Papa Yacchi - Alain Fucho - E-Book

Papa Yacchi E-Book

Alain Fucho

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Beschreibung

... J’hésite, car s’il y a une ville à dix minutes, je ne comprends pas que je ne puisse apercevoir de lumières… Je vois des gens partir à pied dans cette direction, il ne reste plus grand monde à la douane, il faut vraiment que je me décide si je ne veux pas passer la nuit dehors! Je charge donc mon sac à dos sur mes épaules, le second, plus petit, par devant, et me voilà parti, cette fois avec la peur au ventre en plus du mal de tête…j’ai comme seul repère trois ou quatre personnes qui marchent à une centaine de mètres devant moi, une lampe électrique à la main. - Mais au fait, j’ai ma lampe frontale ! Pensais-je. Je pose mon sac, glisse ma main à l’intérieur, et en ressort ma frontale que je fixe rapidement sur ma tête. Je recharge le sac sur mon dos, allume ma lampe salvatrice, et découvre devant moi un homme que je n’avais pas vu jusque là, sorti de nulle part … - Tu cherches une chambre pour dormir ? Demande-t-il. Surpris par sa présence, la peur me revient de plus belle. Il n’y a rien ni personne autour, il lui suffit de sortir une arme quelconque pour m’intimider et me dépouiller. En un éclair, me reviennent ces anecdotes lues sur internet, de routards attaqués dans des coins perdus, dévalisés, parfois même brutalisés… …

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Veröffentlichungsjahr: 2015

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L’AMERIQUE MAJUSCULE1

PROLOGUE

ARGENTINE (partie 1)

ILE DE PAQUES

CHILI (partie 1)

ARGENTINE (partie 2)

CHILI (partie 2)

PARENTHESE

BOLIVIE

PEROU

EQUATEUR

COLOMBIE

ANNEXES

Che Guevara, un mythe révolutionnaire

Histoire d'un mensonge d'Etat

Lettre d'adieu du Che à Fidel Castro

Dix controverses sur Che Guevara

La photo « Guerillero Heroico » de Korda

1 C'est par ces mots qu'Ernesto Guevara commence son Voyage à motocyclette [éd. Mille et Une Nuits, 1997], "…cette déambulation sans but à travers notre Amérique Majuscule qui m'a changé plus que je ne l'aurais cru"...

« Je veux vivre dans un monde où les êtres seront seulement humains, sans autres titres que celui-ci, sans être obsédés par une règle, par un mot, par une étiquette »

PABLO NERUDA

PROLOGUE

Trente novembre, vingt heures… c’est l’heure des infos à la télé…après la litanie de toutes les mauvaises nouvelles qui seront développées, le présentateur ouvre son journal par un fait divers …glauque comme toujours pour mieux fixer le téléspectateur : une vieille dame de soixante neuf ans est restée enfermée vingt jours dans sa salle de bains avant que les voisins ne s’aperçoivent de son absence ! Comme tout le monde j’ai bien sûr été choqué, mais ce qui m’a le plus révolté c’est qu’il ait qualifié de « vieille dame » une personne de soixante neuf ans !

-Merde ! J’en ai soixante et un…et je ne me sens pas encore être un « vieux monsieur » !

Je quitte cette télé déprimante, et je vais ouvrir mon ordinateur pour essayer de prendre des nouvelles de mes amis, (et amies) « latinos » de l’autre côté du monde.

Voilà maintenant huit mois que je suis de retour de mon périple en Amérique latine, et il ne se passe pas un jour sans que la nostalgie de ce voyage ne m’envahisse. J’envisage d’y retourner dès que possible, rien de précis encore …

J’aimerais y revenir, à nouveau seul, faire un autre chemin, peut être l’Uruguay et le Paraguay que je ne connais pas du tout ; sentir à nouveau ces montées d’adrénaline lorsqu’on arrive en terre inconnue, dans des villes parfois hostiles, avec des gens différents, d’un autre niveau social ou culturel ; va-t-on réussir à se faire accepter, à créer un courant de sympathie, à communiquer, à partager quelque chose avec eux ? Toujours ces angoisses…

Des angoisses, parce que le voyage avait été préparé grâce à ces « merveilleux guides » qui donnent de nombreux conseils aux voyageurs : attention aux moustiques qui vous rendent malade de la dengue, attention aux nombreux voleurs qui vous détroussent de vos bagages dans les « terminal de buses » grands comme des aéroports, attention aux passants qui vous croisent dans la rue et vous jettent de la scopolamine2 au visage pour vous transformer en zombie, afin d’obtenir le code de votre carte bancaire, attention à la police corrompue qui peut vous attirer dans un traquenard et vous plumer elle aussi, attention à l’alimentation qui ne connait ni l’hygiène, ni la chaine du froid, attention à ces bus vétustes et non assurés conduits par des chauffeurs alcoolisés que seule la mastication de la coca tient éveillés…des pages et des pages d’angoisse !

