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Walt Whitman

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Beschreibung

En commençant mes études le premier pas m’a plu si fort,
Le simple fait de la conscience, ces formes, la motilité,
Le moindre insecte ou animal, les sens, la vue, l’amour,
Le premier pas, dis-je, m’a frappé d’un tel respect et plu si fort,
Que je ne suis guère allé et n’ai guère eu envie d’aller plus loin,
Mais de m’arrêter à musarder tout le temps pour chanter cela en chants extasiés.

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Veröffentlichungsjahr: 2017

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Poèmes de Walt Whitman

Walt Whitman

2017 - Anna Ruggieri

NOTE DU TRADUCTEUR

Parmi les papiers laissés par le poète se trouve cette note de sa main: «Introduire dans quelque poème un passage à l’effet de dénoncer et de menacer qui que ce soit qui, traduisant mes poèmes en une autre langue, ne traduira paschaque versetet, cela, sans rien ajouter ni retrancher.»

C’est surtout aux faiseurs d’éditions expurgées—abhorrées par lui—que cette menace s’adressait. Mais alors même que nous comprendrions l’avis ci-dessus en sa plus large acception, la publication de morceaux choisis d’un livre que son auteur nous invite à considérer, non comme un simple recueil, mais comme un tout vivant dont l’intégrité lui importait «pour des raisons», semble néanmoins justifiée par d’autres raisons, sans que celles-ci soient nécessairement irréductibles à celles-là. La plus évidente de nos raisons est le désir de donner, sous un format de poche et à un prix très modique, un aperçu des Poèmes de Walt Whitman au public nombreux et précieux pour lequel les sept cents pages compactes de la version complète desFeuilles d’herbe(toute son œuvre poétique, c’est-à-dire la matière d’une dizaine de moyens volumes de vers) constituent un obstacle que ce public n’ose franchir sans savoir si l’effort en vaut la peine.

Toutefois, si cette publication nous paraît justifiéeen principe, il est certain qu’elle ne le sera pleinement que dans la mesure où on la tiendra surtout pour une sorte d’introduction à la connaissance du livre entier, qui vaut bien davantage que n’importe laquelle, ou la somme même, de ses parties. Celuiqui ignore Walt Whitmantrouvera ici assez de substance pour avoir un avant-goût de sa personnalité et de son art. D’autre part, le lecteur qui ne trouvera en ce choix rien qui lui parle spécialement ne trouvera probablement guère davantage dans le livre complet.

Nous désirons aussi qu’il soit bien entendu que les «morceaux» qui suivent n’ont pas été «choisis», parce que supérieurs au reste, à notre avis. Notre sélection a d’abord été déterminée par des nécessités matérielles: désirant, en effet, ne donnerque des pièces entières, les longs poèmes se trouvaient à peu près exclus d’un aussi mince volume. Et, en choisissant parmi les autres, nous avons peut-être été guidés par une certaine préférence, non pour les plus beaux, mais pour les moins ardus, ceux qui ne déroutent pas le lecteur au premier contact et où il a accès de plain-pied,—comme plus efficacement préparatoires à la diffusion et à la compréhension d’une œuvre dont nombre de lecteurs jusqu’ici ont su admirer les proportions, la nouveauté, l’accent, mais dont trop peu encore ont senti toute la beauté profonde, l’intensité d’émotion et ce que nous serions tenté d’appeler la musique intérieure.

MON LEGS

A vous, qui que vous soyez, (en baignant de mon souffle cettefeuille-ci, pour qu’elle lève—en lapressant unmoment de mes mains vivantes;

—Tenez! sentez à mes poignets comme bat mon pouls!comme le sang de mon cœur se gonfle et se contracte!)

Je vous lègue, en tout et pour tout, Moi-même, avecpromesse de ne vous abandonner jamais,

En foi de quoi jesigne mon nom,

Walt Whitman

(Deux Ruisseaux, Edition 1876.)

EN COMMENÇANT MES ÉTUDES

En commençant mes études le premier pas m’a plusi fort,

Le simple fait de la conscience, ces formes, lamotilité,

Le moindre insecte ou animal, les sens, la vue,l’amour,

Le premier pas, dis-je, m’a frappé d’un telrespect et plu si fort,

Que je ne suis guère allé et n’ai guère euenvie d’aller plus loin,

Mais de m’arrêter à musarder tout le temps pourchanter cela en chants extasiés.

EN TOURNÉES A TRAVERS LESÉTATS

En tournées à travers les Etats nous partons,

(Oui, à travers le monde, sous l’impulsion de ceschants,

Voguant d’ici vers toutes les terres, vers toutes lesmers),

Nous qui sommes prêts à apprendre de tous, àenseigner tous et à aimer tous.

