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Des rumeurs circulent à travers les anneaux. Un ennemi implacable venu dont ne sait où, détruit les lunes, asservi les peuples et leur inflige d’autres atrocités inimaginables.
La peur gagne du terrain à pas de géant. Tous craignent de subir les attaques de ce conquérant dont on ignore même le nom. Que recherche-t-il? D’où vient-il?
Telvar orbitant sur l’anneau d’eau n’est pas à l’abri. La reine Mirili écoute les ragots et s’y prépare. Elle veut être prête au cas où. Protéger son peuple tel est son rôle.
Telvar est-il voué à la destruction comme les autres lunes visitées par cet ennemi inconnu? Pourquoi s’en prendrait-il à Telvar? s’interroge-t-elle. Inquiète, elle arpente la salle du trône se questionnant sur les pour, les contre et les si…jamais. Malgré sa jeunesse, elle a su prouver sa légitimité comme reine hors de tout doute. Saura-t-elle avec le Grand Conseil, ses navigateurs et son sens de la stratégie faire face? Son frère, le prince Nado sera-t-il de son côté pour une fois?
À PROPOS DE L'AUTRICE
Ginette HUDON est une auteure québécoise. Elle s’intéresse à l'astronomie et la vie future. Cette fois, dans ce livre, elle a su allier son esprit créatif et sa plume pour vous amener dans un voyage captivant à travers des mondes inconnus où la survie fait loi.
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Seitenzahl: 400
Veröffentlichungsjahr: 2024
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CHAPITRE 1
CHAPITRE 2
CHAPITRE 3
CHAPITRE 4
CHAPITRE 5
CHAPITRE 6
CHAPITRE 7
CHAPITRE 8
CHAPITRE 9
CHAPITRE 10
CHAPITRE 11
CHAPITRE 12
CHAPITRE 13
CHAPITRE 14
CHAPITRE 15
CHAPITRE 16
CHAPITRE 17
CHAPITRE 18
CHAPITRE 19
CHAPITRE 20
CHAPITRE 21
CHAPITRE 22
CHAPITRE 23
CHAPITRE 24
CHAPITRE 25
CHAPITRE 26
CHAPITRE 27
CHAPITRE 28
CHAPITRE 29
CHAPITRE 30
CHAPITRE 31
CHAPITRE 32
CHAPITRE 33
CHAPITRE 34
CHAPITRE 35
Catalogage avant publication de Bibliothèque et Archives natio-nales du Québec et Bibliothèque et Archives Canada
Titre: Pix le conquérant / Ginette Hudon.
Noms: Hudon, Ginette, 1949- auteur.
Identifiants: Canadiana 20240006801 | ISBN 9782898093678
Classification: LCC PS8615.U2575 P59 2024 | CDD C843/.6—dc23
Auteure :Ginette HUDON
Titre : Pix le conquérant
Tous droits réservés. Il est interdit de reproduire cet ouvrage en totalité ou en partie, sous quelque forme et par quelque moyen que ce soit sans l’autorisation écrite préalable de l’auteure, conformément aux dispositions de la Loi sur le droit d’auteur.
©2024-Éditions du Tullinois
ISBN version papier: 978-2-89809-367-8
ISBN version e-Pub : 978-2-89809-368-5
Bibliothèque et Archives nationales du Québec
Bibliothèque et Archives du Canada
Dépôt légal papier : 3e trimestre 2024
Dépôt légal e-Pub : 3e trimestre 2024
Corrections grammaticales: Éditions du Tullinois
Illustration de la couverture : Mario ARSENAULT - Designgo
Imprimé au Canada
Première impression : Juin 2024
Nous remercions la Société de Développement des Entreprises Culturelles du Québec (SODEC) ainsi que le Gouvernement du Québec pour son programme de crédit d'impôt et pour tous les soutiens accordés à nos publications.
SODEC – QUÉBEC
— Feu ! Tirez ! Refermez les boucliers immédiatement.
— À vos ordres ! Capitaine Timo.
L’escadron en position d’attaque avait déployé ses vaisseaux dans un ordre parfait. Il attendait patiemment l’ordre de visibilité envoyé par la reine Mirili. Un bref signal sonar l’en avait averti. Tous étaient prêts à défendre Telvar. Situés au-dessus des engins inconnus, ils pouvaient les surprendre.
La reine et son conseil devaient endiguer la menace venue de ces étrangers. Les mesures prises pour protéger le peuple nécessitaient la destruction totale de l’envahisseur venu hors de la sphère des trois anneaux. Ils s’y étaient préparés depuis que l’ennemi avait conquis la zone de Dragenor, peuple de l’anneau de neige et amie des Telvariens.
Le capitaine Timo savait que la flotte ennemie disposait d’un gigantesque pouvoir de frappe puisque sa flotte avait déjà participé à les repousser en compagnie de leurs amis, lors d’une première attaque. Malheureusement, il y a eu un deuxième affrontement qui a été fatal aux habitants de Dragenor. Aucun des vaisseaux telvariens n’avait pu leur venir en aide à temps. L’attaque avait été sournoise et mortelle. Personne n’y était préparé.
Les attaquants se montraient donc des ennemis invincibles. Aucun guerrier ni navigateur, de quelque lune que ce soit, n’avait réussi à capturer soit un de leurs engins, soit un être de cette race venu dont on ne sait où.
Ils ignoraient donc à quoi ils pouvaient ressembler en fait. Toutefois, on savait qu’ils étaient de féroces attaquants laissant les lunes des peuples conquis désertes, stériles et quasi détruites par leurs lasers à longue portée.
On savait aussi qu’ils capturaient les hommes et les femmes, mais abandonnaient vieillards et enfants. Nul ne pouvait dire ce qu’il advenait des prisonniers. À leur seule venue, tous tremblaient de peur et craignaient leurs attaques. Les envahisseurs semaient la destruction et l’asservissement des peuples qu’ils conquéraient.
Depuis que cet envahisseur était apparu dans les anneaux de neige et d’eau, les colonies étaient sujettes à subir la guerre et risquaient l’extermination.
Timo et le conseil de Telvar ignoraient quel était leur but, du moins si quelqu’un le savait, lui, Timo, était tenu dans l’ignorance.
Ce jour-là, l’attaque surprise des inconnus avait devancé les prévisions de la reine et de son conseil. Les patrouilles de Telvar, sorties en éclaireurs, n’avaient pas décelé leur apparition surgie de nulle part. Il avait fallu réagir vite.
Heureusement, Mirili et le capitaine Timo avaient usé de stratégie et de prévoyance en déployant un fort contingent de leur flotte de guerre sur la lune Sy, qui, bien que minuscule, pouvait abriter les trois quarts des vaisseaux. De là, ils seraient en mesure, advenant une attaque, de faire face à l’ennemi rapidement. De plus, les cybers robots, dotés d’intelligence artificielle programmée pour détecter toute présence suspecte faisaient office de gardes alertes et sûrs. Ce jour-là, ils avaient accompli leur mission.
Maintenant positionnée au-dessus des engins ennemis la contre-attaque du capitaine Timo avait semble-t-il surpris les intrus. La stratégie longuement étudiée avait fonctionné.
