Poisson - François Arago - E-Book

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François Arago

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Beschreibung

"Poisson" de François Arago est une biographie détaillée du célèbre mathématicien et physicien français Siméon Denis Poisson. L'ouvrage explore la vie et les contributions scientifiques de Poisson, un des plus éminents scientifiques du XIXe siècle, connu pour ses travaux en mathématiques, en physique, et en mécanique. Arago commence par retracer les origines modestes de Poisson, né en 1781 dans une famille modeste, et son ascension remarquable dans le monde académique grâce à son talent exceptionnel et à son dévouement à l'étude. Le livre détaille son éducation précoce, ses années à l'École Polytechnique et ses premiers travaux qui l'ont rapidement distingué parmi ses pairs. L'auteur décrit ensuite les principales contributions scientifiques de Poisson, notamment en théorie des probabilités, en électrostatique et en mécanique céleste. Ses travaux sur la loi de Poisson et sur les distributions de probabilités sont expliqués avec clarté, mettant en évidence leur importance et leur impact durable sur le domaine des mathématiques. Arago consacre également des sections aux travaux de Poisson sur l'électricité et le magnétisme, illustrant comment ses théories ont influencé les recherches futures. Arago ne se contente pas de relater les accomplissements scientifiques de Poisson; il explore aussi son rôle en tant qu'enseignant et membre influent de diverses institutions académiques. Poisson est présenté comme un mentor respecté et un membre actif de la communauté scientifique, dont l'influence s'étend bien au-delà de ses propres recherches. Le livre se distingue par son approche rigoureuse et son souci du détail, offrant une perspective complète sur la vie et l'oeuvre de Poisson. Arago utilise des sources variées, y compris des lettres personnelles et des documents d'archives, pour peindre un portrait vivant et fidèle de ce grand scientifique.

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Seitenzahl: 137

Veröffentlichungsjahr: 2024

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POISSON

Naissance de Poisson. — Sa jeunesse. — Son admission à l’École polytecnique. — Sa brillante carrière. — Nombreux emplois qu’il a remplis. — Son élection à l’Académie des sciences. — Division de ses travaux

Mémoire sur l’élimination

Des solutions particulières des équations différentielles

Calcul des variations

Courbure des surfaces

Calcul des probabilités

Travaux de Poisson sur la physique générale et la physique terrestre

Électricité

Magnétisme

Capillarité

Lois de l’équilibre des surfaces élastiques

Propagation du mouvement dans les fluides élastiques

Théorie de la chaleur

Invariabilité du jour sidéral

Libration

Mouvement de la lune autour de la terre

Invariabilité des grands axes

Réflexions sur le nombre des travaux de Poisson

Caractère de Poisson

Mort de Poisson

Poisson considéré comme homme public

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, rédigé par lui-m’ême

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PPENDICE

. — Discours prononcé aux funérailles de Poisson

POISSON

BIOGRAPHIE LUE PAR EXTRAITS EN SÉANCE PUBLIQUE DE L’ACADÉMIE DES SCIENCES, LE 16 DÉCEMBRE 1850.

NAISSANCE DE POISSON. — SA JEUNESSE. — SON ADMISSION À L’ÉCOLE POLYTECHNIQUE. — SA BRILLANTE CARRIÈRE. — NOMBREUX EMPLOIS QU’IL A REMPLIS. — SON ÉLECTION À L’ACADÉMIE DES SCIENCES. — DIVISION DE SES TRAVAUX.

