Nekro - Tome 1 - Sébastien Saulnier - E-Book

Nekro - Tome 1 E-Book

Sébastien Saulnier

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Beschreibung

Sébas, un garçon timide qualifié de rejet de la polyvalente, est confronté par hasard à la transformation des gens de son entourage en morts-vivants et cette infection sèmera le chaos dans la ville. Accompagnés de son petit frère, Marco, et de son meilleur ami un peu loufoque et gaffeur, François, ils créeront des liens avec d’autres adolescents afin de porter secours aux citoyens de leur ville natale et ils essayeront par tous les moyens de survivre aux multiples épreuves auxquelles ils devront faire face. Des amitiés se créeront, certains d’entre eux feront face à la perte de leurs proches, tandis que d’autres trouveront l’amour dans ce conflit apocalyptique. Ce qui est certain, c’est que leur univers sera troublé à jamais, particulièrement lorsqu’ils connaîtront la provenance de l’infection. Une chose est sûre, leur futur ne sera plus ce qu’ils espéraient à la suite d’une rencontre inoubliable avec deux inconnus. Comment Sébas, notre héros, s’échappera-t-il de cet enfer ?


À PROPOS DE L'AUTEUR


Trentenaire et originaire de Tracadie-Sheila, dans la Péninsule acadienne, Sébastien Saulnier est un auteur publié depuis 2016. Passionné de films de science-fiction, d’horreur et de fantastique ainsi que des dessins animés japonais et des bandes dessinées populaires, celui-ci décida à l’âge de 18 ans d’écrire sa propre série de romans. L’Acadie, sa ville natale ainsi que quelques coins de notre planète se voient donc repeints aux couleurs apocalyptiques, grouillant de monstres de toutes sortes qui sont prêts à tout pour anéantir la race humaine. Inspiré par ses amis et son entourage, l’auteur transforme ce qu’il connait en fiction afin de divertir les lecteurs à la recherche d’émotions fortes. Fier de sa culture et de ses racines, Sébastien offre donc à son personnage éponyme ainsi qu’à ses proches des pouvoirs extraterrestres afin qu’ils puissent défendre notre belle planète bleue au fil de ses romans. Sa série Nekro comptera au total treize tomes tous plus sanguinaires les uns que les autres, pour le plus grand plaisir des fanatiques d’épouvante et de science-fiction.

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Seitenzahl: 497

Veröffentlichungsjahr: 2022

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Catalogage avant publication de Bibliothèque et Archives nationales du Québec et Bibliothèque et Archives Canada

Titre: Nekro : l’ascension / Sébastien Saunier.

Noms: Saunier, Sébastien, auteur.

Identifiants: Canadiana 20210059141 | ISBN 9782925170020 (couverture souple)

Classification: LCC PS8637.A799 N45 2021 | CDD jC843/.6—dc23

Couverture : Tairie Lynn Richards

Facebook.com/n3kro19

Infographie: Art by Patrick & Design

Correction: Anick Auger

Les éditions Mine d’Art

www.leseditionsminedart.com

ISBN: 978-2-925170-02-0

Sébastien Saulnier

Note de l’auteur

Bienvenue à vous, chers lecteurs et lectrices de la série Nekro ! Le roman que vous vous apprêtez à lire est une version revisitée et, je peux aussi dire améliorée, du premier tome de cette série. Cette réédition m’a permis de revenir à la version d’origine de ce roman, celle qui devait vous être présentée au départ.

À l’époque de la ١re édition, je ne connaissais pas beaucoup la façon dont il fallait s’y prendre pour écrire un roman. Afin qu’il soit compréhensible par tous les Français, j’avais travaillé le texte pour qu’il soit écrit dans un français correct pour tous. Depuis ce temps, j’ai reçu de nombreux conseils et pour cette réédition, j’ai décidé de revenir à mes 1ers jets, ceux que j’ai écrits au tout début. J’ai renforcé certains passages du texte et j’ai adapté l’écriture des dialogues afin qu’ils soient écrits en franco-canadien, ce qui respecte mieux, je crois, notre façon de parler. Cette version du roman est par le fait même beaucoup plus fidèle à mon intention de départ puisque notre vocabulaire et les origines de certains personnages seront mieux respectés. Ce sera, je crois, une meilleure entrée dans le monde de Nekro pour ceux qui débutent la série et, pour ceux qui souhaitent la redécouvrir, j’espère que vous apprécierez ces petits changements.

Finalement, je tiens à dire un énorme merci à tous les Nekrophiles qui me suivent et qui m’encouragent depuis le début de mon aventure et bienvenueaux nouveaux !

Sébastien Saulnier

Mot de l’éditeur

L’éditeur que je suis est aussi un ami de plusieurs auteurs et auteures, et Sébastien en fait partie.

Nous allons avoir une belle et agréable aventure littéraire.

Jean-Pierre Veillet

Lexique

Espagnol

Cabrones – Bâtards

Mierde ! – Merde !

Italien

Bastardi – Bâtards

Bastardo – Bâtard

Cosa ? – Quoi ?

Idiota – Idiot

Merda ! – Merde !

Perfetto – Parfait

Puttana ! – Putain !

Seiserio ? – Es-tu sérieux ?

Stronzo – Trou du cul

Japonais

Sumimasen – Je suis désolé.

Personnages

Adam, né en mars 1961 (40 ans) à Tracadie

Un grand gaillard imposant qui a des yeux marrons, des cheveux bruns en coupés en brosse et une barbe taillée. D’un tempérament agressif et imprévisible, cet homme vient de se faire accuser de viol et d’avoir battu plusieurs adolescentes de la Péninsule Acadienne.

Alain, né en février 1983 (18 ans) à Tracadie

Grand, pour son jeune âge, Alain a les yeux bruns et de longs cheveux bruns ondulés. C’est un adolescent calme qui aime brasser sa guitare et qui a fondé un groupe de musique.

Alexandra, née en juin 1984 (17 ans) à Caraquet

Grande et mince, cette adolescente a les yeux verts émeraude et de longs cheveux roux. Elle est fille unique et ses parents sont riches. Ils l’ont toutefois forcée à travailler au Magasin Général pour mériter ses biens et payer son inscription à l’Université. Elle aime se maquiller.

Alexandre (Alex), né en novembre 1986 (14 ans) à Dieppe

Adolescent de taille moyenne aux yeux gris-bleu et aux cheveux châtain semi long et sales. Habite la même famille d’accueil que Karl, qu’il traite comme son frère. Un skateur moqueur et pessimiste qui ne démontre aucun respect aux autres.

Andrew (Drew), né en octobre 1986 (14 ans) à Londres

Un adolescent bilingue aux yeux verts et aux cheveux châtains qui lui recouvrent les oreilles. Un jeune homme qui fait de l’embonpoint et qui s’exprime mal en français, ce qui le force à utiliser fréquemment des anglicismes lorsqu’il parle.

Andy, né en juillet 1981 (20 ans) à Tracadie

Ancien diplômé de la polyvalente aux yeux bleus et aux cheveux courts teints en blonds. Il travaille de nuit au SuperMarket et il est le petit ami de Jessica. Il porte une boucle d’oreille en forme d’araignée noire. Jeune homme anxieux.

Benoît, né en mars 1951 (50 ans) à Tracadie

Concierge de l’hôpital et le mari de Lucie. Il a les yeux bruns et il est chauve. Il est le père du professeur Guy et le grand-père de Tommy.

Bill, né en décembre 1985 (15 ans) au Kenya

Un nouvel étudiant à la peau et aux yeux sombres. Ses cheveux sont noirs et rasés de près. Il essaie de faire partie du clan de Jean-Philippe. Il adore la musique rap et la lutte (WWE). Son style vestimentaire détendu ressemble à celui des rappeurs populaires.

Bob, né en janvier 1953 (48 ans) à Tracadi

Un professeur grand et imposant aux yeux bleus cachés sous d’énormes sourcils foncés, possédant une couronne de cheveux poivrés. Un homme sévère qui ne rit jamais depuis la mort tragique de sa femme. Il est toujours vêtu d’un chandail à col roulé et d’un pantalon brun.

