Pensées Clandestines - Lou Vernet - E-Book

Pensées Clandestines E-Book

Lou Vernet

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Beschreibung

Tout laisser tomber. Ce qu'on avait à faire, ce qu'on faisait. Tout donner à l'autre, Prendre le temps d'être avec lui. Cinq minutes ou une heure, Complétement là. S'apercevoir que cet autre n'était que soi, Qui attendait qu'on le prenne dans ses bras.

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Seitenzahl: 46

Veröffentlichungsjahr: 2018

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Du même auteur

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La Toile aux alouettes – 2016

Un Trop grand silence - 2017

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G comme Gratitude, 2016

Mal Barrée, 2017

Amazon Kindle

La Femme-Enfant, 2015

Aux heures indues,

Et à tous les insomniaques !

Ne prenez pas la vie au sérieux.

De toute façon, vous n’en sortirez pas vivant.

Bernard Le Bouyer de Fontenelle

Prodrome

Aux pires cauchemars, les grands remèdes.

Que vous soyez en plein burn-out, sous la pluie, coincé dans un embouteillage, tributaire d’une grève, le moral à zéro, désespéré d’avoir manqué une fois encore la chance de votre vie, ce florilège de pensées est pour vous.

D’habitude, les auteurs croient donner à lire ce qu’ils ont écrit de meilleur. Moi je suis certaine de vous offrir le pire.

Oui, je l’ai fait exprès. Non je ne vous déteste pas. Bien au contraire. Après lecture, vous devriez même retrouver une belle estime de vous.

Avec un neurone, zéro empathie et une bonne dose d’humour noir, l’idée de vous débarrasser de cet opus en l’offrant à votre pire ennemi devrait soulager votre pesanteur.

Aussi, bon vol en « absurdie » et à bientôt le plaisir de surfer un jour ensemble, bien au-dessus du pied de la lettre…

Sommaire

Chapitre 1

Chapitre 2

Chapitre 3

Chapitre 4

Chapitre 5

Chapitre 6

Chapitre 7

Chapitre 8

Chapitre 9

Chapitre 10

Chapitre 11

Chapitre 12

Chapitre 13

Chapitre 14

Chapitre 15

Chapitre 16

Chapitre 17

Chapitre 18

Chapitre 19

Chapitre 20

Chapitre 21

Chapitre 22

Chapitre 23

Chapitre 24

Chapitre 25

Chapitre 26

Chapitre 27

Chapitre 28

Chapitre 29

Chapitre 30

Chapitre 31

Chapitre 32

Chapitre 33

Chapitre 34

Chapitre 35

Chapitre 36

Chapitre 37

Chapitre 38

Chapitre 39

Chapitre 40

Chapitre 41

Chapitre 42

Chapitre 43

Chapitre 44

Chapitre 45

Chapitre 46

Chapitre 47

Chapitre 48

Chapitre 49

Chapitre 50

1

Avoir pour seule amie une poubelle. Sur qui je puisse taper, à qui je puisse tout donner. Des feuilles froissées, des crachats écœurés. Qui saurait tout ce que je n’ai pas dit et que j’ai mal écrit. Une poubelle de deuils à l’appétit féroce. Qui obligerait à la décharge de mon ventre trop plein. Qui se satisferait du mauvais et de mes pires ennemis. Sans âme et sans reproche, une poubelle haute et lourde. Qui jamais ne déborderait, ni ne tomberait. Fidèle à mes injures. Inviolable et secrète.

Une poubelle à démons, aux anges déchus. Criblée, saccagée, désincarnée. Muette et digne. Fière de son savoir. Insatiable. Pleine de mon passé, digéré, consommé. Qui n’attendrait que ça, de me voir soulagée. Riant à mes nouvelles peurs tout en les mâchant goulument.

Une poubelle que j’aimerais et qui m’aimerait. Parce qu’elle, elle saurait, pendant que moi, j’oublierais.

2

Je ne suis que peau de chagrin

Dans un trou d’air.

3

L’amour est une série de clichés. On prend les femmes pour des sirènes alors évidemment ça finit en queue de poisson.

On les prend pour des fées, elles nous transforment en clochard.

On les prend pour des princesses et on tombe de cheval.

Tant qu’on n’en a pas fait le tour, on essaye. Encore et encore.

Des petites morts empilées les unes sur les autres et parfois même les unes dans les autres.

Des histoires qu’on se raconte.

Il était une fois…

4

Je suis là, je choisis, j’hésite. Je voudrais faire plaisir. Ça ou ça ou plutôt ça ? Aime, aime pas ? Vert, bleu, marron ? Lu, pas lu ?

Je déambule. Une galerie, dix magasins. Vingt minutes, des heures, une journée.

Rien n’est assez bien. Elle est trop bien.

Alors comme j’ai peur de déplaire, je n’achète rien.

Le soir au rendez-vous, j’ai les mains vides.

Le cœur ardent mais les mains vides.

Et que croyez-vous qu’elle va voir ?

5

Mon frigo a le ventre sec. De l’air refroidit en boucle son vide abyssal. Une bouteille d’eau attend d’être bue. Seule, sur la première tablette.

Aucun aliment n’est venu le souiller. Mon frigo est comme je l’ai acheté. Blanc, neuf, sans trace et sans odeur. Et pourtant, il a faim. Je le sais.

D’être ouvert, rempli, vidé, consommé, sali, usé, pillé. Il a faim de choix, de couleurs et d’envies. De fruits frais, de beurre à tartiner, de jus à partager, de viandes à frire, de petits plats à mitonner, de bouteilles à déboucher.

Il a faim de toutes ces mains qui le fouilleraient, à qui il pourrait offrir. Faim de bruit et de rires. Quand la porte s’ouvre et que la vie lui parvient. Dans la cuisine, la table serait dressée. Une jolie nappe, de la belle argenterie. Le parfum d’une rose. Un soir d’été ou un matin d’hiver. Des lumières allumées, une musique distillée.

Il a faim d’être plein à défaut d’être deux.

6

Je n’aime pas la nuit,

C’est moche.

La lune est fourbe,

Les étoiles illusoires.

On n’y voit rien la nuit.

Ça efface les pas,

Les visages,

Et les sens.

Ça ronge les cœurs solitaires,

La nuit.

7