Siméon-Denis Poisson naquit à Pithiviers, département du Loiret, le 21 juin 1781, de Siméon Poisson et de mademoiselle Franchetère, sa femme. Le père, après avoir pris part comme simple soldat aux guerres du Hanovre, fit l’acquisition d’une petite place administrative ; il remplissait, dans la capitale du Gâtinais, des fonctions analogues à celles qui aujourd’hui sont dévolues aux juges de paix. Les aînés de Siméon-Denis étaient morts en bas âge. En 1781, les éloquentes prescriptions de Jean-Jacques Rousseau sur l’allaitement des enfants, si bien accueillies dans les villes, avaient à peine pénétré dans les campagnes. La mère de Poisson était d’ailleurs d’une santé trèsdélicate ; son jeune enfant fut donc confié à une nourrice habitant une maison isolée à quelque distance de Pithiviers. M. Poisson alla un jour visiter son fils ; la nourrice était aux champs ; impatient, il pénétra de force dans l’habitation, et vit, avec un douloureux étonnement, ce fils, objet de toutes ses espérances, suspendu par une petite corde à un clou fixé dans le mur. C’est ainsi que la campagnarde s’assurait que son nourrisson ne périrait pas sous la dent des animaux carnassiers et immondes qui circulaient dans la maison. Poisson, de qui je tiens cette anecdote, ne l’envisageait que par son côté plaisant : « Un effort gymnastique me portait incessamment, disait-il, de part et d’autre de la verticale ; c’est ainsi que, dès ma plus tendre enfance, je préludais aux travaux sur le pendule qui devaient tant m’occuper dans mon âge mûr. » Prenons la chose du côté sérieux, et félicitons nous que, par la création dans le plus humble village d’une crèche et d’une salle d’asile, la vie d’un enfant destiné à honorer son pays ne doive plus dépendre de la solidité d’un clou et de la ténacité de quelques brins de chanvre.

Poisson reçut les premiers éléments de lecture et d’écriture à Pithiviers même, sous la direction immédiate de son père ; sa famille se réunit un jour pour choisir la carrière qu’on lui ferait embrasser ; on pensa d’abord au notariat, mais on y renonça tout d’une voix, à cause de la contention d’esprit qu’il exigeait ; ainsi, par un jugement qui paraîtra aujourd’hui bien étrange, il fut décidé que l’homme qui devait pénétrer dans les régions les plus abstruses des mathématiques n’aurait pas une intelligence assez forte pour combiner les clauses d’un contrat. La chirurgie obtint la préférence sur le notariat, et Poisson alla s’installer auprès d’un oncle, M. Lenfant, qui exerçait cet art à Fontainebleau. Poisson racontait, avec une gaieté communicative, les essais infructueux qu’il fit dans cette nouvelle carrière. Pour l’exercer à la saignée, son oncle lui mettait dans les mains une lancette à l’aide de laquelle il lui demandait de piquer les nervures d’un feuille de chou. « Je ne réussissais jamais, disait Poisson, tant ma main était peu assurée, à toucher ces maudites nervures, tout apparentes qu’elles étaient, lorsque je les visais. J’étais plus heureux quelquefois lorsque je visais à côté. Mes insuccès ne décourageaient cependant pas mon bon oncle, qui m’aimait beaucoup et voulait me conserver auprès de lui. Une fois, il m’envoya avec un de mes camarades, M. Vanneau, actuellement établi aux colonies, poser un vésicatoire sur le bras d’un enfant ; le lendemain, quand je me présentai pour lever l’appareil, je trouvai l’enfant mort ; cet événement, fort commun, dit-on, fit sur moi l’impression la plus profonde, et je déclarai sur l’heure que je ne serais jamais ni médecin ni chirurgien. Rien ne put ébranler ma résolution, et l’on me renvoya à Pithiviers. »

Le père de Poisson, comme président du district, recevait régulièrement un exemplaire du Journal de l’École polytechnique. Son fils, grand amateur de lecture, trouva çà et là l’énoncé de diverses questions qu’il parvint à résoudre, quoique entièrement dépourvu alors de guide et de méthode. Cet exercice avait commencé à développer des talents mathématiques que la nature avait déposés en germe dans la vaste tête de celui qui devait devenir un jour une des illustrations de cette académie. Dans un de ses voyages à Fontainebleau, son camarade Vanneau lui parla de quelques problèmes qu’il avait entendu proposer à l’École centrale, de celui-ci, par exemple :

Quelqu’un a un vase de douze pintes plein de vin ; on veut faire un cadeau de six pintes ou de la moitié, mais on n’a pour mesurer ces six pintes que deux vases, l’un de huit, l’autre de cinq pintes. Comment doit-on s’y prendre pour mettre six pintes de vin dans le vase de huit pintes ?

