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Le syndrome d’aliénation parentale (SAP) désigne l’ensemble des manifestations psychopathologiques observées chez les enfants soumis à des séparations parentales très conflictuelles : en premier lieu le rejet injustifié ou inexplicable d’un parent par un enfant.
Nini et Tobal vivent le même double drame, une séparation tumultueuse et le désamour de leurs enfants, savamment orchestré par leur ex. Elle vit dans l’île de la Réunion, et lui dans la région bordelaise. Leur rencontre est improbable. Cependant elle se produira, par le truchement d’Internet. Sur le site www.pire-ex.net, ils vont pouvoir se parler. Au fil des jours, ils vont se confier l’un à l’autre, se raconter, se soutenir, s’épauler. Ils sont perdus mais pudiques, ils se sentent souvent seuls et incompris. Leurs échanges vont leur permettre de se reconstruire petit à petit. Ils se quitteront quand ils auront enfin retrouvé le goût de vivre et un début de solution à leur souffrance, sans s’être jamais vus, mais tristes pourtant comme quand on perd un ami !
Un livre d’actualité qui traite du problème de l'aliénation parentale pour des enfants dont les parents divorcent de façon conflictuelle. La notion de syndrome d’aliénation parentale est définie par un collectif d’auteurs comme « la condition psychologique particulière d'un enfant (habituellement dont les parents sont engagés dans une séparation très conflictuelle) qui s'allie fortement à l'un de ses parents (le parent préféré) et rejette la relation avec l'autre parent (le parent aliéné) sans raison légitime ».
Cette pathologie familiale, longtemps contestée par les magistrats, commence à être prise en compte dans notre pays. Il existe aujourd’hui quelques cas de jurisprudence, comme celui du Tribunal de Toulon, qui a reconnu le SAP pour la première fois le 4 juin 2007. Espérons qu’il s’agit là d’une évolution des mentalités autour de cette problématique.
Ce livre est un hommage à cette grande dame qui était Sophie Daout. Il est également dédié à Alice Martin P. Victime d'Aliénation Parentale dés l'âge de 4ans. Privé de son pére aimant, par un clan maternel peu scrupuleux.
À PROPOS DE L'AUTEURE
Tour à tour institutrice puis professeur et enfin conseillère d'orientation-psychologue, elle a consacré sa vie aux enfants et adolescents. En mars 2015 elle a été promue commandeur dans l'ordre des Palmes académiques. Sophie Daoût nous a malheureusement quitté.
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Seitenzahl: 248
Veröffentlichungsjahr: 2023
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Parents ennemis
Enfants otages
PIREX
Hommage à l’auteure et à cette grande dame qui était Sophie Daout.
Elle nous a quitté trop vite
Ce livre est dédié à Alice Martin P. , victime d’aliénation parentale. Privée de son père qui l’aime et manipulée dés ses 4 ans par un clan maternelle.
Toute ressemblance avec des personnes existant ou ayant existé n’est nullement fortuite. Les personnages de ce livre, Nini et Tobal, ressemblent beaucoup à une femme et à un homme qui m’ont fait partager leur souffrance et leurs émotions. Je veux ici les remercier pour leur confiance et leur courage.
Merci à mes fidèles amies correctrices, Maguy, Michèle et Véronique.
Merci à Paul Bensussan qui m’a invitée à « à puiser sur son site, tout article ou interview qui pourrait m’être utile ». Il m’a ainsi permis de clarifier le concept du « syndrome d’aliénation parentale » avec un professionnalisme et un sens de la nuance bien éloignés des enjeux passionnels propres à ce champ de réflexion. (Voir en annexe)
Merci enfin à Béatrice Copper-Royer qui m’a autorisée à mettre utiliser son article intitulé : "Divorce et séparation quand les enfants sont pris en otages du conflit de leurs parents dans les familles ».
(Voir en annexe)
Nini :
Dans ma détresse, au cours de mes nuits blanches, il m’arrive parfois de surfer sur Internet. Pour quelles raisons ? Je n’en sais trop rien ! Peut-être simplement pour partager ce que je vis, peut-être en espérant une main tendue, ou encore tout simplement pour tenter d’apporter quelques réponses aux questions qui me harcèlent le jour et la nuit. Pourtant, jusqu’ici, je n’ai jamais osé m’exprimer dans un forum.
Mais le nom de celui-ci m’a amusée :
www.mon-pire-ex.com
Oui le pire ex, le Pyrex, ce verre qui, lorsqu’il se casse, explose en mille morceaux !
