Nept - J. Johhn - E-Book

Nept E-Book

J. Johhn

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Beschreibung

"Nature s'affaiblit à grand pas tandis que le mal prend de l'ampleur.
Nept le ressent et sait qu'il doit à tout prix réussir sa mission: trouver le cœur rare au plus vite!
Heureusement, aidé du chevalier Lohil, Nept et sa compagnie savent où se rendre: la cité de Malïäë.
Depuis leur départ d'Evolior, nos deux Evolton ne cessent de se découvrir, d'apprendre et se révèlent être bien plus humains que certains hommes.
Entourés d'une compagnie bienveillante et loyale ,Vel et Nept vont, malheureusement, devoir apprendre à se débrouiller seuls, dans un environnement empoisonné par le mal.
En ressortiront-ils indemnes?
De leur côté, Droke et son armée se dirigent dangereusement vers la cité, saccageant et détruisant tout sur leur chemin.
Qui de l'amour ou de la violence parviendra à se procurer le cœur rare en premier? Une chose est sûre, les conséquences ne seront pas les mêmes."


À PROPOS DE L'AUTEUR 

J. JOHHN est né à Orléans. Il trouve refuge dans l'écriture pour fuir une enfance difficile.
Il commence alors à écrire des chansons pour extérioriser son mal-être.
Son imagination étant son meilleur ami, il décide de le pousser plus loin en créant son propre univers.
Plus tard, il emménage dans le Sud de la France , où il tombe amoureux du paysage qui deviendra l'une de ses inspirations.
Déçu par l'homme, il préfère la nature et veut la défendre et la mettre en avant, à travers ses histoires.

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Veröffentlichungsjahr: 2023

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NEPT

 

 

 

 

Le soulèvement des Evolton

 

TOME 2

 

 

 

 

 

JJohn

CHAPITRE 19

Le bois des géants

 

 

Le chevalier LÖHÏL ouvra naturellement la marche brandissant son épée pour se débarrasser du feuillage qui lui barrait la route.

Son geste ne passait pas inaperçu aux yeux des EVOLTON qui lui demandèrent d’utiliser une autre méthode que celle de l’abattement d’innocentes herbes hautes, lianes, branches et j’en passe…

 

LÖHÏL : « Comment voulez-vous avancer si je ne nous fraye pas un chemin ? »

 

NEPT : « Il y a forcément un autre moyen. »

 

LÖHÏL : « Celui de faire de grandes enjambées pour aplatir ? Mais comme tu peux le voir, je suis aussi souple que mon épée. Alors… qui se voit réaliser cette tâche, jusqu’au bout ? Croyez-moi, nous allons nous fatiguer plus vite et avec votre taille, si je ne vous ouvre pas la voie correctement, votre chemin sera plus compliqué que le nôtre. »

 

VEL : « J’ai une autre solution à proposer. » Dit-elle en regardant la cime des arbres. « Et si nous grimpions tout en haut, et que nous traversions LE BOIS DES GÉANTS par son sommet, et non par sa base ? »

 

ORRID : « Tu n’es pas sérieuse, j’espère ? Comment ferons-nous pour avancer ? Se balancer d’arbre en arbre. De plus, il nous a dit qu’ils étaient extrêmement hauts. Nous allons perdre un temps fou. »

 

VEL : « LÖHÏL a dit, tout à l’heure, que d’épaisses et larges feuilles s’y trouvaient. Nous pourrions y marcher dessus. Certes, la montée sera longue, mais une fois en haut nous serons à l’abri de ce qu’il y a à l’intérieur et personne détruira quoique ce soit, avec une arme. »

 

BRAS : « Pensez-vous que cela soit faisable ? » Interrogea-t-il le chevalier.

 

LÖHÏL : « Et bien…étrangement, je pense que cette solution est envisageable. Nous allons grimper un bon moment, mais en effet ce sera plus rapide et peut-être moins fatiguant que d’escalader toute cette nature au sol comme : les rochers, les troncs, les immenses racines et j’en passe… en permanence jusqu’à la sortie. Nous éviterons également toutes les créatures que nous pouvons croiser, comme dans n’importe quelle forêt. »

 

NEPT : « Alors, qu’attendons-nous ? Ne perdons plus de temps. »

 