Poisson résolut à l’instant cette question et d’autres dont on lui donna l’énoncé. Il venait de trouver sa véritable vocation.

Parmi les membres du corps enseignant à l’École centrale de Fontainebleau, il en était un que nous avons tous connu, M. Billy, qui se distinguait par les plus rares qualités. Doux, patient, bienveillant, il devenait bientôt l’ami des jeunes gens qui lui étaient confiés ; il jouissait de leurs succès avec une vivacité toute paternelle. Tel était l’excellent homme qui fut chargé de diriger les premiers pas de Poisson dans la carrière des sciences. M. Billy, qui n’avait embrassé jusqu’alors dans ses méditations que les mathématiques élémentaires et des sujets purement littéraires, ne tarda pas à reconnaître qu’il venait de trouver son maître, et il ne s’en montra pas jaloux, tout au contraire. Cette supériorité de l’élève sur le professeur en titre eut de très-heureuses conséquences. M. Billy se livra aux études mathématiques les plus sérieuses, afin de pouvoir rendre une justice éclairée aux inventions qui lui étaient confiées par son élève, et dont il désirait devenir le promoteur. Vous savez maintenant l’origine de cette amitié que MM. Poisson et Billy avaient l’un pour l’autre, et qui ne s’est jamais démentie ; cet attachement prit, dans les dernières années de la vie de l’ancien professeur, le caractère d’une véritable passion. Chacun de vous avait sans doute remarqué aux époques les plus brillantes de la carrière scientifique de Poisson, un homme de petite taille, à la chevelure noire, au teint basané, qui venait quelquefois de très-bonne heure dans la salle de nos séances pour retenir une place favorable sur les banquettes destinées au public ; les habitués ne manquaient jamais de dire sur ce seul indice : « Nous aurons aujourd’hui la bonne fortune d’une communication de Poisson. » Dès que le savant géomètre prenait la parole, l’ancien professeur de Fontainebleau, car c’était lui, écoutait dans le plus profond recueillement, les mains croisées sur les genoux, le corps penché en avant et les yeux fermés. La lecture terminée, M. Billy redressait la tête, son regard jetait des éclairs, et il allait se mêler à tous les groupes, où il recueillait avec bonheur les paroles louangeuses que le Mémoire avait excitées. Quelques années auparavant, M. Billy s’était écrié à Fontainebleau :

Petit Poisson deviendra grand

Pourvu que Dieu lui prète vie.

« Voyez, semblait-il dire, si ma prédiction s’est réalisée ! » Les personnes qui connaissaient M. Billy ne me blâmeront certainement pas de lui avoir consacré un souvenir ; celles qui ne le connaissaient pas trouveront peutêtre cette digression hors de place ; je répondrai par une réflexion très-courte : la majorité des élèves de nos lycées et de nos grandes écoles ne montre pas aujourd’hui plus de considération pour ceux qui les ont guidés dans la carrière de l’intelligence que pour le fabricant qui a fourni à prix d’argent l’étoffe dont ils se couvrent ou pour l’artiste qui l’a façonnée ; nos salons, nos académies, nos assemblées politiques, retentissent journellement de discussions dans lesquelles les disciples traitent leurs vieux maîtres, sans égard, sans politesse, et même, car cela s’est vu, la menace à la bouche. C’est en méditant sur ces résultats affligeants, indices certains de l’abaissement, de la dégradation des moeurs publiques, que m’est venue la pensée de rappeler à vos souvenirs l’attachement exceptionnel dont le professeur et l’élève de Fontainebleau ont offert l’exemple touchant. Louer les bonnes actions et flétrir les mauvaises est un devoir sacré pour tous ceux que leurs fonctions appellent à l’honneur de parler en public.

