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Je n'ai plu personne dans la vie à part mes trois meilleurs amis. Alors, je ne vis que pour mon travail, ce qui fait que je suis la meilleur dans mon domaine. Ma déontologie est parfois limite mais la fin ne justifie-t-elle pas les moyens ? Plus rien ne me retient aux Etats-Unis. J'ai merdé et à cause de ça, j'ai perdu ma femme. La France est donc une opportunité comme une autre. M'installer comme privé est ce qu'il y a de mieux pour moi. Ma méthode de travail et ma rigueur sont exemplaires. Aussi différents que possible, Mary et Jaxson vont devoir collaborer sur une affaire d'adultère. Comment leurs approches si éloignées l'une de l'autre vont-elles pouvoir cohabiter ? Mais surtout, comment vont-ils pouvoir gérer l'attirance entre eux ?
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Seitenzahl: 303
Veröffentlichungsjahr: 2021
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Losing Control (uniquement en numérique),
EDITIONS ADDICTIVES, AVRIL 2019
Boss Rules (numérique et papier),
EDITIONS ADDICTIVES, FEVRIER 2020
The silence of secrets (numérique et papier),
ELSIE ÉDITIONS, MARS 2021
Ce livre est une fiction. Toute référence à des évènements historiques, des comportements de personnes ou des lieux réels est utilisée de manière fictive pour cadrer au déroulement de l’histoire. Les autres noms, personnages, lieux ou évènements sont issus de l’imagination de l’auteure. Toute ressemblance avec le réel est fortuite.
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ATTENTION, CERTAINS PASSAGES CONTIENNENT DES SCENES DE SEXE EXPLICITES ET PEUVENT HEURTER LA SENSIBILITE DES PERSONNES NON AVERTIES
Si le plus grand plaisir des hommes est de se payer les corps des femmes, le plus grand plaisir des femmes est de se payer la tête des hommes. "
Sacha Guitry
Chapitre 1
Chapitre 2
Chapitre 3
Chapitre 4
Chapitre 5
Chapitre 6
Chapitre 7
Chapitre 8
Chapitre 9
Chapitre 10
Chapitre 11
Chapitre 12
Chapitre 13
Chapitre 14
Chapitre 15
Chapitre 16
Chapitre 17
Chapitre 18
Chapitre 19
Chapitre 20
Chapitre 21
Chapitre 22
Chapitre 23
Chapitre 24
Chapitre 25
Chapitre 26
Quand j’arrive devant ce lycée professionnel de banlieue, je ne sais pas à quoi m’attendre. Cela fait maintenant deux jours que la maman de Cloé, une adolescente de seize ans, m’a contactée afin que j’enquête sur ce qui semble être une fugue. Pas convaincue par l’intérêt des forces de l’ordre quant à la recherche de sa fille, elle a préféré faire appel à un privé, moi !
Il ne m’a pas fallu longtemps pour craquer les réseaux sociaux de Cloé et m’apercevoir que cette jeune fille cachait bien des choses à ses parents. Deux profils. Deux discours. Elle a notamment une liaison secrète avec son prof de comptabilité. Un trentenaire beau gosse qui officie auprès des jeunes filles crédules. Et oui, j’ai aussi dégommé son profil. Outre le fait que je sois payée pour ça, ce mec est un prédateur. Après avoir longuement étudié le bonhomme, je peux enfin passer à l’action.
J’avoue ! Quelquefois, je ne me prends pas la tête avec certaines procédures et, comme le disait Machiavel, « la fin justifie les moyens ».
J’attends donc tranquillement le jeune professeur facilement reconnaissable grâce aux innombrables photos qu’il parsème sur la toile. Je suis un peu plus vieille que ses cibles habituelles, mais j’ai revêtu le dress code des ados : un jean, des Converses et un t-shirt. Sans maquillage, j’ai opté pour une queue de cheval haute et mes longs cheveux châtain clair dansent au gré des mouvements de ma tête. Malgré mes 28 ans, puisque je suis toute fine, ça peut passer…
Il est plus de dix-huit heures et le flot des étudiants pressés de rentrer chez eux commence à se tarir. J’aperçois enfin ma cible. Coup de chance, il est seul. Je fais mine d’attendre quelqu’un et me hisse sur mes pointes de pied comme pour scruter les retardataires.