Et comme si cela ne suffisait pas, on va même vérifier sur internet si ces mésaventures sont effectivement arrivées à des voyageurs, exactement comme lorsque l’on est malade et que l’on veut savoir quelle est cette maladie qui vous fait souffrir, et que la quantité astronomique d’informations lues, exactes ou farfelues, font qu’à la fin vous êtes encore plus malade !

Mais miracle de l’Amérique latine, ces angoisses qui précèdent chaque fois l’arrivée dans une nouvelle ville s’évanouissent sitôt arrivé ! Sauf à faire du cabotage de village en village, les compagnies de bus n’ont rien à envier aux prestations de certaines compagnies aériennes européennes, avec l’ambiance latine en plus, on y mange, on y dort, on y parle avec les voisins qui, eux, vous donnent les bons conseils, les bonnes adresses, où s’arrêter, où dormir…

En trois mois de vagabondages en bus à travers le continent sud américain, je n’ai jamais rencontré ces voleurs qui profitent de votre sommeil pour ouvrir votre sac au cutter et vous voler ce qu’il contient de précieux ; pas vu non plus ces faux-flics qui vous attirent à l’écart sous prétexte de contrôle d’identité et qui vous dévalisent ; pas plus que ces douaniers corrompus qui au moment de la fouille se servent dans vos bagages….

Sans doute la chance était-elle avec moi, mais quand c’est comme ça tous les jours pendant trois mois on peut parler d’autre chose. Si l’on est croyant, on va trouver des « esprits » qui veillent sur nous et qui nous protègent tout le long du chemin ; si l’on ne sait pas trop en quoi croire…on voit des « signes », qui ne peuvent pas toujours être le fruit du hasard, comme la première personne qui m’a hébergé au Chili, Angelica, qui est née comme moi un 5 décembre ; ou comme cette fille de Cali rencontrée dans un bus vers Salta, dans le nord de l’Argentine, que j’ai retrouvée dans un autre bus entre l’Equateur et la Colombie ; ou encore ce rêve de tremblement de terre que je faisais pendant mon sommeil dans un bus de nuit, et d’apprendre le lendemain matin que la terre avait effectivement tremblée à Mendoza, ville que j’avais quitté la veille.

Les probabilités que tout cela arrive sont quasinulles, et on attribue donc toujours à ce genre d’évènements des explications plus ou moins mystiques !

Avant un tel voyage, on peut partir… athée, devenir… agnostique sur le chemin, et un peu…illuminé au retour !

Ce voyage s’est sans doute ancré il y a fort longtemps dans ma tête, par petites touches invisibles, un peu comme un clou que l’on enfonce par petits coups… Les premières sans doute en 1968, lorsque les étudiants manifestaient un peu partout en France en brandissant la bannière du « CHE » comme emblème de la révolution. Je ne savais pas encore vraiment qui était ce Guevara, révolutionnaire libérateur pour les uns et terroriste marxiste pour les autres…effectivement suivant le camp où l’on se trouve, la terminologie change !

La vie s’est ensuite chargée d’accumuler d’autres touches invisibles, comme le mariage de mes enfants avec des filles d’Amérique Latine, Colombienne pour l’un et Péruvienne pour l’autre. Mon sang déjà coloré de mes origines espagnoles, s’est encore un peu plus « latinisé » après la naissance de mes petits fils qui ont dû hériter de gènes de l’Europe et du continent Latino, et jongler dès leur plus jeune âge entre la langue française et la langue espagnole, en me laissant loin derrière avec mon charabia espagnol !

Le clou s’enfonce encore un peu plus lors de mon premier voyage en Colombie, avec le choc de la découverte d’un pays terrorisé par des guérillas incompréhensibles, on parle de FARC3, de Paramilitaires, de Narcotrafiquants. D’autres voyages plus tard au Mexique me font découvrir d’autres aspects de ce continent, puis viendra ensuite la découverte du Pérou, qui ne tremble plus sous les attentats des révolutionnaires du Sentier Lumineux4 ; là aussi, un pays merveilleux qui regorge de trésors géographiques et historiques.

Et je commence à réaliser le fantastique trait d’union qui existe entre tous ces pays : la langue ! L’apprentissage de l’espagnol commence à s’imposer dans ma tête à ce moment-là... Je sais que j’en aurai besoin !

Pendant toutes ces années le fil rouge reste la vie professionnelle, entrecoupée de quelques voyages à travers le monde, comme pour valider ce besoin récurrent d’évasion, de découvertes de nouveaux horizons. J’avais, comme tout le monde, dans ma tête le rêve de « partir », prendre un billet aller, et revenir quand je le souhaiterais, sans angoisse, sans contrainte. Ma façon de faire un bras d’honneur à cette société qui ne vit qu’à travers le rêve. Mais de là à ce que le rêve devienne réalité il fallait encore quelques coïncidences pour y parvenir !