C’est en se jouant que Poisson se rendit maître des matières indiquées dans le programme d’admission à l’École polytechnique ; il eût pu se présenter à seize ans ; sa constitution très-frêle et son état de santé firent retarder d’un an l’épreuve généralement si redoutée. On raconte que l’examinateur, M. Labbé, n’adressa à Poisson qu’une seule question ; l’élève de M. Billy, par des digressions habilement ménagées, parcourut hardiment toutes les parties de la science, et laissa les auditeurs et l’examinateur dans l’admiration.

Poisson, âgé de dix-sept ans, fut reçu le premier de sa promotion à la fin de 1798. On a dit qu’il vint à Paris en sabots ; le fait est inexact. L’insuffisance de fortune ne força jamais le père de Poisson à adopter pour lui ou pour sa famille la chaussure des paysans du Gâtinais. Voici la vérité : à l’époque en question, les modes ne se répandaient pas de la capitale à la province avec la rapidité de la pensée. Le premier élève de la promotion de 1798 se présenta à ses camarades coiffé d’un énorme chapeau à cornes très-mal retapé, dont notre confrère prétendait, dans un premier mouvement, qu’on ne trouverait plus aujourd’hui de modèle. « Je me trompe, disait Poisson en se reprenant, je vois tous les jours, non sans émotion, car les souvenirs de jeunesse me remuent profondément, mon chapeau phénoménal sur la tête de ces marchands ambulants qui parcourent à pas comptés les rues étroites de nos faubourgs, et font retentir l’air du nom des légumes à bon marché dont leur brouette est chargée. »

L’École polytechnique était alors exclusivement gouvernée par le conseil des professeurs ; ceux-ci ne tardèrent pas à s’apercevoir que le chef de la promotion de 1798 maniait le tire-ligne avec une grande maladresse ; ils le dispensèrent donc de tout travail graphique, présumant bien qu’il n’entrerait pas dans un service public, et que sa véritable carrière serait celle des sciences. Cette décision intelligente, qui, pour le dire en passant, n’a pas été imitée depuis que l’École est gouvernée en partie par de grosses épaulettes, permit à Poisson de se livrer sans distraction à ses recherches favorites. Poisson eut à Fontainebleau d’éclatants succès dans ses études littéraires aussi bien qu’en mathématiques. Il avait une véritable passion pour le théâtre ; ce délassement était dispendieux ; il se le procurait cependant, en se privant de dîner, le quintidi et le décadi. C’était l’art de bien dire qui conduisait Poisson au Théâtre- Français, car il savait par coeur Molière, Corneille, et surtout les tragédies de Racine.

J’avais pensé un moment devoir, à cette occasion, réfuter une imputation profondément blessante pour tous les membres de cette Académie, qu’un poëte illustre a laissé tout récemment échapper de sa plume. J’avais même déjà réuni les noms empruntés à l’antiquité grecque et latine, à l’Italie de la renaissance, à la Suisse, à l’Allemagne, à l’Angleterre, à la France, et qui eussent prouvé que les études scientifiques, loin d’émousser le sentiment et d’énerver l’imagination, les développent au contraire, et les fortifient. Mais j’ai bientôt renoncé à commencer cette croisade sans objet sérieux. Que dit, en effet, le poëte ? Il dit « qu’il est impossible de faire comprendre à un savant que la poésie n’est pas la rime. Il faut vraiment plaindre l’auteur de n’avoir trouvé sur sa route que des savants à qui il a fallu essayer de prouver que ses suaves mélodies n’étaient pas des bouts rimés. Je croirai, au reste, ne faire aucun tort à la généralité des savants qu’on traite avec tant de dédain, en avouant qu’ils prennent pour règle de leur poétique cette maxime d’un grand maître :

Rien n’est beau que le vrai.

