NOTES ET RÉFLEXIONS - Joël Choqueux - E-Book

NOTES ET RÉFLEXIONS E-Book

Joël Choqueux

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Beschreibung

J'ai regroupé dans ce carnet l'essentiel de mes publications pour l'année 2020 et consacrées à l'équitation. On y retrouve, pêle-mêle les fondamentaux, les principes et les invariants de l'équitation, publiés au fil de l'eau. Il ne faut donc pas y chercher un ordre particulier. Ce sont des notes et des réflexions quotidiennes, publiées avec leurs défauts. Le lecteur attentif et bienveillant saura y mettre de l'ordre.

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Seitenzahl: 128

Veröffentlichungsjahr: 2021

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Sommaire

 Le cheval

 Ne laissez pas votre cheval s’enfermer

 Principes d’équitation…

 Maîtres et élèves

 Musculation

 Pour ce qui concerne la colonne vertébrale…

 L’effet Dunning-Kruger, en êtes-vous victimes ?

 Le film « Milady »

 Calme, en avant,droit ; droit sur les cercle

 Une bonne détente

 Quand le cheval souffre

 Piaffers et passages, d’après les maitres…

 « Le zen dans l’art équestre du tir à l’arc »

 Extérieur et terrains variés

 Des effets de rênes contraires

 Etienne Beudant

 Le général L’Hotte

 Qui se souvient de la mise en main ?

 Derniers conseils

 Seabiscuit

 Mise en main

 Vous avez dit encapuchonnement ?

 De la légèreté

 C’est sensible la tête d’un cheval

 Descente d’encolure, mais aussi relèvement

 La descente d’encolure

 Danloux, un triste destin

 Decarpentry

 Parler peu mais bien

 Sur la rêne contraire

 Idée reçue

 Évolution ou involution

?

 Aiguisons nos yeux

 Exercices du colonel de Saint André

 Le cheval, un animal contraint…

 Le redressement du galop

 Fixez vos mains

 L’assiette

 L’homme qui embrassait un cheval

 De Versailles à Saumur

 Des muserolles serrées

 Le ramener

 Sur le ramener

 Préparation au piaffer (Decarpentry)

 Diagonalisation

 L’effet d’ensemble

 De l’éducation

 Caresses

 L’os hyoïdes (cet os mystérieux)

 Il n’est pas rare…

 Laissez faire

 Légéreté

 Cheval de guerre

 Un étrange cadeau de Noël

 Quelques conseils

Avant-propos

J’ai regroupé dans ce carnet l’essentiel de mes publications pour l’année 2020 et consacrées à l’équitation. On y retrouve pêle-mêle les fondamentaux, les principes et les invariants de l’équitation, publiés au fil de l’eau sur ma page Facebook. Il ne faut pas y chercher un ordre particulier. Ce sont des notes et des réflexions quotidiennes, avec des répétitions et des emprunts. Je vous les livre telles quelles, avec leurs fautes, leurs coquilles. Le lecteur attentif et bienveillant saura y mettre de l’ordre.

1

Le cheval

Le cheval a contribué, plus que toute autre espèce, au développement de notre civilisation et de notre culture, dans ses heurs et malheurs. Utilisé comme nourriture, comme moyen de déplacement ; pour conquérir des territoires ; pour tirer les fiacres et les « Madeleine-Bastille » dans Paris ; pour l’agriculture, en tirant la charrue et divers charrois ; pour la sylviculture en débardant des arbres ; mais aussi pour le cirque, le spectacle et le sport. N’a-t-il pas assez servi, ne fut-il pas assez asservi ? Aujourd’hui on ne peut plus, au risque d’involuer, regarder l’utilisation de cet animal contraint uniquement sous l’angle de l’équitation. Mais d’abord et avant tout, il faut considérer nos utilisations sous l’angle du confort et du bien-être de l’animal, faute de quoi nous resterons au Moyen Âge ; la basse école ne sera plus que de l’ail de basse cuisine. Bâillonner, museler un cheval est non seulement inutile, mais nuisible, pour l’équitation, et surtout pour sa santé morale et physique.

De nos jours, on peut légitimement penser, contrairement à un passé encore vivant dans la mémoire des anciens, que l’équitation est synonyme de plaisir, ce qui n’est pas gagné d’avance, surtout pour le cheval.