Christian, né en avril 1985 (16 ans) à Tracadie

Adolescent de taille moyenne aux yeux bleus et aux cheveux bruns en crête (comme ses idoles de groupes musicaux punk). Ami d’enfance de Gabriel, il est aussi le batteur du groupe de musique. Toujours nerveux.

David, né en août 1986 (15 ans) à Tracadie

Grand et musclé, il est adoré par toutes les adolescentes de la polyvalente. Il a les yeux verts et les cheveux châtains qui lui touchent les épaules. Fils d’un ancien joueur blessé de la Ligue nationale de hockey, il aime afficher ses muscles en portant des camisoles.

Dean, né en octobre 1972 (28 ans) à Tracadie

Un grand et jeune policier aux yeux bleus, aux cheveux courts et noirs. Il est le petit frère de Thomas et le fils du shérif. Il a un tempérament nerveux et il est toujours sur ses gardes.

Derek, né en mai 1987 (14 ans) à Tracadie

Adolescent un peu obèse et insulté par tous les autres étudiants de la polyvalente. Il n’a aucun ami. Il a les yeux bruns cachés derrière de grosses lunettes et ses cheveux bruns sont peignés sur le côté. Plus jeune, sa mère mourut d’un cancer, depuis, il vit seul avec son père. Il aime les mathématiques et les sciences, mais déteste la pêche et la chasse.

Diane, née en septembre 1947 (54 ans) à Caraquet

Une infirmière proche de la retraite dont le mari travaille à l’usine et sa fille est professeure à la polyvalente. Elle a les yeux bruns et une longue chevelure grise.

Dylan, né en mai 1973 (28 ans) à Shippagan

Un grand homme au bon cœur qui s’est fait arrêter par la police pour avoir fait un vol au SuperMarket afin de nourrir sa famille. Sa carrure imposante a de quoi faire trembler les gens. Il a les yeux gris, les cheveux bruns courts et il porte fièrement une courte barbe.

Éric, né en juillet 1978 (23 ans) à Néguac

Un des deux concierges de la polyvalente. Il travaille pour payer les traitements de sa mère malade. Il a les yeux bruns et de longs cheveux châtains attachés en queue de cheval. C’est un jeune homme sérieux et il déteste son père.

François, né en août 1986 (15 ans) à Tracadie

Cousin de Fred, François est le meilleur ami de Sébas depuis leur tendre enfance et il le surnomme « Vieux ». Geek et fanatique de films d’horreur, ses yeux sont bruns et ses cheveux sont aussi brun court et frisés. Ses parents sont souvent en voyage d’affaires à l’extérieur de la ville. Jeune homme impatient et maladroit qui aime foncer dans l’action.

Frédéric (Fred), né en décembre 1979 (21 ans) à Tracadie

Ancien diplômé fortement obèse qui s’est mis à la vente de marijuana et cousin de François. Il a les yeux bruns, les cheveux courts et bruns, une moustache et une barbe de la même couleur. Il a un tempérament jovial et moqueur envers son cousin.

Gabriel (Gab), né en octobre 1985 (15 ans) à Tracadie

Le bassiste du groupe de musique aux yeux marrons et aux longs cheveux plats et noir de jais. Il est l’ami d’enfance de Christian, de Vicky et le frère de Mary. Lui et sa sœur sont orphelins depuis l’âge de 6 ans. Jeune homme social, parfois moqueur et protecteur.

Gaétan, né en février 1948 (53 ans) à Shippagan

Le gérant du Magasin Général aux yeux gris et aux cheveux courts et poivrés. Il porte de grosses lunettes aux verres épais. Il est le père de Jean-Philippe et très sérieux.

George, né en juin 1965 (36 ans) à Néguac

Un homme dépressif depuis la mort de sa femme. Il est le père de Derek. Malgré leur différence de hobby, il essaie d’apprendre à son fils comment survivre. Il a les yeux bruns et est chauve.

Guy, né en septembre 1972 (29 ans) à Tracadie

Professeur d’histoire à la polyvalente et père de Tommy. Il est le fils de Benoît et Lucie. Il aime donner des références sur des moments historiques et les comparer. Il a les yeux bleus et les cheveux bruns bien peignés.

Jack, né en juillet 1977 (24 ans) à Dieppe

Infirmier à l’hôpital de Tracadie et le frère jumeau de John. Il porte de minces lunettes devant ses yeux verts et il a les cheveux courts et noirs, ainsi qu’une fine barbe qui fait le tour de son visage. Il aime prendre soin des citoyens.

Jacob (Jay), né en septembre 1985 (16 ans) à Florence

Fils d’une famille italienne déménagée à Tracadie, il a les yeux bleus et les cheveux bruns peignés avec du gel vers l’arrière. Il a un accent typiquement italien. D’un tempérament calme, il est toutefois effrayé par les zombies.

Jason, né en août 1976 (25 ans) à Tracadie

Employé de nuit au SuperMarket et collègue d’Andy. Il a les yeux marrons et les cheveux blonds et rasés. Il aime les tatouages et les piercings.

Jean, né en janvier 1982 (19 ans) à Tracadie

Employé nerveux du Magasin Général. Son visage est plein de boutons d’acné, il a les yeux bruns et des cheveux blonds bouclés.

Jean-Philippe (JP), né en mai 1984 (17 ans) à Shippagan

La brute de la polyvalente de Tracadie qui s’amuse à intimider Sébas et le fils de Gaétan. Il a les yeux vert-gris et de longs cheveux gras et châtains. Il n’a aucun respect pour personne, incluant ses amis et surtout les femmes, qu’il traite comme des objets.

Jessica, née en mars 1980 (21 ans) à Tracadie

Caissière au Magasin Général et la petite amie d’Andy. Elle a les yeux gris et les cheveux mi-courts et bruns foncés. C’est une jeune femme facile à faire paniquer.

John, né en juillet 1977 (24 ans) à Dieppe

Un infirmier de l’hôpital de Tracadie et le frère jumeau de Jack. Il porte de minces lunettes devant ses yeux bleus et il a les cheveux courts et noirs, ainsi qu’une barbe fine qui fait le tour de son visage. Il aime prendre soin des citoyens.

Julien, né en novembre 1984 (16 ans) à Tracadie

Un adolescent grand et imposant aux yeux bleu-gris et aux longs cheveux blonds et plats. Il est le guitariste-remplaçant de Mark dans le groupe de musique et l’ex-copain de Naomi. Il est sexiste, raciste et déteste tout le monde, à part Alain, son meilleur ami.

Karl, né en juin 1986 (15 ans) à Moncton

Adolescent de taille moyenne aux yeux verts et aux longs cheveux bruns, tressés et sales. Habite la même famille d’accueil qu’Alex, qu’il traite comme son frère. Un skateur moqueur et optimiste qui ne démontre aucun respect aux autres.

Kevin, né en septembre 1983 (18 ans) à Mexico

Mexicain sportif qui aime la musculation et le soccer. Il a les yeux bruns et les cheveux courts et foncés. Il est le meilleur ami de David.

Lucie, née en décembre 1952 (48 ans) à Tracadie

La femme de Benoît depuis ses 20 ans, elle est aussi la mère du professeur Guy et la grand-mère de Tommy. Elle est infirmière à l’hôpital et a les yeux bleus et des cheveux gris aux épaules.

Marco, né en juillet 1990 (11 ans) à Tracadie

Le petit frère de Sébas. D’humeur joyeuse, mais grand timide, il a facilement peur de beaucoup de choses. Il a les yeux bruns et les cheveux courts bruns. Il est le meilleur ami de Tommy. Il aime manger et il rêve de devenir comme son grand frère.

Mark, né en juin 1985 (16 ans) à Tracadie

Adolescent aux yeux noirs et aux cheveux rasés et noirs. Il est un ami d’enfance d’Alain avec qui il a fondé le groupe de musique ainsi que le meilleur ami d’Andrew. Il aime les tatouages et les femmes.