Une seule salve laser est venue de l’ennemi. Ses rayons lumineux avaient déferlé sur Telvar dans un rayonnement incroyable, englobant la lune entière. La force de frappe était puissante et exponentielle. La reine Mirili et sa flotte avaient riposté à la seconde près pour éviter de plus grands dommages.
— Capitaine ! Nous avons réussi à dérouter notre ennemi. Les engins sont disparus de nos radars. Nous avons gagné ! s’exclame tout excité le second navigateur dans son vaisseau.
— Ne crions pas victoire trop vite Bra, ils reviendront et nous devrons la prochaine fois faire mieux pour les détruire avant qu’ils ne le fassent avec nous. Rentrons à Sy, donne le mot d’ordre à l’escadron mon ami.
— À vos ordres Capitaine Timo ! reprend le dénommé Bra la joie dans la voix.
Même si les telvariens étaient fiers de leur victoire, le Capitaine n’était pas dupe, l’ennemi reviendrait encore plus vorace et mortel. Il aimerait bien savoir ce qui l’a attiré sur Telvar. Il devra être vigilant et passer le mot à ses navigateurs de redoubler de prudence.
Soulagé de s’en être sorti sans trop de pertes, Timo navigue vers Sy, l’abri des vaisseaux de Telvar. Il scrute l’horizon, inspecte les signaux apparaissant sur les radars. Il se méfie d’une attaque sournoise comme pour Dragenor.
Son rôle est d’éviter que l’escadron s’engage dans un nouveau combat sans y être préparé. Devront-ils planifier une stratégie différente ? Pour l’instant, les vaisseaux doivent subir des réparations mineures et refaire le plein d’anti-hydrogène.
La rapacité des ennemis et leur vilaine réputation ont dépassé les frontières des anneaux depuis qu’ils se sont emparés des lunes avoisinantes. Quelques rescapés venus d’un peu partout, se sont réfugiés au dôme, endroit de rassemblement des voyageurs venus d’un peu partout dans les anneaux. Leurs récits enflamment tout le monde et les rumeurs vont bon train.
On rapporte entre autres que les dirigeants de Dragenor ont été épargnés et amenés sur une lune de l’anneau de feu appelée, il semblerait, Calax. Personne ne sait ce qu’ils sont advenus, ni où est située Calax exactement, à part qu’elle ferait partie de l’anneau de feu. Faut dire que les lunes de cet anneau sont lointaines et que personne n’ose y faire escale.
Les plus audacieux qui les ont survolées, ont aperçu des lacs de lave en fusion ainsi que du feu émanant du sol laissant peu de place à des atterrissages sécuritaires.
Les qu’en dira-t-on, tous plus invraisemblables les uns que les autres, allant même au grotesque, circulent à travers les deux anneaux voisins commerçant l’un avec l’autre.
Personne ne peut parler de Calax sans se questionner sur le pourquoi les destructeurs de lunes s’y sont installés, ni pourquoi ils en ont fait leur base. D’ailleurs, les origines de ce peuple et leur provenance sont inconnues. On les appelle « Argons » sans plus, et encore c’est une nouvelle glanée par des voyageurs venus d’ici et là. C’est la seule information dont ils sont presque sûrs.
Timo et les membres du Grand Conseil se questionnent eux aussi sur la véracité de toutes ces rumeurs. Bien que les cartes sidérales retracent l’existence de la lune Calax située sur l’anneau de feu, personne de Telvar n’y est jamais allé. Les seules informations qu’ils ont lues dans les écrits conservés à la salle des archives, consistent en la description de son atmosphère et sa situation géographique. Il s’agit d’une lune sur laquelle on y trouve des lacs de lave jaune fumants, des vapeurs sulfureuses irrespirables et où se déroulent des tempêtes de roches en fusion dévastatrices. Cette lune inhospitalière ne relate aucun indice d’une vie possible dans un tel environnement.
Selon les cartes, on constate que l’anneau de feu est très proche de son grand soleil. Les écrits parlent d’une température pouvant atteindre des sommets fulgurants en certains points, de quoi faire fondre tout alliage de vaisseau, d’embraser toute végétation, d’assécher tout cours d’eau et de tuer toute vie quelle qu’elle soit. Rien de bien réjouissant.
Selon toutes ces données, l’information que les Argons y ont élu domicile est invraisemblable. Timo et le Grand Conseil en sont convaincus.
Puisqu’aucune vie ne semble possible sur l’anneau de feu, ils ont étudié les deux autres anneaux à la recherche d’une possible deuxième lune portant le même nom. Malheureusement, la seule répertoriée figure sur l’anneau de feu. Elle est située à son extrémité. Cette lune serait-elle viable malgré tout ?
Ce minuscule point figurant sur les différentes cartes du ciel est très petit et encore bien plus petit que leur lune Sy qui héberge la flotte de Telvar uniquement. Est-ce possible que les Argons s’y cachent ? C’est improbable !
Comment l’envahisseur peut-il surgir inopinément et sans avertissement en si peu de temps ? Qu’est-ce que les astronomes ont oublié de cartographier? Existe-il un trou de vair méconnu des peuples des deux anneaux viables soit celui de neige et d’eau qui ouvrirait un passage à cet ennemi ? Toutes les conjonctures se discutent au Grand Conseil.
Timo et la reine Mirili ont beau examiner plusieurs possibilités, analyser toutes les hypothèses envisageables, ils doivent reconnaître qu’il leur faut découvrir d’autres éléments leur permettant de débusquer cet ennemi et d’en finir une fois pour toutes avant d’être exterminés à leur tour.
En premier lieu, il leur faut démêler le faux du vrai des colportages. Plusieurs ont parlé de Calax comme d’un cimetière où s’empilent les cadavres, il faut étayer ces dires d’une façon ou d’une autre.
D’où vient l’idée d’un cimetière de cadavres ? Pourquoi enlever des peuples entiers pour s’en débarrasser aussitôt ?se demande Timo ayant entendu les ragots, c’est insensé comme hypothèse !
En ce jour victorieux, il préfère éviter les questionnements inutiles. C’est le temps de la victoire pour lui et ses troupes.
Il arrive ainsi en vue de Sy, la lune principale de Telvar. De son vaisseau, il peut déceler la couleur jaune pâle de la terre, ses pics, ses falaises et ses vallées ainsi que son immense désert. De petites flaques d’eau rosées se perdent à sa surface, semblables à celles existant sur Telvar, lieu de résidence de son amie et reine, Mirili, celle qui fait battre son cœur.
Timo jette un œil à son escadron. À sa droite, le vaisseau de son ami Bra se pose le premier sur le tarmac aménagé, il est suivi de tous les autres. Les vaisseaux se regroupent pour former un voilier serré paré au décollage en cas d’attaque subite.
Satisfait, il se pose le dernier, actionne le levier de la porte métallique et descend sur le côté du vaisseau. Sur le tarmac, le vaisseau de Timo occupe la tête de la flotte. Il y a peint les armoiries de Telvar en rouge. Cette place lui revient de droit.
Comme toujours, Bra, son ami d’enfance, l’attend. Il l’a regardé se poser en douceur tel un habile navigateur. Il fait signe de la main en guise de salutation. Timo lui rend la pareille, tout joyeux qu’il soit sain et sauf.
