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Parcelles de vies est écrit avec la musique des mots, des faits divers, des rencontres, des situations vécues, des drames humains. La nature en est la trame et l’espérance apparaît dans le filigrane des mots. les contes sont des histoires poétiques où le bien et le mal s'affrontent …
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Seitenzahl: 155
Veröffentlichungsjahr: 2016
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Vanité des vanités, tout est vanité !
L’Écclésiaste, 2-3
A mon époux, mes enfants et petits-enfants
Merci à André et à Marie-Pierre
sans leur précieuse aide,
ce recueil n’aurait pas vu le jour.
Merci également à Brigitte
pour sa patiente relecture.
P
OÈMES
Ils sont l’avenir
Les chemins de l’homme
Un sens à la vie
L’amour
Souvenirs
La nature
Ce que je crois
C
ONTES ET AUTRES NOUVELLES
Le sortilège de la source bleue
La neige en deuil
Brisette
La fleur d’amour
L’arbre
Le loup
Mylène et la petite étoile
L’histoire d’Effraie
Laura et Amédé
Le cheval bleu
Yann, le petit garçon du bûcheron
Tu n’es appelé à rien
ton père était un salaud,
toi aussi, tu finiras en lambeaux.
Les signes sont sur ton front.
Les traces coulent dans ton sang.
Tu traînes déjà devant
le boulet de ton rang.
Il est tout tracé ton chemin,
il te tend déjà la main.
Tous les braves gens le disaient,
les gentils, les niais.
Comment pourrais-je devenir,
se disait l’enfant sans rire,
écrasé sous le fardeau
du poids de tant de mots.
Acharné, battant de ses poings
l’ombre de son destin,
sans répit chaque matin,
il pensait, je veux devenir quelqu’un.
Abreuvant son âme de festin,
à la sueur de ses mains,
il bâtit sa maison,
avec pour seule raison,
de donner un nom,
sans qu’ils baissent le front,
à tous les enfants de rien,
pour qu’ils ne deviennent pas des assassins.
Lui, le petit, l’innocent,
le sans avenir devant,
il était là pourquoi ?
Oui, dites-le-moi.
Il était l’arbre tordu,
pauvre tout nu,
la pierre qui barrait
le chemin tout tracé.
Il était là pour extirper,
tous les trésors cachés,
qui mouraient étouffés,
dans nos cœurs glacés.
Transparent comme le cristal,
il marchait sur les épines du mal,
de notre monde sans personne,
où chacun croquait sa pomme.
Il était le petit miroir,
pour nous faire voir,
la face difforme,
d’une société morne,
qui s’en allait à la dérive,
puisque l’amour n’avait plus de rives.
Ils ont tué pour rien
ceux qu’on appelle vauriens.
Pire ! Un enfant,
un presque innocent,
dans le froid de l’hiver,
ils l’ont couché sur la terre
pour simplement s’occuper,
ou pour quelques monnaies.
La rue était leur maison,
la violence leur chanson.
Ils étaient les loubards,
ceux qui ne vont nulle part,
sans rien à l’horizon,
que l’ombre habitant leur raison.
Puis tout embrouillés,
sans savoir ce qu’ils brisaient,
pris dans une ronde infernale,
comme l’agonie d’un râle,
la roue ne pouvait plus s’arrêter,
elle s’était emballée.
Étranglant,
en passant,
l’amour tout bleu,
qui brûlait au fond d’eux,
certainement ils avaient rêvé,
eux aussi, d’exister.
Petite fille, tu cours
sans trêve tout le jour,
à la recherche des papillons,
en cueillant les fleurs du vallon.
Tu as dans les mains,
des rêves sans lendemain,
tu sautes et tu danses dans le soleil,
c’est ton pays des merveilles.
Le bonheur tu le tiens,
avec tes joies faites de rien,
ton cœur sans soucis,
dans ton ciel tout fleuri.
Tes petits chagrins, tes misères,
te semblent aussi grands que ceux de la terre.
Tu joues avec tes cheveux éparpillés,
dans la brise des jours d’été,
en cueillant tes heures dorées,
de petite fille que la vie a gâtée.
Tu étais l’enfant de la ville,
du béton, du bidonville.