Mary, née en avril 1987 (14 ans) à Tracadie

La petite sœur de Gabriel. Elle a les yeux verts et une coupe rebelle noire.

Mathieu, né en janvier 1983 (18 ans) à Tracadie

Étudiant aux yeux bruns et aux cheveux teints en rouge. Il est le frère de William et le cousin de Maxime.

Maxime, né en février 1983 (18 ans) à Tracadie

Étudiant aux yeux bruns et aux cheveux teints en bleu. Il est le cousin de Mathieu et de William.

Naomi, née en août 1985 (16 ans) à Tracadie

Amie d’enfance de Roxanne ainsi que de Mary et ex-copine de Julien. Elle a les yeux verts et une longue chevelure ondulée et rousse. Elle pratique la gymnastique. Elle ne pleure jamais, c’est une femme forte et l’une des adolescentes les plus sexy de la polyvalente.

Nicolas (Nico), né en avril 1982 (19 ans) à Tracadie

Il est l’un des finissants de la dernière année à la polyvalente. Jeune homme aux yeux bruns et aux longs cheveux bruns cachés sous une casquette qu’il porte à l’envers.

Paul, né en octobre 1950 (51 ans) à Caraquet

Un des plus grands chirurgiens du pays. Très intelligent, il aime prendre le temps de réfléchir avant d’agir. Il porte des lunettes, a des yeux bleus et des cheveux mi-courts poivrés. Il est le père de Ryan.

Roxanne, née en mai 1987 (14 ans) à Tracadie

Adolescente de taille moyenne aux yeux bruns et à la longue chevelure brune et ondulée. Elle est la fille de Charles et de Rose. Sa mère est décédée lorsqu’elle n’avait que 11 ans. Elle rêve de devenir avocate. Elle porte toujours un parfum fraise et vanille. Aux yeux de Sébas, elle est la plus belle fille de la polyvalente.

Samuel (Sam), né en septembre 1969 (32 ans) à Caraquet

Un jeune docteur de Tracadie aux yeux bleus et aux cheveux mi-courts et noirs. Il porte fièrement une moustache épaisse également noire. Il n’a pas peur du danger quand il est question de venir en aide à des gens.

Sébastien (Sébas), né le 19 février 1986 (15 ans) à Tracadie

Adolescent calme et timide aux yeux marrons et aux cheveux ébouriffés bruns. Il est l’ami d’enfance de François et le grand frère de Marco. Il adore les films d’horreur et possède une imagination fertile. Il est amoureux de Roxanne, mais il n’ose pas lui avouer ce qu’il ressent pour elle. Il fait souvent des cauchemars à propos du roi des morts, Surn.

Thomas, né en janvier 1969 (32 ans) à Tracadie

Jeune policier aux yeux bleus et aux cheveux mi-courts et noirs. Il est le fils du shérif et le frère ainé de Dean.

Tommy, né en juin 1990 (11 ans) à Tracadie

Fils du professeur Guy et petit-fils de Benoît et Lucie. Il a les yeux bleu-saphir et des cheveux blonds mi-longs. Il est d’humeur joyeuse ainsi que le meilleur ami de Marco.

Vicky, née en octobre 1983 (17 ans) à Tracadie

Adolescente et employée du Magasin Général aux yeux turquoise et à la longue chevelure blonde souvent attachée en queue de cheval. Jeune femme sportive qui aime la nature et les arts martiaux. Elle est l’amie d’enfance de Christian et de Gabriel, pour lequel elle éprouve des sentiments.

Wayne, né en avril 1984 (17 ans) à Shippagan

Meilleur ami de Jean-Philippe aux yeux bruns et aux cheveux courts et noirs. Il a une énorme cicatrice qui part du côté gauche de son front jusqu’au bas de sa joue droite et il a perdu son œil droit. Il est sombre et sadique. Sébas et François l’ont surnommé « Œil de vitre».

William, né en décembre 1983 (19 ans) à Tracadie

Étudiant aux yeux bruns et aux cheveux teints en vert. Il est le frère de Mathieu et le cousin de Maxime.

Xavier, né en mars 1988 (13 ans) à Tokyo

Fils d’une Japonaise et d’un Canadien. Il a les yeux gris et de longs cheveux plats et châtains. Il aime tenter de séduire les adolescentes de son âge, même s’il ne réussit pas à les conquérir. Il repousse ses mèches de cheveux derrière ses oreilles et il a des airs de prince charmant.

Yves, né en septembre 1971 (29 ans) à Néguac

Concierge de la polyvalente aux yeux bruns et aux cheveux courts et bruns. Il déteste son travail ainsi que de recevoir des ordres. C’est un homme impatient et coléreux.

La SWAT Team

Équipe gouvernementale spécialisée dans les phénomènes surnaturels, menée par le capitaine Roger. L’escouade est composée de Barney, Brian, Clark, Doyle, Harry, Joey, Pedro, Philippe et Stéphane.

J’aimerais dédier ce roman à toute ma famille, à Mélanie, à mes amis et à mes chers lecteurs qui m’encouragent à poursuivre mon rêve !

C’est grâce à vous tous si je continue à me surpasser afin de vous offrir la meilleure histoire possible. Je ne peux rien demander de mieux en écoutant vos merveilleux commentaires, bons ou mauvais soient-ils.

Un gros merci à Tania Robichaud d’avoir été ma bêta-lectrice pour la réécriture de ce roman. Tes conseils et tes commentaires m’ont beaucoup aidé !

« When there’s no more room in hell, the dead will walk the Earth. »

« Lorsqu’il n’y aura plus de place en enfer, les morts reviendront sur Terre. »

Dawn of the dead – 1978 et 2004

George A. Romero

1940-2017

Première partie

NÉCROLOGIE

PROLOGUE

SÉBAS

6 juillet 2009 – L’invasion

À quoi peut-on penser lors de nos derniers instants d’existence ? Pour moi, ce n’est pas compliqué. Les plus beaux moments que j’ai vécus repassent dans ma mémoire, tel un film que je connais par cœur. Disons que c’était une vie plutôt mouvementée comparée à celle de tous les êtres humains, mais je peux m’estimer chanceux d’avoir eu de bons amis qui m’ont aidé à traverser tous ces moments difficiles.

En regardant le sol à mes genoux, je m’aperçois que mon sang se vide plus rapidement que prévu.

Mes amis… Beaucoup d’entre eux seraient encore parmi nous si j’avais été capable de les sauver face aux multiples ennemis que nous avons affrontés durant les huit dernières années. Malheureusement, c’est bien beau être un héros, mais un héros ne peut pas sauver tout le monde, non ?

Ma vision s’embrouille et je vois le contour nébuleux de l’ombre se tracer devant moi. Au travers du brouillard, sa simple présence suffit à répandre le mal autour d’elle. Désormais, une partie de notre charmante ville n’est plus qu’une crevasse fumante de débris et de carcasses de voitures renversées ici et là. Des morts et des blessés, appartenant aux deux camps, nous offrent leur dernier repos.

J’avance lourdement mes mains devant mon visage. L’une d’elles est sale et, en son centre, une longue déchirure laisse écouler une rivière écarlate. Mon autre main, disons qu’il n’en reste pas grand-chose, mis à part un moignon au bout duquel de longs filets de sang sirupeux se répandent en abondance sur le pavé fissuré à mes pieds.

Ma vie ne tient plus qu’à un fil… et un fil très mince, je me dois de l’avouer.

Je balance la tête de gauche à droite afin de voir si mes alliés ont survécu à la dernière attaque explosive. Ils sont éparpillés un peu plus loin. Ils essaient de se relever, tous, plus ou moins en mauvais état que je ne le suis. Alors que le coupable de ce carnage se rapproche de moi pour me conférer le coup de grâce, je m’accorde une chance à mon tour de me redresser, mais toute la force que je possédais m’abandonne prestement.

L’ombre maléfique lève une main vers moi et la seule chose que je vois est une énorme boule de feu foudroyant l’air dans ma direction à une vitesse folle. Je referme doucement les yeux, face à cette mort absolue et inévitable…

1

INTIMIDATION

14 septembre 2001

Tout d’abord, je dois débuter par le commencement de cette grande histoire. Avant de devenir l’homme que je suis présentement, celui sur le point de mourir, je n’étais qu’un simple adolescent de quinze ans. Rien de plus ordinaire.