Bra est né sur Arca. Il est physiquement différent des habitants de Telvar. Un corps élancé et musclé, des cheveux bleus bien tressés, un visage triangulaire d’où sont incrustés des yeux brillants comme des billes cerclés par des sourcils aussi bleus que les cheveux.
L’homme se distingue aisément des autres navigateurs par sa grandeur comparativement aux gens de Telvar de courtes tailles. Ces derniers portent des cheveux bouclés leur donnant un air de chérubins sur un faciès parfaitement dessiné.
Les Telvariens ornent leurs oreilles à deux lobes de pierres de lune, symbole de protection. Vêtus d’une cape rouge et d’un pourpoint de la même couleur, ils sont réputés pour leur force, leur bonhomie et leur sens des affaires. Leurs femmes ressemblent à des poupons avec leurs joues rebondies, leur chevelure tressée et ornée de perles multicolores, elles sont d’une beauté à couper le souffle.
De nombreux bracelets et colliers parent leur cou, leurs bras et leurs chevilles. Contrairement aux hommes, elles drapent un tissu blanc immaculé sur leur corps qu’elles adaptent en fonction des événements en les enrichissants de pierreries, de perles ou de fleurs. Plus grandes que les hommes, leur féminité s’avère un atout recherché par ces derniers.
Les pilotes sont joyeusement accueillis par leurs épouses. Les rires fusent et la joie des retrouvailles est palpable. Le tarmac animé d’embrassades et de rires se rendant jusque dans les maisons bordant celui-ci.
Souriant à l’approche de Bra, Timo, un peu plus âgé que lui, se souvient de son arrivée sur Telvar. Il est heureux de le revoir avec son insouciance, l’œil triomphant et le sourire aux lèvres. Il lui fait une accolade chaleureuse et fraternelle comme toujours dans ces moments de retrouvailles.
Le père de Timo, alors qu’il était capitaine des vaisseaux de Telvar, l’avait trouvé pendant un voyage de reconnaissance pour rechercher des survivants sur Arca.
Cette lune, située sur l’anneau de neige, venait d’être percutée par une grosse météorite passée trop près. Déstabilisée, une partie de sa forme originelle avait disparue en laissant un large croissant vacillant sur une orbite fluctuante.
Arca ainsi éclopée avait oscillée fortement. Des cataclysmes en avaient résulté. Son pivot s’était donc rapproché bien malgré lui à mi-chemin de l’anneau d’eau, sur laquelle se trouvait la lune de Telvar. La température de la lune brisée avait chuté drastiquement laissant peu de chance de survie. L’ère glaciale s’était installée à la suite de ces phénomènes naturels.
Le roi de Telvar, père de Mirili, s’était porté à la rescousse des arcadiens dès que ses navettes lui avaient rapporté la tragédie. Arca pouvait donc être secourue vue sa nouvelle proximité. Des éclaireurs avaient reçu l’ordre de récupérer des survivants s’ils en trouvaient. Son père avait trouvé Bra, par hasard, dans une cavité rocheuse. L’enfant était affamé et apeuré. Il l’avait ramené sur Telvar avec lui.
Bra avait dix ans. Il était frigorifié, sale, en guenilles, n’ayant que la peau et les os. Il allait faire la rencontre de celui qui allait devenir son nouvel ami, Timo, qui l’avait instantanément adopté dès son arrivée.
Du peuple d’Arca décimé, il ne restait que quelques arcadiens courageux qui avaient refusé d’embarquer sur le vaisseau sauveur envoyé par le roi de Telvar. Ils espéraient survivre là-bas malgré le froid mortel.
Pendant un certain temps, le roi avait maintenu des liens avec ces arcadiens espérant qu'un jour, devant l’impossibilité d’y survivre, ils accepteraient de rejoindre Telvar. Les nouveaux dirigeants d’Arca avaient décliné l’offre et s’étaient retrouvés isolés sur cette lune amputée et austère.
Restait à savoir s’ils avaient survécu, car les refus de pour-suivre tout contact avec le peuple de Telvar avaient éteint leurs liens.
C’est par hasard que le roi de Telvar avait appris qu’une attaque venant d’un peuple inconnu les avait surpris détruisant ce qui restait du croissant qui avait résisté au météorite jadis. Tout était disparu à jamais sous les tirs mortels de la force ennemie. Ainsi prenait fin la lune Arca et celle de ses habitants.
Timo a toujours protégé Bra, il le considère comme son frère et vice-versa. Ils sont devenus d’excellents navigateurs et leur reine et amie d’enfance, Mirili, ne cesse de vanter leur courage.
Timo évalue les dégâts en inspectant chaque vaisseau. À sa satisfaction, aucun ne nécessite de réparation majeure. Ils ont agi vite et avec précision, si bien que l’ennemi a disparu aussitôt apparu sans laisser de traces sauf un résidu gluant laissé sous la carcasse de chaque appareil. Il se questionne en découvrant cela, mais n’ose pas le toucher, la prudence est de mise. De quoi s’agit-il ?
Concentré sur ce mystérieux résidu gluant, il ne voit pas la reine approcher avec le Grand Conseil sur les talons. D’ailleurs, dans tout ce bruit des retrouvailles, il s’est retiré plus loin, donc les pas de régiment de la reine et sa suite sont restés sourds à son oreille.
Bra court vers lui afin d’attirer son attention. Timo se retour-ne vitement trop heureux de revoir la reine, son amie. Comme à son habitude, elle vient les féliciter pour leur victoire. C’est en courant presque qu’elle se dirige vers eux. Les conseillers revêtus de leur vêtement d’apparat, une toge dorée et rouge, la suive tant bien que mal. Ce cérémonial est ludique, mais la reine y tient, elle a décidé de cet accoutrement pour ses dignitaires lors de ses visites officielles et celle-ci figure parmi ses obligations royales.
Quant à elle, une robe blanche au liséré brodé de fleurs dorées et une cape rouge agrémente son habillement. Elle porte un léger voile diaphane pour orner son front lequel est ceint d’une étroite couronne de fleurs ciselées. Ses bras se balancent faisant tinter ses innombrables bracelets. Elle est déterminée.
Les troupes la respectent, car elle est une navigatrice aguerrie en plus de régner sur Telvar. Mirili est réputée pour sa grande humanité envers son peuple. Elle règne avec droiture tout comme son père l’a fait avant elle.
Malgré son jeune âge, elle fait preuve d’une gouvernance de Telvar émérite, ce que le Grand Conseil doit bien admettre. Timo est fier de la servir, il l’admire et l’aime en secret.
Un sourire se dessine sur ses lèvres lorsqu’il remarque la cape qui se soulève au vent sous des pas pressés. Il se garde bien de montrer combien elle lui est chère, mais cette adoration ne passe pas inaperçu devant les yeux de son ami Bra, un peu surpris et jaloux de cet attrait de Timo envers Mirili, que lui-même aime.
Timo se place au garde à vous et attend la gamine de ses jeux d’enfance, celle avec laquelle il a partagé ses batailles imaginaires, ses joies et ses peines, celle devenue reine à la suite de circonstances tragiques.