Comme moi, depuis qu’on m’a enlevé mes enfants !
Moi en mille morceaux !
Du pyrex, comme ma relation avec Claude, en mille morceaux, elle aussi !
Et Claude est mon pire ex !
Aujourd’hui, c’est encore une nuit sans sommeil.
Je ne dors pas, alors j’écris, comme presque tous les soirs. Et c’est aujourd’hui une lettre qui s’adresse au père de mes enfants. Impossible de m’endormir avec ces mots qui tournent dans ma tête. Pourtant, je sais très bien que Claude ne les lira jamais. Moi, j’ai besoin de les sortir de moi et de les déposer pour qu’ils cessent de me hanter. Je ne veux pas devenir folle.
Alors j’écris ici dans ce forum où tant de misère s’exprime.
J’écris pour moi, certes, mais peut-être, qui sait, quelqu’un se reconnaîtra-t-il dans mes pauvres mots ? Je n’y crois pas vraiment, car personne, je pense, ne peut comprendre ce que je vis.
Tant pis !
J’écris !
Lettre à Claude
Chaque nuit est un supplice, car les cauchemars m'assaillent et m'empêchent de respirer!
Je m'endors de fatigue mais me réveille en sursaut. J'étouffe et ne parviens pas à reprendre mon souffle.
J'ai si peur pour eux, mes petits, qui sont si loin de moi.
Mais pourquoi m'étendre ? Tu me connais si bien ! Et tu connais donc aussi la souffrance que j'endure. C'est certainement une motivation ou une satisfaction pour toi que de savoir que je souffre aujourd'hui de la sorte.
Tu peux dire et essayer de faire croire le contraire, mais mes enfants sont tout pour moi. Je ne suis pas une mère exceptionnelle, oh non ! Je suis une maman ordinaire, avec ses défauts et ses qualités, imparfaite comme toutes les mamans, oui, une maman normale et qui aime ses enfants plus que tout au monde.
Bien avant que tu n’assumes enfin ton rôle de père, (car au début, c’était bien là le problème), tu sais bien comme il m'en a coûté mentalement et physiquement de les avoir, de tenir malgré des grossesses capricieuses. Tu as vu et vécu l'amour que je leur porte depuis leur naissance, tu sais toi, qu'ils sont mon oxygène.
Oui nous avons eu des différends, toi et moi, oui nous en sommes venus à une séparation, mais c’est la nôtre, pas celle des enfants et de leur maman. Jamais je n'ai voulu me séparer de mes enfants et tu le sais. J'ai cru mourir le jour où j'ai appris que tu en avais la garde. Oui, j’aurais voulu mourir. Combien de fois suis-je restée au bord de l'eau, hésitante...
Tu savais qu'en partant, en emmenant les enfants loin de moi de la sorte, tu savais que ma vie allait basculer une nouvelle fois.
Peut-être était-ce ton souhait le plus profond ?
Par souci de vengeance sans doute, plus que par raison.
Sinon, comment un père aimant et respectueux de ses enfants peut-il les conduire si loin de leur maman ?
Quelle cassure dans ma vie bien sûr, mais aussi et surtout dans la leur. Cette distance, ces longs voyages, les décalages horaires !
Y as-tu bien réfléchi en partant ? Mais peut-être avais tu déjà dans l'esprit que nous parviendrions à la situation actuelle ? Tu leur as fait miroiter un départ en vacances en France, dans le cabanon qu’ils aiment tant, tu leur as longuement rappelé combien ils avaient été heureux dans cette maison lors de leur « vie d'avant », mais peut-être avais-tu déjà programmé de saisir le juge des enfants pour agression psychologique « de la part de leur maman »!
Oui, tu as invoqué cette raison ! Je pratiquerais donc l’agres-sion psychologique sur mes enfants à 8000 km de distance ?
Mais où vas-tu, Claude, dans ta course folle ? Et jusqu'où iras-tu ? Quel sentiment insuffles-tu dans leur cœur ?
Crois-tu qu'il s'agisse d'une démonstration de tes qualités de papa « normal » ? Regarde-toi en face, Claude.
Que veux-tu vraiment ? M'anéantir, me brûler les ailes ? Me tuer ?
C'est déjà fait, Claude, depuis ce jour où tu as fermé devant moi les volets roulants de notre maison afin que je n'y rentre plus. Ce jour est marqué au fer rouge dans ma chair. La Nini que tu as connue est morte ce jour l !