D’aussi loin que je puisse me le rappeler, j’étais allongé dans mon lit, les yeux grands ouverts à fixer le plafond depuis des heures. Pourquoi n’arrivais-je pas à m’endormir ? Depuis des jours que cela persistait. Je ne pouvais plus supporter ce cauchemar traumatisant qui se répétait toutes les nuits. J’étais de plus en plus exténué, mais le sommeil ne venait pas. Carrément pétrifié à l’idée de revoir ces images sanglantes.

Plus de quatre heures du matin et j’observais les ombrages danser sur le plafond de ma minuscule chambre. Ils étaient projetés par l’immense pommier situé sur le côté de notre maison. J’étais terrifié à l’idée de me rendormir et de revoir ce monstre surnommé Surn : le roi des morts. Peur de le voir hanter mes rêves à nouveau. Je n’avais jamais entendu parler et encore moins vu une abomination de ce genre, que ce soit en film ou en jeu vidéo. Alors pourquoi ce vil personnage s’acharnait-il à réapparaître dans mes cauchemars ? Je n’en savais rien. C’était sûrement la faute de mon imagination débordante.

Je me soulevai dans mon lit et m’étirai pour attraper une bande dessinée de Spider-Man sur la table de chevet, tout en tirant sur la cordelette de ma lampe. Je me souviens que j’aimais bien lire, à l’époque, mais que je n’y arrive plus depuis ce jour. Sûrement à cause de cette créature sortie tout droit de l’enfer. Suite à l’apparition de cette bête, la difficulté à me concentrer s’était faite graduellement.

De toute façon, il ne me restait qu’environ trois heures de sommeil. Je tentai de lire et de relire la même bulle de dialogue, mais en vain. Les mots ne voulaient plus rentrer dans ma tête.

Découragé, je déposai à nouveau le numéro de l’homme-araignée sur la table et retentai pour la énième fois de m’endormir.

Cette fois-ci était la bonne, car mes paupières se refermèrent d’elles-mêmes. À peine une minute après avoir touché l’oreiller, massacre et hémoglobine revinrent troubler mon sommeil. Le rictus satisfait du roi des morts, gravé éternellement dans ma mémoire, refit son apparition et il se mit à assassiner les membres de ma famille à tour de rôle comme dans mes rêves précédents.

*

Le son du réveille-matin me réveilla en sursaut, quelques heures plus tard. À moitié endormi, je poussai un interminable bâillement tout en me passant la main dans mes cheveux ébouriffés. « Aujourd’hui sera une très longue journée ! » pensais-je, en manque d’énergie. J’enfilai des vêtements propres chiffonnés sur la commode de ma chambre et descendis l’escalier en me traînant piteusement les pieds.

Par l’une des fenêtres de la cuisine, le soleil éclairait entièrement la salle à manger où je fus forcé de me protéger les yeux, tellement il était éblouissant.

C’était le premier vendredi de ma première semaine à la polyvalente de Tracadie, ma ville natale. Je me souviens que je n’étais pas le plus enthousiaste des adolescents au retour des classes, mais bon, cette décision ne me revenait guère. Mes parents prévoyaient pour moi une grande carrière dans mon futur.

J’attrapai un bol propre dans l’une des armoires dans lequel je versai une poignée de céréales. Laissant ensuite couler un peu de lait entre les flocons d’avoine, je me retournai vers la table à manger plongée dans la lumière matinale et agressante.

Mon frère n’était pas encore debout. Bizarre ! Habituellement, il était toujours là avant moi.

— Marco ? Tu es réveillé ? criais-je d’une voix sèche et enrhumée.

Aucune réponse. Vraiment étrange, puisque je n’avais pas entendu mes parents se lever ce matin. Je me dirigeai silencieusement vers l’escalier. Aucun son ne se faisait entendre au deuxième étage. Je fis travailler mon ouïe avec insistance.

Soudain, un bruit sourd me parvint aux oreilles, provenant du couloir au premier étage. Je m’élançai sur la pointe des pieds. Mon cœur tambourinait fortement à l’intérieur de ma poitrine, mais je continuai tout de même d’avancer au milieu du corridor. J’étais certain d’avoir entendu quelque chose. « Je ne suis pas fou ! »

Au moment où j’allais tourner la poignée de la salle de bain, mon cœur s’arrêta aussitôt de battre. La porte s’ouvrit tel un coup de vent et Marco en sortit. Contrairement à moi, celui-ci affichait un large sourire sur son visage enfantin. Soulagé, j’émis un long soupir, tout en laissant le temps à mon rythme cardiaque de reprendre ses battements ordinaux.

— Tu as crié ? demanda Marco.

— Oui, je voulais vérifier si t’étais réveillé. Dépêche-toi, sinon on va arriver en retard à l’école.

— Je sais, mais j’ai faim ! se lamenta Marco en soutenant son ventre pris par d’inquiétants gargouillements.

— Alors, va manger, soupirai-je, d’un hochement de tête exaspéré.

Environ quatre ans nous séparaient, Marco et moi. Il pouvait passer son temps à se plaindre de son surplus de poids à l’inverse de moi qui était trop maigre. Pour l’instant, il était plus court, mais ce n’était qu’une question de temps avant qu’il n’atteigne ma taille. La seule activité qui nous unissait était les bandes dessinées que nous créions ensemble. Marco était doué pour faire les dessins, moi pour écrire les dialogues et des scénarios plus abracadabrants les uns que les autres. Notre amour pour l’univers Marvel se reflétait évidemment dans nos œuvres.

Je le rejoignis finalement à la table de la salle à manger où, indéniablement, il se gavait déjà d’un bol de céréales, sans même prendre le temps de respirer entre les bouchées. Je m’installai auprès de lui et avalai mon déjeuner aussi vite qu’une tortue.

— Tu as vu maman avant qu’elle parte travailler ?

— Oui, elle m’a promis qu’elle nous rapporterait de la pizza ce soir ! jubila celui-ci en croisant mon regard, les yeux étincelants et la bouche dégoulinante de lait.

— Génial ! répondis-je, avec autant d’enthousiasme.

Je ne pus m’empêcher d’observer mon jeune frère avec dégoût à cause du lait qui dégoulinait sur son menton et qui se répandait ensuite sur la surface de la table.

La pizza était notre mets préféré et l’est toujours à ce jour. Sauf que ce dernier pouvait en manger deux fois plus que moi. « Quel goinfre ! » C’était peut-être la raison pour laquelle j’étais si élancé à l’époque. Nous sommes tous différents les uns des autres, non ? Parfois, il m’arrivait de demander à nos parents si l’un de nous deux avait été adopté, mais ceux-ci se lançaient alors des regards complices remplis d’amour l’un pour l’autre et nous assuraient le contraire.

J’attrapai mon sac d’école, ainsi que mon manteau, à la volée, alors que nous nous dirigions à l’extérieur. C’était tout de même frisquet dans les régions au nord du Nouveau-Brunswick. Dès le mois de septembre, nous pouvions déjà sentir l’arrivée de l’hiver. L’herbe était sous l’emprise d’une fine couche de rosée matinale. Toutes les maisons de notre quartier, le frimas collé aux fenêtres, se reposaient d’une tranquillité naturelle. À peine le bout du nez au-dehors de notre demeure, un frisson intimidant me parcourut de la tête aux pieds.

Tous les matins, telle une routine des plus assommantes, nous marchions côte à côte, pendant plus de dix minutes, avant d’arriver devant la petite école où allait mon petit frère. Tandis que Marco s’éloignait d’un pas rapide vers l’établissement, je m’appuyais contre une pancarte d’arrêt à attendre mon meilleur ami : François. Il était le seul depuis notre tendre enfance. L’école primaire était notre lieu de rencontre et nous nous dirigions ensuite vers la polyvalente, laquelle nous avions pris le bonheur de surnommer « notre nouvelle prison ».

