Plume - Mélodie Depoortere - E-Book

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Mélodie Depoortere

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Beschreibung

Mélanie n'a que quinze ans, pourtant elle s'interroge déjà sur ce qu'est la vie. Elle n'est heureuse et s'en aperçoit chaque jour un peu plus. Quand son misérable quotidien l'emmène rencontrer ses démons enfouis tout au fond d'elle-même, elle se décide enfin à reprendre sa vie en main une bonne fois pour toutes. Mais rien n'est jamais simple et ses pensées néfastes paraissent impossibles à effacer. Une histoire vécue racontée en sept parties et vingt-et-un chapitres, qui apporte connaissances ou soutien dans les questionnements inévitables que nous connaissons tous.

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Seitenzahl: 121

Veröffentlichungsjahr: 2022

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Je dédie ce livre à toute personne ayant un jour ressenti un grand désespoir au fond de lui. Que ce livre vous apporte la preuve que malgré tout ce l'on peut rencontrer, il n'y a rien de plus grand que la force que l'on porte en nous.

Sommaire

Chapitre I

(Silence)

Chapitre 1

Chapitre 2

Chapitre 3

Chapitre II

(Perte)

Chapitre 4

Chapitre 5

Chapitre 6

Chapitre 7

Chapitre 8

Chapitre III

(Sentiments)

Chapitre 9

Chapitre 10

Chapitre 11

Chapitre IV

(Révolte)

Chapitre 12

Chapitre 13

Chapitre 14

Chapitre 15

Chapitre V

(Flamme)

Chapitre 16

Chapitre 17

Chapitre VI

(Rayons)

Chapitre 18

Chapitre 19

Chapitre VII

(Envol)

Chapitre 20

Chapitre 21

I

(Silence)

Silence. Le coin de cette pièce obscure, dont la seule lueur de lumière pouvant m'éclairer n'est autre que les reflets de la lune, est mon plus grand refuge. Pour la énième fois, je m'en vais dans mon monde intérieur, loin de la cruelle réalité. Et bientôt tous ces cris, ces pleurs, ces horreurs et même ces larmes s'éloignent de moi. Mes amis, qui ne s'animent que lorsque je suis là, m'attendent devant ce portail de souvenirs. Je le traverse sans m'attarder, presque heureuse d'être enfin revenue chez moi. Ici, je peux extérioriser ce qui doit être sorti, je suis ici pour briser les chaînes qui me retiennent d'exister, et qui m'entraînent loin, très loin de ma liberté. Je pourrais même dire que je ne suis là que pour délivrer mon âme, trop souvent enfermée pour me laisser puiser sa force.

Je suis donc là assise dans le noir, les paupières semi-closes et le corps engourdi, ne sachant que faire. Et quand l'esprit me revient, je me décide à le sortir de sa prison imposée pour je ne sais quelle raison tellement elle est ancienne. J'attrape mon second échappatoire et plonge entre les lignes noires qui ornent le papier. A la seconde où l'encre du stylo se pose sur le papier, je sens remonter mes mille et une souffrances, même celles que je n'ai pas appelées. Je sais que je peux tout déballer, alors je laisse l'encre s'imprégner des maux de mon âme. Les mots tourbillonnent sur le papier, ils dansent tellement vite que je me demande d'où ils viennent. Peut-être se sont-ils échappés en sortant des seuls endroits possibles, qui sont ne sont autres que mes oreilles, mes yeux ou bien encore ma bouche. Peut-être que tout cela se passe dans un monde invisible, là où les énergies circulent librement. Elles ne se questionnent pas et bougent, se déplacent là où elles veulent aller. Malheureusement, ma plume cogne contre la paroi de la prison de la mélancolie et bientôt toutes les atrocités bloquées en moi s'impriment dans la feuille. Les barreaux explosés, personne ne pourra plus les réparer. Mon poignet à présent immobile contemple son œuvre. J'attends que le temps passe. Les mots sont ancrés sur cette même feuille, rien ne pourra plus jamais se décoller. J'imagine très bien la douleur de celle-ci, qui auparavant si légère, doit maintenant contenir tout ce malheur et éviter de le propager. Alors ne trouvant d'autre solution pour arrêter son supplice, j'attrape mon briquet et laisse la flamme jaillir à son tour, éclairant le reste de la pièce jusqu'à lors toujours plongée dans l'obscurité. Cette flamme, comme une sauveuse, s'agrippe à la feuille et ne cesse de progresser. Je l'encourage en pensée, émerveillée devant l'envol de mes soucis tandis que l'encre se transforme en cendre. Mes maux sont au sol, décomposés, impuissants. Et je profite de ces derniers instants de chaleur, où les flammes sont si belles que j'ai presque envie de les rejoindre.

