Prisonnière - Lola N'Guyen - E-Book

Prisonnière E-Book

Lola N'Guyen

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Beschreibung

Je suis Lola N'Guyen, ce livre est mon autobiographie. De mon placement chez ma famille d'accueil, à l'âge de treize mois, à ma vie de femme et de mère, je fais ici le récit de ma vie chaotique et douloureuse. Je parle simplement et sans détour des humiliations dont j'ai été victime, de mon viol, de certains traumatismes qui ont eu de lourdes conséquences sur mon existence et sur mes trois filles. Je confie ma culpabilité et mes remords. Je viens ici sans masque, je me dévoile. J'exorcise mes vieux démons. J'espère qu'au delà de mes erreurs, vous finirez par m'aimer un peu...

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Seitenzahl: 132

Veröffentlichungsjahr: 2016

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Sommaire

– Chapitre 1 : Une blessure profonde

– Chapitre 2 : Premiers amours

– Chapitre 3 : Elisabeth et Lucien

– Chapitre 4 : Quand soudain tout bascule

– Chapitre 5 : Le viol

– Chapitre 6 : La déchirure

– Chapitre 7 : Mes vieux démons

– Chapitre 8 : La rencontre de trop

– Chapitre 9 : L'adultère

– Chapitre 10 : Le chaos

– Chapitre 11 : Quand le diable entre dans ma vie

– Chapitre 12 : Totale destruction

– Chapitre 13 : Errance

– Chapitre 14 : Retour en enfer

– Chapitre 15 : La renaissance

– Chapitre 16 : Papa est mort

– Chapitre 17 : La rechute

– Chapitre 18 : Le déclic

– Chapitre 19 : Ma nouvelle vie

– Chapitre 20 : Les retrouvailles

– Chapitre 21 : Lorsqu'il est parti

– Chapitre 22 : Happy end

CHAPITRE 1 : Une blessure très profonde

La vie ne vaut rien, mais rien ne vaut la vie...c'est une de mes phrases préférées !

Il est parfois très dur de s'accrocher, devant le vide immense que l'on peut ressentir en soi, mais rien n'est plus merveilleux que de se sentir vivant ! Ce récit, je le fait sans artifice, je me dévoile à vous sans maquillage. Certaines pages vont vous sembler dures, j emploie les mots qui me semblent justes. Je ne cherche pas à empirer les choses, ni à les enjoliver. Ce livre, c'est moi Peut-être que certains d'entre vous vont m'aimer, d'autres, me détester....Cette publication est avant tout l'exorcisme de mes vieux démons, un besoin. Je décide de jeter mon fardeau sur ces pages blanches, je souhaite me sentir plus légère. Cette envie, je l'ai depuis longtemps. Aujourd'hui, j'ose enfin....

Moi, Lola , née le 8 novembre 1968, à Albi, préfecture du Tarn, de parents trop jeunes pour veiller correctement sur moi.

Ce 4 décembre 1969, me voilà moi, assise sur cette table de cuisine, emmitouflée dans mon petit blouson vert, entourée d'une assistante sociale et de ceux qui vont devenir mes parents de cœur. Je me demande sans doute ce que je fais là. Je dois être assez désorientée.

Marie et Pierre, ont l'âge d'être mes grand-parents, mais cette petite fille que je suis alors, n'a sans doute qu'un seul besoin à ce moment précis, des bras réconfortants ! Ils sont bruns tous les deux. Il a des traits doux et sévères à la fois. Elle a l'air aimante et chaleureuse, mais très directe.

Mon père et ma mère biologiques, sont presque deux adolescents lorsque je viens au monde, elle a dix sept ans et lui dix neuf ! Elle croit sans doute encore au prince charmant. Pas de conte de fée en perspective.....

Elle mettra au monde trois petites filles dont elle n'aura la garde que très peu de temps. Pas d'argent, abrités dans des logements de fortune insalubres, les services sociaux ne tardent pas intervenir.