Mais de quel genre de plaisir s’agit-il ? À chacun de se situer.

Les gens bien ne sont jamais certains de l’être. Ils doutent d’avoir fait ce qu’il fallait. La méchanceté, celle qui consiste à utiliser des procédés coercitifs comme le noseband et l’hyperflexion, les deux principaux fléaux du cheval, au contraire, ne doute pas :elle est sûre d’elle-même, convaincue d’avoir raison, d’avoir tout compris aux chevaux. La bêtise, c’est toujours le fait de ne pas douter.Être convaincu n’est pas la preuve que l’on a raison, au contraire, une médaille non plus.

« Il n'existe que deux choses infinies, l'univers et la bêtise humaine... mais pour l'univers, je n'ai pas de certitude absolue ». Albert Einstein « Je ne cherche pas à convaincre », disait Beudant, j’expose des idées, qui sont les miennes et que je ne veux imposer à qui que ce soit.

Pour revenir à l’équitation, je la décline en trois grands chapitres…

Une morale.

Une doctrine.

Des procédés.

La morale:

Pour des philosophes, tel qu'Aristote ou Kant, la morale ou plus précisément l’éthique a pour but de définir ce qui doit être et qui est consubstantielle au sujet.

Elle se résume à quelques concepts : Il convient de considérer le cheval comme un ami et non un faire-valoir, ce qui n’exclut pas l’esprit de compétition, à condition de bien le comprendre; de n’utiliser pour son éducation aucun effet de force, ni outil de coercition. J’entends par là les muserolles serrées, les embouchures à effets violents, et les enrênements de type rênes allemandes, enfin tout accastillage inutile. Le châtiment, s’il doit intervenir, doit être l’exception et toujours de très courte durée et mesuré, ne jamais être donné sous l’emprise de la colère, qui n’est que faiblesse, car il ne faut pas enlever la gentillesse native du cheval.

Utiliser les seules forces utiles au mouvement envisagé. Faire preuve d’humilité et de gentillesse comme le Cdt Lesage, dont l’exemple me revient en mémoire.

La légèreté qui doit être une recherche permanente, présente dès le premier jour. S’il fallait en donner une définition, un cheval léger est un cheval qui se conduit facilement, Si l’intellect, résout les problèmes, les concepts philosophiques qui s’apparentent à l’équitation sont aussi des valeurs et une valeur, c’est ce qui vaut, ce qui nourrit l’âme humaine, seules les valeurs donnent du sens à la vie.

La doctrine :

La doctrine équestre peut se résumer à deux principes énoncés par le général L’Hotte. 1- « Calme, en avant,droit ».2- « Marier intimement l’impulsion à la flexibilité des ressorts ». (« dresser c’est assouplir »).

L’Hotte fait précéder sa formule des propos suivants : « Pour diriger le cavalier d’une manière constante dans sa pratique, il lui faut d’autres guides plus simples. Il les trouvera dans la succession des buts à poursuivre, parce que, simples à envisager et peu nombreux, ils peuvent être toujours présents à l’esprit. Quant aux moyens à employer pour les atteindre, ils varient à l’infini et comprennent presque tout l’art équestre. »

Les procédés:

" En équitation, toutes les idées ont été émises, elles ont été plus ou moins bien présentées et surtout plus ou moins bien agencées les unes aux autres : c’est l’application qui varie et le progrès est tout entier dans les procédés". (René de Gatines).

Ils sont infinis, mais l’essentiel nous a été communiqué par les maîtres de l’oeuvre équestres.

Trois exemples parmi de nombreux autres.

La Guérinière nous a légué deux moyens fondamentaux :

l’épaule en dedans et la descente de main.

D’Aure pour avoir développé la nécessité de l’impulsion Baucher pour sa recherche d’équilibre et de légèreté, les flexions (ou cessions de mâchoire), les rotations de l’arrièremain, le reculer, le main sans jambe et jambe sans main, l’effet d’ensemble.

Le cavalier dispose de moyens qu’il devra chercher à unir, plutôt qu’à les opposer. Il dispose d’une série d’assouplissements fondamentaux, dont le principal est l’épaule en dedans. Avec l’extension d’encolure, le demi-arrêt et la cession de mâchoire, puis de nuque.

