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C' est l'histoire d'un combat contre soi, contre autrui, contre l'environnement que livre Isabelle. L'auteur expose ses deux visages : l'un tranquille, l'autre tourmenté. Au fil des pages, l'auteur trouve l'apaisement. Dans son coeur il se passe toujours quelque chose. C'est fort, plus fort que tout. Écrire, toujours écrire...
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Seitenzahl: 46
Veröffentlichungsjahr: 2017
Par le moyen de l’écriture j’espère, avoir exprimé mon mal-être, mes angoisses, ma dépression.
Ma maladie peut tout détruire sur son passage.
Il faut que je me fasse aider.
Je ne peux pas combattre seule.
Parler aux bonnes personnes, j’ai eu de la chance.
Je les ai trouvées ou bien m’ont-elles trouvée ?
Mardi 29 Octobre 2013
C’est mon anniversaire, j’ai 47 ans. Que veut dire ce chiffre ? Rien.
Ce qui compte c’est ce que l’on a dans notre corps : la force, la santé, le courage, le combat.
Dans notre tête : la pensée, la connaissance, la dignité, la compréhension, le mérite, la parole, l’écoute.
Dans notre cœur : savoir aimer, savoir s’aimer, savoir pardonner.
Dans notre âme : la sagesse.
L’apparence ne veut rien dire !
Mais à l’intérieur de soi… que se passe-t-il ?
Mars 2013
Lorsque le docteur m’a dit :
« Madame, vous faites de la dépression ».
Je suis tombée de haut !
Moi déprimée !
Alors que j’ai rendez-vous chez le médecin pour des douleurs physiques.
Pendant toutes ces années, moi si forte, si fière justement de ma patience, du bien-faire, de l’écoute, de mon investissement au travail et à la maison.
L’image parfaite ou presque, de l’aide-soignante et de la mère au foyer.
Malgré les douleurs physiques, la fatigue, l’épuisement, il fallait, en rentrant du travail, faire une seconde journée.
Les tâches quotidiennes d’une femme mariée avec trois enfants.
Mais bon, je faisais un travail qui me plaisait. Ce que je donnais de ma personne, je le recevais en retour.
Serait-ce un sourire, un regard, un clignement de l’œil, une poignée de main, une tape sur l’épaule.
Le travail me ressourçait, me donnait la force de faire mon devoir de mère et de femme.
Pour certains la dépression veut dire folie.
Non, je ne suis pas folle, ni cinglée.
La dépression c’est une maladie.
La dépression est mal connue du public.
Ce n’est pas marqué sur mon front.
Je n’ai ni jambe, ni bras cassés.
Ma dépression
Elle est invisible pour mon entourage et les autres.
Elle ne se voit pas dans une radiographie ou un scanner.
Elle ne se touche pas, pas de grosseurs, pas de ganglions.
Elle ne s’entend pas, mon cœur bat normalement.
On se sent seul au monde.
On pense à disparaître à tout jamais.
On est dans un désarroi total, on pense à la mort.
Déjà pour moi, il fallait comprendre ce qui m’arrivait.
Me rendre compte que j’étais malade, que j’étais en pleine dépression et surtout l’admettre.
Comme un alcoolique qui nie sa maladie de l’addiction à l’alcool.
Supporter ce mal-être qui me détruit, qui me ronge et qui tourmente mon entourage.
Ces anxiétés, ces angoisses qui me saisissent tout le corps.
Ces grosses douleurs m’oppressent le cœur, la poitrine.
Mon pouls bat à cent à l’heure.
Je peine à respirer.
Je pleure.
Je ne comprends pas !
Il y a deux minutes, j’allais bien.
Mon entourage est angoissé de me voir ainsi.
Que faire ?
Appeler les pompiers ?
Tout au début, lorsque ces crises ont commencé, elles se manifestaient la nuit.
Je ne disais rien à personne, ni à mes proches.
Ces nuits-là, je ne dormais pas du tout et j’allais faire ma journée de travail, fatiguée, épuisée.
Mais je ne voulais rien montrer.
Je m’étais cachée derrière une carapace dure comme la pierre. Je voulais combattre seule.
Je ne savais pas que c’était purement et simplement de la dépression.
Et mes pleurs qui arrivent sans raison apparente.
Une parole de mes proches, peut-être pas méchante pour eux, mais blessante pour moi, je me mettais à pleurer.
Lorsque cela se passait lors du repas, je quittais la table et je mangeais seule.
Même mes goûts ont changé. Je ne sale et ne sucre plus. Je mange peu de viande ou pas. Tout ce qui est gras ou en sauce je ne peux plus en manger. J’adorais les frites, c’est fini. Rien que l’odeur !
Je prépare la cuisine pour mes proches, mais je ne mange guère.
Mon plaisir, comme la pêche, c’est mon fils qui m’a poussée.
La cueillette des champignons, une passion dévorante depuis mon enfance, c’est mon mari qui m’a tirée, amenée.
Je ne voulais rien faire. Je ne me lavais plus. Je ne m’habillais pas.
Pour quoi faire ? Je ne voulais voir personne. Je n’existais plus ! Je voulais me couper du monde.
Et encore maintenant.
Surtout, tout ce qui touche à mon travail, rien que la route, le panneau marqué au nom de la ville. Je ne peux pas, c’est plus fort que moi.
Le monde, la foule, je ne supporte plus. Je veux passer incognito, transparente, pas de compte à rendre.
Personne ne me connaît et moi je ne connais personne.
Parlons de la télévision, je ne peux plus la regarder. Toutes ces catastrophes, tous ces malheurs, tous ces mensonges. Rien de bon ! Plus de liberté !
A part le soir, je l’allume pour regarder une futilité pour m’endormir.
Je me lève tous les matins vers 6 h 30 – 7 h 15. Je me couche vers 21 h. Moi qui aimais me coucher tard et me lever tard !
Désormais, je profite du lever du soleil. Dehors, je bois mon café et je fume une cigarette, même s’il fait froid ou sous la pluie.
C’est la paix, le calme complet, seule avec moi-même !
Depuis peu, j’ai repris la photographie. Cela faisait deux ans que je n’avais pas touché à mon appareil photo.
Je ne sais pas si c’est le destin, mais ce matin-là, il y avait le chat de mes voisins sur leur mur.