Je ne me souviens pas de ce que l'on peut ressentir lorsqu'on est séparée de sa mère, mais ce sentiment d'abandon persiste tout au long de sa vie, donnant naissance à une peur constante de perdre les gens que l'on aime et entraînant diverses pathologies psychosomatiques, dont je parlerai plus tard, en bref, ça pourri toute une existence ! L'inconscient possède des fichiers, des images que l'on ne peut pas effacer. Il faut juste apprendre à vivre avec son passé. Il faut souvent lutter pour le laisser derrière. Parfois cela s'avère ardu, parfois même impossible. Le cerveau humain est la chose la plus complexe que je connaisse.

Je me raccroche alors à ma maman de cœur Marie, comme une naufragée s'accroche à une branche, avec toute la force du désespoir ! Je suis une enfant, timide, renfermée, qui vit très mal tout éloignement avec elle. Je vis ma scolarité comme une torture ! Je ne sais pas si les autres enfants me sentent faible, mais je suis sujette à des moqueries et je deviens vite le souffre douleur préféré de deux de mes camarades de classe, Sophie et Jean-Michel.

Sophie me plaque contre les murs de l'école maternelle, elle est grande et plutôt forte alors que je suis petite et chétive. Jean-Michel l'accompagne mais lui, se moque de mon physique.

Le pire c'est que ce petit « abruti » m'a suivi presque tout au long de ma scolarité, entraînant les autres garçons à se moquer de moi. Je suis châtain, ma peau est mate. Mes joues sont rondes malgré ma maigreur. J'ai sur le visage, ce petit air timide et réservé qui me suivra longtemps.....Marie me coupe les cheveux elle-même, ce qui donne parfois un résultat un peu improbable.....le style « Jeanne d'Arc ».

Je me trouve laide, bien évidemment et cela renforce encore plus ma timidité ! Je crois que le pire c'est ma sixième ! Mes parents biologiques ont des origines diverses : ma mère à des racines franco-caucasiennes et mon père franco-vietnamiennes. Ce qui me donne un physique un peu atypique. Il faut se dire qu'à cette époque là le racisme, c'est quelque-chose !

Lorsque je rentre dans la classe, les garçons se mettent à ricaner et certains disent : - tiens !voilà Babouin ! Je ne peux expliquer ce que je ressens à ce moment là, ni quelle est ma souffrance, tout ce que je sais c'est que j'aimerai disparaître !

Il n'y a qu'à la maison où je me sens bien, avec ma famille d' accueil, avec Pierre et Marie. Nous habitons dans une impasse, 4 rue du Stade à Carmaux. C'est un quartier paisible, je ne suis heureuse que dans cet endroit, je m'y sens acceptée telle que je suis, ici personne ne m 'appelle Babouin et je mène une existence paisible et normale.

Mes parents de cœur ont trois filles biologiques, Jeanne, Marie-Paule et Elise . Elles sont bien plus âgées que moi et sont déjà mariées, mais j'ai vécu avec deux d'entre elles durant quelques années, avant leur mariage. La plus vieille étant déjà mariée à mon arrivée en 1969, je l'appelle curieusement tati.

Ma vie va s'écouler jusqu'à mon adolescence, dans cet étrange paradoxe. Le paradis chez moi, l'enfer au collège. Je me souviens encore de mes nausées avant de partir à l'école ! Elles ne me quittaient pas de toute la matinée. Je ne sais pas combien de fois j' ai dû réprimer un haut de cœur après le petit déjeuner, ni combien de fois j'ai failli demander à mon professeur de sortir pour aller vomir. Je souffre de phobie scolaire.

Je suis toutefois une bonne élève, une des meilleures de ma classe. Personne ne me pousse à étudier, je rentre et la première chose que je fais, je me mets à mes devoirs, je suis très studieuse. Je suis souvent dans les trois premiers de la classe.

Il m »arrive quand même de m'amuser, j'adore rejoindre mes petites voisines. Christel, Karine, Christine, Céline, Marie-France et plus tard Marie-Dominique dites Mado. Nous construisons des cabanes, jouons aux « trois drôles de dames » et surtout, j'essaie de préparer des spectacles dés que je le peux, car j'adore le théâtre et les comédiens ! Je suis capable d étudier des pièces de Molière presque entières à l'âge de neuf ou dix ans. Mais mes amies ne partagent pas ma passion et mes « créations » tombent souvent à l'eau.