LÖHÏL : « Avant d’entreprendre notre ascension, je tiens à vous mettre en garde. N’ayant jamais côtoyé cette partie du bois il vous faudra être très prudent et vigilant. Les vents risqueront d’être forts et espérons que la pluie ne vienne pas s’en mêler. Une dernière chose : je veux que nous votions afin que nous soyons tous d’accord sur ce que nous allons faire. Si l’un ou l’une d’entrenous vient à tomber et qu’il s’en sort, par je ne sais quel miracle, il devra se débrouiller seul pour s’en sortir. Les autres devront continuer la traverser, au risque de tomber dans la précipitation et mourir. Un miracle ne se produira certainement pas deux fois. Redescendre par ces arbres serait plus dangereux que de les escalader. Me suis-je bien fait comprendre ? Si cela venait à se produire, nous nous attendrons à la sortie, au gouffre du volcan. Vous ne pourrez pas le manquer. C’est un immense trou avec de l’eau chauffée, situé au pied du bois. C’est là que nous patienterons.»

 

Un silence de peur venait prendre place au sein du groupe, mais tous donnaient l’impression d’être habités par une assurance comme si, finalement, ils acceptaient déjà leurs sorts. Peut-être s’étaient-ils habitués à faire face aux dangers ?

 

LÖHÏL : « Que ceux qui désirent emprunter LE BOIS DES GÉANTS de l’intérieur lèvent la main. » Ordonna le chevalier, comme s’il dirigeait une armée.Seulement deux mains firent leurs apparitions dans les airs : Celles de BRAS et d’ORRID qui semblaient vouloir, malgré tout, être raisonnables en gardant les pieds sur terre.

 

LÖHÏL : « Pour ceux qui souhaitent le traverser par son sommet, lever la main. ».

 

Sans surprise, VEL, NEPT et LÖHÏL levèrent leurs mains, suivis d’une nouvelle fois de celle de BRAS, qui laissait parler son côté aventurier.

L’itinéraire était donc tout tracé, au grand désespoir d’ORRID qui était prêt à soudoyer pour renégocier le chemin à prendre.

 

Il restait plus qu’à voter pour la conscience d’abandonner un ami, si toutefois un malheur se présentait.

 

Cette fois-ci, les mains ne se prêtaient pas au rendez-vous. Il était impensable d’imaginer cette situation. Eux, qui avaient créé des liens très forts, ne se voyaient pas en cas de danger de

continuer comme ci de rien n’était. La solidarité, l’entraide et la bienveillance étaient, là, l’une des devises du groupe.

 

LÖHÏL : « Très bien. Nous verrons comment se dérouleront les choses. Sachez que je ne prends pas cette décision par plaisir. Je veux seulement que vous réalisiez que la mort nous guette plus facilement, au-dessus du vide. Il vous faudra faire des choix pour éviter que la mort soit une issue pour chacun de nous. »

 

Ne cherchant plus à les convaincre davantage, voyant bien que cela était une perte de temps, le chevalier garda sa langue prisonnière derrière ses barreaux jaunâtres. Il s’élança, d’un pas de chef, plus profond dans LE BOIS DES GÉANTS, prenant une petite avance sur la compagnie, qui remarqua que le chevalier s’était, quelque peu, vexé.

 

L’un d’eux lui dit, d’une voie bien portée :

 

« Sache qu’il en sera de même pour toi ! Nous ne t’abandonnerons pas, si tu tombes! »

Cette phrase, bien intentionnée, décocha un sourire à notre chevalier qui se sentit rassurer, tout de même, de compter pour la compagnie.

Les voilà donc tous partis dans LE BOIS DES GÉANTS suivant LÖHÏL, qui faisait un passage en prenant soin d’étaler les obstacles, pour faciliter le passage, respectant la volonté des

EVOLTON.

Ils y pénétraient en poussant les feuilles d’un arbre pleureur, comme s’ils ouvraient un rideau.

Une fois dedans, les fines branches, à la forme retombante de l’arbre, étaient soudainement devenues un mur végétal immense qui donnait l’impression de ne plus pouvoir sortir de ce lieu.

Le spectacle, qu’ils découvraient, était incroyable. NEPT et VEL se sentaient comme chez eux.

Tout y était tellement vert et majestueux. Les couleurs étaient plus vives les unes que les autres.

Des champs de papillons voltigeaient partout, devant eux.

Il n’y avait pas de demi-mesure, c’était poussé à la perfection. Les échos des chants d’oiseaux y résonnaient en abondance. LÖHÏL n’en n’avait pas rajouté. Tout y était immense.