La fleur, l’arbre, l’oiseau,
la mer, le sable, les bateaux,
tu n’en connaissais pas l’horizon,
tu n’en savais pas les sons.
Tu ne possédais rien.
Seul était ton bien,
la grisaille des rues,
les voies sans issues,
où pendaient les guenilles,
dans un désordre risible.
Les gamelles éventrées,
des poubelles désaxées,
étaient la vallée
de tes rêves oubliés.
Traînant la lumière
dans la poussière,
tu bâtissais une cité,
avec tes espoirs allumés
par les millions d’étoiles,
qui chantaient sur ta toile
pour l’immensité des mondes.
Pareil à une ronde,
tu as choisi pour chemin,
de forger ton destin,
avec les armes de l’amour,
plutôt que celles des vautours.
Toi, l’enfant pas de chance,
tu arriveras en avance,
sur la planète des lumières,
où sont tombées les frontières.
Tu seras libre d’aller,
pour avoir choisi d’aimer.
Le ciel s’est enrubanné dans ses yeux
et le soleil dans ses cheveux.
Sa peau a la douceur
des arbres en fleurs.
Elle est la jeunesse,
et déjà la sagesse.
Il semble qu’elle ait vécu
des temps qui ne sont plus.
Elle sait choisir l’essentiel,
comme les oiseaux dans le ciel.
Elle est à l’âge des folies,
mais elle est la fourmi
qui amasse des trésors
pour de belles aurores.
Cherchant l’âme des clartés,
elle vomit la médiocrité.
L’homme n’est pas fait pour se déguiser
dans d’inutiles ramages dorés.
Impatiente dans l’instant,
elle voudrait demain maintenant.
Il est long le temps.
Une vie ne suffit pas souvent,
pour découvrir que le présent,
peut être un soleil éclatant.
“Vas, mon enfant chérie,
tu sais, arrivera vite midi,
tu regretteras les heures,
du printemps en fleurs.
Les merveilles des hauts sommets
sont faits pour toi, je le sais.
La plénitude d’aimer,
est la marche vers ton éternité.”
C’était une petite fille,
qui traînait la godille,
un garçon manqué,
toujours à rêver.
Voilà ce que disaient
les gens bien élevés.
En haut du clocher,
souvent elle montait,
pour saisir l’espace,
le nuage qui passe,
l’oiseau frondeur,
la plaine en fleurs,
puis l’immensité,
de l’horizon habité.
Elle venait se rassasier
et cueillir, passionnée,
l’odeur des vents,
et l’éternité du moment.
L’enfant que nous aimions,
ce bel enfant blond,
bousculait nos habitudes,
remuait notre quiétude,
riait dans ses babillages,
courait sur les rivages,
ramassait dans son panier,
des coquillages et des galets.
Il les voulait de toutes les couleurs,
et nous traînait des heures,
comme un rayon de lumière
que nous accrochions tout fiers,
sans le lâcher d’une seconde,
dans sa quête du monde.
Il a filé à travers notre cœur
comme une étoile qui meurt,
nous transperçant à jamais,
d’une flèche empoisonnée.
Le tout petit enfant blond,
qui riait, dans notre maison,
est parti pour un royaume,
qui coule comme un baume,
sur toutes les blessures,
et lave toutes les souillures.
Il danse sans fin,
dans l’or des matins,
avec tous les enfants,
des mondes du firmament.
Il est arrivé sur une terre perdue,
l’enfant qu’on ne voulait plus,
avec dans les yeux,
un morceau de ciel bleu.
Il venait du fond des cieux,
là où habite Dieu.
Les mains gorgées de parfum
des fleurs du chemin,
l’enfant a versé ses sourires,
aux hommes qui ne savaient plus rire.
Son panier ruisselant de rêves,
jaillit comme une sève.
Alors l’oiseau est revenu
boire à la source qui ne coulait plus.
Câlinant la tige endormie,
le poisson a frémi.
La fleur s’est réveillée,
sous la caresse ensoleillée.
Le parfum se mit à perler,
l’arbre fit enrouler,
ses feuilles dans la danse,
de la vie qui s’avance.
L’enfant qu’on ne voulait plus,
sur la terre fit chanter les rues.