Et depuis, tu t'es appliqué à glisser la lame de ta hargne, chaque jour un peu plus dans cette plaie purulente.
Que veux-tu de plus, Claude ? Sois honnête avec nous tous, toi, moi et les enfants. Tu t'acharnes à poursuivre ton combat mortel, pourquoi ?
Tu veux la maison, celle que nous appelons « Le cabanon »? Tu me dis que les enfants se sont butés contre moi à cause de lui. J'ai du mal croire que nos enfants sont plus attachés à ces vieilles pierres qu'à leur maman.
Je t'ai proposé de résoudre ce problème. En as-tu parlé aux enfants ? S'il s'agit vraiment de leur attachement à cette maison, ma solution les a préservés. Pourquoi la situation ne se décante-t-elle pas ?
À moins que le problème ne soit encore plus profond ? J'ai cru comprendre que tu souhaitais révoquer mes acquis durant notre mariage ?
Peut-être voudrais-tu aussi changer le sang de nos enfants afin qu'ils n'aient plus aucune trace de leur mère en eux ?
Alors, vois-tu Claude, tu peux continuer à t'acharner contre moi, la femme que tu as épousée il y a bientôt 20 ans ! Tu me confortes ainsi chaque jour davantage dans la décision que j’avais prise de divorcer de toi.
Mais plus tu t'acharnes, plus tu blesses nos enfants!
Malheureusement pour toi, je suis aussi leur mère, je suis la moitié d'eux et ce, jusqu'à leur mort, car en dépit de toutes les procédures que tu pourras engager, tu ne pourras jamais changer cela.
Mes enfants resteront mes enfants, ceux que j'ai portés, que j'ai allaités, nourris, et éduqués jusqu'à ce que tu me les enlèves.
Nini
Voilà ma « Lettre à Claude ».
Il ne la lira jamais, je l’ai dit ! Mais peut-être sera-t-elle lue par quelqu’un d’autre ?
Une bouteille à la mer !
De Tobal à Nini
Bonjour Nini,
Il m'arrive parfois de m'accorder du temps pour venir sur ce forum, voire, d’y participer de façon épisodique.
Aujourd'hui, j'ai lu votre lettre, à plusieurs reprises, et je la relis encore.
J’ai moi aussi écrit une lettre à mon ex (ma pyrex ?) en juillet dernier, juste avant son départ en vacances avec les enfants.
La voici :
Angélique, j'ai bien reçu le mot que tu as donné à notre fils pour moi. Je te communique les deux cartes « famille nombreuse » en ma possession, (que tu voudras bien me retourner, avec les papiers d'identité, nécessaires désormais pour les transports aériens et maritimes), le chapeau de la petite.
Je t'ai fait les copies des carnets de vaccinations il y a quelques jours, tu les as.
Je souhaiterais profiter de ces quelques mots pour te faire une demande, pour les enfants, pour toi, pour moi.
Nous avons tous deux été très amoureux, avons passé des moments excellents et inoubliables, avons fait un très beau mariage, avons conçu dans l'amour de magnifiques enfants. Ces temps sont à valoriser auprès des enfants pour leurs vies futures, et à ne pas oublier pour nous deux, car reconnaître cet amour ne peut qu'être positif pour nos six vies respectives.
Nous avons vécu une crise terrible, mais contrairement à ce que nous avons peut être pensé, l'un et l'autre, (ou l'un ou l'autre), cette crise était, je pense, un processus possible et normal d'un couple stable depuis une vingtaine d'années.
Chaque passion s'atténue, et peut déboucher sur le véritable amour, celui qui reconnaît qu'un couple est « trois » (l’homme avec sa personnalité, la femme avec la sienne, et le couple) et non « un », c’est-à-dire le couple fusionnel dans lequel sont gommées les personnalités des deux partenaires,( le couple du début très souvent). L'évolution de toute passion conduit à cette prise de conscience, et il faut l'accepter comme quelque chose de normal qui scellera le véritable amour, ou le détruira et conduira à la séparation, par refus de cette distanciation, ou par peur de voir le conte de fée ne pas exister.
Grâce à une aide extérieure, le couple peut traverser cette « crise », y survivre, et entrer alors dans ce véritable amour, celui qui est à l'écoute des besoins de l'autre, les accepte, et comprend que chaque personnalité a le droit de vivre, tout en gardant sa cohésion, dans une alchimie constructive.