Pendant que tous restaient subjugués par la beauté de cet endroit, le chevalier ne perdit plus de temps et commença l’ascension d’un interminable sapin, aux épines quasi vertes fluorescentes. La sève, qui en coulait le long de son tronc, était encore plus dorée que l’or et plus collante qu’une toile d’araignée, prenant au piège son diner.

Il n’avait pas choisi cet arbre au hasard. Le sapin, contrairement à d’autres, possède de multiples branches rapprochées.

Cela fait de lui un allié important pour atteindre les nuages assez rapidement avec un minimum de risque de chute.

LÖHÏL : « Hâtez-vous ! Il faut que nous arrivions au plus vite, avant que le soleil n’aille se reposer. Je ne souhaite pas m’endormir enroulé sur une branche comme un paresseux. » 

Tout en continuant à observer le bois, qui semblait infesté de magie tant il paraissait irréel, un à un, ils grimpèrent avec entrain, en s’imaginant ce qu’ils allaient découvrir une fois tout là-haut.

Les premières prises semblaient annoncer une montée relativement facile, mais avec tout de même, une dépense en énergie assez importante, en vue de la hauteur à parcourir.

Ne pas aller trop vite et prendre correctement son souffle, sans trop inspirer pour ne pas sombrer sous l’emprise de l’oxygène des arbres, là étaient les consignes à retenir pour ne pas s’épuiser trop vite.

Pendant ce temps, tandis que certains jouaient les varappeurs, d’autres gagnaient du terrain endirection de la cité.

Les JARKIT ne prenaient guère le temps de se reposer. La route était longue, mais pour DROKE la vengeance l’aidait à garder le rythme, obligeant ses soldats à ne pas ralentir le pas.

Du haut d’une colline, légèrement en retrait de la direction qu’empruntait l’armée, l’inconnu etson étalon continuaient leur filature.

Leurs capes de camouflages, s’agitant sous le vent. Impossible

pour eux, donc, d’être repérés.

Mais malgré une apparence quasi invisible, l’odeur qu’ils émanaient se baladait avec le vent, allant se perdre dans les narines de DROKE qui sentait qu’ils n’étaient pas les seuls sur la route.

Il décida, néanmoins, de ne pas s’arrêter pour si peu, car à vue de nez, cela ne valait pas la peine de dénicher cette odeur, pour y trouver finalement un très faible festin.

 

Il était préférable pour son armée de ne pas manger, que de provoquer une frustration qui les aurait menés à s’entre-tuer. 

DROKE : « Du nerf ! Nous ne sommes plus très loin de notre récompense, mes frères. Je sens d’ici un troupeau de moutons qui pourra vous rassasier, en attendant, à la prochaine colline.»

 

S’écriait-il pour motiver ses troupes, et par la même occasion de passer pour un bon roi récompensant ses disciples.

Quelques heures et mètres plus tard, loin de là, la compagnie était enfin sur le point d’arriver au sommet.

Les muscles des bras, ainsi que la force mentale, se voyaient disparaître à chaque branche sure laquelle ils s’accrochaient.

Mais plus ils se rapprochaient et plus ils sentaient cet air frais, qui les attendait avec une douce brise, qui s’accompagnait d’un repos bien mérité. Encore un petit effort et la récompense allait

être de taille.

 

ORRID portait VEL accrochée sur son dos et BRAS en faisait de même pour NEPT.

L’ascension, l’effort et le mental rajoutent du poids supplémentaire, cela achevaient nos deux robustes compa-gnons. Mais pas le choix.

Nos EVOLTON, de par leur petite taille, avaient enduré deux fois plus d’effort et gaspillaient deux fois plus d’énergie. Même s’ils avaient la rage et l’envie de continuer seuls leurs petits corps parlaient pour eux les obligeant à dépendre de la force de leurs amis.

 

LÖHÏL, qui était moins emprunté, pouvait se permettre d’aller plus vite.

Mais ayant convoité un peu trop la confiance, il pensait être capable d’y arriver sans aide. Il se fit surprendre par une branche qui n’avait pas supporté son poids, en vue des multiples fissures qu’elle possédait.

Le manque d’observation de la part de notre guide allait lui coûter très cher. Celui-ci bascula en arrière et tomba sur les branches, qu’il avait escaladées un peu plus tôt.Dans sa chute, il perdit connaissance, dû aux nombreux chocs encaissés.

