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Un guide pratique qui vous aidera à mettre en place des actions concrètes pour faire face aux perturbateurs endocriniens.
Les produits chimiques font partie intégrante de notre quotidien et nous exposent, souvent inconsciemment, à nombre de perturbateurs endocriniens. Cette exposition n’est pas sans conséquences puisqu’elle peut provoquer une diminution des capacités cognitives, une baisse de la fertilité, une augmentation des maladies, ou encore des troubles hormonaux.
Mais ce n’est pas une fatalité ! Invitant chaque lecteur à questionner ses modes de consommation, les auteurs expliquent comment reconnaitre ces perturbateurs pour mieux s’en prémunir. Sous forme de questions-réponses interactives, ils proposent des actions concrètes et faciles à mettre en place pour les éviter au quotidien.
Relevons ensemble le défi des perturbateurs endocriniens : comprenons-les pour s’en protéger !
CE QU'EN PENSE LA CRITIQUE
"C'est à notre domicile que nous passons le plus de temps! Notre habitat mérite donc toute notre attention en matière de lutte contre les perturbateurs endocriniens." - Notre Temps
À PROPOS DES AUTEURS
Jean-Pierre Bourguignon était pédiatre et endocrinologue à l’Université de Liège. Il était aussi responsable de l’Unité d’endocrinologie-diabétologie pédiatrique du CHU-N.D des Bruyères (Liège). R. Thomas Zoeller, professeur de biologie à l’Université de Massachusetts, étudie notamment l’action de l’hormone thyroïdienne sur le développement du cerveau. Anne-Simone Parent, quant à elle, est Docteure en médecine et en sciences biomédicales et pédiatre endocrinologue. Elle est Chargée de cours en Endocrinologie Pédiatrique à l’Université de Liège
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Seitenzahl: 198
Veröffentlichungsjahr: 2021
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La collection « Santé en soi » évolue pour vous aider à devenir un acteur clé de votre santé.
Le temps est révolu où le patient n’avait que peu de ressources pour appréhender la maladie dont il souffrait. Même si les rapports entre le monde professionnel de la santé et le patient changent, le temps consacré à l’information manque régulièrement. De plus, sous la pression politique et dans un souci d’efficience économique, les institutions de soins développent des alternatives à l’hospitalisation et aux soins classiques. Il devient donc nécessaire pour toute personne d’acquérir plus d’informations pertinentes et d’autonomie face à la maladie.
Depuis sa création, dans chacun de ses ouvrages, la collection « Santé » des éditions Mardaga relève le défi d’apporter, sous une forme très accessible, une information médicale de grande qualité. Elle vise à offrir à tout lecteur des ouvrages qui traitent des questions qui animent aujourd’hui tant la communauté scientifique que la société autour de la santé dans sa définition la plus large.
Le livre que vous vous apprêtez à lire répond à un seul but : vous aider à devenir cet acteur bien informé et incontournable tant de votre santé que de vos soins médicaux. En effet, face à la multitude de sources d’informations consultables sous toutes les formes (réseaux sociaux, blogs, web, podcast, conférences, télévision, magazines), il est difficile de déterminer si les contenus sont fiables, validés par des experts ou douteux. Retrouver son chemin et un esprit critique dans cette infobésité qui nous pousse à appréhender beaucoup de données dans un temps de plus en plus court est parfois bien ardu.
Notre collection se veut être votre fil d’Ariane dans ce labyrinthe de surcharge informationnelle. Vous aider à apprendre et à comprendre tous les éléments utiles, sans pour autant les simplifier à outrance, est notre principale préoccupation.
Dans cet objectif, la collection évolue et évoluera encore avec la volonté d’offrir, si le sujet s’y prête, des approches plus dynamiques telles que des questions-réponses, des entretiens ou encore des controverses, tout en gardant un haut niveau de rigueur académique.
Au nom de toute la maison d’édition, je remercie les auteurs du présent ouvrage d’avoir répondu avec brio à cette approche dynamique de l’entretien avec un expert dans le domaine.
Je vous invite maintenant à lire ce livre, à le faire résonner dans votre quotidien et surtout à bien prendre soin de vous !
Professeur Frédéric THYS,
Directeur de la collection
A mistake is not something to be determined after the fact, but in light of the information available until that point.
Nassim Nicholas TALEB
La loi, bien souvent, est à la remorque de la science. Les règlements encadrant les produits chimiques à travers le monde n’échappent pas à cette habitude regrettable, généralisée dans les pays riches depuis la révolution pétrochimique.