Alors que mes doigts atteignaient pratiquement le point de congélation, je l’aperçus au loin, s’avancer dans ma direction. François avait presque la même taille que moi, mais il était plus costaud. Avec sa démarche de bagarreur toujours prêt à l’attaque, il ressemblait à un tigre enragé. Ce n’était qu’en surface, car sous cette apparence de rebelle se cachait un jeune homme doux et attentionné.

Disons que, depuis que nous avions quitté notre ancienne école, nous étions considérés comme des rejets, contrairement à la plupart des adolescents de notre âge. Ce n’était pas grave, car jusque-là, nous tenions bien le coup, même si nous étions les sujets de moqueries de la part des autres jeunes.

— T’es prêt, Vieux ? m’interrogea François avec inquiétude.

— Pas vraiment, admis-je en prenant une pause. Je commence à regretter d’avoir provoqué Jean-Philippe. Il va me tuer…

— Ne le regrette surtout pas, l’ostie le méritait amplement ! Et puis, je vais être là au cas où ils décideraient de t’attaquer, lui et sagang, me dit-il en se grattant l’arrière de la tête.

— Merci, répondis-je les yeux rivés au sol, frigorifié.

— Si seulement quelqu’un d’autre était de notre côté aussi… marmonna François sur un ton plus sérieux que d’habitude.

Malgré les grelottements, François m’envoya une tape amicale dans le dos pour m’encourager. Je pouvais décoder les craintes qui trahissaient mon ami en croisant son regard. Je lui retournai sa tape afin de le soutenir à mon tour. Comme si nous nous préparions à affronter une mort certaine.

*

Tic, toc, tic, toc, tic, toc. Les aiguilles tournaient à une vitesse folle sur l’horloge accrochée au mur de la classe, pendant que l’enseignante, une dame d’un certain âge, parlait à l’avant de tous les élèves assis devant elle. Je m’étais mis à songer aux dernières minutes de ma pitoyable vie sur cette Terre. Je n’avais aucun doute que Jean-Philippe allait me démolir le visage durant la pause du midi. C’était une brute et c’est ce que font les brutes : tabasser les plus faibles qu’eux afin de valoriser leur estime de soi. « C’est la loi du plus fort ! Et dans ce cas-ci, les chances ne sont pas de mon côté… »

Je m’en voulais encore de m’être pris pour un héros la veille. J’avais simplement insulté Jean-Philippe pour qu’il cesse de tabasser un jeune élève et, automatiquement, j’étais devenu la nouvelle cible à abattre… « Ostie que j’ai été con ! » m’insultais-je. Je déposai la tête contre le pupitre pour me reposer un court instant, mais la voix de l’enseignante me fit sursauter sur ma chaise. Elle se tenait à mes côtés, penchée au-dessus de moi, me dévisageant d’un air autoritaire. Je me passais nerveusement la main dans les cheveux tout en haussant les épaules timidement.

— Ce n’est pas le moment ni le lieu pour dormir, Sébastien ! gueula-t-elle de sa voix forte en me transperçant l’âme de son regard froid.

— Désolé madame… bafouillai-je, rouge de honte.

Ce qui déclencha immédiatement des rires entre les adolescents de la classe. Je pouvais même entendre quelques-uns des élèves m’insulter à voix basse, pensant certainement que je ne les entendrais pas. L’enseignante leva les yeux en l’air en signe de désespoir, tout en poussant un soupir exaspéré.

Alors qu’elle retournait à son tableau, la cloche résonna dans toute l’école annonçant le début de la pause de midi, ainsi que mon arrêt de mort. Je traînai des pieds lentement vers mon casier, pour y déposer mes manuels scolaires. Je refermai doucement la porte de ma case. Avant même que je n’aie pu y insérer le cadenas, une violente poussée projeta violemment mon visage contre celle-ci. Je fus pris d’une insupportable douleur au nez. J’eus tout juste le temps de me retourner que je fis face à un énorme poing m’atteignant en plein sur l’œil gauche. « Jean-Philippe ! » Je perdis connaissance avant même d’avoir touché le sol…

2

LE PARTY

14 septembre 2001

J’ouvris les yeux, même si un mal intense me transperçait le crâne. Je fus soudainement aveuglé par une forte lumière blanche. Un pincement abominable parcourut les cartilages de mon nez lorsque je voulus me protéger le visage de ce faisceau éblouissant. Seule une voix résonnait dans mes tympans. Elle me paraissait lointaine.

— Ça va, Vieux ? demanda une voix que je reconnus aussitôt.

— François, mais qu’est-ce qui m’est arrivé ? lui retournai-je d’une voix rauque.

— Jean-Philippe t’a attaqué en traître. Il t’a étalé en un seul coup…

Une expression triste se dessinait sur le visage de François, qui normalement, était toujours joviale et loufoque en ma présence.

— Quel jour sommes-nous ? sursautais-je en dévisageant mon compagnon, sur le coup de la panique.

— La même journée ! ricana François. Ne t’en fais pas, on va avoir du fun en tabarnak à soir !

— Hey ! Surveille ton langage, jeune homme ! lança l’infirmière derrière nous.

— Désolé, madame, répondit celui-ci en roulant des yeux avec réticence. Tu vas vite t’en remettre, Vieux. Tu n’as qu’un œil au beurre noir et le nez un peu amoché.

— En espérant que JP me laisse tranquille, maintenant qu’il a eu ce qu’il voulait.

— Je ne crois pas que ce soit son genre d’abandonner ses proies si facilement, mais espérons-le, rajouta-t-il d’un clin d’œil, retrouvant peu à peu son humeur habituelle.

— Tu sais que tu es très encourageant comme ami, mais merci quand même.

François m’envoya un sourire en coin pour répondre à mon sarcasme et il m’aida ensuite à me remettre sur pied. Après les heures de cours, le retour à la maison fut bref et silencieux. Mes parents allaient sûrement me bombarder de questions, lesquels seraient, selon moi, une perte de temps. « Pourquoi est-ce que je leur mentirais ? Ils seraient fous de croire que la bagarre a commencé avec leur gentil garçon ! »

— À quelle heure t’aimerais aller au party ? m’interrogea François pour briser le silence entre nous.

— Je ne sais pas…

— Je passerais chez toi vers huit heures, OK ?

— Oui parfait, je t’attendrai, rajoutai-je d’un ton un peu plus enthousiaste.

— Peut-être que la belle et merveilleuse Roxy sera là, répliqua François pour me taquiner.

— Va donc chier ! Jamais une beauté comme elle ne voudra m’adresser la parole.

— Tu te sous-estimes peut-être un peu trop, non ?

— Non, pas assez… affirmai-je en baissant les yeux au sol.

— Sébas, tu dois tenter ta chance.

— Désolé, mais je ne crois pas être à la hauteur…

— Au moins, j’aurais essayé. À plus tard… termina François en marchant en direction de sa maison.

Un air maussade était estampé sur son visage. Je savais qu’il faisait son possible pour me remonter le moral, mais approcher Roxanne était hors de question.

— Oui, à ce soir, marmonnai-je en relevant la tête lentement.

Je distinguai mon meilleur ami disparaître derrière la colline qui séparait nos deux rues, un coucher de soleil magnifique au-dessus de nos têtes.

*

Un peu plus tard dans la soirée, après l’interminable interrogatoire mené par le « shérif » de la maison accompagné de son « adjointe », je réussis finalement à sortir de cette prison de fou pour rejoindre François qui se tenait à deux maisons de la mienne. Assis sur le trottoir, il fumait une cigarette sans aucune discrétion.

Nous savions très bien que nous n’étions pas censés fumer et boire de l’alcool à seulement quinze ans, mais quels adolescents suivent à la lettre les règlements de conduite de la vie qu’on leur impose ? En empruntant une ruelle hors de vue de ma maison, François me lança une cigarette, laquelle fut attrapée en plein vol, et que je m’empressai d’allumer.

— Alors, était-ce l’enfer avec tes parents ? entama François.