Mais c’était sans compter sur le bon et dangereux réflexe de NEPT qui s’éjecta du dos de BRAS, sans réfléchir, pour le rattraper au vol.

Il se fit à son tour attrapé par les mains de BRAS qui, lui, se retenait grâce à la force de ses jambes enroulées entre deux branches solides.

Une chaine humaine venait de se créer au-dessus du vide.

ORRID se trouvait juste en dessous, le visage en face de celui du chevalier, inconscient et à l’envers.

 

Il put aussitôt alléger les muscles tétanisés de BRAS, en faisant glisser LÖHÏL sur ses larges épaules pour le porter comme un animal mort.

 

VEL, qui se trouvait sur le dos du JARKIT, avait laissé sa place pour rejoindre NEPT et l’aider à se remettre dans une posture plus confortable.

 

BRAS : « Ça va aller ORRID, pour le porter jusqu’en haut ? »

 

ORRID : « Disons que le poids de VEL était plus appréciable… mais je devrais m’en sortir. »

 

NEPT : « Nous allons nous placer autour de toi pour t’aider à le hisser. On ne sait jamais. »

 

ORRID : « Ne vous en faites pas pour moi. Grimpez ! Votre aide ne servirait à rien si ce n’est vous épuisez davantage. Si je viens à tomber, aucun de vous ne pourra me retenir. Je vous embarquerai tous avec moi, dans ma chute. Allez-y, montez ! Je vous rejoins au plus vite. »

 

Culpabilisant de laisser leur ami supporter cette lourde charge, ils grimpèrent tous en prenant soin de dégager le passage, des branches instables, d’écorces un peu trop pointues, pour lui faciliter au mieux l’escalade.

Heureusement pour ORRID, qui fournissait un effort considérable à la verticale, il ne lui restait que peu de temps avant t’atteindre la dernière branche qui le mènerait sur une immense feuille,d’une plante voisine, bien verte et luxuriante, de Colocasia.

Ces feuilles ont une allure exotique en forme d’oreilles d’éléphants, dont les racines et la tige étaient anormalement gigantesques, au point de toucher le ciel.

 

LE BOIS DES GÉANTS était principalement composé de cette variété de plantes, qui s’avérait être plutôt des arbres dans cet endroit magique. Quelques autres sortes de végétations, comme

dans la plupart des forêts, abordaient aussi les lieux aux tailles inimaginables.

Il y avait, au bout du compte, en y regardant de plus prêt, pas autant d’arbres que cela. Le bois était plutôt comme un vaste jardin bien garni, mais à grande échelle.

 

Attention ! En revanche quand les vrais arbres se présentaient : leurs dimensions étaient incroyables, au point de les confondre avec des montagnes.

 

BRAS : « Encore un petit effort, ORRID. » Dit-il pour motiver notre

 

JARKIT, épuisé.

 

Les voici enfin tous réunis au sommet, affalés sur cette énorme feuille qui empiétait sur le sapin.

Ils étaient essoufflés, assoiffés et éreintés comme des soldats s’étant battus toute la journée, observant le résultat du combat, qu’ils venaient de mener.Mais avant de relâcher la pression, ils prirent tous le soin d’allonger LÖHÏL confortablement dans le creux de l’énorme feuille. VEL utilisa une fois de plus sa potion réparatrice, qu’elle appliqua sur les tempes du chevalier pour le soulager de ses traumatismes.

NEPT, qui connaissait parfaitement la nature, eut le réflexe d’écorcher légèrement la feuille de Colocasia afin d’en extraire quelques gouttes vivifiantes. Il fit cet acte après avoir demandé la permission à la plante, qui semblait avoir agréé à sa demande en faisant une légère action de haut en bas grâce à l’aide du  vent, comme le ferait un homme avec sa tête pour dire : « oui ! »

Cette feuille était si large, si longue et si épaisse que lorsque NEPT la perça l’eau venait à jaillir comme l’évent d’une baleine.

 

La déshydratation n’était plus un souci. Ils en profitèrent, tous, pour remplir les gourdes et se débarrasser des traces et odeurs que l’effort leur avait offert.

Quoi de mieux, après avoir sollicité les muscles un long moment, que de l’eau et un peu de repos ?

La nuit venait tout juste de tomber.

Complètement sur les rotules, la compagnie décida d’en faire de même avec leurs paupières.