Nous n'avons pas réussi à traverser cette crise et à en sortir avec un amour renforcé. Nous avons fait le choix de la paresse, le plus mauvais choix, celui de la séparation. Au moment même où il aurait fallu cette force, pour accompagner nos deux adolescents, nos deux petites princesses.
Pourtant, je crois qu'avec une aide, nous aurions trouvé en nous les ressources pour constituer un couple magnifique.
Au lieu de cela, nous nous sommes jeté des reproches à la tête, sans essayer de nous comprendre l'un l'autre.
Nous nous sommes fait du mal sans le voir, nous n’avons pas cherché d’aide extérieure. Quelle erreur !
Aujourd'hui, nous sommes responsables tous les deux de la détresse de nos enfants.
Il s'agit d'y réagir positivement, et c'est l'objet de ma demande. Au lieu de continuer cette guerre fratricide et vaine, nous pourrions imaginer d'autres relations, en souvenir des moments magnifiques passés ensemble, et pour le bien-être des enfants.
Lorsque je tentais de t'écrire, de te parler, tu refusais de m'entendre. Et moi, j'avais tort d'essayer cela puisque tu le refusais. Les torts étaient des deux côtés, les erreurs également, et les dommages, pour tous les six.
J'espère que l'aide que tu as sollicitée te permettra de m'entendre cette fois, et non de voir cette lettre comme une nouvelle attaque. Je crois très fort en nos possibles, et en ta capacité à y croire aussi.
La première pensée que nous devrions avoir chaque jour en nous réveillant, est de souhaiter le bonheur de nos enfants, et de nous souhaiter le bonheur mutuel, à nous deux, après notre histoire commune.
Pour ma part, c'est ce à quoi je tends, chaque jour.
Je te souhaite de bonnes vacances avec nos enfants.
Tobal
Hélas, de cette lettre il ne reste rien, elle n’est plus que cendres... Mais j'ai essayé !
Je reviens à votre lettre à vous, Nini.
À vrai dire, je suis là, à faire glisser le curseur de haut en bas, de bas en haut, de façon presque compulsive. Vos mots (maux ?) résonnent (raisonnent ?) en moi, comme l'écho dans la vallée.
Cette souffrance qui aurait dû suffire à la satisfaction de l'autre, ne m'est pas inconnue. Mais ce n’est même pas le cas, puisque les coups continuent de pleuvoir… Que veulent-ils, lui et elle, que veulent nos ex ?
Comment est- il possible d'imaginer que l'autre, après plus de vingt ans (c'est mon cas aussi) de vie commune, d'amour, de vie familiale...puisse mettre autant d'application à vouloir notre destruction, notre anéantissement ?
La fin d'un rêve, la douleur de la séparation ne se suffisent- ils pas en eux-mêmes?
Vous avez vu se fermer les volets roulants de votre maison? Je comprends Nini. Pour moi, ce fut la porte qui se referma, puis la serrure changée, pour que je n'aie pas d'existence là, dans cette maison que nous venions de construire, pour nos quatre enfants.
Je ne garderai que l'odeur de la peinture fraîche que je m'étais appliqué à passer sur les murs.
Je ne sentirai plus, je ne verrai plus.
Je ne partagerai pas ces moments de complicité avec les enfants, pour l'emménagement de cette maison neuve.
Exclu, hors-jeu !
Par chance, j'ai pu trouver un logement social. Sa surface est de moitié inférieure à celle de notre maison, celle qui m'est interdite.
Comme la présence de nos enfants, « à moitié », « résidence alternée », imposée et non choisie.
Il faudra apprendre à vivre ainsi, à moitié.
Je crois que je n'y parviendrai pas. Sans les enfants, je suis comme un robot. Mon cœur s'arrête, je me mets en hibernation. Je ne sais pas vivre « à moitié ».
Ah, si seulement cela suffisait à rendre l'autre heureux ?
Mais non, il faut chaque jour, s'attendre à un coup nouveau, derrière la tête le plus souvent.
La haine, la volonté de destruction sont en marche, l'imagination machiavélique, délétère, a de beaux jours devant elle. Son apogée n'est pas pour demain.
Et là, c'est vrai, chaque coup porté rebondit sur chaque enfant, et c’est le pire. Des innocents, qui préparent leur avenir, avec cette violence....
Mais l'autre, aveuglé par sa haine, ne le voit pas.
Ou peut-être, le voit-il et s'en trouve-t-il même grandi, heureux ?