Le rire en cascade,
partit en escapade,
sur les ailes du vent,
hurlant : “C’est le recommencement.”
Cette nuit, j’ai vu Monsieur vent,
il était très vieux et très grand,
il est entré dans ma maison,
sans bruit et sans façon,
m’a regardé gentiment,
en me disant : “bel enfant,
je t’apprendrai, si tu veux,
tout le secret des cieux.”
“Merci beaucoup Monsieur vent,
je partirai quand je serai grand,
je suis petit pour aller si loin,
Pépé m’attend pour les foins,
il me montera sur son tracteur.
Mamie me racontera toutes les fleurs,
qui poussent dans son jardin,
et sur les bords des chemins.
Je ferai une forteresse sur le sable,
le chat qui est devenu insaisissable,
s’amusera à faire crouler mon château,
mais j’en ferai un, encore plus beau.”
“Ma mère est une prostituée,
mon père ? Je ne sais qui il est,
pourquoi suis-je né ?”
Personne ne le sait.
Mes souvenirs se sont perdus,
dans le dédale des rues,
des visages qui passaient,
venaient et s’en allaient.
Il est difficile de marcher,
avec les pieds ligotés,
tous ces gens qui disaient :
c’est l’enfant d’une traînée.
Ma grande chance,
c’était les vacances :
le soleil, la montagne,
la mer, la campagne,
et celui qui nous aimait,
pour ce qu’on était.
Sans retenue il donnait
tout ce qu’il avait :
ses jours, ses nuits.
Nos yeux éblouis,
avaient des matins clairs
aussi lumineux que la rivière.
Nous faisions moisson,
de danses et de chansons,
de rire et de bonheur,
comme un ruban de couleur,
pour le garder bien serré,
quand serait passé l’été.
L’éducateur, c’était lui,
comme la profondeur d’un puits
allumait jusqu’à l’étoile,
pour pousser les voiles,
des enfants de trainées,
qui n’avaient plus peur d’aller.
Petite fille terrible,
il te faut toutes les cibles,
tu balances à grande voix,
tes humeurs et tes joies.
Fait-il beau dans ton coeur?
La maison chante le bonheur.
Mais si c’est la tempête,
elle fracasse et hurle à tue-tête.
Tu torpilles nos joies,
en semant la terreur de ta loi.
Petite fille chérie, blonde et dorée,
fraîche comme l’aubépine éclatée,
sois sans crainte, nous t’aimons.
Jamais assez, nous te le dirons,
puisqu’il te faut chaque jour,
une montagne d’amour,
pour te faire avancer,
sur le chemin escarpé
où traîne encore l’enfance.
Déjà les portes de l’adolescence
s’ouvrent à grandes volées.
Doucement, il ne faut rien casser.
Le bouton en fleur,
qui habite ton coeur,
est à peine au printemps.
Je sais qu’elle sera belle,
l’âme de ta citadelle.
Va ma petite fille blonde,
tes yeux noyés d’onde,
sont faits pour regarder,
tout ce qui est beau à aimer.
Si vous allez dans sa maison,
vous n’y verrez pas de raison.
Partout éparpillée,
la lumière joue étoilée.
Ce n’est ni rangé, ni bien sage.
La vie virevolte au passage,
le temps d’un bavardage,
au mendiant ou au mage.
Puis le rire éclabousse,
la jolie frimousse,
du bel enfant blond,
qui attrape les saisons,
joue à pleines mains,
pour remplir ses petits trains,
de fleurs et de soleil,
de lait et de miel.
Lui aussi bâtira sa maison,
où le cœur oubliera la raison.
Il est arrivé le visage marqué,
portant dans ses yeux d’ombre noyée,
tout le désespoir sur sa face,
d’homme qui n’a plus de place.
Comme un grand arbre déraciné,
il avait quelque chose de broyé.
Comment retrouver encore
le goût de boire l’aurore?
Il gardait au fond du coeur
la plaie de ses douleurs.
Tous les hommes qu’il avait vus,
torturés et qui n’étaient plus,
Tous ceux au fond de la mer,
qui n’arriveraient sur aucune terre.