Cette coïncidence est arrivée par le biais de mon entreprise. Chaque année le groupe qui m’employait organisait un challenge commercial pour ses clients, leurs achats leur donnaient des points qui, cumulés, leur permettaient de participer à un voyage prestigieux. Ainsi, j’ai accompagné mes clients en Thaïlande, en Inde, en Afrique du sud, Au Kenya, aux Maldives, au Sri Lanka, etc.…Chaque voyage était l’objet d’une action humanitaire dans le pays concerné, (construction d’écoles, d’hôpitaux, foyers pour enfants…) et de ce fait, m’a aussi fait comprendre que dans voyage il y a tourisme, mais il y a aussi humanisme.

Or, la fin de ma carrière sera aussi marquée par mon dernier voyage professionnel avec mes clients, et pas n’importe quel voyage…l’Argentine ! Voilà donc le dernier coup de marteau fatal !

Six mois avant ma retraite, une idée folle me traverse donc la tête….et si je restais en Amérique du sud…et si je ne rentrais pas avec mes clients…et si j’en profitais pour essayer de savoir et comprendre qui était ce « CHE », qui il y a 50 ans était parti d’Argentine pour traverser et découvrir son continent….

Bien sur il va aussi falloir que j’en parle avec Christine, mon épouse, quelle va être sa réaction ? Son avis ? A ma grande surprise, elle m’a simplement dit :

- Un voyage comme ça, ça se prépare !

En clair, j’avais son feu vert, sa bénédiction. Quand j’en parlais autour de moi, tous me disaient, ahuris :

- Et ta femme ? Elle te laisse partir ?!

Nous sommes en septembre… Le compte à rebours commence ! Mon premier travail consiste en une recherche des documents cartographiques ou historiques qui vont me permettre de tracer un chemin virtuel à travers ce continent. Je connais mon point de départ : l’Argentine, et mon point d’arrivée : la Colombie. A vol d’oiseau, cinq mille kilomètres séparent les capitales de ces deux pays, mais je n’ai pas l’intention de me rendre de Buenos Aires à Bogota par les airs.

Le film de Walter Salles, « Diarios de Motocicleta » qui raconte le voyage de Guevara en 1951 m’a fortement influencé sur les lieux où je devais me rendre. J’y appris entre autre, que Ernesto Guevara, alors simple étudiant en médecine, lassé par ses études, rêvait surtout d’un ailleurs lointain, et avait entrepris ce voyage à travers l’Amérique Latine dans le but principal de rejoindre les Etats-Unis pour y trouver du travail. Bien après sa mort, ses « carnets de voyage » ont été publiés. Au départ il s’agissait surtout de courriers destinés à sa famille, on y trouve le détail de son parcours en Argentine, Chili, Pérou, Colombie…. Il repart ensuite en 1953, pour un second voyage, après avoir obtenu son diplôme de médecin, et cette fois passe en Bolivie et en Equateur.

C’est donc décidé… mon parcours passera par tous ces pays !

Pour garder contact avec la « civilisation » européenne, je crée dès le mois de septembre mon blog de voyage, mes « carnets de voyage » à moi ! Et comme je n’ai pas l’intention de copier le « Che », je ne ferai pas ce trip en motocyclette, mais en bus…seulement en bus ! Mon blog s’appellera donc « Diarios de America » en hommage à ce film de W. Salles5.

Courant septembre mon blog est prêt, je le publie à destination de toutes mes adresses mails d’amis, famille, collègues…etc. Cette fois je ne peux plus reculer malgré les doutes qui m’envahissent souvent, liés aux angoisses expliquées plus haut. Je suis obligé d’avancer au risque de passer pour un rigolo si je me dégonfle !

Les encouragements de ceux qui n’ont jamais voyagés autrement qu’avec « FRAM » ou similaire me font chaud au cœur mais ne me rassurent pas forcément, les marques de respect que me témoignent d’autres me poussent davantage vers cet inconnu ; enfin, les signes de fierté de mes proches me décident complètement. Il y a aussi cette discussion avec un internaute sur un forum de voyage, qui avait fait un chemin similaire, et à qui je posais des questions concernant des points de sécurité, je me rappelle de sa réponse laconique :

- Pars ! Arrêtes de te poser des questions ! Tu comprendras pourquoi après !

Ok ! Je ne me pose plus de questions ! Je vais laisser la chance me guider, comme une tombola ! Tombola…ce sera aussi le « tag » qui servira à retrouver mon blog sur la toile. « Bonne chance », « good luck », « suerte » …dans chaque langue ce mot a une connotation qui semble un peu différente…le « bonne chance » français synonyme de « j’espère que tu vas réussir », le « good luck » américain de « profites en bien », et le « suerte » espagnol de « prends garde à toi », car souvent accompagné du « cuidate » (fais attention à toi) qui ponctue de nombreuses phrases !

Fin septembre…je me dirige doucement vers mon dernier trimestre et un coup d'œil dans le rétroviseur s'impose....car une vie professionnelle qui se termine ça laisse quelques traces, et des empreintes !!