— Non, non, vraiment pas ! Quelques centaines de questions, rien de plus ordinaire ! répondis-je sarcastiquement.

— Tu vas voir, on va s’amuser comme des fous ce soir, s’esclaffa François d’un large sourire, la cigarette au bec.

— Je vais faire rire de moi avec mon œil au beurre noir et ce pansement à mon nez enflé.

— Non, ne t’inquiète pas.

— C’est où le party déjà ?

— Chez Fred, mon cousin, confirma François avec fierté.

— Ah oui ! Désolé, j’avais oublié, m’excusai-je en repoussant un caillou du bout de mon pied. Et Roxanne sera vraiment là ?

— Oui, pourquoi ? Tu penses mettre la machine en marche ? se moqua-t-il en me poussant l’épaule.

— Ta yeule ! criai-je, en sentant aussitôt mon visage s’enflammer, tellement j’étais gêné. Elle m’intéresse, c’est vrai. Roxanne est tout de même la plus belle fille de la polyvalente et la plus intelligente. Elle ne sait probablement pas que j’existe…

— À ta place, je n’en serais pas si sûr, laissa échapper François d’un sourire moqueur.

— Quoi ? Tu lui as parlé de moi ? Elle a parlé de moi ? m’exclamais-je, soudainement intrigué par ce que mon meilleur ami venait de me révéler. Je doute qu’une fille comme elle puisse s’intéresser à un gars comme moi.

— Ce sera à toi de le découvrir.

— Tu me fais chier, François ! hurlais-je, mais je ne pouvais pas le laisser s’en tirer comme ça. Tu sais quelque chose ! Allez, raconte-moi !

— Non, tu dois aller lui parler, bon !

J’abandonnai. C’était inutile d’essayer de le faire parler. Je sortis une bouteille de liqueur de la poche intérieure de mon manteau et en pris une grosse gorgée. Je n’en étais pas fier, car j’avais volé ce flacon dans le bureau de mon père. Avec la quantité d’alcool dont cette pièce renfermait, j’avais de gros doutes que celui-ci se rende compte de la bouteille manquante. La chaleur du liquide passa tout le long de ma gorge avant d’aller se propager dans le reste de mon jeune corps. « Pourtant, si bon. » J’étais loin d’être alcoolique, mais c’était une chose que j’aimais consommer pour me sentir bien et détendu, à l’époque. Enfin, non. Encore aujourd’hui, j’adore l’alcool.

La minuscule maison de Fred apparut devant nous, quelques instants plus tard. Une bande d’adolescents discutaient à l’extérieur, dont moi et François connaissions un peu. Alain, Julien, Gabriel et un autre adolescent dénommé Christian. Des jeunes musiciens allant tous à la polyvalente, mais pas dans le même niveau scolaire que nous. Alors qu’une deuxième cigarette s’enflamma au bout de nos lèvres, François ne put se contenir et demanda aux musiciens :

— Alors la musique, ça fonctionne bien ?

— Mêle-toi de tes affaires, ostie de rejet ! répondit Julien, sur un ton brutal.

— Nous ne sommes pas ici pour nous faire insulter, mais pour avoir du fun, articulai-je, tête basse, avant que la conversation ne dégénère encore plus.

— Ah oui ? rétorqua ensuite Alain en repoussant ses longs cheveux de couleur noisette et ondulés à l’arrière de ses oreilles. Et ce n’est pas toi qui t’es battu aujourd’hui ou plutôt, qui s’est fait étaler d’un seul coup ?

— Pas mal marrant comme combat, se moqua Gabriel en jouant avec son briquet fétiche.

Il avait la tête enfoncée au centre de sa chevelure aussi longue et foncée que celle d’Alain, mais moins ondulée.

— Farmez vos sales gueules ! gronda François, tout en serrant les poings. Viens Sébas, allons voir Fred.

Sans prendre le temps de finir nos cigarettes, nous laissions derrière nous la bande d’abrutis, lesquels riaient comme des hyènes, sous les rayons de la pleine lune qui rejoignait tranquillement le ciel étoilé.

À l’intérieur de la maison, on aurait dit une véritable fournaise, tellement l’air était chaud, suffocant même. « À moins que ce soit l’effet de l’alcool… » pensai-je. Une fine odeur de cannelle régnait dans la maisonnette.

— François ! rugit joyeusement Fred d’une autre pièce. Comment ça va ?

— Bien, et toi ? répondit celui-ci en exécutant une accolade avec son cousin, beaucoup plus enrobé que lui.

— En pleine forme. Ah ! J’vois, t’as emmené Sébas, remarqua l’hôte de la maison en dévisageant mes blessures sans aucune retenue.

— Oui, pourquoi ? Je n’aurais pas dû ? demanda François, choqué par sa réaction.

— Non, non, je ne savais pas, c’est tout, s’excusa Fred, lequel me fixait toujours en flattant un début de moustache et de barbe d’un simple mouvement. Les amis de François sont les bienvenus chez moi !

— Merci…

— À ce que je vois, il ne t’a pas manqué ce bon à rien de Jean-Philippe, continua celui-ci.

— Non, pas du tout, s’t’un crisse de traître ! lançais-je alors que je tâtais mon œil et mon nez avec délicatesse.

— Il n’a pas vraiment de plan lorsqu’il passe à l’attaque. Au moins, à ce que j’ai entendu, il est suspendu pour les deux prochaines semaines, récita Fred, content de répandre cette nouvelle.

— C’est excellent ça ! acquiesça François d’un rire puissant.

— Alors qu’est-ce que vous aimeriez boire avant que la p’tite fête débute réellement ? nous proposa gentiment Fred en frottant son gros bedon.

— Pour moi c’est bon, j’ai emporté de la vodka.

— Je prendrais bien une bière, réclama François.

— Je t’apporte ça, cousin. T’es sûr que tu n’en veux pas une aussi, Sébas ? insista-t-il sur un ton amical.

— Si tu le veux bien, d’accord. Merci Fred ! répondis-je avec autant de gêne qu’à l’habitude.

— Ça fait plaisir, termina-t-il en s’éloignant vers la cuisine. Faites comme chez vous.

Je n’avais jamais compris pourquoi ce jeune adulte organisait des soirées avec une foule d’adolescents de la polyvalente, alors qu’il avait déjà gradué, quelques années auparavant. Fred devait avoir vingt-deux ans environ et il n’était employé nulle part. « Comment fait-il pour vivre seul dans une maison ? » m’étais-je demandé. Et puis, entendons-nous, il n’était pas petit non plus. Cet homme avait un problème de poids et il ne se cachait pas pour le faire savoir à son entourage. Au cours d’une conversation avec François, il m’avait révélé que son cousin travaillait pour lui-même dans sa propre maison, mais il me parlait rarement de celui-ci. Je n’avais aucune idée de quel genre d’emploi Fred occupait.

— Très sympa ton cousin, affirmai-je.

— Oui, enfin, tout dépend avec qui. C’est bien, il a l’air de t’apprécier.

Plusieurs personnes entraient dans la maison et se dirigeaient vers le salon, dont quelques adolescentes plutôt jolies. Fred revint avec trois bières froides. Je m’empressai de dévisser le bouchon et en pris une grande lampée. « Rafraîchissant ! » Les musiciens entrèrent à leur tour et s’installèrent contre un mur du salon où tous les meubles avaient été aménagés dans une pièce voisine afin de leur faire place, ainsi qu’à leurs instruments. Ils étaient très talentueux et ils pouvaient interpréter des chansons de plusieurs groupes rock connus à travers le monde. De temps à autre, ils enchaînaient avec l’une de leurs compositions.

*

La soirée avançait bien et trop rapidement, selon moi. Toutes sortes de jeunes gens venaient faire un tour et ressortaient de la petite maison chaleureuse de Fred. Certains s’approchèrent de moi pour me parler et surtout pour savoir ce qui s’était passé à mon visage. J’avais dû raconter mon histoire au moins une bonne dizaine de fois, mais je n’en avais rien à faire. Pour une fois, j’avais de l’attention et j’eus, durant ces brefs instants, l’impression d’avoir plusieurs amis. Je savais que c’était idiot de penser ainsi, mais mettez-vous à ma place pendant un instant.