Il pensait chaque jour,
à ses rizières dévorées par les vautours.
Son pays bercé de soleil,
avait la douceur du miel.
Il rêvait de repartir,
même pour y mourir.
La sève de son arbre,
planté comme un grand sabre,
était restée là-bas.
Il n’avançait que pour cela:
retourner vivre un jour,
au pays de ses amours.
Il est l’imigré,
le rejeté,
le teint basané,
celui qui porte le péché
de la bonne société,
qui n’est presque rien
moins que votre chien.
Allez donc faire confiance,
allez donc donner la chance,
à Mohamed l’algérien,
le troubadour, le musicien.
Il lui faudrait des yeux bleus,
avec un nom plus heureux,
pour capter l’attention,
et embraser les rayons,
qui brûlent dans son âme,
pour devenir la flamme,
des couleurs du bonheur,
qui voulait chasser le malheur.
Alors tous les opprimés,
les blessés, les mal aimés,
les gosses des rues,
les sans issues,
retrouveraient le chemin,
qui brille au loin.
Ma cité c’est Nanterre,
du béton et pas de terre.
Je cherche un pays.
Je ne suis pas d’ici.
Je hais cette grisaille,
cette pluie qui cisaille,
les murs, la poussière,
le bruit, les lumières,
des vitrines et des lampions,
où les hommes viennent et vont,
sans savoir ce qu’ils sont.
Ma cité c’est Nanterre,
du béton et pas de terre,
je ne vois pas les saisons,
les jours tournent en rond,
le soleil se casse le front,
sur les tours de la prison.
Je cherche encore,
la couleur de l’aurore.
Ma cité c’est Nanterre,
du béton et pas de terre,
J’aimerais inventer,
des paradis pour m’évader,
pour tromper l’ennui,
je rêve la nuit,
de ma cité de Nanterre,
pleine d’arbres et de terre.
Le troubadour du chemin
n’avait rien dans les mains.
Un quignon de pain,
lui suffisait bien.
Il possédait au bout des doigts,
le ciel plein de toits.
Il avait tous les jardins,
le troubadour du chemin.
L’air des saisons,
était sa maison.
Il avançait chaque jour,
éclaboussé par l’amour,
des oiseaux, de la source,
de l’arbre, de la fleur douce.
Son lit rempli d’étoiles,
le berçait dans un grand voile,
aux frontières de l’éternité.
Lui, le sans destinée,
il marchait sur l’or,
des premières aurores,
le troubadour du chemin,
riche de tout, riche de rien.
Donnez-moi un soleil,
un soleil tout vermeil,
pour ne pas mourir,
un soleil pour vivre.
Toutes les mauvaises idées,
sont là à cogner,
elles roulent dans ma tête,
tapent et répètent.
Elles ne veulent plus me lâcher.
Je voudrais les tuer.
Donnez-moi un soleil,
un soleil tout vermeil,
pour me faire marcher,
un soleil pour aimer.
Derrière les carreaux,
je ne vois rien de beau,
un grand mur gris,
où plus rien ne vit.
L’ombre s’avance,
et mène la danse.
Donnez-moi un soleil,
un soleil tout vermeil,
pour partir en voyage,
sans argent ni bagage.
La mort doit bien rire,
que je veuille mourir,
je vais au devant d’elle,
sans fioriture, sans sentinelle.
J’ai encore peur de son feu,
et de son visage hideux.
Donnez-moi un soleil,
un soleil tout vermeil,
pour ne pas mourir,
un soleil pour vivre.
Ils sont partout les cons
qui tournent en rond.
De leurs voitures à leurs maisons,
l’esprit supérieur, ils l’ont.
Avec leur intelligence bien collée,
à leur vue étriquée,
des barreaux serrés,
pour leur petite vie rangée.
La messe le jour des rameaux :
il faut bien chasser les maux.
Les ripailles à Noël,
pour que la fête soit belle.
Ils vont se dorer à la mer,
avec leurs paroles amères :
“Tu as vu Monsieur Machin :
ce n’est pas un type bien,
leur vieux sale chien,
aboie pour rien.”