~ Par exemple, au début de ma carrière lorsque je suis venu me présenter à l'entretien d'embauche ATC (on disait "représentant" à cette époque) avec la mobylette de mon beau-père, faute de moyen de locomotion!

~ Par exemple, lorsque chargé de la communication produits (on disait déjà publicité...plus réclame !), j’eus l'envie de créer un catalogue carrelages et sanitaires des nouveautés 1986 avec une couverture totalement décalée : une photo de Marylin Monroe en couverture du catalogue... photo faisant partie de "la dernière séance", dont les droits colossaux appartenaient à Bert Stern, son photographe ; le risque d'utilisation était grand, surtout si un fan-club quelconque venait à s'offusquer d'une dégradation de l'image de Marylin....Je demande donc à mon patron (CL) son avis....réponse : démerdez vous !! J'ai donc joué avec le feu... mais ça a marché! Des milliers de catalogues ont envahis les rayons des grandes surfaces, GSB de l'époque, et ont contribués à la mise en place rapide de ces nouveautés. Ce catalogue "collector" figure en bonne place dans ma bibliothèque perso et m'a toujours suivi comme un "gri-gri" dans mes différentes fonctions!

~ Par exemple, lors de ces interminables négociations à la foire de Valencia avec (DH), l'acheteur intraitable d’une GSB réputée, où aucun des interlocuteurs ne voulaient pas lâcher les trois ou quatre centimes (de francs!) que l'autre réclamait soit en moins soit en plus !!

~ Par exemple, lors de cette première expérience d'"outsourcing" avec (GP), où nous avons démarré les importations de carrelages faïences blanches 15x15 en provenance de Tianjin en Chine. A partir d'un constat : il y avait toujours en stock jusque dans la plus petite quincaillerie de France au moins une palette de ce produit, il y avait donc un marché colossal sur une seule référence ! Armés de nos échantillons (deux carreaux!) nous sommes donc partis vendre ces faïences, il suffisait d'être un peu moins cher que nos concurrents européens -facile ! Mes commissions m'ont payées une voiture neuve en 6 mois !!!

~ Par exemple, cette expérience industrielle chez un industriel de la céramique près de Nevers, où en plus de compétences commerciales, j'ai dû jongler avec des coûts de fabrication, des impératifs de production, et surtout faire face à des propriétaires (financiers étrangers) dont le seul souci était la rentabilité immédiate de cette usine toute neuve.

~ Par exemple, mon retour au négoce traditionnel, jusqu’à ma fin de carrière, qui m'a permis d’encadrer une équipe pendant quinze ans, de vivre l'ascension d’un groupe important, et de connaitre une Société Anonyme où le personnel ne l'est pas : le Président s'adresse à quasiment tous ses cadres par leurs prénoms malgré le nombre important de collaborateurs, et chacun a le sentiment de faire partie d'une sorte de grande famille qui s'en sort plutôt pas mal dans cette triste année commerciale 2009. Je ne quitte pas le navire en pleine tempête en laissant les matelots se débrouiller, on change seulement de Capitaine, et je souhaite "bon vent" à mon successeur dans cette mer encore agitée !

Et moi, fort de cette accumulation d’expériences, je me sens armé pour de futures et lointaines aventures !

Quelques éléments se concrétisent, je viens de recevoir mon permis de conduire international, que je considère presque comme un diplôme tellement je suis fier de pouvoir en avoir besoin !

Il faut aussi se rendre au dispensaire de médecine tropicale pour les vaccins, et c’est la valse des seringues : hépatite A, hépatite B, typhoïde, fièvre jaune, polio ; Juste à temps pour faire vaccins et rappels nécessaires avant le départ.

Il faut aussi constituer la pharmacie de voyage avec le médecin … sachant que le principal ennemi reste le moustique qui est le vecteur de la dengue très répandue dans certaines régions d'Amérique du sud, seul moyen de lutte efficace : la protection habituelle contre les moustiques (bras couverts le soir, moustiquaire dans les hôtels "low-cost", spray antimosquito...) Ces mesures sont aussi les seules vraiment valables pour éviter le paludisme.

La pharmacie de voyage sera donc constituée de Vogalène Lyoc (anti-vomissements), Tiorfan (anti-diarrhées), Spasfon Lyoc (douleurs digestives, brulures estomac), Paracetamol 500 (maux de tête), Smecta (pansement gastrique), Econazol (mycose), ciflox (antibiotique) Ercefuryl 200 (antiseptique), Niflugel (coups, bosses), plus en vrac: spray anti moustiques, aquatabs pour désinfecter l'eau "pas sure", biafine, ciseaux, pansements, compresses, bandes, coupe ongles, pince à épiler, etc., sans oublier les médicaments personnels.

Rien que le fait de voir tous ces médicaments m’angoisse un peu à l’idée que je risque d’en avoir besoin !