Or, j’avoue ingénument que les savants ne croient pas que les formes plus ou moins heureuses du langage aient le déplorable privilége de transformer l’erreur en vérité. Le plus beau style, suivant eux, ne peut pas faire que la lumière des feux allumés par les pêcheurs napolitains, la nuit, près de leurs barques, se voie d’autant mieux qu’on la regarde de plus loin. Ils admirent la description poétique des courses d’un jeune amoureux, sans se croire obligés d’admettre que le lever de la lune précède toujours le lever du soleil du même nombre d’heures. Appuyés sur les décisions de la science, ils refusent de croire, malgré le charme de trèsbeaux vers, que les ossements fossiles qui meublent tous nos musées, soient des restes de squelettes humains. Enfin, lorsque le poëte, voulant dépeindre le retentissement de ses pas dans une galerie, s’écrie : « C’était sonore comme le vide ! » le lecteur fùt-il très-peu savant, oublie les grâces du discours, pour se rappeler que le bourdon de Notre-Dame lui-même, mis en branle dans une chambre privée d’air, ne produirait pas plus de bruit que n’en font les astres en parcourant leurs orbites dans les profondeurs du firmament. Mais j’ai trop insisté peut-être sur ces aberrations regrettables d’un écrivain de génie, et je reprends mon récit. Poisson, qui s’était placé à la tête des candidats reçus à l’École en 1798, devenu élève, conserva son rang. Lagrange faisait alors un cours sur les fonctions analytiques, et il ne se passait presque pas de séance où il n’apprît soit par une note communiquée, soit par les réponses faites au tableau, qu’il y avait dans son auditoire un jeune homme qui trouvait le secret de jeter sur ses démonstrations une élégance et une clarté inattendues. Lagrange s’empressait de rendre une justice éclatante à ces tentatives ; et bientôt le bruit se répandit dans la capitale que l’École renfermait un jeune géomètre destiné à continuer ceux qui alors illustraient la France. Dans ce temps-là, l’apparition d’un talent hors ligne ne semblait à personne un événement ordinaire ; chacun s’empressait de l’attirer à lui, de l’entourer de sa protection, de l’encourager par des offres sincères de service. C’est ainsi que Poisson devint l’ami de Ducis le poëte, de Gérard le peintre, et de Talma le tragédien. Il fréquentait leurs salons et s’y faisait remarquer par ses manières enfantines, par sa gaieté, et par les grâces de son esprit. Poisson était aussi très-assidu aux réunions plus austères qui avaient lieu chez Destutt de Tracy, chez Cabanis et chez Lafayette.

L’avenir de Poisson était désormais assuré ; il devait en peu de temps occuper les emplois les plus honorables et les plus brillants. L’École polytechnique lui confia successivement les fonctions de répétiteur au commencement de 1800, celles de professeur suppléant en 1802, et enfin les fonctions de professeur titulaire en 1806, à la place de Fourier, qui, depuis son retour d’Égypte, était préfet du département de l’Isère. Le 24 août 1808, Poisson fut élu à une place d’astronome au Bureau des longitudes, laissée depuis longtemps vacante.

À la formation de la Faculté des sciences, en 1809, il fut chargé d’y professer la mécanique rationnelle.

Il devint examinateur de l’arme de l’artillerie, en remplacement de M. Legendre, démissionnaire, le 18 février 1812, et le 23 mars suivant, il fut nommé membre de l’Institut.

En 1815, le ministre de la guerre eut l’heureuse pensée de charger Poisson du soin d’examiner et de classer les élèves de l’École militaire de Saint-Cyr.

Lorsque, en 1816, Lacroix renonça aux fonctions d’examinateur de sortie de l’École polytechnique, Poisson fut appelé à le remplacer ; il a exercé ces fonctions jusqu’à sa mort.

Le 26 juillet 1820, notre confrère devint conseiller de l’Université.