Une fatigue générale et si pressante que le repas pouvait bien attendre jusqu’au lendemain.

Les couvertures étaient inutiles, car la soirée était douce et chaude malgré l’altitude.

Les conditions étaient parfaites pour passer une nuit agréable et magique en étant aussi prêt des étoiles.

Ils s’étaient tous endormis autour du chevalier, confortable-ment installés sur un sol des plus original.

La lune, qui terminait son chemin dans le champ de la nuit laissait place au soleil.

 

Les premières lueurs, qui annonçaient une journée paisible et douce, venaient ouvrir les fleurs géantes du bois, en même temps que les yeux de nos camarades. Notamment ceux de notre chevalier, qui avait fini par reprendre ses esprits.

Pensant encore être dans la journée précédente, il se réveilla en sursaut se demandant comment il était arrivé jusqu’ici. 

LÖHÏL : « Que s’est-il passé ? »

 

VEL : « Ravi de vous retrouver parmi nous ! Disons que… »

 

Coupée au début de son récit elle fut interrompue par ORRID, qui n’attendait que ce moment pour taquiner notre guide.

 

ORRID : « … Disons que si ce petit EVOLTON n’avez pas joué les singes acrobates, ton postérieur aurait remplacé ta nuque. » Dit-il aux éclats, luttant à terminer sa phrase.

 

LÖHÏL : « Je suis ravi de te réveiller dans une aussi bonne humeur. »

 

NEPT : « Il te taquine. Enfin, je crois ! Mais sache que sans lui et sa détermination, tu n’aurais pu avoir un aussi bon réveil. »

 

LÖHÏL : « Comment ça ? Je ne comprends rien. »

 

BRAS : « Pour la faire courte : vous avez été assommé. Vous êtes tombé. NEPT a sauté pour vous rattraper. Je l’ai retenu, suspendu par mes jambes. ORRID vous a récupéré, puis porté jusqu’en haut sur ses épaules et pour finir nous voici reposés, après une bonne nuit de sommeil. »

 

LÖHÏL : « J’ai passé toute la soirée, inconscient ? Il s’en est passé des choses. » S’écria-t-il surpris du temps écoulé. « Je tiens à tous vous remercier pour votre aide. Merci en particulier à toi, mon cher NEPT, pour ton courage, et merci ORRID, pour ta bienveillance. Vous êtes tous incroyable dans votre genre et c’est ce qui fait la beauté, l’originalité et la force de votre compagnie. J’essaierai de veiller aussi bien sur vous, comme vous l’avez fait avec moi. »

 

NEPT : « Tu fais partie également de cette compagnie. Tu le sais ?   Nous veillions tous les uns sur les autres. »    

 

ORRID : « Ce que j’ai fait pour toi est normal. Tu n’as pas à me remercier . Malgré  nos antécédents, tu en aurais fait de même. »

 

LÖHÏL : « Oui, vous avez très certainement raison. Cela me va droit au  cœur.Enfin,sans vous  offenser ! »                                  S’exclama-t-il gêné de parler de son cœur, en connaissant la situation des EVOLTON.

 

NEPT : « Ne sois pas mal à l’aise. Je ne vais pas t’en vouloir d’avoir un cœur. Il me tarde simplement de posséder le mien et de sauver ce qui peut encore l’être. »

 

BRAS : « Ne t’en fais pas là-dessus, mon ami ! Tu pourras tout et tous nous sauver. »

 

NEPT : « Puisses-tu avoir raison. »

 

VEL : « Et si nous reprenions la route pour le savoir ? Ce n’est pas en restant là que nous aurons la réponse. » Dit-elle d’un ton quasi autoritaire, avec une pointe d’agacement, qui surpris tout le monde.

 

NEPT : « Et bien… tu sembles aussi déterminée que moi, d’après ton intonation ! »

 

VEL : « Veuillez m’excuser ! C’est juste que… non, rien ! »

 

VEL semblait ressentir les premiers effets de la contrariété qui avait apporté de vives douleurs en elle. Une chose était sûre : elle n’était pas dans son humeur habituelle.

Qu’est-ce qui avait bien pu provoquer cela ?

Toujours est-il qu’il était mieux, pour l’heure, de la laisser s’apaiser plutôt que de chercher à la réconforter dans l’immédiat, et ça, BRAS l’avait bien remarqué.

Ne voulant laisser le malaise s’installer plus longtemps BRAS décida de revenir sur la question que VEL avait proposé.