Décembre…le seul endroit où je ne pourrai pas aller en bus, c’est l’Ile de Pâques qui se trouve à quatre mille kilomètres des côtes chiliennes !

Pourquoi aller à l’Ile de Pâques ? Le « CHE » n’y est pas allé lui ! Effectivement, il était à Valparaiso en mars 1952, en partance pour l’ile de Pâques…un lieu qui le faisait rêver en raison de ses légendes sur la qualité du climat, la beauté des femmes, et le farniente local…. sauf qu’à cette époque il devait attendre plusieurs mois pour trouver un bateau qui allait dans cette direction, et son rêve tomba à l’eau. Cinquante ans plus tard j’ai moi, la chance d’avoir des vols quotidiens, alors je casse un peu plus la tirelire, et je me réserve un billet d’avion entre l’Argentine et l’ile de Pâques lorsque j’aurai abandonné mes clients !

Le billet réservé, il me reste à trouver un hébergement sur l’ile… Là encore, miracle du progrès, et des forums de voyage, je me mets en contact via internet avec une certaine « Tita » qui me propose de m’accueillir chez elle, elle viendra me chercher à l’aéroport… J’espère seulement qu’elle se rappellera de moi dans huit ou neuf semaines… Je me pose même la question : savoir si je dois vraiment faire confiance aux hasards d’internet ? Est-ce que cette personne existe vraiment ? Ou bien ma naïveté légendaire n’est elle pas en train de me préparer encore un mauvais tour… ?

Il reste encore une démarche importante : m’inscrire dans une école d’espagnol pendant quelques jours en Amérique Latine. Le hasard, encore, s’est invité dans mon blog sous forme d’une publicité ! En effet, mon blog6 est une version gratuite d’un site payant, la contrepartie est d’accepter les publicités qui, grâce à un moteur de recherche interne au blog, sont toujours plus ou moins en rapport avec des mots de ce blog. Il y a quelques jours j’ai donc eu la surprise de découvrir un de ces « pop-up » sur mon site : « apprenez l’espagnol en cours intensifs en Amérique latine » !

Toujours aussi curieux, ou naïf …, je m’inscris via internet, il faut que je réserve en versant cent cinquante euros… Le doute me gagne… Pour me sécuriser, il y a un numéro de téléphone, j’appelle donc à Santiago du Chili, dans l’espoir de pouvoir éviter ce règlement anticipé.

Je révise dans ma tête la phrase en espagnol que je vais utiliser avec mon interlocuteur, mais surprise, celui-ci me répond dans un français parfait et sans accent ! Il m’explique qu’il me faut effectivement donner un acompte, seul moyen pour réserver avec certitude une place à l’école, voire un hébergement chez l’habitant si je le souhaite. Il m’explique aussi qu’il parle bien français parce que tout simplement il est français, élève lui-même dans cette école qui l’emploie en plus comme interlocuteur pour l’Europe. Partagé entre le doute et la confiance, j’opte finalement pour la seconde solution et dans la foulée je fais mon virement qui arrivera, je l’espère, à la bonne destination. Bien sur je garde ces doutes pour moi, je ne veux pas les partager avec Christine qui ne manquerait pas de penser que je viens de me faire avoir. Mais je n’ai pas vraiment beaucoup d’autres choix que faire confiance.

Je comprendrais par la suite qu’en Amérique latine il faut aussi « savoir faire confiance », pas forcément aveuglément, mais à une grande majorité.

Je laisse donc le soin à l’école de Santiago de me trouver l’hébergement promis avec ma réservation. Ce qui fut fait quelques jours plus tard, je devrais loger chez une certaine Angelica F., une femme qui vit seule dans un quartier proche de l’école. Il y avait là aussi un numéro de téléphone, je n’ai même pas pris la peine d’appeler…

On est déjà au mois de Janvier, la date fatidique du départ approche, plus que vingt jours, il me faut encore préparer mon sac à dos. Mais au fait ! Il faut aussi l’acheter ! Je pars donc pour Paris, à la recherche du paradis des routards au coin du boulevard Saint Germain, le magasin « le vieux campeur ».

J’ai découvert ce qui représentait pour moi la caverne d’Ali Baba ! En fait, c’est tout un quartier de Paris où cette enseigne a une dizaine de magasins, chacun dédié à un thème différent : le voyage, le camping, la neige, la plongée, etc.…où le choix des produits va de pair avec la compétence des vendeurs. J’ai donc trouvé tout ce qui me manquait pour mon trip, y compris des câbles avec cadenas pour sécuriser mon sac à dos, une ceinture cache-billet, une lampe frontale au cas où je me perdrai la nuit, (paranoïa quand tu nous tiens !) ; et j’aurai surtout alourdi un peu plus mon budget !