Adopté fin 2006, le règlement européen REACH (Enregistrement, évaluation et autorisation des substances chimiques) avait pourtant été salué comme une avancée majeure. Avant lui, les autorités européennes ne savaient rien, ou si peu, des ingrédients chimiques composant les produits de consommation, des matières plastiques d’un jouet au dégraissant du liquide vaisselle. « Pas de données, pas de marché » : REACH contraignait les industriels à désormais fournir les informations nécessaires à l’évaluation de la dangerosité de leurs produits. Il instaurait ainsi une inversion de la charge de la preuve. Jusqu’alors, si la puissance publique voulait agir sur une substance donnée, c’est elle qui devait présenter des preuves de sa nocivité. Mais accumuler ces preuves prend du temps. Un temps infini. Trente ans pour retirer un produit chimique du marché américain quand il en faut seulement trois mois pour le commercialiser. Entre le premier constat de la dangerosité de l’amiante et son interdiction en Europe, il s’est écoulé près d’un siècle. Ce temps, c’est sur le corps des Hommes qu’il pèse.
Le monde serait parfait si REACH pouvait revenir en arrière sur des décennies d’ignorance et fonctionner à la vitesse de l’urgence qui se pose en termes de santé publique. À l’issue de la première phase d’application de REACH, plus de 145 000 substances chimiques ont été répertoriées sur le marché européen. Mais entre l’automne 2008 et l’été 2013, seules 52 substances ont été réglementées. Soit dix par an. Les auteurs de ce livre ont calculé qu’il faudrait quatre générations au minimum pour venir au bout de l’examen de tous les dossiers fournis par les industriels. À cela s’ajoute qu’un grand nombre de ces dossiers sont incomplets. Un rapport de l’Institut fédéral allemand d’évaluation des risques (BfR) signalait en 2018 qu’environ un tiers des dossiers concernant les substances le plus employées en Europe étaient « non conformes ». De nombreuses informations manquaient, en particulier les données portant sur la capacité des substances à nuire à la santé ou à l’environnement.
Or quand l’action politique et réglementaire tarde, le rôle des scientifiques dans la société prend une tout autre dimension. Au cours des dernières années, les auteurs de ce livre ont été infatigables dans ce qu’ils ont considéré être leur devoir de transmission. Auprès des décideurs publics européens, fonctionnaires de la Commission et parlementaires, d’abord. Alors que se jouait une éprouvante bataille politique pour réglementer les perturbateurs endocriniens dans les coulisses de Bruxelles, ils sont venus leur expliquer le travail de la communauté scientifique, décrypter les études, vulgariser la complexité.
Le moins qu’on puisse dire, c’est qu’ils n’ont pas économisé leurs forces. Ils n’ont pas eu peur de se lancer dans l’arène du débat public. Le 29 novembre 2016, ils faisaient partie des cent scientifiques qui signaient une tribune historique dans le quotidien français Le Monde. « Halte à la manipulation de la science ! », imploraient-ils les scientifiques, issus de deux domaines de recherches bien différents : perturbateurs endocriniens et changement climatique. Par cette initiative inédite, ils avaient décidé de mettre en garde les responsables politiques, autant que le public, contre les stratégies développées par les acteurs économiques pour retarder, diluer ou empêcher les réglementations contraignantes. Il y avait urgence, selon eux, à empêcher la progression de ces méthodes de « manufacture du doute » déjà à l’œuvre dans la lutte contre le changement climatique, dans le domaine des perturbateurs endocriniens. « Nous considérons qu’il n’est plus acceptable de nous taire, écrivaient-ils. En tant que scientifiques, nous avons en fait l’obligation de participer au débat et d’informer le public. » Dont acte.
Cet impératif de transmission, cette obligation éthique de partager le savoir n’exclut pas le pragmatisme. Puisque quantité de perturbateurs endocriniens se nichent dans les produits de consommation courante, la connaissance doit pouvoir être à la fois utile et utilisée par les gens dans leur vie quotidienne. C’est de toute évidence l’objectif de ce livre à la fois généreux et astucieux. Amener chacun à une prise de conscience, quel que soit son niveau de connaissance ou son opinion sur le sujet. Et armer les consommateurs d’un savoir, c’est leur restituer leur dimension de citoyens. Dans ce livre, les personnes sont d’ailleurs toujours appelées « citoyens » ; elles ne sont pas réduites à une simple fonction de consommateurs.