Il avance vers le portail et le regard qu’il me jette est de bon augure. Je lui adresse un sourire et l’interpelle :
— Excusez-moi, vous êtes étudiant ?
Flatte-le, Mary ! Il a un ego surdimensionné pour chasser auprès de ses étudiantes. Le genre de mec qui se croit irrésistible. Je sens que je vais l’adorer, celui-là.
— C’est sympa, mais non je suis professeur. Je peux t’aider ? Tu attends quelqu’un ?
— Ben, en fait, j’avais rendez-vous avec un mec que j’ai rencontré sur Facebook. Il m’a dit qu’il étudiait ici, mais a priori il m’a posé un lapin… Vous connaissez Fred Lerol ?
— Non, cela ne me dit rien du tout ! Il étudie dans quelle section ?
— Il m’a dit qu’il faisait un BTS management des unités commerciales. Il est en deuxième année.
— Je t’arrête tout de suite ! Il n’y a pas de BTS MUC ici. C’est un lycée technique. Ce jeune homme t’a effectivement menée en bateau. Tu sais qu’il faut être prudente quand tu communiques avec des inconnus sur Internet…
Voilà qu’il me sort le grand jeu du moralisateur. J’y crois pas ! Je continue mon personnage d’ado écervelée.
— Ouais, j’sais bien… Mais bon sa photo de profil était super bien, il avait l’air mignon… J’fais quoi, moi, maintenant ? J’ai plus de bus pour rentrer et il m’avait dit qu’il me ramènerait.
— Cela m’ennuie que tu restes seule ici. Il n’y a plus personne maintenant. Les cours sont terminés. N’as-tu personne à appeler ?
— Ben non… Y a personne chez moi ce soir, c’est pour ça que j’lui avais filé rencard. Putain, c’est con !
— Bon. Je vais passer un petit coup de fil pour prévenir de mon retard et je vais te ramener. Viens, on va aller boire quelque chose.
Persuadé que je ne dirais pas non et sans me donner le temps de répondre, il se dirige vers le bar le plus proche du lycée et sort son portable. Je me dépêche afin d’écouter la conversation, quelques pas derrière lui, l’air de rien.
— Salut ma puce, je serai un peu en retard ce soir. Un problème au boulot… Oui, un étudiant… Je dois le voir pour des problèmes de comportement… Non, tu sais bien que je ne peux pas te dire qui c’est… On fait un conseil d’urgence. Non, je ne sais pas à quelle heure je rentre… Ne m’attends pas ! À toute à l’heure.
Les bribes de conversation que j’ai captées me confirment ce que je pressentais sur le personnage. Il va falloir que je le séduise. Je décide de sortir le grand jeu. C’est comme cela que je fonctionne.
À nous deux mon coco !
Une fois installés, je commande un soda. Je le regarde intensément et papillonne des yeux en le remerciant. Je lui sers un sourire timide et coquin, une de mes spécialités. Les hommes sont tellement suffisants que ça marche à tous les coups… On dirait qu’ils ont toujours un radar « jeune fille en détresse » et que leur côté superhéros se met en branle dès détection. Trop facile !
— Vous savez, le mec que je devais rencontrer était mignon, mais je suis contente finalement qu’il m’ait plantée, j’ai pu vous rencontrer… Je n’ai pas perdu au change…, lui dis-je timidement.
— C’est adorable ça. Mais on peut peut-être se tutoyer. Comment tu t’appelles ? Et qu’est-ce que tu fais dans la vie ?
— Je m’appelle Mary et je suis en formation BP vente. Et vous ? Euh, toi ?
— Moi, j’enseigne la comptabilité des entreprises dans ce lycée. J’ai toujours aimé travailler avec les jeunes, leur transmettre un savoir… être utile, quoi !
Oh putain, le cliché !