Au fur et à mesure que les jours avancent, je sens monter en moi l’adrénaline ! Tout est quasiment prêt dans ma tête. Encore quelques incertitudes sur le passage de certaines frontières, on signale des problèmes notamment entre l’Equateur et la Colombie …

Je dois aussi commander quelques dollars, l’euro n’est pas encore roi ! Là encore combien vais-je prendre d’argent liquide sur moi ? J’avais pensé à coudre des poches « secrètes » à l’intérieur de mes pantalons… paranoïa encore !

Je dois encore passer quelques ultimes consignes au boulot. Quelle étrange sensation, au bout de quarante années, que de voir le bout de sa carrière ! On se retrouve avec un tas de sentiments mêlés, comme la joie de pouvoir enfin profiter des bons moments de la vie, mais aussi l’angoisse de voir que sa jeunesse est derrière soi. Car en fait je réalise que l’on reste jeune tant que l’on travaille, ou en tout cas tant que l’on fait quelque chose qui nous occupe… Ce nouveau « challenge », j’utilise volontairement un mot professionnel pour faire un trait d’union avec ma future vie civile, va m’éviter de tomber dans le piège de ces nouveaux retraités qui dépriment très vite, faute d’avoir préparé leur sortie.

Je dois enfin régler avec Christine quelques problèmes d’intendance que posera mon absence à la maison pendant ces quelques mois à venir.

Problèmes de liaison d’abord, réglés pour le téléphone grâce à mon entreprise qui me laisse mon portable professionnel jusqu’à mon retour, réglés pour la vidéo et skype grâce au notebook prêté par un ami (à condition que je trouve des points wifi sur mon chemin…).

Problèmes de sécurité, je laisse à Christine la liste de toutes les ambassades en Amérique latine …au cas où il y aurait besoin de lancer les recherches ! Je lui laisse aussi le soin de surveiller les comptes en banque… au cas où encore… Paranoïa toujours ! Et je lui laisse en plus tous les problèmes du quotidien à assurer au moment où mon changement de statut complique un peu plus les relations traditionnelles avec les organismes publics !

Et enfin, je lui laisse ma Maman, atteinte de la maladie d’Alzheimer, en priant le ciel qu’elle soit toujours là à mon retour, à qui il faudra qu’elle explique inlassablement que je suis parti me promener mais que je vais revenir bientôt la voir.

Et pourtant, égoïstement, tous ces problèmes me paraissent bien légers, je suis déjà dans un autre monde, je reçois déjà des commentaires sur mon blog qui m’encouragent à continuer, malgré les doutes qui m’envahissent toujours à la lecture de certaines anecdotes piquantes, voir inquiétantes, lues sur d’autres blogs… Parmi tous ces commentaires qui commencent à arriver sur mon blog, celui d’un de mes fils me touche particulièrement :

« Ca y est, tu y es presque. On y est presque. On a tous l'impression de partir en même temps que toi.

Tu vas te retrouver comme un gamin qui découvre le monde à 20 balais. Sauf que, toi, le monde, t'en connais déjà pas mal de coins, et des balais, t'en as déjà 60!

Un gamin de 60 ans, voilà ce que tu es!

Remarque, ça me change un peu des vieux c… de 30 ans que je rencontre régulièrement dans mon boulot! Ils ont 30, 40,50 ans (peu importe leur âge finalement), et tout ce qu'ils recherchent, c'est la sécurité et la sensation que rien ne va venir perturber leur petite vie. Le pire, c'est qu'ils invoquent même des motifs révolutionnaires pour préserver leur petit confort!

Toi, tu vas faire exactement le contraire. A un moment où tu pourrais te poser un peu, tu vas te mettre en position d'insécurité. Tu vas surement vivre quelques moments de stress, d'ennui, de solitude et de doute.

Mais putain, qu'est-ce que je t'envie!

J'espère pouvoir "vieillir" comme toi. On a déjà un point commun: j'ai aussi une femme qui sent les moments où il faut nous laisser la place de réaliser nos projets. Et ça c'est rarissime! »

Plus que huit jours…J’attaque ma dernière semaine de travail ! Aujourd’hui j'ai rendez vous au Siège de ma société pour ramener mon véhicule de fonction. J'ai donc mis un point d'honneur à remettre un véhicule propre après 140 000 km de bons et loyaux services : nettoyage complet dimanche matin... carrosserie lustrée, aspirateur passé, produit sur le tableau de bord, etc. Je suis donc arrivé au Siège où une bonne centaine de véhicules du personnel sont stationnés sur le parking privé, j'ai fait un créneau pour me garer en marche arrière sur un emplacement disponible où il était possible de loger au moins trois voitures.... et j'ai "réussi" à enfoncer l'aile d'une Mercedes qui n'attendait que moi ; le plus marrant, c'est que cette voiture appartenait à la personne avec qui j'avais rendez vous !!! Une chance sur cent !! Je devrais peut être jouer au loto... Mais je crois que l'émotion de cette dernière semaine perturbe mon sens de la clairvoyance....

Et je n’en ai pas fini avec les émotions !