Nous avons observé les saisons qui se donnent et quipassent,

Et nous avons dit: Pourquoi un homme ou une femme ne ferait-ilpas autant que les saisons, et ne s’épancherait-il pasaussi bien?

Nous nous arrêtons un moment dans chaque ville et chaquebourg,

Nous traversons le Canada, le Nord-Est, l’amplevallée du Mississipi, et les Etats du Sud,

Nous abordons sur un pied d’égalité chacun desEtats,

Nous faisons l’épreuve de nous-mêmes et nousinvitons les hommes et les femmes à entendre,

Nous nous disons à nous-mêmes: Souviens-toi,n’aie crainte, sois sincère, promulgue le corps etl’âme,

Demeure un moment et poursuis ton chemin, sois copieux, sobre,chaste, magnétique,

Et que ce que tu répands revienne ensuite comme les saisonsreviennent,

Et puisses-tu être autant que les saisons.

J’ENTENDS CHANTER L’AMÉRIQUE

J’entends chanter l’Amérique, j’entendsses diverses chansons,

Celles des ouvriers, chacun chantant la sienne joyeuse et fortecomme elle doit l’être,

Le charpentier qui chante la sienne en mesurant sa planche ou sapoutre,

Le maçon qui chante la sienne en se préparant autravail ou en le quittant,

Le batelier qui chante ce qui est de sa partie dans son bateau,le marinier qui chante sur le pont du vapeur,

Le cordonnier qui chante assis sur son banc, lechapelier quichante debout,

Le chant du bûcheron, celui du garçon de ferme enroute dans le matin, ou au repos de midi ou à la tombéedu jour,

Le délicieux chant de la mère, ou de la jeune femmeà son ouvrage, ou de la jeune fille qui coud ou qui lave,

Chacun chantant ce qui lui est propre à lui ou à elleet à nul autre,

Le jour, ce qui appartient au jour—le soir, un groupe dejeunes gars, robustes, cordiaux,

Qui chantent à pleine voix leurs mélodieuses etmâles chansons.

NE ME FERMEZ PAS VOS PORTES

Neme fermez pas vos portes, orgueilleusesbibliothèques,

Car ce qui manquait sur tous vos rayons chargés, et dont ona pourtant le plus besoin, je l’apporte;

Surgi de la guerre, j’ai fait un livre,

Les mots de mon livre ne sont rien, ce à quoi je veuxenvenir est tout,

Un livre à part, qui est sans lien avec les autres etn’est point perçu par l’intellect,

Mais vous, forces latentes qu’on tait, vous enpénétrerez toutes les pages.

UNE FEMME M’ATTEND

Une femme m’attend, elle contient tout, rien nefaitdéfaut,

Cependant tout ferait défaut si le sexe manquait, ou simanquait pour l’humecter l’homme qu’il faut.

Le sexe contient tout, les corps et les âmes,

Les intentions, les preuves, la pureté, ladélicatesse, les résultats, les promulgations,

Les chants, les ordres, la santé, l’orgueil, lemystère de la maternité, le lait séminal,

Tous les espoirs, les bienfaits et les dons, toutes lespassions, les tendresses, les beautés, tous les plaisirs de laterre,

Tous les gouvernements, les juges, les dieux, lespuissants de laterre,

Tout cela est contenu dans le sexe, en fait partie et lejustifie.

Sans honte l’homme qui me plaît connaît et avouela sensation délicieuse de son sexe,

Sans honte la femme qui me plaît connaît et avoue lesdélices du sien.

Dorénavant je m’écarterai des femmesinsensibles,

J’irai demeurer avec celle qui m’attend, avec cesfemmes qui ont le sang chaud et qui sont capables de mesatisfaire,

Je vois que celles-là me comprennent et ne me repoussentpas,

Je vois qu’elles sont dignes de moi, je serai donc lerobuste époux de ces femmes.

Elles ne sont pas d’un iota inférieures àmoi,

Elles ont le visage tanné par les soleils rutilants et lesvents qui soufflent,

Leur chair a l’antique souplesse et vigueur divine,

Elles savent nager,ramer, monter à cheval, lutter, tirer,courir, frapper, battre en retraite, s’avancer, résisteret se défendre,

Elles sont extrêmes dans l’affirmation de leursdroits—elles sont calmes et claires, en pleine possessiond’elles-mêmes.

Je vous attire contre moi, ô femmes,

Je ne puis vous laisser partir, je voudrais vous faire dubien,

Je suis fait pour vous, et vous êtes faites pour moi, et cen’est pas de nous seuls qu’il s’agit, maisd’autres êtres,

Car, enveloppés en vous, dorment de plus grands héroset deplus grands bardes,

Qui refusent de s’éveiller au contact d’unautre homme que moi.