 

BRAS : « Je suis d’accord avec ma petite EVOLTON. Il vaudrait mieux que nous entamions au plus tôt cette journée, afin d’atteindre la sortie de ce bois. »

 

ORRID : « Je suis du même avis ! » S’écria-t-il en observant sa tendre amie qu’il l’inquiétait au vu son attitude.

 

NEPT ne sut quoi dire sur le moment, face à cette réaction soudaine. Déstabilisé, il suivit le départ précipité de la compagnie.

Il espérait, malgré tout, réussir à comprendre celle qui s’était jetée sans hésitation dans son aventure, sans la moindre certitude de réussite.

Dans une légère et courte tension, ils rassemblèrent leurs effets et suivirent le chevalier, qui avait repris du poil de la bête, comme si rien ne lui était arrivé.

Ils avancèrent à bon rythme en altitude, en sautant ou se laissant glisser sur les immenses feuilles de Colocasia, sur un chemin qu’ils découvraient au fur et à mesure de leurs pas.

 

En effet, le bois se révélait à chaque pas qu’ils entreprenaient.

Il en était de même pour le chemin qu’ils venaient de parcourir. Il semblait, quant à lui, effacer la trace du bois, comme s’ils venaient de marcher sur une feuille de taille normale, dans une forêt dès plus normale.

Une magie ou un bouclier de protection entourait cet endroit incroyable.

L’illusion les encerclait, en permanence.

Certaines légendes racontent que : l’oxygène rejeté par les arbres y était si pur qu’il provoquait de fortes hallucinations, et que LE BOIS DES GÉANTS n’était, en réalité, qu’une simple forêt absolument banale, mais trompeuse.

Mais il était impossible, malheureusement, de vérifier si ce lieu était réellement immense ou non.

Toujours est-il, qu’il était difficile pour eux de savoir où ils allaient poser le pied.

 

Cela était épatant, et en même temps terrifiant, d’avancer dans l’inconnu manipulé, peut-être, par la potion de la nature.Les jours et les nuits passèrent et se ressemblèrent tous fortement. La compagnie comprenait se que voulait dire LÖHÏL, quand t’il disait : « Vous aurez l’impression de marcher sans avancer ».

 

Cela faisait déjà quatre jours et trois nuits qu’ils répétaient les mêmes gestes, ayant l’impression de revenir à chaque fois sur la même feuille géante.

Le moral de la troupe s’affaissait et l’espoir de sortir d’ici un jour, les abandonnait.

 

Le chevalier était le seul à rester positif, car il avait déjà connu cette sensation autrefois.

Il savait parfaitement que ce n’était qu’un leurre. Un simple trompe-l’œil.

 

Il se disait que la sortie n’était plus qu’à quelques mètres devant eux, même si chaque pas le désespérait en secret.

 

La quatrième nuit s’apprêtait à faire son apparition.

 

Comme chaque soir, la compagnie retrouvait, fatiguée, un magnifique ciel étoilé.

 

Étant très proches du ciel, les nuages doux et brumeux venaient habiller cette somptueuse vue.

 

Mais lorsque la lune faisait son apparition, elle leur donnait l’impression : de flotter hors de la planète, de courtiser les étoiles dans l’intimité qu’offrait l’obscurité.

 

CHAPITRE 20

Changement de situation

 

 

 

Tandis qu’un silence régnait, entre la cime des arbres et le ciel étoilé, sur la terre ferme l’ambiance en était tout autre…

 

Les JARKIT, qui venaient de parcourir une très longue distance, vinrent à tomber sur une modeste ferme où chevaux, brebis, vaches et poules apportaient les bases essentielles pour faire vivre une simple famille.

La faim se lisait sur leurs bouches remplies de baves, ils semblaient ravis de ce festin qui tombait à pique.

DROKE donna l’ordre à son armée : de patienter en retrait et d’attendre son signal.

Le temps pour lui de rendre une petite visite dans cette chaleureuse maison qui paraissait paisible, avec sa timide fumée qui sortait de la cheminée.

 

TOC TOC TOC… Là étaient les trois coups qu’il donna sur la porte en bois, quelque peu fragile et instable.

Ne se sentant point en danger à ce moment précis, comme un aveugle face au mal déguisé, l’homme de la maison ouvrit la porte tout naturellement, malgré l’heure tardive, pensant accueillir un ami ou une personne dans le besoin.

