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"Pensées verticales et autres écritures" Recueil de poésie. Sélection de 153 textes écrits entre 1970 et 2015. ni Juliette ni Roméo ils vont, mais viennent dans leurs tubes de métal ivres de mauvaise radio éphémères indigènes moribonds et bancals ils dansent illettrés virevoltent et s'emmêlent aliénés à ces soleils artificiels à deux pas de l'immensité Corpus Christi 1970
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Seitenzahl: 85
Veröffentlichungsjahr: 2021
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MICHEL BERBERIAN PEINTURES 1996 - 2015, (2016)
MICHEL BERBERIAN LES PEINTURES
Livre broché 30 X 30 cm, 96 pages couleurs,
Édition limitée à 10 ex : 1 livre + 1 tirage signé et numéroté.
Inexistences
On s’en fout
Dear Desiderio Gonzales
Amalgame
La mer s’en va au large
Half Moon Bay
Chasteuil
Épaves et gens biens
Baise et essaie de comprendre
Tout est haut tout est bas
Déracinés
Annexe #5
Ma sécurité
Pleure, il n’est plus temps
Vers les algues encore...
Ils passèrent la dune
Jim Lopez
Naturally Flavored 1971
Mais voilà
Annexe #4
Prologue
Naturellement...
Il reste peu de temps
La ballade d’un mort
Où la vie nous mène ?
Le bonheur est dans le caddie
Annexe #6
14 juillet 19
Mégalo man
Curieusement
Lucette touche-pipi
Le ciel était si bleu
La bête
Barres aux t, points sur les i
Moi qui ne suis rien
Se lever encore
C.E.T. Suresnes
Au troisième jour
Icône
On n’est pas des héros
À vingt ans
Le mexicain du Vatican
Les chemins de Basse Californie #2
N’écoute pas les gens
Ni Dieu, ni personne
Collège d’Enseignement Technique
Le mexicain du Vatican
Tout vit
La vie s’en fout
Annexe #7
Annexe #9
Casse ma tête
Alain Gerbault
Long nez, bien né
ni Juliette ni Roméo
ils vont, mais viennent
dans leurs tubes de métal
ivres de mauvaise radio
éphémères indigènes
moribonds et bancals
ils dansent illettrés
virevoltent et s'emmêlent
aliénés à ces soleils artificiels
à deux pas de l'immensité
Corpus Christi 1970
C’est marrant
c’est marrant
de s’en foutre
se foutre du monde
de traîner
sans heure
c’est marrant
de voir
tous les fous
aux airs tristes
chapeaux noirs
qu’ils sont laids
laids, laids, laids
on s’en fout
et les flics
détrempés
sur le pavé
ruisselant
ils gueulent
on s’engueule
c’est marrant
les passants
ont cent ans
on est sale
ils sont pâles
c’est marrant
de s’en foutre
on les choque
choquons-les
poussons-les
au cul
on les a
assez vus
faces de rats
terrez-vous
vous êtes morts
mort aux rats
on s’en fout
Panama 1971
Désolé Desiderio
te voilà mort ce matin
ton nom est dans le bulletin
à côté d’Oscar T. Singleton
mort pour la même cause
un gros titre, une photo
sur la même page
ailleurs la vie poursuit sa course folle
qui es-tu dear Desiderio ?
le ciel sera bleu demain
c’est écrit à ta droite
mais que t’importe
qu’il pleuve ou non
sur le cercueil
ton nom s’étale
en caractères penchés
sur la troisième colonne
d’un journal communal
qui es-tu dear Desiderio ?
qu'as-tu fait dans ta vie
a part mourir
ce 14 septembre 1970 ?
Corpus Christi, 20 septembre 1970
Tout est bel et bien mélangé
dans ce monde déprimé
simplistes sarabandes
de certitudes éculées
vérités de contrebande
De ceux-là qui hier ignoraient
et veulent comprendre désormais
où et pourquoi ils grelottaient
et qui les propulse enfantés
dans cette boue fulgurante défigurés
Vingt siècles, cinq milliards d’années
depuis le noir des temps qui sait ?
Pour en arriver pourtant à ceux-ci
dont les regards se perdent ici
en dégradants secours négociés
Amalgame riposte en quelques secondes
Reader Digest sur toutes les gammes
cerveau-quizz sur toutes les ondes
attise tout sans état d'âme
confond les détails et les hécatombes
Paradoxe de ce monde parvenu au soir
d'un âge immense où l’on peut tout savoir
amalgame nourrit d'un geste sans égard
ces millions d'âmes analphabètes
d'inutiles croyances de gazettes
Séductions mêlées explosives
déclarations abusives
du coq à l’âne à coups de décibels
ces slogans qui écartèlent
et tant pis pour les sens, ciel !
Brouillage des différences,
fusion des indifférences
confusion voix de vengeance
amalgame gagne du temps
c'est encore perdre du temps
À quoi bon s’attendrir ?
les jeux sont faits, il faut en finir
amalgame justifie bon apôtre
pour délivrer sa peur et la nôtre
de casser ailleurs, de tuer chez les autres
Bonnes causes, bonne soupe
opportunités basanées
bain de sang, bain de pied
l'âme en paix cours martiales
la fleur au fusil lance l’assaut final
Amalgame abuse les idéaux
débat nos corps dissout les mots
adrénaline perfide impulsion
défie le monde à l’unisson
pousse le monde à reculons
Amalgame, à l’intérieur
là est l’appât : cette douleur
qui prétend, inamovible infortune
changer le malheur en bonheur
et d'un Loto, la crasse en fortune !