Je ne veux pas le croire.
Je reviendrai dans ce forum. J’espère vous y retrouver pour partager, pour échanger. Ainsi, je me sentirai moins isolé dans ma souffrance parce que je pourrai en parler à une personne qui vit la même chose que moi.
Nini, bon courage à vous, et au plaisir de vous lire.
Tobal
De Nini à Tobal
Bonjour Tobal,
Je suis surprise de vous lire et d’avoir un écho à mon cri de détresse.
Je relis la lettre à votre ex.
C'est une très belle lettre, mais elle soulève en moi une tonne de questions.
Que s'est-il passé entre vous ? Quand avez-vous pensé que la séparation était la seule issue ?
Qu'est ce qui a été le déclencheur ? Car il y en a toujours un je crois.
Pour avoir quatre enfants, il faut s'aimer fort...
Je vous sens très fragile, Tobal, encore tendre...Vous culpabilisez, mais de quoi ?
Cette séparation me semble récente. Vous sentez encore l'odeur de la peinture...
Brutale aussi...Cette porte fermée, cette serrure changée...
C'est vrai que l'on voudrait en savoir davantage.
Vous voyez vos enfants une semaine sur deux...Pour vous c'est terrible, pour moi cela aurait été une victoire.
Tant de choses encore à vous demander....
Et toujours, dans ma tête, les mêmes interrogations :
Pourquoi devons-nous en arriver là, nous, les humains ?
Pourquoi après tant d'amour et de passion, devons-nous vivre tant de haine ?
Pourquoi l’autre prend-il en otage nos enfants, ce que nous avons de plus cher au monde?
Pourquoi faut-il se haïr quand on cesse de s’aimer ?
C'est un long débat que la vie nous amène à tenir.
Tenir, Tobal, tenir....Et ne plus tenir....Rien que ce vide dans nos mains, dans nos cœurs, dans nos corps, seul résultat pour nous deux de notre équation 1+1.
C'est bien là que se situe notre problème d'aujourd'hui non ?
Chacun de nous, vous comme moi, sommes tenus par cet autre à distance, tenus par le cœur et le sang à endurer sa soif de vengeance, ses dictats, ses conditions insoutenables.
Mais il est certain qu'il nous faut tenir le cap malgré tout, Tobal, car la vie continue, et que nous devons y faire face.
Et avant toute chose, nous devons tenir pour nos enfants, pour leur montrer et/ou leur démontrer QUI nous sommes VRAIMENT.
En contournant soigneusement, mais sûrement, le prisme de l’horreur que nos AUTRES respectifs veulent que nous incarnions.
Lâcher serait perdre notre âme.
Il faut nous battre Tobal, et déployer notre énergie à poursuivre nos chemins de vie. Car la vie est belle un jour et laide demain, car le bonheur est là, même si la tristesse nous envahit, car dans nos solitudes nous sommes toujours plusieurs, car le noir n'existe pas !
Un jour, je le sais, nos enfants reviendront vers nous et nous sentirons au creux de nos mains, à nouveau, ce à quoi nous tenons le plus: la chaleur de leurs doigts.Nini
De Tobal à Nini :
Je relis votre premier post et je reviens sur une phrase sur laquelle je suis passé un peu trop vite :
« J'ai voulu mourir. Oh oui, combien de fois suis-je restée au bord de l'eau, hésitante... »
Moi aussi j’ai éprouvé ce sentiment de solitude et cette lassitude d’une vie qui me faisait trop souffrir.
Mais moi, je suis passé à l’acte.
Il a fallu un véritable miracle, ou si vous préférez, un incroyable concours de circonstances pour que je sois encore là aujourd’hui, à converser avec vous. L’aide est venue d’une amie vivant à 800 km de chez moi, celle qui est ma mère de substitution.
Ma vraie maman m’a mis au monde il y a longtemps, mais elle n’est plus là aujourd’hui.
Je suis revenu à la vie une seconde fois grâce à l’intervention d’Ama dont je vous reparlerai peut-être.
Parce que ce soir-là…
Oui, ce soir-là, j’ai accompli les gestes qui me conduisaient à une issue définitive, et quand les pompiers alertés par Ama sont arrivés chez moi, qu’ils ont défoncé la porte de ma chambre fermée à clé, alors que ma femme regardait tranquillement la télé dans la pièce à côté, j’étais inanimé. J’ai fait deux détresses respiratoires pendant le transport, et d’après les médecins, si je n’avais pas été réanimé dans l’ambulance, je serais mort.