À ses yeux, Mirili est une belle jeune femme attirante qui attise son désir, désir qui s’accroît chaque fois qu’il la rencontre. Elle ne lui est pas destinée, il le sait, mais son cœur ne peut s’empêcher de l’aimer. Cette visite le ravit, car le confinement sur Sy l’empêche de la voir et de lui parler comme il aimerait le faire.
Elle lui a conféré le titre de capitaine de la flotte, titre bien mérité dû à sa bravoure et sa loyauté ainsi qu’au respect et l’admiration que tous les navigateurs lui témoignent. Cette reconnaissance lui fait chaud au cœur. Il porte déjà cette responsabilité depuis trois années telvariennes.
Plus la reine approche, plus Timo découvre sa beauté sans contredit sur ce visage délicat. Il fait un salut royal repris par tous les navigateurs au garde à vous qui l’imite.
— Mon vaillant capitaine ! s’écrie-t-elle dès qu’elle arrive devant lui. Encore une fois, tu as su mener nos troupes vers la victoire, je te salue cordialement, capitaine Timo, mon brave ami.
— Merci ma reine ! Je n’ai fait que mon devoir avec mes troupes fidèles pour me seconder.
Maintenant face à face, le discours protocolaire passé, Timo et Mirili se détendent comme les amis d’enfance qu’ils sont restés pendant qu’il essaie vainement de reprendre le contrôle de son cœur de la folle idée qui avait germé dans son esprit amoureux. Il se voyait accourant pour la prendre dans ses bras et la faire virevolter avec sa cape sur sa robe alléchante dévoilant ses attraits, puis de l’entendre rire aux éclats devant le geste insensé qu’il venait de commettre.
Il réussit à reprendre son sang-froid et lui tend le bras simplement pour qu’elle s’y appuie avant d’aller saluer les navigateurs toujours au garde à vous.
Pendant ce bref instant d’intimité, Timo se sent amoureux. Il ose la regarder franchement de côté pendant que son cœur se serre. Afin de chasser ce tourment, il entreprend de lui raconter les faits et détails de leur victoire.
— Vous vous doutez bien Majesté, qu’ils reviendront plus puissants. Ils ne considéreront pas le repliement d’aujourd’hui comme une défaite, ils sont tenaces et bien armés. Ils ont gagné Arca et l’ont détruite avec beaucoup d’autres lunes en persévérant dans leur conquête. Heureusement, notre stratégie a bien fonctionné, mais attendons-nous à livrer une bataille plus que destructrice la prochaine fois.
À ces mots, elle se tourne vers lui avec cet air farouche et déterminé dans le regard qui lui sied bien.
— Nous serons prêts. Nous ne nous laisserons par exterminer par ce peuple de barbares venus d’on ne sait où.
Mirili a parlé haut et fort pour se faire entendre de tous. Le regard d’acier et le ton volontaire ont galvanisé les troupes à l’écoute. Ils sont fiers de servir cette jeune reine. Ils ont foi en elle. Elle suscite leur admiration. Un claquement de talons coordonné sur un signe du capitaine, donne le signal d’une nouvelle salutation protocolaire.
Timo connaît le courage de chaque navigateur, tous mettront leur vie en danger sans douter un instant de leur victoire sur cet envahisseur et ce destructeur de lunes pour protéger Telvar.
— Majesté ! Nous avons compté quatre escadrons d’engins ennemis. Nous étions supérieurs à eux en nombre cette fois-ci, mais je le répète, leur flotte sera écrasante la prochaine fois.
— Mon cher capitaine, je vous ai mandaté afin de préparer nos combattants à la victoire. Votre sens du devoir est remarquable, j’ai entièrement confiance en vous, nous vaincrons s’ils reviennent.
Timo accepte le compliment tout en portant un regard de fierté à ses braves pilotes. Satisfait, il se retourne vers elle à l’improviste. Il la surprend lorgnant discrètement autour d’elle comme si elle cherchait quelqu’un.
Timo, au fil des ans, a remarqué qu’elle porte un certain intérêt à son ami Bra. Il ne se trompe pas lorsqu’il voit le rouge sur ses joues s’imprimer sur son joli visage, lorsqu’elle se fait surprendre par son capitaine. Il retient avec tristesse un soupir de déception. Mirili perçoit ce soupir et se sent coupable.
— Comment se comporte votre protégé ? Il n’est pas trop audacieux et imprudent dans la bataille ? lance-t-elle pour reprendre contenance.
Elle a oublié un court instant son rang royal en envoyant la main à Bra qu’elle vient juste de repérer au premier rang. Pour se racheter, elle s’appuie plus fortement au bras de Timo. Elle n’ignore pas la rivalité des deux amis à son égard. De plus, tous les autres navigateurs ont été témoins de ce geste et quelques- uns se retournent vers Bra, stupéfaits.
Timo s’apprête à lui répondre lorsqu’un signal d’alerte à vous écorcher les oreilles se fait entendre. C’est insupportable.
Les navigateurs ont le réflexe de scruter le ciel à la recherche d’un je ne sais quoi. Ils ont raison, car descend vers eux, une nuée de drones minuscules. Comme des araignées, ils se déploient dans un ordre stratégique bien étudié. Une fumée opaque et aveuglante envahit le tarmac. D’où surgissent-ils ?
Timo voulant protéger Mirili, agrippe son bras et court pour la mettre à l’abri dans un hangar situé tout près. Son cerveau bouillonne de probabilités et de ripostes pour contrer les intrus.
Les navigateurs, cloués au sol, sont incapables de réagir laissant la fumée faire son œuvre sur eux.
Timo, allongé, sent son corps entier se raidir. Il lâche le bras de Mirili, n’ayant aucune force pour la retenir, ni toucher le bas de sa robe malgré sa tentative. Il ne peut ni bouger, ni la voir. Il ignore où elle se trouve.
De son côté Mirili, laissée à elle-même, est devenue une proie facile en plein dans la mire de ces envahisseurs.
Un engin Argon surgit parmi les drones araignées. Il dissipe, dans un soufflement dirigé, la fumée autour de la reine. Pourquoi ? se questionne Timo qui arrive à peine à la repérer. Que veut l’ennemi ? Il ne peut rien faire pour la protéger.
L’engin survole le tarmac aussi bas qu’il le peut. Timo peut entrevoir une face démoniaque les narguer à travers le hublot.
Impuissant, il assiste à la pire scène qu’il n’aurait jamais pensé être témoin. Mirili est hissée promptement dans l’engin qui s’est évaporé dans le ciel de Sy aussitôt apparu. La reine a été gobée.
La ruse était parfaite. Timo peut à nouveau bouger. La fumée paralysante s’évapore graduellement du tarmac. Il tente de s’emparer d’un de ces drones restés en place, mais le temps lui manque, car un rayon violet s’échappe d’eux et les détruit instantanément, leurs débris s’éparpillent sur le sol et se liquéfient. Le ciel limpide ne garde aucune trace de cette attaque, c’est comme si rien ne c’était produit.
Il rejoint Bra resté étendu. Il constate que tous les navigateurs sans exception et le Grand Conseil gisent au sol en fâcheuse position. Arrivé auprès de son ami, il tend la main et la pose sur son cœur. Il est vivant. Plusieurs secondes passent et Timo se sent impuissant devant cette catastrophe.