*

J’étais déjà ivre lorsque Roxanne fit son entrée avec quelques-unes de ses complices. Elle avait bien coiffé ses splendides cheveux bruns et elle était vêtue d’une mini-jupe blanche magnifique. Un ensemble qui mettait en valeur sa silhouette parfaite. Elles détournaient les regards de tous les jeunes hommes présents. De la cuisine, je pouvais savourer son doux parfum, un mélange de vanille et de fraises.

Elle m’envoya un sourire, que je lui retournai avec empressement. C’était un premier pas dans la bonne direction. « Pauvre imbécile ! » Je m’étais aperçu, par la suite, que ce n’était pas à moi qu’elle avait souri, mais à Fred. François me dévisageait au même moment et me donna une légère poussée dans le dos pour que j’aille enfin lui parler.

Au lieu de cela, je m’éloignai vers la porte d’entrée, une bouteille de bière à la main tout en ébouriffant ma chevelure indomptable de l’autre. « Comment puis-je trouver le courage pour parler avec Roxanne ? » me demandai-je en allumant la cigarette que je portais à mon bec.

Maudissant ma personnalité trop renfermée pour pouvoir communiquer avec la seule femme qui m’intéressait, je pris une dernière gorgée du liquide chaud et je lançai la bouteille vide. Celle-ci se fracassa contre l’asphalte et éclata en mille morceaux. La porte s’ouvrit lentement derrière moi et quelqu’un en ressortit, seul.

— Ça va, Sébas ? me demanda le jeune guitariste.

— Pourquoi ? Pour m’envoyer chier à nouveau ? répondis-je sur la défensive.

— Non, oublie ce qu’on t’a dit tout à l’heure, s’excusa Alain calmement.

— Qu’est-ce que tu veux ? l’interrompis-je, toujours sur le mode défense.

— Je venais seulement en brûler une, mais si tu n’veux pas de ma compagnie, j’peux aller fumer ailleurs.

— Excuse-moi, je ne suis pas trop d’humeur aujourd’hui.

— Je comprends. Jean-Philippe n’attaque pas loyalement à ce qu’on peut dire. Oublie-le, c’est juste un ostie de trou d’cul !

— Je ne me laisserais plus faire, relâchai-je avec un peu plus d’assurance.

— Si jamais tu as besoin d’un coup de main, nous sommes là, moi et les autres. Julien a déjà eu affaire avec lui l’année dernière et depuis ce jour, Jean-Philippe n’ose plus s’approcher de nous.

— Merci, acquiesçai-je d’un sourire.

— Il n’y a pas de quoi, lança Alain, sachant qu’il venait de me remonter le moral.

Je m’étais peut-être trompé à son sujet en fin de compte. Nous avons continué à parler, le temps de finir notre cigarette. Il me raconta que le groupe avait été fondé deux ans plus tôt et qu’ils rêvaient tous de partir en tournée un jour. Au commencement, Julien ne faisait pas partie de leur formation musicale, mais suite au départ du guitariste qui avait formé la troupe, Alain avait rencontré le nouveau membre dans un centre pour les jeunes. Il apprit, ce jour-là, que Julien était un joueur de guitare hors pair. Gabriel et Christian n’étaient pas enthousiastes au début, à cause du caractère belliqueux de l’adolescent. Avec le temps, la place de celui-ci au sein du groupe devint irremplaçable. J’essayai même de lui demander pourquoi Julien avait une attitude si agressive envers tout le monde. Alain ne souhaitait pas se prononcer sur ce sujet, c’était un secret qu’il avait promis de garder pour lui seul.

Quand il eut terminé, il lança son mégot au loin avant de repartir à l’intérieur. Au même moment où Alain mit le pied dans la maison, François vint me rejoindre sur le balcon d’à peine trois marches de haut.

— Qu’est-ce qu’il te voulait cet ostie-là ? gronda-t-il en serrant les dents.

— Alain est correct finalement. Il s’est excusé et il m’a juré qu’ils m’aideraient, lui et ses amis, au cas où nous aurions besoin d’assistance.

— Bien, mais je ne leur fais pas confiance, rétorqua aussitôt François d’un second grincement de dents.

— J’ai fini, rentrons. Il commence à faire plutôt froid, insistais-je en frictionnant mes bras fluets.

De retour dans la fournaise grouillante d’adolescents, Fred nous servit deux autres bières aussitôt que nous avons mis les pieds dans la cuisine. Roxanne était juste là, assise sur une chaise au centre du salon, écoutant ses amies dialoguer entre elles, tout en tapant du bout du pied au rythme de la musique ambiante. Nos regards se croisèrent. Elle m’envoya un petit sourire timide. « Cette fois, ce geste m’était destiné… » Au lieu d’aller lui parler, je me dirigeai lamentablement vers la salle de bain au fond du couloir.

Tout en m’observant dans le miroir, je me demandais qu’est-ce qui ne fonctionnait pas dans ma tête. « Je ne vais certainement pas passer ma vie à admirer Roxanne de loin et à lui envoyer des sourires niaiseux ! Je dois tenter ma chance… Et ce soir, c’est le bon moment pour engager la conversation avec elle. » François avait raison. Je m’en souviens comme si c’était hier. À ce moment précis, j’étais enfin prêt à aller la voir, même si je ne savais pas quoi lui dire.

*

Quelques minutes plus tard, je quittai la salle de bain et en retournant vers le salon, mes jambes se figèrent sur place. Je restai paralysé sur place, terrifié par l’être devant moi. Mes yeux ne pouvaient pas se détacher de la brute, Jean-Philippe, qui venait de faire irruption dans la maison. « Il n’a pas été invité pourtant ! Mais… qu’est-ce qu’il câlisseicitte ? ». Lui et ses deux complices : Bill et Wayne. Bill était un nouvel étudiant africain, lequel voulait à tout prix faire partie du cercle d’amis de Jean-Philippe. Quant à Wayne, François et moi le surnommions discrètement « l’œil de vitre » à cause d’un accident survenu lorsqu’il n’était qu’un enfant et qui avait laissé une énorme cicatrice du front jusqu’au milieu de la joue, provoquant ainsi la perte de son œil droit.

Jean-Philippe se dirigea avec empressement vers Roxanne et tenta de l’embrasser, elle s’obstina à le repousser avec ses coudes. J’eus soudainement envie de faire un mouvement dans leur direction, mais je m’abstins en repensant à mon visage déjà défiguré par le poing de celui-ci. Le pincement de mon nez obligea mes deux jambes à rester sur place.

— Laisse-moi tranquille, gros crisse de pervers ! rugit celle-ci sous les regards effrayés des invités.

— Embrasse-moi, s’il te plaît ! Fais-moi plaisir ! Nous pourrions avoir beaucoup de plaisir ensemble ! continua de la harceler Jean-Philippe.

Sur un ton agaçant, il se mit à frotter son entre-jambes au travers de son pantalon sans aucune gêne en présence de tous les témoins. Personne n’osait s’interposer, par peur de représailles.

— As-tu fini, tabarnak ? répéta-t-elle, alors que la seconde main de celui-ci se dirigeait vers l’intérieur de son décolleté.

Ce fut plus fort que moi, je m’avançai vers Jean-Philippe et lui envoyai une tape contre le dos du bout de mon index. Il eut tout juste le temps de se retourner que mon poing rencontra son nez, comme il l’avait fait avec moi au cours de la journée.

Bien sûr, ce n’était qu’une petite rêverie de mon imagination débordante. Car l’abruti en question, apparemment ivre, était toujours penché au-dessus des adolescentes, les harcelant les unes après les autres pour les embrasser et les forcer à faire d’autres choses avec lui. Jusqu’à ce que l’une d’entre elles, Naomi, qu’il venait de traiter de « salope », décide de jouer la comédie et de l’embrasser passionnément. Profitant de son manque d’attention, elle lui flanqua un coup de genou bien logé entre les deux jambes. La brute tomba à la renverse en se tortillant sous une douleur atroce. Bill et « Œil de vitre », lesquels n’avaient pas bougé d’un poil devant les gestes scandaleux de Jean-Philippe, soulevèrent celui-ci et le trimballèrent hors de la demeure, sous les exclamations joyeuses des invités.