Amalgame, commode carte blanche
de nos consciences élastiques
ultime salut, nouvelle accoutumance
on efface tout, on recommence
amalgame nous mène à la trique
Paris 1986
Me voilà parti dans cette vie de trottoirs
ruelles alignées boutiques face-à-face
tags rappeurs et HLM dortoirs
au loin que je ne connaîtrai jamais
le long des îles inconnues, le long des plages
le long des quais, la mer s’en va au large
à l’autre bout du monde, il fait chaud il fait froid
il fait bonheur, il fait malheur, mais tout s’en va
Le feu rouge m’arrête, partout ces ruelles
ce jour sans ciel, il vente, il grêle
était-ce donc ça, ce tintamarre ?
va-t-on encore dormir ce soir
sous d'impassibles paysages
résister ou fuir sans bagage ?
tout autour les piétons égarés
convergent vers ce néant de pavés
Rien ne reste et le temps passe
Nos écoles au loin s’en vont mirages
laissant ici quelques images
nostalgiques visions aléatoires
ciels jamais pareil jour après soir
nuages rapides aux destins sourds
furtifs souvenirs rue de la Bidassoa
dérisoire ! mais ça, c’était moi...
les ruelles m’attendaient au détour
Et moi je croyais qu’on choisissait
moi je croyais qu’on réussissait
moi je voyais des amitiés promenades
me voilà dans ce dédale et la panade
ruelles des rapaces opiniâtres
dévorés, la carcasse désossée
les amis sont perdus les os éparpillés
tu vois, il faut mordre et se débattre
Rien ne reste et le temps passe
Il n’y a que les villes pour anéantir ainsi
bouillons de culture d'où sortent ces bacilles
de la terreur et de l’immobilité imbécile
de la honte, de la vengeance et de l’ennui
du couteau au coin de la rue trop bête
de la vieille qui agonise
de la collision Mobylette
au carrefour sur la chaussée grise
Sang versé, rhésus positif
à l’hôpital, urgence odeur d’éther
magazines pacotilles et cathéters
attente infinie d’amour définitif
panique du fric-frac incertain
du fric qui nargue au coin de la rue
de la rue où tout exclue
où tout cela ne sert à rien
Rien ne reste et le temps passe
Et moi je croyais qu’on choisissait
moi je croyais qu’on réussissait
moi je voyais des amitiés promenades
me voilà dans ce dédale et la panade
Ah ! Simplistes charabias fratricides !
sur le quai il fallait franchir
l’horizon vers le Gadalquivir
la liberté se vit seule car elle se décide
Mais... attends-moi, et... regarde-moi
mais... aide-moi, et... aime-moi
je ne suis plus seul et c’est la solitude
à deux, pour tant d'incertitudes
j'abandonne mes frères apatrides
et mes amis que je n’ai su quitter
on n’existe qu’en liberté
la liberté se vit seule car elle se décide
Rien ne reste et le temps passe
Au loin, le temps interminable
s'entête dans les ergs prélassés
à métamorphoser la roche en sable
l'air transpire au fond des vallées
berce les poissons dans les cataractes
il fallait ne rien manquer
chaque matin contempler cela intact
et vibrer sans y penser
Et moi je croyais qu’on choisissait
moi je croyais qu’on réussissait
moi je voyais des amitiés promenades
me voilà dans ce dédale et la panade
Ah ! Simplistes charabias fratricides !
sur le quai il fallait franchir
l’horizon vers le Gadalquivir
la liberté se vit seule car elle se décide
Rien ne reste et le temps passe
Me voilà parti dans une vie de trottoirs
de ruelles de boutiques face-à-face
par-delà les tags rappeurs des HLM dortoirs
au loin que je ne connaîtrai jamais
le long des îles inconnues, le long des plages
le long des quais la mer s’en va au large.
À l’autre bout du monde, il fait chaud il fait froid
il fait bonheur, il fait malheur, mais tout s’en va
il fait bonheur, il fait malheur, mais tout s’en va
Paris Novembre 1976
Tu t’arrêtes à ça, tu t’arrêtes
à ces quelques idées
reçues, pauvres, tu t’arrêtes
pour ne pas avancer
pour ne pas t'égarer
Tu t’arrêtes à ça, tu t’arrêtes
sur de toi assis, bouche bée
sur de ton confort sans fête
sur tes besogneuses idées
à mi-chemin de tes pensées
Si loin de toi à cet instant, figé
tu ne connaîtras jamais
ces limites illimites, ces émois
qui auraient su t’emporter
pauvre bonhomme tu resteras
Vaste est le temps et j’en ai une autre idée
que faisais-tu quand les autres partaient ?
Half Moon Bay, le temps s’arrête
et plane immortel au-dessus de nos têtes
Il fallait bouger bon Dieu !
parcourir les milles poussiéreux
gravir ces temples sur les pistes de soleil
poursuivant ces mirages infantiles
épiant les démons qui sommeillent
pour six pesos et trois peccadilles
Il fallait s'élancer au fond de l'infini
qu’importe à la suite de quelle quête
sur ces chemins de Basse Californie
avec ces chimères plein nos têtes,
risibles parias riches de quatre sous
damnés visiteurs aux regards de fous
Et bâtir sur ce wharf du Pacifique
ces châteaux échevelés de ciment fer
à mille lieues de Bordeaux Patrick
insensé pousse au cul cynique
qui bouscule l’espoir et la mer
et du coup grandit la Terre
Vaste est le temps et j’en ai une autre idée
que faisais-tu quand les autres partaient ?