Nous avons perdu cette deuxième attaque qui vient assurément de l’ennemi Argon, se dit-il, frustré et en colère de s’être fait piéger comme un apprenti.
— Bra ! Mon ami ! Réveille-toi ! Debout ! mâchonne-t-il entre ses dents et à bout de souffle malgré la poussée d’adrénaline qui l’envahit.
Timo le secoue fortement, avec toutes les forces dont il se sent capable, tout en espérant le sortir de cette léthargie paralysante qui le terrasse.
Il émerge enfin avec difficulté de son état. Il grimace, tousse et crache pour s’extirper de ce cauchemar.
— Timo ! Où est Mirili ? Ma vue est brouillée, je n’y vois presque rien.
Il se frotte le visage avec force pour se remettre. Il se sent engourdi dans tout son corps qui refuse de lui obéir.
— Quel horreur ! L’ennemi était parmi nous, nous avons été attaqués sans que nous puissions réagir. Où est Mirili ? répète-t-il énervé et sous le choc.
— Je l’ignore, répond Timo attristé. Il faut s’occuper du Grand Conseil pour le moment et trouver un plan pour la retrouver. Elle a été enlevée.
Reprenant ses esprits peu à peu, il ressasse à haute voix les racontars des voyageurs, c’est tout ce qui lui traverse la tête.
— Le problème Timo, c’est que nous ignorons tout d’eux, sauf les racontars des voyageurs. Comment nous guider dans nos recherches ?
Nous ignorons tout de cette présumée lune appelée Calax. Existe-t-elle vraiment ? déclare Bra toussotant et se maudissant de ne pas avoir pu sauver non seulement celle qui gouverne Telvar, mais aussi son amie d’enfance. Celle qu’il chérit dans son cœur depuis son arrivée sur Telvar.
Ayant maintenant repris toutes ses idées, Timo fustige intérieurement le Grand Conseil. Il le rend responsable de l’enlèvement de la reine. Les conseillers auraient dû l’empêcher de s’exposer inutilement, sachant que ces ennemis font des ravages parmi les dirigeants des lunes attaquées.
Se présenter sur Sy si vite après une attaque était prématuré et irresponsable. Ils auraient dû insister auprès d’elle pour l’empêcher de se précipiter ici, ils auraient dû lui expliquer qu’elle n’était pas à l’abri de représailles et qu’elle courait un danger de récidive de la part de cet ennemi sournois, jure-t-il pour lui-même devant cet enlèvement qui aurait pu être évitée s’ils avaient joué leur rôle correctement en la persuadant d’attendre avant de se présenter sur Sy.
Timo se charge de les rassembler un par un. Malgré les reproches du capitaine, ils sont si secoués qu’ils se fichent de la mauvaise humeur de ce navigateur au regard noir qui les blâme pour leur imprudence. Le capitaine Timo ne trouvant pas un écho à ses blâmes auprès d’eux, se rabat sur le Grand Conseiller. Il l’inter-pelle sans ménagements.
— Grand Conseiller Barck, la reine a été enlevée. Nous sommes restés impuissants vous et moi. Il nous faut dresser un plan pour la retrouver, il y va de sa vie et de la sécurité de notre peuple. Allez ! Nous devons agir vite, le temps est compté.
Il crie plus qu’il ne parle avec déférence à ce pauvre homme terrassé par sa négligence de n’avoir pas su protéger la souveraine et qui s’en veut énormément d’avoir failli à son devoir.
— Capitaine Timo ! Je suis tout étourdi, je ne peux pas réfléchir. Je vous charge de prendre les mesures que vous jugerez les meilleures dans les circonstances.
Il n’en fallait pas plus à Timo pour l’abandonner à son sort.
Il revient donc vers Bra en courant.
— Ne perdons pas de temps Bra ! Voyons si nos vaisseaux n’ont pas subi de dommages que nous n’aurions pas décelés. Ensuite, chaque capitaine de navette se rendra sur toutes les lunes connues pour glaner des informations, cela prendra du temps, je le sais, mais c’est la seule solution à court terme.
Timo est affolé, il enchaîne rapidement.
— Nous devrons utiliser les trous de vair connus pour voyager et gagner du temps. Notre devoir est de la retrouver saine et sauve. Les Argons ont certainement un but pour avoir agi comme il l’on fait. Espérons un contact de leur part. Allez au travail ! Le peuple compte sur nous. Je reste aux aguets au cas où.
Il tremble de peur pour elle. Il la sait en danger. Il fera tout pour la ramener sur Telvar même s’il doit y laisser sa vie.
Il n’aura fallu que quelques heures de révision des vaisseaux pour être capable de mettre en place le plan de recherche qu’il a assigné à chaque navigateur. C’est le branlebas de combat.
Tu ne perds rien pour attendre qui que tu sois bâtard d’Argon !maugrée-t-il tout en regardant la flotte telvarienne prendre les airs et se disperser selon ses ordres.
Lui, doit rejoindre le Grand Conseil et trouver un plan plus efficace si les recherches n’aboutissent pas.
Mirili a été déposée inconsciente dans un endroit sordide et noir. Elle grelotte, c’est ce qui la sort de son état d’inconscience. Elle tâtonne et touche des murs brûlants. Elle retire aussitôt ses mains. Elle force ses yeux à voir dans les ténèbres. Ses membres engourdis l’empêchent de se remettre de-bout. Assoiffée et déshydratée par la chaleur de sa prison, elle déglutit difficilement.
Quelqu’un la retient prisonnière. Qui l’a enlevée ?
Elle entend des murmures lointains. Elle prête l’oreille. Elle ne comprend pas le jargon utilisé. Bizarrement elle se sent nauséeuse et des picotements sur tout son corps la font souffrir. Elle n’ose pas se gratter de peur d’envenimer la chose. Elle n’y comprend rien. Que lui arrive-t-il ? Quel est cet endroit dont la pierre dégage une chaleur presque insupportable ? Qui sont ses kidnappeurs ? Les Argons ?
Elle décide finalement de se blottir sur elle-même. Elle ménage sa respiration, car l’air se fait rare, ses poumons brûlent à chaque fois qu’elle inspire. Attentive à tout bruit, elle évite de bouger. Va-t-elle mourir là ? Elle reste ainsi prostrée ayant perdu toute notion du temps. Personne n’est venu. L’a-t-on oubliée ?
Peu à peu, elle s’habitue à son environnement, la noirceur n’est plus aussi pénétrante et elle distingue une roche poreuse, taillée sommairement pour en faire un sépulcre. Elle est persuadée que cet endroit sera son linceul et elle se met à pleurer.
De nouveaux murmures arrêtent ses larmes. Elle finit par comprendre, à force de persévérance, un mot qui ressemble à Var. Est-ce de sa lune dont il est question ? Qui veut du mal à son peuple ?
Elle aimerait bien connaître leurs intentions. Si seulement, elle pouvait voir un seul de ses geôliers et si on pouvait enfin la sortir de ce trou misérable et lugubre. Découragée, les larmes salées qui sillonnent ses joues se glissent jusqu’à sa bouche. Ils étanchent quelque peu sa soif et sa gorge irritée.