— Tu es pressé ce soir ? Je suis seule chez moi et je n’ai pas franchement envie de rentrer tout de suite. On pourrait aller faire un tour et je saurai te remercier pour ta gentillesse…
Il fait mine de réfléchir.
— Pourquoi pas ? J’ai prévenu que je ne rentrais pas tout de suite. J’ai bien deux heures devant moi. Viens, je t’emmène…
Il règle les consommations et me précède vers sa BMW.
Vieille caisse, mais bien entretenue. Prestige de la marque, mais manifestement pas les moyens de ses ambitions. Signe extérieur de richesse pour jeune fille éblouie. Connard !
Il démarre et roule un moment sans me demander où il doit me conduire. Il a une idée en tête. Je lui jette des regards énamourés régulièrement, de manière pas discrète du tout, afin qu’il pense que je suis sous son charme. Ma tactique fonctionne, il s’engage bientôt dans un chemin, à l’orée d’un bois. C’est désert. Il connaît manifestement l’endroit. Il coupe le contact et se tourne vers moi.
— Alors Mary, je vais, bien sûr, te ramener chez toi, mais tu m’as promis d’être reconnaissante. Par quoi va-ton commencer… ?
Il détache sa ceinture de sécurité et m’invite à passer sur la banquette arrière. Je m’exécute en jouant l’ingénue.
Je le regarde par en dessous et tends lentement ma main vers la bosse caractéristique de son pantalon de toile. Il bande déjà. Cet homme aime la chasse et l’effet qu’il a sur les jeunes filles. Je caresse son membre, encore tenu par son pantalon, afin de l’exciter davantage. Je le regarde et me lèche les lèvres.
Son regard se trouble et ses yeux ne quittent plus mes lèvres rosées par le gloss à la fraise mis plus tôt. Il me touche la joue et murmure qu’on va bien s’amuser tous les deux, qu’il va me faire découvrir ce qu’est un vrai homme, qu’à mon âge je n’ai dû connaître que des merdeux boutonneux, mais que lui va me faire jouir, que je peux crier, car ici personne n’entend…
Bla-bla-bla… Parle toujours !
Je continue à caresser son membre dur et ouvre sa braguette. Puis, libérée de son boxer, sa bite se dresse fièrement. Je me penche afin de recueillir, du bout de ma langue, la perle de désir qui suinte au bout de son gland. Ma main se referme sur la base de son sexe et les va-et-vient réguliers couplés aux coups de langue que je lui donne le font durcir un peu plus.
Quitte à donner de ma personne afin d’avoir des infos, j’essaie quand même de prendre un peu de plaisir de temps en temps, et même, certaines fois, de prendre mon pied.
Il pousse ses sons rauques. Je serais effectivement une jeune candide, je pense que j’aurais peur de la faire souffrir. Tu parles d’un mentor ! Il ne pense qu’à son plaisir immédiat et se laisse branler tranquillement. Sa virilité m’occupe les mains et la bouche et cela semble lui convenir. Je l’engouffre alors complètement. Les bruits de succion emplissent la voiture. Il gémit.
— Putain, c’est trop bon ! Tu es experte ou quoi ? Va jusqu’au bout bébé… et après je m’occuperais de toi…
Je m’applique à le sucer. Sa bite se gonfle de plus en plus, m’indiquant que la jouissance est imminente. Il crie et je reçois sa semence. Je lève la tête et le regarde en me pourléchant, lui signifiant ainsi que j’ai apprécié ce moment. Il est important pour la suite qu’il le croie.
— Je veux te voir…, me dit-il soudain, pas rassasié.
Je pose mes mains sur le bas de mon t-shirt et le soulève lentement. Il apprécie car ses pupilles s’illuminent. J’ai choisi un push-up rose qui met mes seins en valeur. Je défais alors mon pantalon et me tortille afin de m’en extraire. Mon string est bien évidemment assorti au haut.
Il prend mon sein à pleine main et son autre main vient titiller mon téton dressé. Il fait sortir mes globes et se délecte de mes attributs, les léchant, les pinçant, les suçant… Même si ce n’est pas l’extase, c’est agréable quand même.