C’est moi qui viens, femmes, je m’ouvre unpassage,

Je suis sévère, âpre, large, inflexible, mais jevous aime,

Je ne vous fais pas plus de mal qu’il n’estnécessaire pourvous,

Je verse la liqueur d’où sortiront des fils et desfilles à la mesure de ces Etats, je pèse d’unmuscle lent et rude,

Je me noue de toute ma force, je n’écoute aucuneprière,

Je n’ose pas me retirer avant d’avoirdéposé ce qui s’était depuis si longtempsaccumulé en moi.

A travers vous je fais couler les ruisseaux emprisonnés demon être,

J’enferme en vous un millier d’années dufutur,

Je greffe sur vous les greffes de ce qu’il y a de pluscher pour moi et pour l’Amérique,

Les gouttes que je distilleen vos corps feront germer des femmesimpétueuses et athlétiques, des artistes, des musicienset des chantres nouveaux,

Les enfants que je procrée de vous doivent procréerdes enfants à leur tour,

Je prétendrai alors que des hommes et des femmesaccomplissortent de mes épanchements d’amour,

J’attendrai d’eux qu’ilss’entr’aiment avec d’autres, comme moi et vousnous nous entr’aimons maintenant,

Je compterai sur les fruits qui naîtront de leursondées ruisselantes, comme je compte sur les fruits quinaîtront des ondées ruisselantes que je dispense en cemoment,

Je serai dans l’expectative des moissons d’amour quilèveront des naissances, des vies, des morts, desimmortalités qu’aujourd’hui je plante siamoureusement.

SORTIE DE LA FOULE, OCÉAN QUI ROULE

Sortie de la foule, océan qui roule, une goutte s’estdoucement approchée de moi,

Et m’a murmuré:Je t’aime, je mourraibientôt,

J’ai accompli un long voyage uniquement pour tecontempler, te toucher,

Car je ne pourrais pas mourir avant de t’avoir unefoiscontemplé,

Et j’aurais eu peur de te perdre plus tard.

A présent que nous nous sommes rencontrés, que nousnous sommes regardés, nous pouvons être tranquilles,

Retourne en paix à l’océan, mabien-aimée,

Moi aussi je fais partie de cet océan, ma bien-aimée,nous ne sommes pas tellement séparés,

Regarde le grand globe terrestre, la cohésion de tout,comme tout cela est parfait!

Quant à moi et à toi, si la mer irrésistible doitnous séparer,

Et pour une heure nous emporter vers des points contraires, ellenepeut cependant nous tenir à jamais éloignésl’un de l’autre;

Ne sois pas impatiente—un petit moment—sache-le, jesalue l’air, l’océan et la terre,

Chaque jour au coucher du soleil, pour ta chère vie, monaimée.

COMBIEN DE TEMPS FUMES-NOUS TROMPÉS NOUS DEUX

Combien de temps fûmes-nous trompés, nous deux!

Aujourd’hui métamorphosés, nous nousévadons promptement comme la Nature s’évade,

Nous sommes la Nature, longtemps nous avons étéabsents, mais à présent nous revenons,

Nous devenons plantes, troncs, feuillages, racines,écorce,

Nous sommes encastrés dans le sol, nous sommes rochers,

Nous sommes chênes, nous poussons côte àcôte dans les clairières,

Nous broutons, nous sommes deux bêtes sauvages,mêlées aux troupeaux, primesautières àl’égal des autres,

Nous sommes deux poissons nageant de conserve dans la mer,

Nous sommes ce que sont les fleurs de l’acacia, nouslaissons tomber des senteurs par les chemins, de l’aube aucrépuscule,

Nous sommes également l’ordure grossière desbêtes, des plantes, desminéraux,

Nous sommes deux éperviers adonnés aux rapines, nousplanons dans l’air et regardons en bas,

Nous sommes deux soleils resplendissants, c’est nous quinous balançons arrondis et stellaires, nous sommes tels quedeux comètes,

Nous rôdons dans les bois, quadrupèdes armés degriffes, nous bondissons sur notre proie,

Nous sommes deux nuages voyageant là-haut, les matins etles soirs,

Nous sommes des mers qui se mêlent, nous sommes deux de cesvagues joyeuses qui roulent l’une sur l’autre ets’entr’inondent,

Nous sommes neige, pluie, froid, ténèbres, nous sommeschaque produit et chaque influence du globe,

Nous avons fait des tours et des tours, tous les deux, avant denous retrouver de nouveau chez nous,

Nous avons épuisé tout hormis la liberté, touthormis notre propre joie.

JE VOUS AI ENTENDUS, DOUX ET SOLENNELSCHANTS DE L’ORGUE

Je vous ai entendus, doux et solennels chants de l’orgue,dimanche dernier comme je pa [...]