En leur permettant de se réapproprier la vie politique par le savoir scientifique, en contrant le sentiment de dépossession que ces personnes peuvent parfois éprouver, les auteurs agissent comme des scientifiques qui n’ont pas perdu de vue qu’ils étaient, eux aussi, des citoyens. S’il est un domaine où le partage est loin d’être équitable, c’est bien le savoir. J’ai connu certains des auteurs de ce livre comme interlocuteurs dans un cadre professionnel il y a plusieurs années. Ils m’ont frappée par leur conscience aiguë de l’intérêt général, leur profonde humanité, leur bienveillance chaleureuse. C’est avec cette matière qu’ils ont de toute évidence confectionné ce livre, qui est un livre écrit par des citoyens pour des citoyens.
Stéphane HOREL, journaliste. Paris, janvier 2019
Vous qui entrez dans cet ouvrage, vous vous posez sans doute des questions sur les perturbateurs endocriniens. Les hormones intriguent et les substances chimiques toxiques inquiètent. Dans la masse des agents chimiques toxiques, qui sont et où sont ces perturbateurs endocriniens ? Ils sont en effet difficiles à saisir, tant au sens propre (Où sont-ils ?) qu’au sens figuré (Comment nous font-ils du tort ? Comment s’en prémunir ?). Combien sont-ils, des centaines voire des milliers ? Quels sont leurs effets sur la santé ?
Notre ambition est de vous aider à comprendre qui sont les perturbateurs endocriniens. Non pas de vous apporter des réponses toutes faites, mais plutôt de construire des réponses avec vous. C’est pourquoi cet ouvrage va vous mettre au travail. Chaque chapitre vous fixe un objectif ou vous pose une question. Vous pourriez être tenté de brûler les étapes et d’aller directement à un chapitre qui discute des actions concrètes. Ce serait une erreur. On ne peut véritablement agir que lorsqu’on a compris où se trouvent les perturbateurs endocriniens, en quoi ils sont dangereux et, particulièrement, à quels moments de la vie.
Parmi les ouvrages publiés récemment sur le sujet, certains sont l’œuvre de praticiens de la science (par exemple : Demeneix, 2016 ; Kah, 2016 ; Caro et Slama, 2017 ; Foussier, 2017). Ceux-ci rapportent et analysent les observations historiques qui ont conduit au concept de perturbation endocrinienne et celles, plus récentes, qui en confirment la réalité préoccupante. L’approche suivie dans le présent ouvrage est aussi celle de scientifiques, dans une démarche interactive. En effet, atteindre les objectifs fixés passera par votre questionnement et votre réflexion. Notre expérience nous a appris que les personnes même inexpérimentées avec lesquelles nous avons abordé le sujet des perturbateurs endocriniens disposent déjà de certaines notions (souvent ignorées ou sous-estimées) et font preuve de bon sens pour les utiliser et réfléchir. Ceci est vrai avant même que ne soient livrées des informations ou des explications autour de chacun des objectifs à atteindre ou chacune des questions envisagées. Pour tirer parti de votre réflexion, chaque chapitre vous proposera une question et quelques propositions de réponses. Nous vous demanderons d’en choisir une et d’identifier les raisons de votre choix. Ensuite, vous accéderez aux commentaires relatifs aux différentes réponses. Sachez qu’il n’y aura ni une seule bonne réponse, ni des « mauvaises » réponses. Il y aura plusieurs réponses plus ou moins défendables selon la force des arguments avancés.
Qui êtes-vous face à la question des perturbateurs endocriniens ? Nous partageons tous la même situation, celle du citoyen confronté à la compréhension et à la gestion des défis posés par la présence de substances chimiques dangereuses dans notre environnement. Une deuxième posture peut nous concerner, celle du passeur d’information. Cette démarche semble incomber d’abord aux professionnels de la santé et à ceux de l’éducation. Mais elle implique aussi tous ceux qui souhaitent partager avec d’autres leur savoir, et elle suscite des pistes de savoir-faire et de savoir-être dans l’univers des perturbateurs endocriniens. Un passeur d’information est surtout quelqu’un qui interpelle, qui pose des questions auxquelles il appartient à chacun d’apporter ses réponses. Sans être un professionnel de la santé ou de l’éducation, chacun qui effectue la démarche proposée dans cet ouvrage ou une autre dans ce domaine devient potentiellement un passeur d’information. La société a grand besoin de relais pour relever ensemble les défis posés par les perturbateurs endocriniens.
Quelle est votre opinion sur les agents chimiques dans l’environnement ?