Voilà, ce n’était pas facile à dire, mais c’est dit !
Si je n’avais pas eu autour de moi des personnes qui m’aiment, mes amis, mon extraordinaire famille, je ne serais plus de ce monde.
Mais personne n’aurait compris mon geste. On aurait peut-être parlé de dépression. (Mais si j’étais triste, ce n’était sans doute pas sans raisons !)
Et Angélique aurait sans doute donné le spectacle d’une veuve très digne.
Je sais que tout aurait été de ma faute encore une fois, encore une fois, j’aurais eu le mauvais rôle. Mais hélas pour toi, tu as raté ton coup, Angélique !!!!
De Nini à Tobal
Oui Tobal, pourquoi EUX sont-ils un jour tombés dans la haine, alors que NOUS n'y parvenons pas malgré les coups reçus?
Pour ma part, c'est moi qui ai pris la décision du départ. Et je crois que cela joue grandement en ma défaveur.
Je sais que c'est cela qui m'empêche de le haïr car dans les faits, c'est évidemment moi la fautive, c’est moi le bourreau et lui la victime. Dans les yeux de mes enfants, je le vois, dans les plaidoiries de son avocat, je l'entends, dans les décisions du juge, je le devine, et dans le regard social, je le ressens.
Oui, comment le haïr, quand je culpabilise encore d'avoir décidé seule de la mort subite de notre couple ?
Même si dans les faits cachés, nous sommes fautifs tous les deux, autant l'un que l'autre, d'avoir laissé notre amour s'éroder, se gâcher, se pourrir....
Quel exemple d'amour donnions-nous à nos enfants ?
À quel jeu de cache-cache jouions-nous pour ne jamais montrer l'invisible ?
Parce que, rien ne se voyait de notre mal de couple, rien !
J’avais, comme on me l’a dit souvent, « tout pour être heureuse ». Mais je ne l’étais pas !
J'ai surpris famille, amis, relations professionnelles et sportives, enfin toutes mes connaissances, en le quittant car nous apparaissions aux yeux de tous comme le couple parfait. Deux beaux enfants, une belle maison, une belle situation, une vie sociale riche, un sourire parfait affiché en permanence.
Mais ce n’était qu’un sourire de parade. Et la parade allait même jusqu'à s'immiscer dans notre intimité. Nous jouions des rôles, nous jouions l'Amour.
Comme elle est dure à voir, l’évidence !
Je voulais tenir TOBAL, je pensais à garder la tête haute, hors de l'eau, cette eau dans laquelle j'ai pensé à noyer ma détresse bien des fois. Pourquoi ne suis-je pas passée à l'acte ? Et pourquoi vous oui ? Où est la limite ?
Moi j'ai trouvé cette limite dans le regard de ma fille, à qui j'ai dit, en suffoquant de douleur, que je ne pourrais jamais vivre sans elle ni son frère, qu'il valait mieux que j'aille me jeter dans la mer et mourir là, tout de suite, plutôt que de vivre ça !
C’était ce fameux jour où l’autre a fermé les volets roulants de notre maison devant moi alors que je rentrais du travail. Ce jour où j'ai appris par sa bouche remplie de mépris, et lu dans ses yeux baignés de haine, que la décision de la Juge aux Affaires familiales le donnait vainqueur. Sa « sage » décision tombait comme un couperet : la garde de nos enfants lui était confiée, et je ne les verrais plus qu'un week-end sur deux et la moitié des vacances scolaires.
Après un calcul rapide et le flash qui m’éblouit sur l'instant, j’ai compris que ma vie basculait dans l'horreur, que je ne verrais plus mes enfants que 4 jours par mois !
Que je ne pourrais plus les serrer dans mes bras le soir, embrasser leurs joues de miel en les bordant dans leur lit, revenir dans leur chambre une heure après pour sentir encore leur souffle doux, et m’endormir, ainsi rassurée, puis les réveiller le matin par des mots tendres et des caresses, leur préparer leurs tartines et leur bol de lait chaud, les habiller, les coiffer, avant le départ à l’école, entendre leurs rires et leurs chamailleries, leur préparer leurs petits goûters pour la sortie de l'école. Je ne pourrais plus les entendre me réciter leurs leçons et languir qu'ils en finissent pour qu'enfin ils aillent courir dans le jardin. Ce jour-là, j'ai tout perdu ! Mon film se terminait ! THE END !