Paradoxalement, si au collège je suis le souffre-douleur, dans mon quartier à cette époque, je suis plutôt la meneuse, le chef de troupe et je perçois parfois avec bonheur une sorte d'admiration de la part de mes amies, elles se disputent parfois pour être celle qui sera la plus proche de moi.

Je suis élevée comme une enfant unique, mes sœurs biologiques et moi, vivons dans trois familles d'accueil différentes, chose assez stupide, je l'avoue ! Je crois que je n'ai eu de cesse dans ma vie, de reconstruire cette famille disloquée ! Marie et Pierre sont agrées à La.Dass, ils accueillent parfois des handicapés ou des enfants en difficultés dont je suis très jalouse . Par la force des choses, je suis très possessive.

CHAPITRE 2 : Premiers amours

Nous avons tous un premier amour, celui qui nous à marqué, qui doit souvent être le plus beau et celui qui souvent, conditionne nos futures relations et pour ma part je ne peux que dire : hélas !

J'ai neuf ans, par ce bel après-midi, je suis seule dans mon impasse, pour je ne sais quelle raison, mes copines ne sont pas là, je ne me souviens plus pourquoi. En face de chez moi, il y a un stade de foot, dont nous sommes séparés par un grand mur de briques rouges.

Il y a des poteaux électriques qui font offices d'échelles et je monte souvent m'asseoir sur ce mur, c'est une sorte de terrain de jeux aussi, nous jouons aux funambules en marchant en équilibre dessus. Je me sens seule, je n'aime pas ça. Je déteste m'ennuyer, je suis du genre active, un peu garçon manqué. J'adore monter aux arbres et faire du vélo, j'ai un corps plutôt fin et athlétique. Je suis assise en haut de ce mur, à deux mètres du sol environ, je jette parfois un coup d’œil au bout de l'impasse au cas ou mes copines arrivent.

je vois apparaître une frêle silhouette, un garçon que je ne connais absolument pas. Je suis curieuse mais pas très à l 'aise, je n'ai pas de très bons rapports avec les garçons, comme j'ai pu le décrire . Il s'approche de plus en plus vers moi, je suis perplexe : que dois je faire ? Que veut-il ?

Va t'-il lui aussi me dire que je suis moche ? M'appeler Babouin ? Je ne suis pas très rassurée ! Pourtant, contre toute attente, il grimpe au poteau électrique lui aussi, s'assoie en face de moi et me demande mon prénom :

- tu t'appelles comment ?

- Lola et toi ?

- Je m'appelle Raphaël

Je pense que nous avons échangé d'autres paroles, mais honnêtement, la seule chose dont je me souviens, c'est de mon cœur qui bat la chamade et de ses immenses yeux bleus . Je viens de vivre le premier coup de foudre de ma vie. Depuis mon enfance j'ai un amoureux secret à l'école, je le connais depuis la maternelle, il est châtain, les yeux verts, mais je n'ai jamais osé lui avouer ma flamme, il s'appelle Laurent et c'est un des rares garçons qui est correct avec moi . Mais je crois que je viens de laisser Laurent de côté a cet instant même !

Les jours qui suivent, je ne pense qu'à Raphaël, ses grands yeux bleus, son tout petit nez, un gavroche ! Il a des faux airs de Mikael J,Fox, l'acteur de retour vers le futur. J'apprends qu'il est le cousin de mes voisines, Christine et Céline.

Trois années sont passées depuis mon coup de foudre.

Je rentre au collège, plus trop de nouvelles de Raphaël, mais une nouvelle amie, Mireille, elle est dans ma classe, nous nous entendons très bien, comme je l'ai déjà dit, l'ambiance dans la classe, n'est pas au beau fixe pour moi. Humiliations et moqueries en tout genre. Ce mot : babouin résonnera longtemps dans ma mémoire, comme une chose honteuse que je n'ai jamais avoué avant aujourd'hui, à mes proches. Quelque-chose qui blesse au plus profond de l'âme. Je me considère déjà différente des autres, je ne porte pas le nom des gens qui m'élèvent, je ne sais même pas quelle tête peut avoir mon père biologique, je viens d'apprendre qu'il est en prison la majorité du temps. Je connais ma mère qui a refait une brève apparition dans ma vie lorsque j'avais sept ans, mais j'y reviendrai un peu plus tard....