Le travail d’apprentissage que vous allez mener au fil de cet ouvrage peut être renforcé par une démarche préalable et trop peu exploitée : prendre conscience de votre position personnelle sur le sujet et vous poser les questions qui en découlent.
Premier élément : la prise de conscience du positionnement personnel par rapport au sujet concerné. « Quelles opinions et quels sentiments m’inspire ce sujet ? » Même s’il s’en défend, chacun aborde un sujet comme celui des perturbateurs endocriniens avec des opinions et sentiments préexistants. Ceux-ci se sont construits à partir d’éléments concrets (lectures, reportages, cas vécus, etc.) ou projetés (croyances, opinions, etc.). Ils sont teintés d’aspects émotionnels positifs ou négatifs (passion, révolte, crainte, découragement, etc.). Cette toile de fond influence notre positionnement et, le plus souvent, c’est à notre insu.
Prendre conscience de son positionnement, c’est pouvoir le travailler, le remanier au cours de l’apprentissage. C’est pourquoi commencer par prendre conscience de votre positionnement sur le sujet des perturbateurs endocriniens vous est proposé ici comme porte d’entrée.
Nous avons naturellement tendance à inscrire nos opinions dans un cadre de jugement : bonnes ou mauvaises. Ceci est d’autant plus vrai quand des questions nous sont posées sur un mode qui nous renvoie aux évaluations subies dans notre parcours de formation. Dans votre positionnement vis-à-vis des affirmations qui vous seront proposées dans ce chapitre, il n’y aura ni bonnes ni mauvaises réponses. De même, dans toutes les questions et interpellations qui vous seront adressées au fil de cet ouvrage, il n’y aura ni bonnes ni mauvaises réponses.
Un deuxième élément facilitateur de l’apprentissage est l’autoquestionnement. « Qu’y a-t-il derrière les opinions etles sentiments que m’inspire ce sujet ? » Quelques questions vous seront proposées à la suite des réponses que vous aurez choisies. Ces questions ne sont pas limitatives, elles sont indicatives. L’autoquestionnement est profitable quand il est guidé. Il l’est encore davantage quand il émerge de notre propre démarche de réflexion.
Ce questionnaire a pour but de vous aider à vous situer par rapport à la question des perturbateurs endocriniens (PE).
Ajoutez une croix dans la colonne qui correspond àvotre niveau d’accord avec l’affirmation proposée.
ABSOLUMENT PAS D’ACCORD
PLUTÔT PAS D’ACCORD
PLUTÔT D’ACCORD
ABSOLUMENT D’ACCORD
1. J’ai déjà eu l’occasion de m’informer sur les PE.
2. J’en connais assez au sujet des PE.
3. Je sais que faire au sujet des PE.
4. Les PE, ce n’est pas important car notre exposition est faible.
5. Les PE, ce n’est pas important car les effets sont négligeables.
6. Les PE tiennent davantage de la fiction que de la réalité.
7. Les maladies qui peuvent impliquer les PE sont dues à plusieurs causes parmi lesquelles le rôle des PE n’est pas clair.
8. Il y a tellement de PE possibles qui ont des effets dans des domaines si différents que je ne vois pas comment en sortir.
9. Parce que les PE sont insaisissables, il n’y a rien que le consommateur puisse faire.
10. Pour autant que certains agents chimiques soient dangereux, être alerté concernant leurs effets n’est justifié que si des mesures de protection peuvent être proposées.
11. Informer et éduquer à propos des agents chimiques dangereux, cela coûte cher pour peu de bénéfices vu l’application limitée des messages éducatifs.
12. L’information arrive trop tard maintenant que nous faisons face à tant d’effets possibles des PE.
13. La question n’est pas de savoir comment les conséquences des effets des PE peuvent être soignées. Elle est de savoir comment prévenir ces effets.
14. La grossesse offre une opportunité unique pour réduire l’exposition aux agents chimiques et prévenir leurs effets négatifs.
15. Les politiciens et responsables de réglementations ne tiennent pas suffisamment compte des données de la science indépendante d’intérêts économiques.
16. Les politiciens et responsables de réglementations sont trop facilement influençables par les lobbies de l’industrie.
Sur base de vos réponses par groupe d’affirmations énoncées dans le tableau précédent (voir les numéros), le tableau ci-contre vise à vous aider à réfléchir à votre position sur la question des PE. C’est pourquoi il vous propose l’une ou l’autre question qui peut être pertinente à la suite de votre positionnement. À ce stade, il peut vous sembler difficile de répondre à ces questions. Nous faisons le pari que des réponses émergeront au fur et à mesure de votre progression dans cet ouvrage.