Et dans l’explosion de mon cœur qui a suivi ce flash, j'ai hurlé ma douleur, et j'ai crié qu'il valait mieux me jeter dans la mer, plutôt que de me priver de mes enfants.
Dans les yeux ébahis de ma fille ce jour-là, spectatrice malgré elle de ce chaos maternel, j'ai compris que je ne pouvais pas passer à l'acte, que je ne pouvais pas lui faire ça à elle !
Alors j'ai tenu, et je tiens encore malgré le fait qu'aujourd’hui, huit ans après ce jour-là, je ne vois plus cette petite lueur dans ses yeux, car leur père a mis huit mille kilomètres entre eux et moi. Et qu'aujourd'hui, pire encore, j'ai lu de mes yeux que ma propre fille ne veut plus me voir !
Pourquoi ? Comment ? Je ne sais pas, je ne sais plus!
Plus besoin de me jeter dans la mer aujourd'hui, car je suis morte déjà.
Un coup, deux coups, trois coups....cent coups.
Je préférerais mille coups encore mais pas ce coup-là !
Mes enfants ne veulent plus de moi !
Moi, foudroyée, balayée, oubliée.
Mes enfants chéris, lavés de leur maman.
Nini
De Tobal à Nini
Je me pose les mêmes questions que vous sur ce glissement de l'amour vers la haine. Comment cela est-il possible ?
Comment, un individu soi-disant « humain » peut- il déraper à ce point dans ce gouffre de la haine ?
Des jours noirs, des nuits blanches, à me poser la même question Mais je n’ai pas trouvé de réponse.
Moi, je n'arrive pas à la haïr, malgré ses coups tordus, ses manipulations délétères, non, je ne sais pas.
Des mois à encaisser les coups, sans réagir.
Je n'ai pas réussi à trouver un uniforme de soldat à ma taille, ni même une armure.
Celle-ci aurait été plus adaptée d'ailleurs... Jusqu'à ce 21 mai. Convoqué au tribunal pour enfants, j'ai pu lire les conclusions d'une enquête sociale.
Et là, le choc... Assis dans un petit bureau, je parcours la quarantaine de pages de ce « rapport » social. Au fil des pages, j'ai l'impression de lire un document écrit par la mère de mes enfants. Calomnies, accusations en tous genres. Je me hâte d'arriver à la dernière page pour lire « sa » signature.
Et bien non, ce document est signé par un professionnel du secteur social. L’a-t-il rédigé sous la dictée de cette mère ?
Là, mes neurones ont subi un choc violent, et mes émotions se sont bousculées: colère, incompréhension, sentiment d’impuissance, sentiment d’injustice. Et éternellement la même question : pourquoi ?
Heureusement, les vacances en Corse, mon île de beauté, et le soutien de ma famille m’ont apporté un peu d’apaisement. Je me suis dit que la haine, la calomnie, avaient atteint un niveau si haut, qu'il ne fallait plus « encaisser », mais donner les « coups ».
Non, je n'aurai pas la haine !
Mais, je me glisserai peu à peu dans ce rôle de guerrier, en me disant que la vie est un jeu, dont les humains sont les acteurs. Je ne sais pas si je serai bon dans ce rôle, mais j'essaierai.
Je me battrai, pour ne pas perdre mes enfants un à un.
Ma fille aînée est déjà partie, après un lavage de cerveau manifestement bien orchestré.
Je dois « tenir » Nini, en effet.
Je tiendrai, pour les trois autres.
Et vous Nini, pourquoi ne pouvez-vous plus sentir la chaleur de leurs doigts ? Que s'est-il passé ?
Au plaisir de vous lire, et bon courage. Tenons bon !
Tobal
Je viens de retrouver un poème que j’ai écrit à Angélique il y a trois ans déjà, bien avant notre rupture. J’ai sous les yeux la preuve que tout n’allait pas très bien entre nous déjà à cette époque-là. Or je prétends le contraire ! Et je le répète, un peu comme si je cherchais à m’en persuader !!
Mais ce poème, déjà, pose beaucoup de questions !
Alors pourquoi n’ai-je pas vu ? Ou plutôt, pourquoi n’ai-je pas voulu voir ?
« À Angélique
Je voudrais ne pas devoir rendre,
Le temps béni où je t'aimais.
Je souhaiterais ne pas entendre,
Le requiem de nos secrets.
J'aimais tant voir ton écriture,
Quand tu célébrais la nature,
Notre bel Amour réciproque,
Et ce destin sans équivoque.