Chapitre 1

Mélanie a quinze ans. A cette âge, les enfants aiment sortir avec leurs amis, se reposer toute la journée, ne rien faire et surtout ne pas penser à l'avenir. La jeune fille ne fait pas partie de ces enfants : elle n'aime point sortir, elle a toujours besoin d'être occupée, elle déborde d'objectifs et l'avenir est son principal point de réflexion. Ce premier point montre déjà la différence qui fait souffrir Mélanie.

C'est une jeune fille très solitaire, le fait d'avoir des amis autour d'elle l'étouffe parfois. Elle préfère s'isoler et ne penser qu'à ce qui lui traverse l'esprit. Elle a quelques amies, mais celles-ci ne sont pas très proches avec elle, elles sont juste là pour lui tenir compagnie entre les heures de cours. Au-delà de ce temps, elles ne gardent pas grand contact entre elles. Mélanie ne cherche pas à avoir beaucoup d'amis : pourquoi faudrait-il absolument avoir un grand entourage autour de soi ? De toute façon, elle se sent différente vis à vis de ses intérêts et de ses réflexions, et elle garde toujours à l'esprit que ses amies ne la comprendraient pas. Alors elle traîne seule pendant les week-ends et les vacances dans sa chambre, écrivant ses peurs ou racontant ses derniers chagrins le long des lignes de son carnet. Quelques fois, elle sort de sa tanière pour parler avec sa famille. Sa mère est d'ailleurs très fière de sa fille, elle la trouve pleine de capacités et de maturité, ce qu'elle trouve plutôt rare quand on a quinze ans. D'autant plus qu'elle a de bonnes notes à l'école, ce qui la rassure sur l'avenir de son enfant.

Mélanie est curieuse et c'est sa curiosité qui guidera sa vie. Plus tard elle sera journaliste, telle elle l'a décidé depuis plusieurs années. Elle ne se laisse d'ailleurs aucune autre possibilité, car le fait de remettre en cause son futur l'angoisse. Elle compte suivre cette voie sans s'interroger, la peur de l'avenir finirait par tout gâcher. Quelque fois elle se surprend à penser que ce métier ne lui conviendrait pas forcément, et aussitôt elle commence à angoisser à l'idée de ne savoir quoi faire de sa vie. Sa mère serait déçue, et l'idée de lire de la déception sur le visage de sa mère motive la jeune fille à travailler sans autre but que de suivre ce chemin. Quand ses angoisses persistent, elle attrape sa plume que l'on appelle plus communément stylo pour y décrire ses émotions et calmer ses doutes. C'est une activité régulière à présent, car à l'école, surtout en fin de cycle, tous les professeurs ne cessent d'aborder l'orientation et l'avenir de leurs élèves.

Mélanie aime beaucoup sa famille. Les liens qu'elle a créés avec eux, leur complicité, cela lui plaît. D'ailleurs elle se voit mal vivre sans eux, même si tôt ou tard ces rêves la rattraperont. Et Mélanie le sait, sans pour autant changer la moindre pensée. Elle se dit que si elle pense comme ça aujourd'hui, tout sera différent demain. Et c'est sur ce deuxième point que je la trouve bien naïve.