Elle sursaute tout à coup, car on murmure tout près de sa prison, c’est comme si l’intrus se tenait à ses côtés. Elle s’affole et change de position. À ne pas en douter c’est la mort qui l’appelle ainsi.
— Madame ! Le général Pix vous attend.
Une voix gutturale remplit son espace vital.
Je ne suis pas folle, je peux entendre les mots ? Comment est-ce possible ? réalise-t-elle incrédule.
Elle fabule, ce n’est qu’illusion. Elle veut tellement sortir de ce trou qu’elle entend des voix ou bien c’est la mort qui se joue d’elle. Elle se refuse à ouvrir les yeux. S’il y a quelqu’un, soit qu’il parte ou qu’il se fasse entendre à nouveau ou soit qu’elle meure.
— Madame ! Le général Pix vous attend.
On dirait un message programmé. Le ton monocorde attise sa curiosité. La mort ne peut pas être programmée, donc il y a bien quelqu’un, mais elle ne le voit pas. Où se cache-t-il ? Elle ne comprend rien.
Perdue dans ses pensées, elle se sent soulevée par une force inconnue venue dont ne sais où. Comme par magie, elle est téléportée. Est-ce possible ? Sidérée et à la fois apeurée, elle cache son visage en priant que quelqu’un arrête ce cauchemar.
Lorsqu’elle se décide à affronter l’inévitable, elle se retrouve dans une salle aux immenses filets tendus de part et d’autre sur lesquels s’agrippent des créatures inconnues. Ils ont tous le visage violacé. Il fait une chaleur torride dans la salle.
Au fond de la pièce, perché sur un je ne sais quoi, se tient un personnage très laid, portant le même faciès que les autres. Il se balance de gauche à droite comme un métronome bien réglé. Dans ses yeux, des zigzags éclatants l’hypnotisent.
Le personnage l’observe, elle le sait même si elle referme les yeux vitement pour ne pas subir cette hypnose. Un sifflement s’insinue dans son esprit et s’incruste sans qu’elle ne puisse faire quoi que ce soit pour l’en déloger.
Hypnotisée par cet être surnaturel, elle surmonte sa douleur auditive, ouvre les yeux et suit le balancement. On fouille dans sa tête.
Dans quel monde suis-je ? Qui êtes-vous ? ose-t-elle penser.
À la merci de cet être fouineur, elle referme les yeux tant la peur l’envahit. Restera-t-elle en vie ou non?
N’aie pas peur Mirili, se dit-elle sinon tu es perdue, tu dois rester forte.
Elle tremble de tout son corps sans être capable de repousser ces attaques psychologiques qui envahissent tout son cerveau. C’est comme si on implantait des tentacules dont elle n’a pas le contrôle.
Des sifflements traversent sa tête, est-elle en train de perdre la raison ?
Non !Ce n’est qu’une illusion ! Elle a envie de crier, mais aucun son ne sort de sa gorge irritée. Quel supplice infâme !
— Madame ! Bienvenue chez le peuple Argon !
Elle surmonte sa peur, déglutit avec difficulté et réussit à sa grande surprise à articuler quelques mots.
— Que me voulez-vous ?
Curieusement, elle vient de parler leur langage. Elle panique. Serait-elle devenue l’une des leurs? C’est impossible ! Avec délicatesse elle tâte son visage, son corps comme pour sortir de ce cauchemar. Elle se pince. Elle ne rêve pas. Aucune réponse. Elle répète plus fort.
— Qui êtes-vous ? D’où venez-vous ? Que me voulez-vous ?
La rage a fait place à la peur. Son courage refait surface. Elle doit survivre et sortir de cet enfer, mais comment ? Il lui faut trouver un moyen coûte que coûte.
Le personnage perché à la face violacée s’avance vers elle. Il grimace de plaisir en faisant le tour de sa prisonnière. La modélisation de son esprit a bien marché, cela facilitera le contrôle de celui-ci. Il la tient en son pouvoir.
Elle ressent cette intrusion forcée à laquelle elle ne peut résister. Son hôte s’exprime à travers son esprit c’est ce qui fait qu’elle peut comprendre le langage et elle-même s’exprimer dans le leur.
— Reine Mirili, je suis Pix, chef des Argons. Vous êtes sur la lune Calax. Je vous ai gardé en vie jusqu’à présent parce que j’ai une mission à vous confier, trouver une pierre réactive combustible.
— Que dites-vous là ? Il n’existe aucune pierre réactive sur Telvar ni sur Sy à ce que je sache. La réponse est cinglante.
Pix retourne à son siège. Est-ce qu’il doit revoir les plans de survie ? Est-ce qu’il a échappé quelque chose ?
En attendant qu’il revérifie les données, il n’aura qu’à la retourner dans la noirceur de la prison, ensuite il la rappellera auprès de lui ou bien il lui fera subir le même sort qu’à tous les autres dirigeants des lunes conquises.
Ainsi, Calax est réelle. Les racontars sont vrais ! songe-t-elle éberluée devant cette vérité qui lui éclate en plein visage pendant un court instant de répit de son cerveau. Elle est si incrédule qu’elle en oublie la demande concernant la fameuse pierre réactive.
Elle entend une sorte de rire sarcastique qui se propage dans son esprit. Elle se recroqueville sur elle-même, le cœur battant la chamaille dans sa poitrine mise à partie par le manque d’oxygène.
Pix veut susciter la peur en elle. Bien qu’il doive revoir les données inscrites, il tentera de la convaincre de ses dires puis-qu’il a saisi sa dernière pensée.
— Hé oui ! Calax existe reine Mirili et vous mentez, car vous détenez la pierre réactive que nous recherchons. Nos données sont exactes. Je vous enjoins de ne pas faire la maligne, car votre peuple le regrettera amèrement.
Puis, prenant un ton menaçant, il enchaîne.
— Nous vous anéantirons foi de Pix. Les peuples de l’anneau d’eau disparaîtront comme ceux des lunes de l’anneau de neige que nous avons réduit à rien, car ils nous étaient devenus inutiles.
Mirili sent la colère monter, les sifflements s’intensifient dans sa tête et sont insuffisants pour échapper à cette rage qui lui donne la force de réfléchir et de retrouver un tant soit peu la lucidité. Elle livre une bataille mentale sans merci.
Pourtant, elle ne détient pas l’avantage et retombe dans l’incapacité de répliquer une réponse sensée. Elle en devient presque sourde malgré ses efforts pour résister.
C’est une bataille colossale que son esprit livre à Pix pour le chasser de sa tête. Le calme revient, car elle a cédé au combat engagé tant la souffrance est insurmontable.
Le personnage s’est adoucit la laissant épuisée. Il tente une nouvelle approche, espérant sa coopération cette fois-ci. Il se dit que s’il l’informe du sort funeste réservé aux peuples qui n’ont pas voulu collaborer avec lui, il réussira à la convaincre de les aider. Il doit lui faire part de leur destinée, il en va de la survie de son peuple.
C’est sa mission.