— Il était temps, crisse de con ! jubila Fred, lequel détestait la violence. Sébas vient icitte !

Je me dépêchai de rejoindre Fred et François, assis à la table de cuisine, complotant je ne sais quoi. « La conversation avec Roxanne devra attendre encore un peu… » m’encourageai-je.

— Oui ? demandai-je en regardant les deux jeunes hommes d’un air interrogateur.

— Nous avons jasé de notre soirée « films d’horreur » qu’on a planifié pour demain. Il est intéressé à se joindre à nous, suggéra François.

— Si tu es d’accord, bien sûr, reprit respectueusement son cousin.

— Je n’ai rien contre cette idée, m’exclamais-je. Nous avons plusieurs vidéos de tous les genres. Des classiques des années soixante jusqu’aux récents longs métrages.

— J’adore les films d’horreur, en particulier ceux avec des araignées géantes ! s’esclaffa Fred.

— Je déteste ces satanées bestioles ! frissonna aussitôt François, la bière à la main.

— Vous parlez de quoi, les gars ? nous interrompit une voix douce et angélique, derrière moi.

« Depuis quand est-elle derrière nous ? » Roxanne. Toute la chaleur de mon corps me remonta au visage en reniflant l’effluve divin. Ma peau passa du blanc au rouge en moins d’une seconde, alors que je l’apercevais se mordiller innocemment la lèvre inférieure. Ne sachant plus quoi faire de mon être, je me relevai d’un coup sec et je me précipitais vers la salle de bain, une seconde fois, sous le regard incrédule de la belle adolescente. Tout en reprenant mon souffle, je fixai mon reflet au travers du miroir.

« Jamais… Jamais je ne trouverai le courage de lui parler. Elle est beaucoup trop cute ! » Quelqu’un cogna ensuite à la porte, m’arrachant à mes pensées. « C’est peut-être elle ! » J’espérais que ce ne soit pas Roxanne.

— Vieux ! Ça va ? demanda mon meilleur ami, au travers de la porte.

— Oui, je vais bien.

— Tu as trop bu ou quoi ?

— C’est ça ! Je vous rejoins dans quelques instants, balbutiais-je.

Je repris tranquillement mes esprits et me dirigeais ensuite vers la cuisine où je remarquai l’absence de Roxanne de manière expressive.

— Elle vient tout juste de partir, Vieux. Meilleure chance la prochaine fois ! se moqua François à mes dépens.

— Quoi ? Tu es intéressé par Roxanne ? Fallait le dire, nous sommes amis depuis longtemps et je pourrais te la présenter, promit Fred, en m’envoyant un grand sourire.

— Non, c’est correct, l’interrompis-je, je vais tenter ma chance un autre jour. Dans une autre vie peut-être…

La musique s’estompa et les musiciens rangèrent leurs instruments minutieusement au fond de leur étui. Tout d’un coup, la maisonnette avait retrouvé son calme du quotidien. Les adolescents sortaient de la demeure tranquillement, interrompant leur discussion enflammée pour saluer et remercier Fred de les avoir invités. Les musiciens arrivèrent au centre de la cuisine et rejoignirent l’hôte de la soirée à la table.

— Vraiment très bon les gars ! Combien je vous dois ? demanda Fred en regardant les rockeurs amateurs.

— C’est toi qui paies, c’est toi qui décides ! railla Julien, toujours de la même façon qu’il s’était adressé à nous à notre arrivée.

— Je vous donne deux cents dollars, mais la prochaine fois, je veux que vous interprétiez quelques morceaux d’Iron Maiden ! C’est d’accord ? Et je vous paierai plus.

— Nous y penserons ! affirma Alain avec un sourire sur les lèvres, pour enterrer les grognements de Julien.

— Je suis content que vous ayez pu venir.

— Au fait, une soirée de films d’horreur vous intéresse ? suggérais-je aux rockeurs, la tête basse pour éviter tout contact avec leurs yeux.

— Oui, pourquoi pas ! répliqua rapidement Gabriel qui avait eu une discussion avec Alain, un peu plus tôt.

— Moi, je n’aime pas les films d’horreur, déclara Christian en nous regardant de haut, son mohawk dirigé vers l’arrière.

— Chez toi ? aboya Julien qui me dévisageait amèrement.

— Ce serait bien, cracha Alain d’un ton moqueur à son ami, lequel poussa une deuxième série de grognements. Ne t’en fais pas, ces idiots ne pensent jamais à s’amuser !

— Non, je suis vraiment partant, s’exclama le bassiste, pour être sûr que nous l’avions bien entendu la première fois.

— Merci, concluais-je.

— De rien, me lança Gabriel avec autant de joie.

— Ne comptez pas sur moi ! Je ne suis pas votre ami, vous savez où vous pouvez vous la mettre cette soirée pyjama, gronda Julien sur son chant habituel.

— Cessons de nous plaindre et allons dormir ! l’interrompit Alain en riant, alors qu’il poussait Julien vers la sortie.

— Salut les boys ! lança Fred au bout de la table. Attention à vous !

— À la prochaine ! saluais-je à mon tour.

Les quatre musiciens sortirent de la maison avec tous leurs équipements. Je les regardais partir. « Mes nouveaux amis ! » Enfin, j’espérais que certains le deviennent.

— Nous avons maintenant quelques fous de plus, c’est bien non ? s’exclama François en se grattant l’arrière de la tête.

— Oui, confirmais-je avec autant d’enthousiasme en me passant la main dans mes cheveux entremêlés.

— Bon, ce n’est pas que je veux vous jeter dehors, mais je suis fatigué ! bâilla longuement Fred ce qui faisait bondir son bedon entre ses mains.

— Ouais, moi aussi !

— Au revoir, Fred, content de t’avoir rencontré ! remerciai-je sur un ton amical.

— Content aussi d’avoir enfin fait ta connaissance !

— Au revoir, cousin ! salua François en brandissant la main.

Nous nous retrouvions en plein cœur de la nuit, quelques secondes plus tard. L’air était devenu plus frais et venteux. Je pouvais même ressentir la brise mordre la chaleur de ma peau. Un frisson me parcourut le corps au complet telle une énorme décharge électrique. Nos souliers crissaient contre l’asphalte, maintenant humide, presque glacé.

— Par quel film va-t-on débuter cette soirée mémorable ? demanda François, pour briser le silence.

— Nous pourrions commencer avec La nuit des morts-vivants, lui répondis-je, sachant que c’était notre film préféré à tous les deux.

— La version de ١٩٩٠ ?

— Hum ! Peut-être oui, acquiesçai-je d’un air songeur, j’aime mieux la version originale, mais je ne l’ai pas.

— J’ai une copie à la maison, tu devrais venir faire un tour demain après-midi. On choisira des films dans ma collection.

— Génial ! m’exclamais-je. Nous nous verrons demain !

Je pris la bouteille de vodka et bus d’un trait le dernier quart de celle-ci. Des étoiles se mirent à tourner autour de moi. Je tentai de reprendre mon équilibre en fixant un objet, ce qui m’aida amplement à me ressaisir. Aussitôt arrivé devant ma maison, je saluai François d’un mouvement faible de la main. En entrant chez moi, je titubais maladroitement, manquant de renverser le porte-manteau qui s’était entremêlé entre mes pattes sous le contrôle et l’influence de l’alcool. J’espérais faire le moins de bruit possible, car je ne voulais pas réveiller mes parents à l’étage.

Pas de chance de ce côté-là, car mon père et ma mère m’attendaient de pied ferme en haut de l’escalier. Je venais de signer mon deuxième arrêt de mort en moins de vingt-quatre heures, avec cette odeur d’alcool et de cigarette qui était restée collée à mes vêtements.

3

L’AUBE DES MORTS-VIVANTS

15 septembre 2001 – 12 h 11