Affir- MAtions
Vous n’étiez
pas (vraiment) d’accord
Vous étiez
(vraiment) d’accord
1, 2, 3
Votre action demande notamment que vous gagniez en information ou maîtrise sur la question des PE.
Voyez-vous comment acquérir davantage de connaissances des PE ?
Il semble que vous disposiez déjà de certaines connaissances
sur le sujet des PE.
Mais votre information dans ce domaine est-elle à jour ?
Est-elle suffisante pour passer à l’action ?
4, 5, 6
Votre conviction de l’importance du problème des PE peut être un moteur pour agir vous-même et changer vos comportements.
Pour autant, passez-vous à l’action ?
Et, sinon, pourquoi pas ?
Vous éprouvez des doutes ou des réticences sur le fond de la question des PE. L’important se situe dans ce qui peut expliquer ces réticences.
Identifiez-vous ces raisons ?
En avez-vous déjà discuté avec des personnes qui ont un autre avis ?
7, 8, 9
Vous avez résolu ou contourné l’impuissance que l’on peut ressentir face aux questions des PE.
Savez-vous pourquoi et comment ?
Pourriez-vous partager ce cheminement avec d’autres ?
Votre sentiment d’impuissance face à la complexité de la question des PE est compréhensible.
Sur quel aspect porte ce sentiment ?
Comment pourriez-vous le dépasser ?
10, 11, 12
Vous pensez que l’information au sujet des PE mérite d’être communiquée au public.
Néanmoins, n’y a-t-il pas un risque de décourager si des actions ne sont pas proposées dans la foulée ?
Il ne suffit pas d’informer. Vous vous souciez de ce qui peut limiter l’impact de l’information mais cela risque de vous immobiliser.
Ces limitations peuvent-elles devenir un alibi pour s’abstenir d’informer ?
Cherchez-vous à les résoudre ?
13, 14
Vous n’êtes pas convaincu que les stratégies de prévention ont une place.
Est-ce parce que la prévention vous semble inefficace ou inappropriée ? Et pour quelles raisons ?
Vous pensez que prévenir vaut mieux que guérir.
Quelles conditions voyez-vous à la mise en place d’une stratégie préventive efficace ?
15, 16
Votre vision des pouvoirs publics est positive. Certains mandataires peuvent s’inscrire dans cet idéal.
Voyez-vous des exemples de décisions prises au bénéfice de la santé publique ?
Voyez-vous des contre-exemples ?
Vous n’êtes pas dupe vis-à-vis de certains biais qui peuvent influencer les décideurs des pouvoirs publics.
Est-ce inéluctable ?
Avez-vous des moyens pour influencer le processus réglementaire ?
Un scénario pour demain : est-il réaliste ?
Le scénario futur ci-dessous, vous auriez pu le découvrir sous la forme d’une « carte blanche » publiée par un groupe de scientifiques dans votre quotidien.
« Année 2070. Le monde de la santé est en ébullition.
Dans divers pays industrialisés, le quotient intellectuel mesuré chez les adolescents a chuté de 15 points en cinq décennies. Les orthophonistes sont débordés : plus d’un enfant sur deux s’avère en difficultés d’apprentissage. Dans les années 1990, un enfant sur 2000 était reconnu atteint d’autisme ou de troubles apparentés à l’âge de 5 ans. Actuellement, un enfant sur 20 et sa famille se retrouvent confrontés à cette maladie désarmante. Toujours dans les années 1990, les troubles hyperactifs et attentionnels concernaient un enfant sur 30, à l’âge de 10 ans. À présent, ils touchent un enfant sur trois.
La procréation médicalement assistée n’est pas loin de devenir la règle alors qu’elle était l’exception. En effet, la qualité du sperme et son pouvoir fécondant n’ont cessé de diminuer. Les troubles du cycle menstruel et de l’ovulation sont beaucoup plus fréquents. Le cancer du sein aussi bien que celui de la prostate touchent 10 fois plus de personnes qu’en 1990. Le cancer du testicule survient huit fois plus souvent que dans les années 1990.
L’obésité et le diabète de type 2 n’ont cessé d’augmenter en fréquence, en dépit des efforts pour promouvoir une alimentation saine et une activité physique régulière. Quasi un adulte sur deux est obèse et un sur quatre est diabétique.