C'est une enfant plutôt discrète qui n'aime pas raconter sa vie à n'importe qui. Dans les films et les séries, c'est toujours ceux qui parlent trop qui finissent par souffrir trop. Les secrets se retournent contre eux, leurs forces deviennent des poids. La jeune préfère donc se méfier et ne s'ouvrir à personne d'autre qu'à elle-même et parfois à sa famille proche. Mais malheureusement comme elle ne fait confiance à personne, personne ne sait ce qu'elle vit. Sa méfiance de tout et de rien lorsqu'elle est en présence d'inconnu l'empêche de se construire normalement, l'empêche de participer à des expériences créés par la vie. Sa mère ne comprend pas toujours ce que ressent la jeune fille. Il faut dire qu'elle a beaucoup de sauts d'humeur. Impulsive ou patiente, calme ou enragée, Mélanie passe sans cesse d'une émotion à une autre. Sa mère pense que c'est l'adolescence, que tous les enfants passent par là et elle ne s'en soucie pas trop. Mais de son côté Mélanie est inquiète car elle ne connaît personne hormis elle-même ayant ce type de comportement. Elle se met à rechercher une explication à son comportement qui lui paraît insensé sur des sites Internet qui la replongent dans l'anxiété. Ce n'est pas très futé ! Cela devient un cercle vicieux dont la jeune fille ne sait plus comment éviter.

La jeune fille vit dans le regret : elle a un rêve que chaque jour elle s'empêche de réaliser. Elle ne se donne même plus la peine d'y croire, sachant que ses chances de réussir sont inférieures à celles d'échouer. Elle se rassure en se disant que ce n'est qu'un hobby, qu'une passion temporaire qui la poursuit déjà depuis déjà dix années, et que la petite fille en elle qui rêvait de vivre de sa passion ne savait pas comment était la vie. Elle croyait atteindre son rêve sans difficultés, jusqu'à ce qu'elle comprenne quel est le monde dans lequel elle vit. Mélanie a grandi rapidement, et plus vite que les autres. Elle se sent plus raisonnée, plus consciente de la vie qu'eux. Pour autant, elle ne se sent pas supérieure aux autres non, loin d'elle cette mauvaise pensée. Elle sait que les gens qui l'entourent finiront par grandir intérieurement à leur tour, du moins, elle l'espère. Mais pour l'instant le décalage de maturité et de mentalité creuse un écart entre elle et les autres un peu plus chaque jour, et l'idée de continuer ainsi la tracasse, tant elle doute d'avoir la force d'évoluer à côté des autres. Elle se sent dans l'ombre alors qu'elle possède la flamme qui apporte la lumière. Elle se sent exclue, elle se sent rejetée, elle se sent abandonnée par des personnes qui ne l'ont peut-être jamais regardées. Elle souffre. Dans la situation qu'elle subit, Mélanie n'a qu'une seule pensée : au moins, elle est vivante, elle ressent autre chose qu'un vide immense dont elle allait bientôt en faire les faits. Mais mérite-t-elle autant de tracas ? Car elle, depuis sa tendre enfance, elle sait que ce n'est pas ça, la vie.