Je ne veux pas de l'imparfait,
Ni d’ailleurs du conditionnel,
Ni surtout déclarer forfait,
De ce rêve « Bientôt » éternel. »
Nini à Tobal
Ce poème écrit trois ans avant votre rupture est, à mon sens, déjà annonciateur de votre séparation.
La brisure est évidente.
Mais pourquoi la cassure franche et définitive n’est-elle intervenue que trois ans après ?, Je me répète peut-être, mais quel a été l'élément déclencheur ?
Si je suis trop curieuse, il faut me le dire clairement.
Rien n’est jamais anodin.
La goutte qui fait déborder le vase ….
De Tobal à Nini :
Difficile à trouver l'élément déclencheur. Est-ce un ou des ?A quel moment ras-le-bol ? Je crois que ma prise de conscience est venue quand je me suis rendu compte des humiliations, des insultes, et des violences qu’Angélique faisait subir à nos enfants.
On ne fait pas de mal aux enfants, encore moins à ses propres enfants !
J’ai mis plus de temps à détecter les humiliations à mon encontre.
Pourtant j’aurais dû comprendre parce que mon corps me parlait. J’avais des manifestations somatiques à répétition, des crises de lumbago répétitives, des fourmillements dans les articulations des jambes, des pieds, qui m’ont conduit à l'hôpital, où, un médecin a posé un diagnostic alarmant: ou bien une sclérose en plaques, ou encore une spondylarthrite ankylosante. Se disant spécialiste de cette pathologie, il ne me laissait aucune chance, et de plus, toutes mes analyses étaient positives !
Ce médecin m'annonçait des choses si horribles que je ne pouvais l'accepter en l'état. Il se disait « sûr de lui à 99% », répétait-il.
Il me restait 1%....
Car les examens suivants, scanner, IRM, et autres ne montraient pas de signes inflammatoires.
J'avais donc choisi d'en parler à deux autres médecins, un généraliste, et un professeur de rhumatologie au CHU de Bordeaux. Ils furent beaucoup moins catégoriques que leur collègue, et Ils me dirent tous deux de surveiller à l'avenir d'éventuels autres signes.
Puis, après ces rencontres médicales, je me suis souvenu que 20 ans auparavant, je pratiquais le yoga, et la méditation. Deux activités laissées de côté, pour me consacrer à temps plein à Angélique qui, elle, « n’y croyait pas ! »Pour lui être agréable, j’avais abandonné ce qui m’équilibrait.
Je me suis donc remis au yoga, et j’ai redécouvert des plaisirs et des bienfaits depuis si longtemps mis de côté.
Au bout de quelques mois, mes blocages et mes fourmillements avaient disparu.
Bien sûr, il m'arrive encore parfois de souffrir du dos, et de ressentir quelques fourmillements. Mais ceux-ci ne nécessitent plus de traitements médicaux, kiné, et encore moins d'hospitalisation.
Mon corps me parlait et je n’avais pas su décoder son langage ! Désormais, j’apprends à l’écouter et à décrypter ses messages ! J’apprends à me respecter !
L'an dernier, avant une convocation au tribunal, suite aux actions d’Angélique, un nouvel épisode de douleurs est apparu, avec saignements digestifs. Les examens médicaux n'ont rien trouvé. Et pourtant, les saignements étaient bien là, deux jours, deux nuits durant....
Je suis sûr aujourd’hui que ce sont les attaques de mon (pire) ex, qui ont ces impacts terribles sur moi. Mon corps exprime ma souffrance. Mon pire-ex souhaite que j’ex-pire !!!
Puisque j’avais enfin commencé à comprendre, il allait me falloir lutter contre les attaques, autrement qu'en m'auto détruisant. Jusque-là, j’avais tout accepté, donnant ainsi plus de force à l'assaillante ! Je ne pouvais plus accepter les insultes, les violences. J'avais pu mettre des mots sur ces maux. Il me fallait désormais m'opposer à Angélique.
Et là, elle n'a pas compris. Je me rebellais, alors que j’avais toujours tout supporté !
Sa haine s'est accentuée, ses coups bas... et la suite, vous avez compris.
Après notre séparation, je pensais être libre, et là encore, j'ai compris qu'elle me tenait malgré la distance. Elle m'atteignait au travers des enfants. Il m'a fallu du temps, et grâce à la ténacité de ma famille, de ma "maman" adoptive (qui vit