Tout ça, c’est peut-être un peu court, mais quand on sait cela, on sait tout… et on ne sait rien, on sait tout parce que ces principes et moyens contiennent toute l’équitation et on ne sait rien, car il convient de les mettre en oeuvre, et comme le dit le général Durand : « les difficultés commencent dès que l’on se met sur le dos d’un cheval ». Oui, c’est là que tout commence.

Pour ce qui est des livres, bien que l’essentiel soit de monter à cheval, et souvent, il ne faut pas les négliger. « Ne laissez pas les livres se couvrir de poussière » disait le grand écuyer Nuno Oliveira.Sans cesse il consultait les livres, quand il rencontrait une difficulté.

Il y a des livres qui englobent tout l’univers du cheval, d’autres qui ne concernent que la méthode qui est un ensemble de procédés, mais de procédés qu’il faut choisir en accord avec notre éthique et certainement plus qu’en fonction de la nature du cheval. La troisième année de grammaire de Larive et Fleury était destinée à tous les élèves, sans distinction de race, de classe ou d’entendement. En équitation aussi, il y a des invariants, des principes fondamentaux applicables à tous les chevaux..

2

Ne laissez pas votre cheval s'enfermer. Dès qu' il le fait, ouvrez et poussez. La mise en main ne consiste pas à enfermer un cheval. L’angle tête /encolure doit être légèrement ouvert en abaissant ou en remontant le gouvernail.

3

Principes d’équitation d’après les textes de Luc Pirick.

« La légèreté n’est pas l’aboutissement du plan de formation du cheval et la conséquence heureuse du rassembler, mais au contraire le point de départ de ce plan de formation et la condition préalable du rassembler.

Elle est intimement liée à l’équilibre du cheval, du cavalier et de l’ensemble qu’ils forment.

L’équilibre du cavalier est la condition nécessaire du sentiment de sécurité qui permettra la décontraction d’abord et l’assouplissement ensuite.

C’est donc de l’équilibre que viendra l’assiette, et pas l’inverse.

Les aides doivent être légères et discrètes, mais surtout brèves. La descente de main et la descente de jambe sont les éléments les plus importants de la communication avec le cheval.

Le cheval doit accepter sur le plat un contact limité au poids des rênes à demi tendues, sans s’appuyer sur la main.

Le cheval, et c’est essentiel, ne doit jamais être autorisé à pousser plus qu’il n’est capable de se porter ; le mouvement ne doit jamais amoindrir l’équilibre.

À l’obstacle et en cross le contact sera plus ferme mais sans que le cheval ne cherche à utiliser la main pour s’équilibrer comme sur une cinquième jambe.

Ensuite, le perfectionnement, pendant toute la vie du cavalier et toute la carrière du cheval, consistera à développer le plus possible, mais de manière harmonieuse, les fondamentaux d’équilibre, de souplesse et de mouvement en avant, par les différents exercices propres à la discipline choisie.

Avoir des aides légères ne veut pas dire qu’elles ne font rien. Elles interviennent au contraire, directement mais très brièvement, sitôt que le cheval modifie de lui-même sa cadence ; la main par une action de bas en haut sur la commissure des lèvres, jamais sur les barres, suivie immédiatement d’une cession, ou la jambe par une pression du mollet également suivie d’une cession.

Quand le cheval a compris que les aides disparaissent quand il se porte de lui-même sans modifier sa cadence, la deuxième étape est le relèvement de la base de l’encolure.

Avec des chevaux longilignes, ou dont le dos est faible, il faut, à mon sens passer d’abord par une extension limitée de l’encolure pour amorcer la montée du garrot ; le bout du nez à hauteur de la pointe de l’épaule et toujours sans appui.

Parallèlement on demande l’engagement, d’abord sur les courbes et ensuite en amplifiant la foulée. Si la qualité de l’incurvation le permet on confirmera cet engagement par l’épaule en dedans.

Savoir si le relèvement de la base de l’encolure précède l’engagement, ou l’inverse, est à mon avis une querelle de bénédictins, les deux actions sont mécaniquement interdépendantes.