Mais ce qu’il ignorait, c’est que c’était lui qui allait avoir besoin d’aide.

Terrorisé en découvrant cette bête hideuse dont il ne connaissait l’existence l’homme resta figé,de terreur, face à DROKE.

 

Celui-ci étant d’humeur à jouer, il prenait plaisir à leur faire peur… tout en restant poli.

 

DROKE : « Bien le bonsoir, mon cher Monsieur ! Puis-je me permettre d’occuper un instant votre demeure ? J’ai une proposition à vous soumettre. »

Se voyant pris au piège et se sentant, lui et sa famille, condamnés, il n’eut d’autre choix que de le laisser entrer pour entendre ce qu’il avait à lui dire. L’homme espérait, qu’un accueil chaleureux pourrait jouer en leur faveur pour avoir la vie sauve.

 

L’HOMME : « Mais je vous en prie, installez-vous ! Désirez-vous boire quelque chose ? Nous avons de l’eau ou du lait. »

 

DROKE : « J’apprécie votre courtoisie, à mon égard. Mais je n’ai plus le goût ni la douce saveur d’un simple verre de lait, depuis bien longtemps. En revanche, je n’ai pas perdu mon sens de l’observation et je me dois de vous dire que vos manières prouvent la personne sympathique que vous êtes. Peut-être pourriez-vous me combler sur un point. »

 

L’HOMME : « Lequel ? Si je puis vous aider, cela serait pour moi un réel plaisir ! » Rajouta-t-il, en le caressant dans le sens du poil.

 

Ayant repéré le reste de la famille, cachée dans ce qui semblait être la chambre, DROKE tenait à ce que l’homme le présente comme un ami.

 

L’HOMME : « MINEDEL ! Viens par ici avec les enfants, que je vous présente à notre invité. »

 

Dit-il la voix finement tremblante, de peur que le mal soit fait envers les siens.

Mais sa femme n’était pas dupe. Elle connaissait parfaitement son mari et voyait dans son regard de la panique et de l’angoisse, malgré la bonne figure qu’il essayait de présenter.

Néanmoins, elle rentra dans le jeu de la parfaite hôtesse d’accueil en espérant, elle aussi, que cela ferait changer les mauvaises intentions de ce monstre à leur égard, si toutefois il en avait… Et c’était le cas.                                                                            Elle s’avança donc vers eux, d’un pas hésitant, entourée de ses deux enfants, qui cachaient leurs visages dans la robe défraichie de leur mère, tant ils étaient apeurés.

 

L’HOMME : « Je vous présente ma femme, MINEDEL. Voici mon fils, LIOLIK, et ma charmante fille, DANDILLE. »

 

DROKE : « En voilà une belle famille. Ils sont tous les trois à croquer. » L’homme ne su distinguer le sens de sa phrase, entre le propre et le figuré, à ce moment.

 

« Puis-je savoir, Madame, pourquoi tenez-vous vos enfants ainsi, près de vous ? Pensez-vous que je puisse être un danger pour eux ? »

 

MINEDEL ne s’attendait pas à ce que le JARKIT la questionne aussi direct, son sur attitude.

 

MINEDEL : « Loin de moi de vous accuser à tort, mais voyez-vous, nous ne vous connaissons pas et nous avons éduqué nos enfants à ne pas parler aux étrangers. Le monde n’est plus aussi

sûr, pour eux. »

 

DROKE : « En voilà une bonne réponse. Vous avez parfaite-ment raison !Il faut se méfier dans  la vie ! Surtout lorsqu’on laisse un monstre, tel que moi, entrer dans une maison aussi tranquille. »

 

L’HOMME : « Mais vous n’êtes pas un monstre ! Votre attitude prouve le contraire. »

 

DROKE : « Merci pour ce compliment, mais… pouvez-vous arrêter de me lécher les pattes ? »

 

Le compte à rebours était lancé, après la fin de sa phrase. Le ton et les mots utilisés glacèrent la petite famille, qui savait très bien que le mal allait régner entre leurs murs ce soir-là.

Il ne restait plus qu’à savoir : quand cette mascarade allait-elle prendre fin ? 

La femme serra ses enfants contre elle comme si elle essayait de les rentrer à nouveau dans son ventre.

Ses yeux commençaient à se remplir de larmes.Plus les secondes passèrent et plus la tension devenait insoutenable. Quant à son mari : il cherchait, discrètement du regard, un objet quelconque qui aurait pu lui servir d’arme pour défendre les siens.