Je suis mal dans ma peau, je ne m'aime pas, à la maison, ma famille d'accueil, croyant peut-être bien faire, n'arrête pas de critiquer ma vraie mère, en répétant à tue-tête qu'elle m'a abandonné, qu'elle ne m'aime pas, que ce n'est pas une mère, dont je me suis mise à la rejeter, croyant ce que j'entendais et pensant aussi trahir ces gens qui s'occupaient de moi a la place de cette mère cruellement absente.

Mais dans mes déboires, je crois que les amitiés profondes que j'ai eu la chance d'avoir m'ont aidé à survivre.

Quelques jours après, nous jouons au volley-ball dans la cour du collège entre filles ; nous pratiquons le sport séparément des garçons, mais nous apprenons que Laurent est tombé et c'est fait une vilaine blessure. Puis les jours passent, les mois, il ne revient plus en cours. Personne ne nous dit rien, je me pose toutefois des questions, sans oser les poser aux professeurs. Un beau matin, Laurent revient, amputé d'une jambe. J'ai eu profondément mal au cœur pour ce garçon, si gentil, si doux, si doué pour le sport ! Il a tout juste douze ans, quelle tristesse ! Une petite égratignure et sa vie bascule, il a développé une grave septicémie, ce que l'on appelle plus simplement une gangrène.

Puis à nouveau, il ne vient plus en cours. Le sous- directeur du collège vient un jour nous demander si nous voulions lui rendre visite chez lui, mais je n'ai pas bien saisi l'erreur que je fais en refusant de m'y rendre, je ne perçois pas la gravité de son état et pour être honnête, je ne souhaite pas me retrouver avec tous ces idiots qui m'humilient à tout va et me traitent de singe !

Je me souviens de cet instant . Ce moment cruel où un professeur nous annonce son décès. Je ne réalise pas de suite, mais soudain je me rappelle que je le connais depuis toujours, qu'il a été mon premier coup de cœur et que je ne lui ai pas dit adieu. Ce jour là, j'arrive à la maison et je cours m'enfermer dans ma chambre ou je pleure et me retiens de ne pas crier. J'ai douze ans, c'est le premier vrai chagrin de mon existence.

Quelques temps après, Christine et Céline arrivent ravies chez moi et m'annoncent que leur cousin Raphaël et sa famille viennent habiter dans le quartier, je suis heureuse ! Cela me remet du baume au cœur. Je ne sais pas encore à quel point cette arrivée va bouleverser ma vie !

CHAPITRE 3 Elisabeth et Lucien

Ce jour là, une assistante sociale vient à la maison et me demande sans trop de ménagement.

si je veux voir ma mère biologique Elisabeth. J'ai sept ans, je ne suis qu'une petite fille en manque de reconnaissance , je suis curieuse comme tous les enfants, donc je suis d'accord pour la rencontrer. Il faut dire que mes parents biologiques ont soudainement arrêté de me rendre visite alors que je devais avoir deux ans et que je n'ai absolument aucun souvenir d'eux donc je suis tout de même surprise par cette nouvelle

Le jour J arrive enfin, je suis impatiente ! Voilà, elle sonne, elle est là devant moi, comme elle est belle ! Très brune, mince, perchée sur de hauts talons, très féminine, je suis impressionnée ! Je me demande comment une aussi belle créature à pu mettre au monde une fille aussi laide que moi !

Elle me propose de m'amener avec elle pour la journée, nous allons chercher mes deux sœurs, Mylène et Stéphanie et nous nous rendons à Albi, au Parc Rochegude. Ensuite nous déjeunons chez une de mes tantes.

Ma mère me semble gentille et attentionnée, mais le mot maman ne sort pas de ma bouche. Je me sens déloyale envers Marie.

Je ne sais plus ce qu'il c'est passé après, je ne me rappelle pas l'avoir revu avant mes douze ou treize ans. La chose dont je me souviens le plus, c'est cette frustration que je ressentais, lorsque j'annonçais à tous mes amis qu'elle passerait me chercher au collège et qu'elle ne venait pas.