Avec pour commencer l’envoi d’orchidées d’Amérique du sud par un de mes fils, puis d’un message émouvant par l’autre, ou encore des encouragements touchants de mes petits-enfants.

Il y a aussi toutes ces marques de sympathie reçues ces deux derniers jours ! Les surprises orchestrées de main de maître par mon successeur ont commencé il y a deux jours... Plus de deux cents clients étaient présents pour fêter le bout de ma carrière. A la place des cadeaux "classiques" (canne à pêche ou boules de pétanque !), il y avait une superbe valise en carton remplie de petits mots gentils et de devises qui vont me permettre cette fois d'alléger le budget de mon trip ! Ces attentions seront leur façon à eux de m'accompagner un bout de chemin.

Emu aussi et fier du discours prononcé par ma direction qui m’a offert ce que je considère être le cadeau suprême d’un employeur : la reconnaissance. Sans parler du personnel qui m’a aussi réservé quelques surprises le lendemain midi, les yeux rouges j'ai réussi à contenir mon émotion.

Et puis, il restait encore une soirée, une sorte de dernière "réunion de région" à laquelle participaient les Chefs d'Agence et leurs épouses de toute la Région Aquitaine, ainsi que l'équipe de Direction de la Région. Un hôtel était réservé en centre ville d'Angoulême, rendez vous était donné sur la place voisine, où l'on était censé attendre un bus pour nous emmener diner vers vingt heures.... Et j'ai vu arriver ....non pas un bus....mais une quinzaine de 2CV conduites par tous les potes de mon club !

Tout ce beau monde à donc pris place à bord des bolides, pour être emmené vers notre restaurant mystérieux. Nous sommes sortis de la ville, en convoi, avons pris des petites routes....puis un chemin....et nous sommes tombés, en pleine nuit noire, sur un barrage de guérilleros, histoire de me préparer à ce qui m'attendait, si je faisais n'importe quoi pendant mon voyage. Il y avait à la tête de ces révolutionnaires l'ami Julien déguisé en paramilitaire, treillis et mitraillette en plastique, et quelques autres amis qui avaient préparé un étrange poste frontière avec deux tréteaux et une table sur laquelle trônait un délicieux punch et quelques amuse-gueules... Une trop belle frayeur !

Enfin libérés par nos bandits, nous avons pu remonter dans les carrosses, pour arriver quelques minutes plus tard au château de Maumont, site magnifique du 16° siècle aux portes d'Angoulême, ancienne demeure des La Rochefoucauld Maumont, où nous attendait un nouvel apéritif près de l'immense cheminée, et pour finir un excellent repas à thème, bien sur sud-américain !

Gonflé à bloc et heureux, me voilà fin prêt pour changer de vie !

Le jour J est arrivé ! Le sac à dos est bouclé avec quelques difficultés, un sac à dos est plus approprié à ce genre de voyage, mais moins pratique qu'une valise : il faut se rappeler ce qu'il y a au fond ! Et le plus marrant, c'est qu'il faudra certainement tout vider à chaque frontière, tradition des frontières latines !

Le départ est pour demain matin ....Bordeaux / Paris / Madrid / Buenos Aires...

2Elle est utilisée sous le nom de « burundanga », notamment par des bandes d'escrocs en Colombie, pour dépouiller des victimes qui, sous son effet, perdent leur volonté et se laissent faire oubliant ensuite ce qui s'est passé. Appelée aussi « drogue du diable ».

3Forces Armées Révolutionnaires de Colombie

4La guérilla opposant les militaires péruviens au Sentier Lumineux a fait plus de 69 000 victimes entre 1980 et 2000.

5Film en français : Voyage à motocyclette

6http://tombola.canalblog.com

L’ARGENTINE (partie I)

Jour J.... Me voilà dans l’avion... Impression bizarre, je n'irai plus jamais travailler dans mon entreprise, et pourtant dans cet avion je suis avec mes clients. Cette pirouette de la vie m’amuse, j’ai l’impression d’avoir un pied de chaque coté de deux mondes complètement différents :

~ Le premier, bien réel ponctué par les commentaires de mes clients qui m’accompagnent dans cet avion :

-Alors Alain, je crois que ce voyage va être grandiose, non ? me dit un client après avoir consulté le guide du voyage qui leur à été remis au départ.

Pour le moment, ils ne réalisent pas encore qu’ils vont rentrer sans moi, pas plus que je ne réalise vraiment que je vais les « planter » à Buenos Aires.

~ Le second, reste encore pour moi un monde virtuel, tel que je me le suis imaginé au travers d’internet, des forums de voyage, ou des contacts ici ou là sur la toile. Mais paradoxalement je suis déjà fier de ce que je vais faire dans ce monde que je ne connais pas encore, j’en parle presque à chacun avec une pointe d’orgueil, en répondant à leurs questions avec une fausse assurance.

- Tu as réservé des hôtels sur ta route ? Me demande un autre.