En conséquence, les coûts des soins de santé ont explosé. C’est sans compter l’impact sur les occupations professionnelles des patients adultes mais aussi des parents contraints de dégager du temps pour encadrer leurs enfants en difficulté. La qualité de vie est en perte de vitesse inquiétante. La productivité économique de l’ensemble de la population est en régression…
… Année 2018. L’anticipation ci-dessus n’a rien d’une fiction.
La projection des tendances des dernières décennies à une cinquantaine d’années d’ici, c’est la réalité à laquelle nos enfants et petits-enfants seront confrontés. Pourquoi ces dégradations de la santé ? La réponse n’est pas univoque, la santé humaine est multifactorielle. Il y a toutefois un dénominateur commun à tous les troubles de la santé cités plus haut : ils mettent en jeu l’exposition aux substances chimiques de synthèse introduites dans notre environnement, en particulier les perturbateurs endocriniens. La science n’en est plus à la présomption de culpabilité pour ces substances. L’évidence ne sera jamais totale mais a atteint un niveau scientifiquement indiscutable pour un certain nombre d’entre elles.
Les autorités veillent au grain en Europe. Depuis le règlement « REACH »(Registration, Evaluation, Authorisation and restriction of Chemicals) en 2006,l’Europe peut en effet se targuer d’être la seule entité disposant d’un tel arsenal légal pour réglementer les substances chimiques. Mais le dispositif est lent, trop lent. Les substances chimiques de synthèse répertoriées par les organisations réglementaires européennes sont au nombre de 140 000 dont 1 % ont fait l’objet de publicationsscientifiques concernant de possibles effets perturbateursendocriniens. Depuis sa mise en place, REACH a permis de réglementer chaque année 10 substances parmi lesquelles des cancérigènes et mutagènes ainsi que quelques perturbateurs endocriniens. Sur base de ces chiffres, il faudrait réglementer 1400 perturbateurs endocriniens. Au rythme actuel qui est au mieux de 10 par an, 140 années seront requises soit quatre à cinq générations ! Ceci sans compter les nouvelles substances introduites chaque année.
Il est urgent de mettre en place des stratégies complémentaires pour sortir d’une trajectoire qui mènera immanquablement vers un drame de santé publique si nous n’agissons pas. » – Signature : un groupe de scientifiques, sous l’égide de Sociétés internationales d’endocrinologie, de toxicologie et d’épidémiologie.
Ce scénario futur constitue une projection, à l’horizon d’une cinquantaine d’années, des conséquences probables de l’exposition aux perturbateurs endocriniens. Il résume différentes facettes de la problématique : les aspects multiples de la santé qui sont concernés, les conséquences pour la société, les questions autour de la causalité ainsi que les forces et les limites de la gestion réglementaire des substances chimiques. Une telle projection suscite énormément de questions, voire de doutes. Est-ce bien la réalité ?
De quoi êtes-vous convaincu ? De quoi doutez-vous ? Comment avancer et dans quel ordre ? Prenons une comparaison. Vous avez eu un accident de voiture. La première question est de savoir s’il y a des dégâts visibles ou cachés et de quelle importance. Ensuite, quel est le coût réel des réparations ? Qui est responsable et qui va supporter ce coût ? Et, enfin, qui se charge de la réparation ?
Q1.Sur base de la « carte blanche », nous vous proposons cinq questions à vous poser pour évaluer pour vous-même si ce scénario est réaliste et les actions qu’il pourrait justifier :
A.L’incidence de maladies est-elle en train de s’accroître et avec quelle ampleur ?
B.Les agents chimiques jouent-ils un rôle dans l’augmentation des maladies ?
C.L’incidence accrue de maladies a-t-elle des conséquences pour la société ?
D.Quelle est la gestion réglementaire de l’exposition aux agents chimiques et son impact ?
E.Comment impliquer le citoyen dans les solutions à l’incidence accrue de maladies en lien possible avec l’exposition aux agents chimiques ?
Pour chacune des cinq questions, nous commencerons par explorer votre conviction concernant les réalités qui les sous-tendent. Nous pouvons comprendre que certains d’entre vous soient sceptiques et d’autres convaincus. Ensuite, nous vous proposerons quelques réflexions sur les constats qui existent derrière chaque question. Ces réflexions trouveront dans les chapitres suivants des échos et des compléments qui permettront de les approfondir.
Question n° 1A : Croyez-vous que l’augmentation d’incidence de maladies en rapport avec le système des hormones est réelle ?