— Nous avons asservi plusieurs dirigeants et peuples afin de dénicher cette pierre essentielle à la survie de notre peuple. Nous devons atteindre la grosse planète nommée la Terre. Il s’avère que tous les peuples avant vous ont échoué à nous la procurer. Nos données mentionnent que cette pierre se trouve sur l’un des trois anneaux. C’est à votre tour reine Mirili de nous aider, sans quoi vous disparaîtrez de l’anneau d’eau comme les autres. Il vous reste peu de temps et votre temps est compté tout comme le nôtre.
Son plaidoyer terminé, il se retire de la pièce non sans avoir au préalable ordonner à un serviteur de retourner un immense sablier de la hauteur d’une colonne de cinq géants rejoignant le toit cathédrale de la salle dans laquelle ils se trouvent.
Mirili a compris l’ordre donné. Elle ouvre les yeux et aperçoit ce monstre de sable dont les grains infimes descendent un par un. Hypnotisée, elle ne peut détacher son regard de l’objet pendant que Pix en profite pour lui raconter l’histoire de son peuple.
De ce qu’elle retient, c’est que la pierre recherchée se trouve sur l’une des lunes des trois anneaux. Que la propre lune des Argons a été détruite par un trou noir qui l’a avalée. Que son peuple a réussi à s’enfuir avec des données de vol les amenant dans l’espace de trois anneaux dont l’une des lunes recèle la pierre recherchée. Leurs données mentionnent qu’ils pourront trouver le carburant nécessaire sur l’une des lunes des trois anneaux, mais sans préciser sur laquelle. Leur survie se trouve sur l’une d’entre elles.
Il lui raconte leur périple jusque sur Calax, l’une des lunes de l’anneau de feu la plus près de leur lieu d’origine, même si cette lune est inhospitalière. Leurs engins en manquent de carburant ne leur ont pas laissé le choix d’y atterrir malgré sa précarité. Maintenant ils doivent impérieusement en trouver afin de pour-suivre leur voyage vers la planète Terre. Pourquoi cette lune ? Pix l’ignore, mais il fait confiance aux cartes des anciens.
Pix l’observe. Il désire se montrer bon joueur pour une fois. Elle semble si fragile et si belle à la fois. Un élan d’affection et d’amour s’infiltre dans la tête de Mirili, étonnée par ce subit changement de cap de son ennemi. Un peu de chaleur traverse son corps. Que se passe-t-il ?
— Je vous libèrerai ma reine. Je ne déclencherai aucune guerre et ne ferai aucune représailles si vous nous aider à trouver ce que nous recherchons. J’ai déjà posté sur Telvar et Sy des informateurs. Au moindre écart, nous sévirons. Je peux intervenir à tout moment. Pour votre information, nous n’avons rien trouvé sur Arca, cette lune à demi détruite dont le grand dirigeant s’est entêté à nous combattre. Il a refusé de collaborer prétextant qu’il ignorait tout de cette pierre. Il a fini par sacrifier son peuple déjà amputé par la collision avec la météorite, et ce, sans le moindre regret ni scrupule, tout simplement par orgueil. Espérons que vous serez plus sage que lui.
Comme il vient de se retirer de sa tête, elle se sent soulagée. Elle refuse que son peuple subisse le même sort. Elle ne les sacrifiera pas à ce Pix, elle s’en fait la promesse.
Pix l’examine. Il est subjugué par la beauté de Mirili. Il fait le projet qu’elle l’accompagne dans son voyage vers la Terre, leur destination ultime. Il revient subtilement dans son esprit espérant l’amadouer avec son offre.
— Notre voyage nous amènera sur la planète Terre, vous pourriez faire partie du voyage Majesté. Là-bas, nous nous intégrerons à ces terriens afin de survivre. C’est un cadeau que je vous fais en reconnaissance de votre coopération. Vous pourriez devenir ma compagne, en fait je tiens à ce que vous accompagniez les miens dans ce dernier voyage. Ainsi ce sera le moyen de protéger ceux qui vous sont chers.
Mirili veut riposter, mais elle perd conscience. À son réveil, elle se retrouve à nouveau dans la noirceur. Si elle a bien compris le dernier message du général, il lui donne une seule nuit pour acquiescer à sa demande. Le temps est compté pour elle et son peuple. Elle fulmine de colère. Comment revenir sur Telvar ?
S’il croit que je vais obliger mon peuple à trouver cette pierre dont je ne sais rien, il se trompe royalement et s’il croit que je vais le suivre dans son périple, il se trompe également, pense-t-elle furieuse de l’évolution de la situation.
Le retour forcé dans le noir et la chaleur intenable l’irrite, mais elle est bien décidée à combattre cet usurpateur.
Mais Pix n’a pas dit son dernier mot. Il a entendu cette rébellion dans la tête de Mirili puisqu’il lui a implanté un drone miniature dans son cerveau qui lui permet ainsi de facilement suivre ses pensées même si elle est cloitrée dans les ténèbres de sa prison. Il compte bien la mater.
Attention reine de Telvar ! Me désobéir sera fatal ! J’ai été vraiment généreux, ce n’est pas dans mes habitudes de montrer de la compassion. Vous me tournez la tête reine Mirili. Je dois faire preuve de retenue envers ce désir que vous avez su créer en moi, se dit-il tout en regardant le sablier qui se remplit lentement.
Timo et le conseil élaborent un plan afin de se préparer à une attaque qui ne saurait tarder selon eux. Récupérer la reine est impossible dans l’immédiat. Leur devoir est de protéger le peuple. Il est entendu par tous que le Grand Conseiller agisse à titre de successeur temporaire de la reine.
De son côté, le rusé Pix a dépêché des informateurs sur Telvar. Un de ses gardes s’est posté à l’entrée de la salle de décision là où se trouvent actuellement Timo et le Grand Conseil qui délibèrent. Affublé d’un costume dérobé, il dissimule son visage violacé sous une poudre blanche. Son ouïe fine lui permet d’en-tendre toute la mise en scène de Timo et du Grand Conseil.
— Nous ferons comme nous l’avons décidé, de dire Timo portant la main sur son cœur en signe de loyauté. J’aviserai mes troupes.
— Capitaine, veillez à ce que l’espace aérien soit protégé en permanence, nous devons éviter que le peuple panique et se sente menacé par cet envahisseur inconnu, les racontars sur Arca et les autres lunes suffisent amplement à les insécuriser. Quant à la reine Mirili, pour l’instant, nous dirons au peuple que son état de santé l’oblige au repos. Allez vite vers vos troupes, nous devons être prêts si jamais…
Timo prend congé sans saluer le conseil comme il devrait le faire selon le protocole établi. Il a urgemment des ordres à donner et il en veut toujours au Grand Conseil de ce qui est survenu sur Sy, sa colère n’a pas dérougi depuis l’enlèvement.
L’espion de Pix attend la sortie du capitaine avant de quitter son poste, il en sait suffisamment maintenant. Lorsque Timo referme les portes de la grande salle, l’espion l’observe et le suit en catimini sans en être vu.
Le capitaine, suivi par l’Argon sur les talons, ne se méfie pas. Il prend la direction du quartier réservé aux navigateurs sachant que son ami Bra l’y attend, comme toujours. Rendu sur place, l’Argon se dissimule derrière un vaisseau pour entendre les ordres de Timo.
