaventures, de phénomènes ineffables dépassant notre entendement. D’aucuns demeurent dans l’ignorance absolue de ces autres mondes parallèles, de ces êtres si proches, si ressemblants, si apparents, et si secrets. Comment comprendre toutes ces apparitions, ces voix sombres et inaudibles venant des tréfonds d’outre- vie, d’outre-tombe. Ces visages incertains si familiers qui accompagnent chaque jour, chaque nuit mon existence. Je suis NDI, l’espoir blessé…
J’ignore jusqu’où s’étend l’horizon derrière lequel se cache la courbe de ma destinée. Je scrutais mon être afin de trouver des réponses à cette obscure partie de moi que je voulais voir disparaître. Cet autre moi, si taciturne, si énigmatique. Me dévisageant à chaque mélancolie du soir. Comment toutes ces péripéties sont apparues dans ma vie, quelle en était la genèse ? Ce n’était certainement pas dans mon mutisme avéré que j’allais accoucher de ces interrogations béantes. J’ai commencé à y prendre conscience lorsque j’étais en vacances au Gabon, petit pays d’Afrique immensément prospère, où la misère est une prière quotidienne.
Un soir de saison sèche, à la mi-Août ourlée sous la clarté biscornue d’un clair de lune pourpre. Je vis des scènes ahurissantes sous formes de songes. Des images d’un réalisme troublant. Le corps inerte et ensanglanté d’un petit garçon, abandonné sur un sentier jonché de bois morts. Cela me paraissait absurde et insolite. Je ne savais pas comment l’interpréter. Au premier abord, on aurait dit un assassinat sans ambiguïtés. Je restais du moins perplexe. D’où me venaient ces tableaux atroces en rêveries odieuses. Mes interrogations laissaient place à un sentiment d’effroi. Persuadée que ce n’était que de simples hallucinations, j’essayais de me rasséréner. Mais, au fond de moi, je demeurais très anxieuse. Je restais un long moment engourdi, le regard cristallisé, rivé vers la porte de ma chambre qui me semblait entrouverte. Puis, j’entendis une voix d’une douceur sépulcrale, comme si elle venait de moi, comme si elle faisait corps avec mon être. Troublée, je me mis à tressaillir. Je ressentais l’haleine légère d’un vent frisquet. Cette voix intérieure me réconfortait, à chaque frayeur balbutiée et me sollicitait à l’écouter.
Je vis apparaitre ainsi, sous une lumière douchée, une ombre blanche. Elle s’approchait de moi, en flottant sur l’onde flamboyante qui se déversait dans mes yeux submergés d’émois. Sans mots elle m’invita à la suivre.
D’un craquement d’éclat instantané, je me retrouvais transportée, là, où se trouvait le corps du petit garçon. Je tenais dans mes mains un linceul blanc imbibé d’huile et de parfum mystérieux. Et une pierre marneuse rouge. En me rapprochant du corps, je vis que le petit garçon n’avait plus d’yeux. Du sang sortait de sa bouche gaufrée en nuage pourpre vaporeux. L’ombre blanche se tenait face à moi.
-Ne crains pas un corps sans âme envolée !
Me dit-elle.
-Que lui est-il arrivé ?
Lui demandais-je, apeurée !
-C’est l’agrume de la cruauté de l’homme à l’égard de son semblable. Une vie enlevée à un petit enfant.
-Pourquoi ?
-Pour rien ! Pour garantir pouvoir, fortune, honneur et opulence !
-Pauvre enfant ! Si jeune arraché à la vie ! Pourquoi, suis-je là et à quoi me servent ces choses dans mes mains ?
-Recouvre de linceul le visage du petit enfant, après l’avoir marqué de la pierre rouge que tu tiens dans ta main droite.