Mais c’était sans compter sur le flair de DROKE qui savait : qu’ils venaient de comprendre leur destinée.

L’HOMME : « Pourquoi devenez-vous soudain agressif, envers nous ? Vous comptez nous faire du mal ? Nous ne voulons pas de problème ! »

 

DROKE : «  Voyez-vous, je pars en direction d’une guerre pour y obtenir un cœur rare et bon,qui pourrait me libérer de ce sortilège, que je traine depuis bien trop longtemps. Mais si je peux en trouver un, en chemin, comme le vôtre par exemple, cela me ferait gagner du temps, de l’énergie et m’éviterait une bataille. Faut-il encore que vous ayez cette chose exceptionnelle en vous. Et pour cela, il n’y a qu’une façon de le savoir. »

 

MINEDEL attrapa, par réflexe, un couteau qui se trouvait sur une table, proche d’elle, et le jeta aussi vite qu’elle l’attrapa, dans les mains de son mari qui pointa aussitôt la lame sur DROKE.

 

DROKE : «  J’ai là, dehors, des milliers de JARKIT qui n’attendent que mon signal pour vous attaquer. Alors, allez-y, tuez-moi ! Mais je ne suis pas sûr que votre fine coutellerie soit autant efficace face à toute une armée.»

Soudain, tout le monde se mit à paniquer à l’annonce de cette terrifiante nouvelle.

 

L’HOMME : « Je vous en prie, ne faites pas de mal à ma famille ! Faites ce qui vous plaira de moi mais laissez les en paix, je vous en supplie. »

DROKE : « Si seulement votre attitude avait été mauvaise, j’aurais deviné que votre cœur n’était pas intéressant, pour moi. Mais malheureusement pour vous, je vais devoir le vérifier. »

MINEDEL : « Même si votre apparence vous trahi, cela ne vous empêche pas d’être bon à l’intérieur. Pourquoi nous tuer, alors que nous n’avons rien demandé ? Laissez nos enfants vivre,s’il vous plaît !                                     Ils ont tout à apprendre de la vie. Ils sont si innocents.

« Prenez mon mari et moi, si cela peut vous convenir, mais ne les touchez pas. » Dit-elle en sanglot, au bord de l’hystérie.

 

DROKE se leva d’un coup de la chaise et fit un signe de tête à la femme comme s’il acceptait cet  accord.                                 

Puis, il glissa d’un air sympathique : 

« Je vous attends à l’extérieur. Les enfants ! Vous pouvez aller vous recoucher. »

Sur ses paroles, il sortit, en laissant la porte ouverte, attendant sagement ses futures victimes.

Étant condamnés, l’homme et la femme couchèrent leurs enfants tout en les serrant fort contre eux, jusqu’à s’en étouffer.

Chaque seconde était précieuse et ces derniers instants étaient chargés en émotion. Ils gardèrent tous les deux le visage souriant devant leurs enfants, comme si tout allait s’arranger et qu’ils n’avaient plus rien à craindre.

Les parents câlinèrent leurs trésors, jusqu’à ce que le marchand de sable passe. Une fois les paupières scellées, l’homme et la femme embrassèrent une dernière fois les douces joues roses des enfants.

 

Puis, ils sortirent main dans la main en se prononçant des mots d’amour, tout en pleurant, jusqu’à ce qu’ils arrivèrent au niveau de DROKE, qui les attendait, assis sur un tronc de bois coupé.

DROKE : « Enfin ! Ce n’est pas trop tôt ! »

 

N’ayant plus peur de la mort et de ce monstre horrible, car ils s’étaient préparés et conditionnés à cette fin, l’homme et la femme venaient à lui tenir tête, tenant à mourir dans la dignité.

 

L’HOMME : « Vous allez nous ôter la vie, nous pouvions bien gagner un peu de temps à savourer un dernier instant avec nos bébés. Enfin, je comprends qu’un monstre, comme vous, ne puisse comprendre le sens de l’amour. »                                      

Ayant suffisamment patienté à écouter leurs jérémiades, DROKE décida de na pas relever cette provocation et préféra en venir au fait.

 

DROKE : « Maintenant que vous êtes devant moi, je vais vous demander de vous retourner et de vous agenouillez. »

Les jambes tremblantes, ils exécutèrent les ordres du monstre tout en espérant qu’un miracle vienne à leur secours.