Chapitre 2

Pendant son année de troisième, tout s'est compliqué. Elle devint de plus en plus fatiguée, elle ne dormait plus, elle commençait à se mettre une horrible pression qui la rendait anxieuse, ne sachant plus ce qui était bon ou mal pour elle. Elle continuait à s'isoler, à s'exclure elle-même des moments qu'elle pouvait partager avec les autres. Elle comprit rapidement que quelque chose avait changé, quelque chose en elle se passait, mais elle n'arrivait pas pour autant à définir ce que c'était. Elle qui se sentait déjà différente, cela compliquait énormément sa compréhension d'elle-même. Elle avait souvent peur, elle vivait avec un sentiment d'insécurité permanent comme si tous les êtres vivants autour d'elle ne lui voulaient que du mal. Elle était victime de cauchemars où des scènes horribles d'hommes et de femmes la torturaient, ou tout simplement que sa personne a fait décidé d'en finir afin s'échapper à plus de souffrance. Que sa personne choisissait de vivre une autre vie pour se comprendre.. Elle faisait des nuits blanches les dimanches soirs en pensant à la journée du lendemain. Elle avait une boule au ventre en allant au collège, avait quelques fois du mal à respirer. Malgré ça, il me semble que jamais elle ne s'était réellement demandée si la meilleure façon d'arrêter ce calvaire ne serait pas d'en finir. Elle ne pouvait pas se permettre de tout abandonner, car pour elle si le bonheur est éphémère, le malheur lui aussi, est temporaire. Par instant de folie, elle pouvait se laisser conduire par le diable juste au pied du piège qui la condamnerait à passer des années d'acharnement à se sauver. Mais, à chaque fois qu'elle prenait une lame dans ses mains, l'image de sa famille triste de l'avoir perdue tournait dans sa tête. Alors elle reposait ce couteau et elle allait s'enfermer dans sa chambre. Elle essayait d'oublier ce moment. Cela n'arrivait pas souvent, peut-être une à deux fois. Mais je n'ai pas eu le loisir de tout le temps la surveillait alors il y a peut-être eu d'autres moments d'égarement, qui sait ? Après ces quelques secondes, une fois bien enfermée et après quelques instants pour reprendre ses esprits, elle souhaitait songer à ce qui venait de se passer. A chaque fois elle se posait les mêmes questions : qu'est-ce qui se passait ? Comment son état avait-il pu se dégrader ainsi sans qu'elle ne puisse l'arrêter ?

Parfois, alors qu'elle se sentait assez bien ou qu'elle était occupée, elle voyait des images d'elle résumant tout ce qu'il s'était passé dans sa vie depuis l'époque de sa jeunesse, le temps où elle était la fille la plus heureuse du monde. Puis elle se revoyait en train d'effectuer des crises d'angoisse. Elle s'effondrait en larmes en ne pouvant plus s'arrêter. elle tremblait, elle hurlait. Rien ne pouvait la stopper. Elle bougeait dans tous les sens, elle avait peur. Oui, peur. Surtout que ces scènes, elles ne pouvaient les contrôler. Elles apparaissaient et disparaissaient quand elles le voulaient. C'était sûrement son subconscient qui s'était décidé à la réveiller, à lui envoyer des signes de détresse pour lui montrer qu'elle n'allait pas aussi bien qu'elle le croyait, que son esprit divaguait trop vers des chemins qui la conduirait pas la perte d'elle-même. A plusieurs moments, des crises d'angoisse sont survenues au collège. Elle demandait à sortir dans le couloir, afin d'essayer de calmer le jeu avant que tout ne devienne incontrôlable.

Elle ne voulait plus se regarder dans le miroir, détestant son regard. Que pouvez-vous trouver de beau à ce visage rempli de tristesse, de mélancolie, de nostalgie ? Ce visage tracé par des cernes qui ne faisaient que s'accentuer un peu plus chaque jour ?

Elle finit par parler de son état six mois après. Elle voulait que sa vie change, qu'elle ne se rapporte plus au chaos qui régnait dans son cœur. Alors elle mit sa mère au courant. Celle-ci a mis du temps à réaliser que sa fille n'allait pas bien mais une fois le message passé, elle s'est occupée d'elle comme personne n'aurait pu mieux le faire. Grâce à elle, elle n'était plus seule à traverser cette mauvaise période, elles étaient deux. Ce soutien lui fit énormément de bien mais hélas, ce n'était pas suffisant. Elle ne voulait surtout pas en parler, à quelqu'un d'autre, au non certainement pas. Elle avait beaucoup de préjugés sur les psychologues ainsi qu'autour des autres métiers qui s'apparentaient à ce dernier. De toute façon, personne ne la comprendrait.