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C'est en vers que Laurent Guyonvarch choisit de poser son questionnement sur l'existence et la mort
Il s’agit ici d’exorciser la disparition de ses fantômes et de ses défunts. Celle-ci n’est pas seulement parlée, elle est aussi convoitée, revécue, insoutenable et physique. J’ai mis longtemps à me défaire de ces textes qui, je l’espère, n’auront pas seulement de valeur pour moi, textes qui ressemblent plutôt à quelques incantations lâchées dans la nuit pour être répétées, reproduites inlassablement, comme on exprime un silence qui n’en finit pas, mots compressés qui auraient du mal à sortir.
Dans le
Bardo Thödol, le livre des Morts tibétains, la mort physique n’est pas acquise, il s’agit encore de pouvoir réconforter celui qui s’en est allé et de sauver son âme durant plusieurs jours après son décès. Ici le murmure incertain se prolonge également mais il n’y a plus de différence entre les morts et les vivants, ce qui compte c’est de résumer la perte afin de continuer à vivre.
Un recueil de poèmes saisissants et émouvants à visée thérapeutique
EXTRAIT
Il est venu
L’obscur,
Le voyageur sans nom,
Ne t’a pas pris au dépourvu,
S’est assis en souriant sans déranger les pierres,
Les mains croisées sur les yeux.
Tu n’as pas protesté,
Une bougie a allumé
Dans la nuit effondrée du désir,
Tressant et défaisant
Le nœud lugubre
Du fantôme et du Complaisant.
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Seitenzahl: 15
Veröffentlichungsjahr: 2016
Il est venu L’obscur, Le voyageur sans nom, Ne t’a pas pris au dépourvu, S’est assis en souriant sans déranger les pierres, Les mains croisées sur les yeux.
Tu n’as pas protesté, Une bougie a allumé Dans la nuit effondrée du désir, Tressant et défaisant Le nœud lugubre Du fantôme et du Complaisant.
Lui, N’avions voulu Et n’avions cru Qu’il pourrait repartir, Un œil vide dans le cœur Sans laisser luire une rose sous ses pas, Et dans la paume de sa main Neige et tempête, Le calme parfait de notre âme.
Il est venu L’Obscur,
J’ai regardé profond dans tes yeux, La nuque courbée sous les astres, Et tu m’as dit: descendons.
Descendons Jusqu’à ne plus toucher pieds, Droit vers l’étrave, Dans l’obscurité nébuleuse Du Tout-de-même, Arrêter le sang, Infléchir la veine, Pour cette lueur froide et vertigineuse, Pour cette lune en creux Qui, un jour te fut promise.
Oui, Roulons sur cette pente Tous deux terrifiés de plaisir, Tous deux tirés Par une force invisible de cordée.
Ce que tu as extrait De la cime à sa racine
À ce qui nous dérobe, Passion infernale du creuser, Main dissyllabique rompue en son centre,
Voix, Voix qui effleuraient de la Présence, Voix contournées à la nuit lubrique, Voix quand même.
À ce que, démuni, Le voyageur achève de cheminer, Par-delà les yeux calmes et brûlants de l’aimée, Ses yeux cherchant l’instant de commisération,