La femme de monsieur Truc:
“je suis sûre que c’est une pute,”
leur fils joue de la flûte
fume toutes les minutes,
et traîne avec la fille blonde
vous savez : “celle qui est toute ronde
et crie à la ronde
qu’elle veut changer le monde.”
“C’est une rouge je vous le dis
elle a un enfant, mais de qui ?”
“C’est vrai, on me l’a dit,
il est même caché à Paris.”
Regardez les pauvres cons,
fiers de ce qu’ils sont,
bien sous tout rapport,
avec visa sur leur passeport,
leurs petits tas d’or,
et tous leurs morts,
inscrits aux cimetières,
sur un gros monticule de pierres,
leurs regards soupçonneux,
pour le pauvre gueux,
qu’on met dehors parbleu.
Voyez tous ces imbéciles,
ils tombent dans toutes les cibles,
“achetez et vous verrez”
pas de bonheur sans consommer.
Ils ont de bonnes raisons,
de fermer leurs maisons,
pour en faire une prison,
où se retrouvent tous les cons.
Ils avancent en légion,
pour écraser les bataillons,
de tout ceux, qui dehors,
agitent le drapeau d’or,
dans la nouvelle aurore,
d’un monde multicolore.
Il avait dans les yeux
la nostalgie du ciel bleu.
Il avait dans le coeur,
des rêves en couleur,
l’oiseau merveilleux,
l’oiseau de feu.
Un jour est passé,
la dame du pays des fées.
Elle a peint le bonheur,
du printemps en fleurs.
L’oiseau d’or,
a bu l’aurore,
comme un grand arc-en-ciel,
il s’en est allé.
Ne reste que son regard noyé,
sur sa feuille de papier.
Tu étais mon amie,
je suis passée sans voir,
les ténèbres de ta nuit
où ne perçait plus d’espoir.
Tu as cherché ta miette d’amour,
personne sur ton chemin,
pour te montrer qu’il était beau le jour,
pour te tendre la main.
Tu es partie sans un mot,
par une grande journée de soleil.
Ne restait plus que l’eau,
qui roulait dans une portion du ciel,
comme l’automne flamboyant :
tu voulais le monde pareil.
Nous restons là, pantins gémissants,
coupables, nous sommes tous coupables.
Sur l’échafaud de l’égoïsme, tu es tombée,
pareille à des châteaux de sable,
que la mer a roulés.
Aveugles, nos yeux se sont éclairés,
pour nous montrer le chemin tracé.
Homme comme un grand phare,
vous agitez l’étendard,
au nom de l’amour,
l’amour toujours.
Qu’avez-vous fait?
Qu’avez-vous écrasé?
Possédé ou assassiné,
même vos enfants,
je les vois maintenant,
recroquevillés, morts vivants.
Dans l’ombre de leur printemps,
ils étaient le bouton en fleur,
remplis de candeur,
prêts à s’échapper,
vous les avez rattrapés,
puis entortillés,
bien ficelés,
dans des sentiments,
pavés de tourments.
Sûr de votre cible,
vous dormiez tranquille.
vous étiez la raison,
Eux pauvres fanions,
ne pouvaient plus claquer,
puisque leur souffle était coupé.
Vous avez été le cancer,
dévorant comme un ver,
le fruit fabuleux,
l’avenir lumineux,
qui voulait éclater,
vous l’avez brisé.
Que deviendront les matins clairs
puisqu’il faut des centrales nucléaires?
“Il n’y a aucun danger”
crient tous ces gens bien intentionnés.
Il faut bien de l’électricité,
pour tous nos robots sophistiqués,
des maisons bien chauffées,
pour nos fauteuils douillets.
Pourtant, nous avons un trésor,
qu’on piétine à coup d’or.
L’homme tourne sans fin,
dans sa cage à chagrin.
Elle est toute dorée,
jolie, calfeutrée.
Il ne sait plus ouvrir la porte,
de son âme qui semble morte.
Sa clef est perdue,
il ne la cherche même plus,
il a oublié qu’elle existait,
tout absorbé qu’il est,
par son temps éparpillé,
qu’il ne peut rassembler.
Quelque part, pourtant,
est son château dormant.
C’est à l’interieur,
après avoir vaincu dragons et peurs,
aux limites de la forêt,
noire et ensorcelée,