- Non, je ne sais même pas où je vais exactement, ni quand j’y serai, mais j’ai pris des guides spécialisés, comme le guide du routard, pas de problème ! Fanfaronnais-je.

- Et ta femme ? Elle n’a pas peur de te savoir dans ces pays ? me demande l’épouse d’un client.

- Je crois que si ! Mais en fait je ne sais pas si je lui ai posé cette question …

Première anecdote à l'escale de Paris : deux de mes clients qui admiraient le décollage des avions, n'ont pas entendu qu'on les réclamait à l'enregistrement... Ils ont donc vu décoller leur propre avion !! Heureusement ils ont pu prendre un vol suivant et nous rejoindre à temps à Madrid ! Nous avons donc vite trouvé qui allait payer l'apéritif à Buenos Aires ! Anecdote importante car elle permet à chacun de quitter son masque quotidien d’entrepreneur du bâtiment, de constructeur de maisons individuelles, de menuisier, d’architecte, etc., pour plaisanter comme de bons touristes lambdas de la bonne blague qui vient d’arriver à un de leur copain. Un bon moyen aussi pour créer une ambiance sympathique entre des gens qui, à priori, ne sont pas forcément en osmose, qui sont parfois concurrents, et parfois même qui se font quelques vacheries dans leur métiers respectifs !

Buenos Aires ! Cette fois nous y voilà ! Là, va commencer la découverte de l'Argentine : la Pampa au centre, la Patagonie et le Perito Moreno au sud, les chutes d'Iguaçu au nord.

Le trajet depuis l’aéroport d’Ezeiza nous permet de nous imprégner de cette ville tentaculaire de deux cents kilomètres carrés, de treize millions d’habitants, connue comme l’un des centres urbains les plus peuplés de la planète, mais qui a su se préserver du gigantisme habituel des grandes capitales grâce à ses avenues bordées d'arbres, à ses nombreux parcs, et au peu de «gratte-ciels» visibles.

Nous traversons quelques quartiers typiques comme San Telmo qui est un des plus anciens de Buenos Aires. C’est une des zones les mieux conservées de cette ville qui est en changement constant. On y trouve d’anciennes maisons coloniales, des rues pittoresques et pavées. C’est un lieu où l’on retrouve toute l’histoire et la poésie d’un passé prospère. Considéré encore aujourd’hui comme le berceau du tango argentin, le quartier a été la source d’inspiration pour beaucoup d’artistes. A proximité du port, son esprit bohème, ses cafés, ses boutiques d’antiquaires, la musique dans ses rues, ses clubs de tango, en font un quartier particulièrement apprécié des touristes.

L’un des évènements qui marqua le plus le quartier de San Telmo fut l’épidémie de fièvre jaune en 1871, qui amorça l’exode des familles riches se trouvant obligées d’abandonner leurs résidences pour fuir vers le nord, afin de se réinstaller dans des zones encore épargnées par la fièvre. Les maisons abandonnées ont été occupées par les familles pauvres d’immigrants européens. Bien souvent, plusieurs familles devaient se partager une seule résidence, chacune d’entre elles occupait une seule pièce.

San Telmo est connu pour ses manifestations culturelles et ses traditions. Dans les années 1960, beaucoup d’artistes y ont monté leurs ateliers, fascinés par l’architecture du quartier et par son histoire.

Puis vient la plaza de Mayo (place de mai), place centrale et cœur historique de la ville, tristement célèbre depuis plus de trente ans de par l’action de l’association des Mères de la Place de mai7. C’est une association de mères argentines dont les enfants ont « disparus », assassinés pendant la « guerre sale », la répression d’Etat livrée par la dictature militaire de 1976 à 1983. Elles effectuent des rondes chaque jeudi depuis 1977.

Depuis la chute du régime dictatorial en 1983, onze mille disparus ont été formellement identifiés par l'État argentin, mais les historiens et les Mères de la place de mai évaluent à trente mille le nombre total de disparus.

Toute l’Amérique latine a connu de terribles années 70, avec son lot d’assassinats et de disparitions menés sous le couvert, entre autres, du Plan Condor.

Ce plan a d'abord concerné le Chili, l'Argentine, l'Uruguay, le Paraguay, la Bolivie et le Brésil. Au début des années 1970, à la suite de coups d'états, la Bolivie, l'Uruguay et le Chili, deviennent des dictatures militaires, alors que le Brésil, l'Argentine et le Paraguay subissent déjà des régimes dictatoriaux depuis des années. À la même époque, les théories socialistes reçoivent un écho de plus en plus favorable dans le sous-continent, sous l'influence, notamment, de la Révolution cubaine menée par Castro et Guevara.

On est en pleine guerre froide entre les Etats Unis et l’URSS… Et il était hors de question de laisser s’implanter sous quelque forme que ce soit toute idéologie marxiste sur le continent sud-américain en général, de là à voir la bénédiction des américains sur ces activités des escadrons de la mort avec l’opération Condor, il n’y a qu’un pas !