Tandis que je recommence à le solliciter, il s’invite dans mon string et son index se positionne directement sur mes lèvres qu’il écarte. Il excite mon sexe tout en appliquant son pouce sur mon clitoris.
Il aime recevoir, mais manifestement il aime donner aussi. Ce n’est peut-être pas seulement un connard égoïste. Il me couche sur la banquette arrière et fait descendre le long de mes jambes le bout de tissu, dernier rempart de mon intimité. Il regarde ma toison et s’approche tel un prédateur qui va jouer avec sa proie. Ses coups de langue sont précis et je ne tarde pas à ressentir un certain plaisir. Je simule à merveille un orgasme quand il introduit deux doigts dans mon vagin. C’est vraiment délicieux. J’ai eu des expériences plus foireuses et j’apprécie ce moment pour ce qu’il est…
Il se retire un moment et se penche à l’avant, dans la boîte à gants, afin de se munir d’un préservatif. J’aperçois un stock assez conséquent et je souris devant ce spectacle.
Prévoyant, le mec !
Lorsqu’il se retourne afin d’enfiler sa capote, j’ai déjà recommencé à me donner du plaisir non seulement pour ne pas perdre les bénéfices des instants passés, mais également pour l’exciter encore un peu plus. Son sourire carnassier me récompense de mon initiative. Il ne faudrait pas que cela dure des plombes non plus.
Il soulève mes jambes et les passe sur ses épaules. Il se positionne et me pénètre profondément. Son sexe est d’une dimension tout à fait honorable et la sensation de me sentir remplie me contente. J’accentue ses mouvements en l’accompagnant de coups de hanches. La cadence devient chaotique. Il perd les pédales, je le sens. Il accélère encore et dans un râle profond, il jouit en moi.
Bon cette fois ne fut pas la bonne, mais j’ai bien simulé. Il me regarde, fier de lui. Je prends une pause étudiée, alanguie sur la banquette arrière de sa voiture, comme épuisée.
Un petit coup sur les fesses me signale que la fête est finie. On se rhabille en silence.
Alors qu’il fait sa manœuvre pour me ramener à mon domicile, je lui demande d’une toute petite voix :
— C’était super… On pourrait se revoir ?
— C’est gentil bébé, mais je vis avec quelqu’un… Là, c’était juste un coup, comme ça… Pour tout te dire, c’est une de mes étudiantes… Alors, tu comprends… ça ne va pas le faire… Mais j’ai bien apprécié le moment !
Trop forte ! Les confidences post-coït fonctionnent toujours. Je ne me lasserai jamais de voir à quel point les hommes sont crédules lorsqu’on leur parle de sexe, ou de promesse de sexe…
J’ai mon renseignement. Cloé est bien hébergée chez son prof. Demain, je pourrai clore ce dossier et communiquer la bonne nouvelle à sa mère.
J’attends la mère de Cloé dans une brasserie à deux pas de chez elle. Je dois lui communiquer l’adresse du professeur et lui assurer que sa fille est bien chez lui.
J’ai obtenu les infos de façon limite donc j’aimerais autant ne pas aller directement chez les flics. C’est souvent comme ça dans mon job. Je suis le petit caillou dans la chaussure qui titille sans qu’on le trouve, la piqûre de l’étiquette qu’on ressent toujours, même quand on l’enlève. Alors, les forces de l’ordre en général savent que j’existe, mais n’aiment pas trop quand je viens les narguer avec mes résultats.
Après la partie de jambes en l’air d’hier, je suis rentrée chez moi. Ce matin, à la première heure, j’ai pris ma voiture, une Peugeot 307 grise, passe-partout, mais puissante, pour me poster en planque vers chez lui. J’ai pu apercevoir Cloé. Je suis maintenant sûre qu’il la cache.
Ce prof est vraiment un sale type ! Un de plus que j’aurai croisé dans ma vie ! Ce n’est d’ailleurs pas seulement à cause des mecs que je suis désabusée, mais plus par la nature humaine en général.