Celui-ci retrouve Bra dont le froncement de sourcils en dit long sur son état d’esprit.
— Alors ! Qu’ont-ils décidé ?
— Nous devons organiser nos troupes en ronde de surveillance de l’espace aérien autant pour Telvar que pour Sy. Allez viens ! Allons voir les autres Nous n’avons pas de temps à perdre. La reine est en danger.
Bra le suit en écoutant les consignes. L’espion trop loin pour entendre se rapproche en se métamorphosant. Il a trouvé une tenue de navigateur telvarien qu’il a déniché dans un des casiers réservés aux pilotes. Ainsi vêtu, il fait mine de vérifier un vais-seau près de Timo et Bra.
Pix sera satisfait de son talent d’espionnage, il a découvert les plans des telvariens. Il réussit à s’éclipser en douce à la recherche d’un vaisseau disponible, il en trouve un vide. Il a entendu les ordres donnés, il se joindra aux telvariens. Intelligent, il a vite deviné les manœuvres de navigation à exécuter pour le décollage.
Tous les navigateurs sont alignés et sont au garde à vous.
Ils attendent les directives tout comme l’argon caché dans un des vaisseaux.
— Navigateurs de Telvar ! Nous nous préparons à une nouvelle attaque imminente, nous le croyons fortement. Regagnez votre vaisseau immédiatement. Je vous transmettrai les procédures à suivre sur votre écran tactile.
L’espion connaît la façon d’allumer les écrans, après tout, il faisait déjà partie de la flotte telvarienne lors de l’attaque de ses amis Argons puisqu’il avait réussi à s’infiltrer dans leurs troupes sur les ordres du général Pix en se métamorphosant.
Pix avait donc pu être informé de l’attaque planifiée par les navigateurs de Telvar, ce qui leur avait permis de se dégager après une seule salve de tirs sur Telvar. Il avait tout planifié pour faire croire à un repli de ses engins argons. Il avait un autre plan à mettre en place.
L’espion bien installé sur le siège de pilote exécute les directives du capitaine Timo comme si de rien n’était.
Ils seront faciles à attaquer quand le général le décidera. Je dois envoyer les informations à mon chef. Leur surveillance du territoire aérien des lunes ne leur servira pas à grand-chose. Voyons voir si je repère un de nos drones laissé sur place volontairement, se dit-il en tapant un message sur son bracelet dissimulé dans sa tunique rouge empruntée.
Le drone caché s’allume et s’envole sans bruit, ni vu ni connu.
Pendant ce temps, sur Calax, Mirili n’espère qu’une chose, sortir de ce trou infâme. Pix lui a promis de la libérer à une seule condition, retrouver la pierre réactive.
Redevenue elle-même, elle peut se concentrer et réfléchir à une stratégie, car Pix a mis le drone implanté en veilleuse intentionnellement.
Je dois lui faire accroire que je vais collaborer. C’est ce qui compte. Une fois libre et revenue sur Telvar, j’établirai un plan avec le Grand Conseiller maintenant que nous savons à qui nous avons affaire et quel est leur but. Il n’est pas dit que nous subirons ce qui est arrivé à Arca. D’ailleurs, j’ignore complètement de quoi il veut parler ce général. Libérez-moi quelqu’un ! Je ne veux pas mourir ici.
Dans ses ténèbres, elle attend une délivrance et raffine son plan pendant ce temps, temps qui lui semble une éternité.
Pix est songeur. Il a suivi son raisonnement en réactivant le drone. Il doute de sa réelle coopération, mais fin stratège, il doit lui laisser une chance, car après tout, elle lui plaît tellement la jeune reine de Telvar. Il a réussi à la duper en inculquant dans son esprit le fait qu’il l’avait quitté.
Mirili, les bras repliés sur les genoux, se demande si son geôlier l’a entendu puisqu’il a pris l’habitude de s’incruster dans sa tête à tout moment. Elle en a la preuve lorsqu’une douleur lancinante la jette par terre. Elle perd connaissance.
Lorsqu’elle revient à elle, elle ne sait pas trop par quel miracle elle se retrouve dans ses appartements. Étourdie et allongée par terre près de son lit, elle reprend ses sens et sa respiration revient à la normale.
Le silence règne. Aucune servante ne s’y affaire. Elle est fin seule.
Remise de sa surprise et les idées bien en place, elle oublie Pix croyant qu’une fois revenue sur Telvar, il a abandonné la partie. Il n’y a pas de temps à perdre, elle doit retrouver le Grand Conseil et les prévenir.
Elle s’apprête à sortir lorsqu’une voix, qu’elle reconnaît, retentit dans sa tête si bien qu’elle doit s’arrêter avant d’ouvrir la porte de la chambre royale.
N’oubliez pas pourquoi nous vous avons relâchée reine Mirili ! dit la voix gutturale.
Atterrée, elle prend peur. Son sang ne fait qu’un tour. Elle se terre sous son lit afin de fuir l’intrus, comme un enfant pris en faute.
Pix a réussi à rester dans ma tête ? Comment est-ce possible ? Je suis sur Telvar, dans mes appartements ? Je n’y comprends rien! reconnaît-elle, abasourdie par cette découverte.
Puis, elle sort de sa cachette se sentant ridicule. Elle doit ré-fléchir à la situation du mieux qu’elle peut sachant que chaque pensée n’échappe pas à ce Pix, le chef des Argons.
Il m’est impossible de m’adresser à qui que ce soit sans que le général Pix n’entende ce que j’ai à leur dire. Comment peut-il contrôler mon esprit ? Que faire alors ? Puisque tous croient que je suis prisonnière je ne les détromperai pas. Plutôt, je vais entamer des recherches sur cette pierre réactive afin de savoir si elle existe vraiment, ensuite j’aviserai. Tel est son raisonnement.
Enfin ! Un peu de collaboration, songe Pix soulagé.
Les archives royales sont conservées dans une pièce scellée dont la reine et le Grand Conseiller possèdent les entrées. Elle doit trouver le moyen de s’y rendre sans se faire remarquer.
Elle enfile une cape sombre et met la capuche. Elle ouvre prudemment la porte et guette de chaque côté l’arrivée d’un garde. Le Grand Conseiller a décidé d’abandonner la surveillance de ses appartements depuis sa disparition. Peu importe pour l’instant les raisons de cette abstention. Sa priorité est de sortir discrètement et de longer le mur pour ne pas se faire voir au cas où.
La voie est libre. Elle évite de trop se questionner, sur sa décision hasardeuse, car elle doit parvenir à la salle des archives sans se faire prendre. Elle entend arriver des pas sur sa droite. Le martèlement des militaires sur le plancher de marbre blanc annonce l’arrivée d’un contingent de gardes dans sa direction.
La panique accélère les battements de son cœur ainsi que son affreux mal de tête qui ne la lâche pas depuis son retour. Elle s’affole et se sent prise au piège. Aucun endroit pour se cacher. S’ils la trouvent, Pix sévira, elle en est persuadée.
Alors qu’ils se rapprochent de plus en plus, Pix, infiltré dans sa tête par le biais de son drone, suit attentivement la situation. Il ordonne à un autre drone dissimulé dans le jardin royal et agissant comme espion de réserve de se montrer pour faire diversion.