Les exercices de 2 pistes au pas et les changements d’allure, arrêt/pas/trot et inversement, viendront stabiliser la mise sur la main.

Lorsque toutes ces conditions sont réunies, position centrée du cavalier, autoportée du cheval, relèvement de la base de l’encolure et décontraction de mâchoire, l’activité des hanches obtiendra alors la mise en main simplement parce qu’elle sera pour le cheval l’attitude la plus confortable dès lors qu’il ne peut pas prendre appui sur la main, comme sur une cinquième jambe. »

4

Maîtres et élèves…

« Le seul impératif que le maître doit soutenir avec ténacité devant l’élève, c’est : tu peux ! . Deviens ce que tu es…quand tu le sauras ».

J’ai rencontré nombre d’enseignants qui n’avaient aucune perspective avec certains élèves et cela allait jusqu’à la moquerie. La première règle que je me suis appliquée, assez difficilement d’ailleurs, c’est de ne jamais jeter la honte sur autrui.

Les Grecs ont écrit sur le fronton du temple d’ Apollon à Delphes,la formule de Socrate : « connais-toi toi-même ». Ce qui implique forcément une démarche personnelle, une responsabilité conséquente propre a tout être vivant ; une forme d’introspection. Et en même temps un effort.

Ce qui est difficile dans la relation de maître à élève, c’est de s’affranchir d’un état de subordination pour que l’élève puisse s’émanciper. L’éducation du cavalier ne doit pas être pour le maître une arme subtile d’imposition et de domination qui de toute façon ne mènera pas très loin, question résultat. Le maître doit sans cesse naviguer entre la verticalité et l’horizontalité du discours; pour y parvenir, il interrogera l’élève comme un égal en veillant à ne pas se faire dominer lui-même, ce qui peut présenter un risque et peut-être encore plus avec les parents observateurs qui se projettent sur leur enfant. La vapeur peut vite se renverser, on le voit plus généralement et régulièrement dans certains secteurs de l’Éducation nationale.

D’un autre côté l’élève doit être incité à poser des questions, à donner son avis, dire ce qu’il en pense, être encouragé.

"L'instruction se prend, elle ne se donne pas. L'enseignement, ce n'est pas un sachant qui donne son savoir à un ignorant, en l’abêtissant. C'est montrer aux autres qu'ils peuvent s'emparer eux-mêmes du savoir".

Les réseaux sociaux et Internet ont une vraie vertu, à condition de trier le bon grain de l’ivraie : le savoir est disponible partout, et tout le monde peut s'en emparer. Tout le monde peut apprendre, et surtout prendre conscience qu'il a la capacité d'apprendre. Apprendre sans maître ne veut pas dire que l’on peut se passer de tout maître, mais qu’il y a à apprendre par soi-même. La lecture permet de découvrir ce que l’on possède en puissance (c.à.d. comme potentiel de faculté d'être changé ou mis en mouvement).Il ne faut donc pas hésiter à aller, par la lecture, à la rencontre des maîtres de l’oeuvre équestre et s’y replonger régulièrement, ce sont souvent de "généreux génies".

Sous le vocable de « maître » dans le contexte équestre, j’inclus l’animateur, le moniteur, le professeur, l’écuyer, voire le parent.

Aujourd’hui, l’éducateur doit prendre en charge des élèves dont les motivations, comme les aptitudes, sont diverses. Le rôle du moniteur puisque c’est souvent de lui qu’il s’agit, est de faire « connaître » les plaisirs de monter à cheval et faire en sorte que les chevaux et les cavaliers qui lui sont confiés sortent meilleurs de sa leçon, qu’ils y sont entrés. Ainsi, ils ne seront pas indéfiniment dans la situation du débutant.

Et pour conclure deux aphorismes empruntés à Friedrich Nietzsche dans le « gai savoir » et qui valent pour tous :

*Contre la vanité : « Ne t’enfle pas, autrement la moindre piqûre te fera crever".

* Sagesse du monde : « Ne reste pas sur terrain plat ! Ne monte pas trop haut ! Le monde est plus beau, vu à mi-hauteur".

5

Musculation

Je voudrais compléter le post précédent en parlant de l’aspect musculature, notamment pour ce qui concerne l’élévation du garrot et les chaines musculaires.