Sans ne rien comprendre à ce rituel étrange, je m’exécutais, les mains chancelantes. Puis, soudain, je vis les arbres autour de moi s’agiter, le vent semblait souffler du côté où se couchait le soleil. Il eut après un grand silence et là, je vis des ombres d’un blême ténébreux apparaitre autour du corps, portant des masques à têtes d’animaux insolites. Leur corps semblait s’ancrer dans la terre. Ils soulevèrent et enveloppèrent de feuillages et de ramilles, le corps du petit enfant. Psalmodièrent et prononcèrent des paroles d’une langue méconnue en tendant les mains vers le soleil. Invitant, en rengaine de bruitages, toutes les entités de l’eau, du feu, de l’air et de la terre au rituel. Et soudain, le corps disparu dans l’épaisse brume de l’air. Timorée, je me laissais tomber, sur des ramées restées humides alors que le soleil à pas d’Impala avait effectué sa besogne quotidienne. L’ombre blanche me releva et me réconforta.
-A présent, son corps est au près des siens mais son âme erre encore là où la poussière du temps ne s’élève pas.
Je ne comprenais rien à ce charabia ni à ces visions ahurissantes.
Après ces tours d’occultisme, une vive lumière m’éclaboussa et je me retrouvai dans ma chambre, allongée sur mon lit. L’ombre blanche avait disparu et je me levai timidement l’âme angoissée.
Ces étranges visions, ne me quittaient plus, elles étaient mon quotidien et ma vie. Je devais apprendre à les accepter, à les comprendre, à me les expliquer, à trouver la portée symbolique de certains signes et images qui revenaient à chaque fois éborgner ma conscience pesante.
Lorsque, je rencontrais mon premier compagnon, mes visions devenaient constantes et se révélaient de plus en plus. Je faisais énormément de rêves prémonitoires. De longs et étranges rêves qui n’en finissaient pas. Et souvent cette voix présente dans ces visions me recommandait d’informer les personnes concernées.
Au fil du temps, je constatais d’énormes changements en moi, des capacités inouïes, comme le pouvoir de prédire des choses à venir. D’énoncer certains faits du passé et bien plus encore. J’avais le don de guérison. Eh Oui ! Qui l’aurait cru ! Moi, la petite villageoise à la peau lessivée par le soleil du Grand Nord du Gabon, je pouvais communiquer avec les esprits. M’entretenir avec des personnes de l’au-delà, des parents disparus, des amis et parfois des gens inconnus qui m’enseignaient sur le sens des choses et sur la valeur de la vie après la mort.
Je n’en revenais pas, je restais parfois des journées entières à me demander si, ce qui m’arrivait était bien réel. Je refusais d’en parler autour de moi, et toute cette étrangeté, cette autre facette de moi, me faisait peur. J’apprenais petit à petit à interpréter, à transcrire certaines images que l’on me montrait dans ces visions constantes. Ces personnes d’outre-tombe communiquaient avec moi, de plusieurs façons. À travers des rêves, des songes, des voix, des signes…
Un jour, dans mon habituel quotidien, pendant ma sieste sous l’air ventail et frais du village à Essatop dans mon Bitam natal. J’eus une vision inopinée. Une personne décédée était venue me dire qui l’avait tuée et précipitée dans l’autre monde.
J’eus très peur après cette révélation, j’étais effrayée de détenir une telle information. Cette personne disparue me donna les détails de son décès et me révélait le lieu exact où son assassin avait trouvé refuge après avoir commis son acte funeste. Je ne savais quoi faire ni à qui en parler. Je me résignais à garder silence.
Quelque temps après, j’appris que le présumé assassin que j’avais vu en songe avait été retrouvé par la famille de la personne disparue. Ils avaient parait-il fait appel aux charmes d’un voyant appelé communément ‘‘Nganga’’, dans notre contrée, afin d’élucider la mort de leur proche.
Des mois après, je me rendais au domicile du disparu dans l’initiative d’informer la famille de certains messages venant de lui.
Sur la route qui me menait au domicile familial de ce dernier, je rencontrais par le plus grand des hasards le meurtrier assis dans le même véhicule de transport en commun que j’empruntais. Nous étions près, l’un de l’autre. Il semblait dérangé et cherchait du regard l’esprit qui le mettait mal à l’aise. Mais j’avais réussi à me faire discrète par crainte d’éveiller des soupçons.
Les messages que j’adressais à la famille du disparu, surprenaient plus d’un et leur apportaient réconfort, foi et courage. Je me faisais une renommée de voyante, sans en être véritablement une.