En attendant ma cliente, mon esprit vagabonde sur les dix années qui viennent de s’écouler. Dans quelques semaines, je fêterai mes vingt-huit ans. Il y aura dix ans que ma vie s’est effondrée.
À trois jours de mes dix-huit ans, mes parents et mon frère jumeau sont morts. Victimes collatérales des attentats de Londres. Alors qu’ils venaient de récupérer leur voiture de location près de la station de King’s Cross, ils en ont perdu le contrôle suite à la déflagration de l’explosion. Ils allaient profiter d’un week-end bien mérité dans la capitale britannique. Je n’avais pas pu les suivre, j’étais à l’époque en licence de droit à l’université Lyon 3 et j’avais trouvé du boulot pour les deux mois d’été.
Sacré pied de nez du destin !
À cela, des complications administratives qui m’ont anéantie se sont ajoutées, comme si ce drame ne suffisait pas. Puisque c’était un accident de la route, ils n’ont pas été reconnus victimes de l’attentat et je n’ai reçu aucune indemnité de la part du Fonds de garantie des victimes des actes de terrorisme. J’ai donc été contrainte de vendre leur maison en pierres dorées, située dans le Beaujolais. La maison de mon enfance ! Ce n’est pas le fait de ne pas avoir touché d’argent pour leur mort qui m’a meurtrie, de toute façon aucun chiffre ne pourra remplacer la présence des miens, mais bien la vente par elle-même. C’est un peu comme si j’avais été contrainte de balayer leur existence et ce que nous avions vécu ensemble. Je n’ai de lieu où me réfugier, plus d’endroits qui me rappelle les merveilleux moments passés avec mon cocon familial.
Il y a dix ans, je me suis retrouvée, en quelques minutes, face à mon destin. Seule, sans avenir, avec des projets désormais inaccessibles. L’argent de la vente de la maison m’a permis de terminer ma licence et me trouver un petit pied-à-terre en centre-ville pour limiter les déplacements et les frais. Il a ensuite fallu que je choisisse un métier pour gagner ma vie, le pécule que j’avais de côté fondait comme neige au soleil.
C’est aussi à ce moment-là que mon copain de l’époque, David, a décidé de me plaquer. Il ne « pouvait pas gérer la situation ». Belle consolation ! Je lui avais donné ma confiance et mon amour. J’imaginais mon avenir avec lui. Et ce connard n’a pas pu gérer.
J’ai donc loué mon appartement sur Lyon et je suis partie à Montpellier pour suivre le cycle « Détective, agent de recherches privées, directeur des opérations » de l’Ifar. Pendant l’année où j’ai vécu dans la région, j’ai adoré cette ville dynamique. J’habitais un petit meublé rue des Loges, à quelques pas de la place de la Comédie, lieu nocturne et central.
Je me suis reconstruite. Loin de mes souvenirs. Loin de mes fantômes. Loin de mon passé. Au début de ma formation, j’avais la haine et, face à l’injustice de ma situation, j’ai mis mon énergie au service de mes études. Major de promo, j’ai été embauchée par une agence de l’Hérault, celle où j’avais effectué mon stage. J’ai fait mes armes dans le respect des obligations et des devoirs déontologiques que doit suivre un détective. Je continue à maintenir cette ligne de conduite… la plupart du temps !
À cause de la vie et de ses épreuves, je n’ai plus beaucoup d’illusions sur la nature de mes concitoyens. Alors, j’ai commencé à dériver pour être de plus en plus performante dans les résultats de mes enquêtes.
Après deux ans de service effectif dans le sud, les trois derniers amis que j’avais laissés sur Lyon ont commencé à me manquer, infiniment. J’étais guérie. J’avais grandi et je pouvais enfin revenir sur les traces de mon passé et retrouver mes racines. Plus forte ! Plus volontaire !
C’est avec plaisir que j’ai donc rejoint Mathieu, un pote de lycée qui est désormais médiateur dans une association d’aides aux victimes. Matt, comme je l’appelle souvent à cause de son petit air british, c’est un peu plus qu’un pote. C’est un sexfriend. Il a été le premier. Ensuite, il est devenu mon ancrage. Il est là, simplement. Quand l’un de nous en ressent le besoin, on se voit. C’est simple et délicieux. C’est sans prise de tête. Comme la toute première fois. C’était une évidence. Ce fut doux et voluptueux. J’étais encore cette jeune étudiante insouciante. J’avais des parents que je chérissais ; un frère pénible que j’adorais…
C’était avant !
Avec Mathieu, ça s’est passé naturellement. Nous étions en train de préparer nos dossiers pour nos choix post-bac, dans sa chambre. Penchés sur son ordinateur, avachis sur son lit, nous avions travaillé une bonne partie de l’après-midi. C’était début janvier mais il faisait une chaleur indescriptible dans cet espace confiné. Les yeux rougis à force de fixer l’écran, nous avons décidé de faire une pause. Mathieu a mis son ordinateur par terre et s’est levé pour nous servir des sodas. En se retournant, il a trébuché dans les fils électriques et s’est lamentablement répandu sur le lit, enfin, sur moi…
Nous avons commencé par prendre un fou rire, mais quand il a relevé la tête, nos bouches n’étaient plus qu’à quelques millimètres l’une de l’autre. Nos yeux se sont croisés et subitement nos rires se sont arrêtés. J’ai retenu mon souffle, mais le regard que je lui lançais était sans équivoque. J’ai eu une pulsion et le besoin qu’il m’embrasse a été plus fort que tout. Plus fort que nos rires ! Plus fort que nos dossiers ! Plus fort que notre amitié ! L’attraction sexuelle du moment nous a été fatale. Je ne peux même pas dire qui a embrassé l’autre le premier. Qui a déshabillé l’autre. Mais je sais que Mathieu m’a fait l’amour ce jour-là, pour la toute première fois.
La deuxième personne qui avait hâte que je retrouve mes esprits est Mandy. Cette blonde voluptueuse façon Barbie est ma meilleure amie depuis les bancs de la maternelle. C’est mon alter ego. Mon âme sœur. Mandy est donc la frangine que je n’ai pas eue et je suis sûre qu’elle aurait pu se rapprocher de mon frère si la vie nous avait donné l’occasion de vivre cette aventure. Nous habitions le même village et avons tout découvert ensemble.
Ce qui reste de ces années, c’est une amitié indéfectible et sincère depuis ce jour où nous avons décidé… qu’il était malsain pour des lapins d’être enfermés ! Nous avions environ neuf ans et notre institutrice nous avait appris la différence, ce jour-là, entre les animaux d’élevage et les animaux en liberté. Cela nous a paru trop cruel sur le coup. En fin d’après-midi, alors que les hommes ne sont pas encore rentrés et que les femmes préparent le souper, nous nous sommes glissées hors de chez nous et avons fait le tour des fermes du village, une petite dizaine. Nous avons libéré tous les lapins… tous, sans exception !
Nous sommes alors rentrées dans nos maisons respectives sans penser à mettre au point un alibi, le cas échéant. Et ce qui devait arriver… arriva. Nous avons vite été soupçonnées. Il faut dire que parmi les quelques cinq cents habitants de notre bourgade, le choix a été vite fait. Sans se concerter, l’une et l’autre avons tenu bon devant les interrogatoires de nos parents, des fermiers, des institutrices et même du maire et du curé du village. Jamais nous n’avons flanché et ne nous sommes dénoncées. C’est le souvenir qui me revient quand je pense à Mandy, un souvenir parmi tant d’autres. Mais c’est ce jour-là, je crois, que notre amitié a été scellée à jamais.
Pour compléter notre bande, il y a Anne-Lise, encore surnommée Lisa. Elle a toujours été en marge et c’est bien son attitude qui m’a tout de suite attirée quand on s’est rencontrées au collège. Elle était une cible facile. Véritable garçon manqué, elle se démarquait des autres pétasses prépubères stéréotypées. Nous ne nous sommes pas rencontrées par hasard. C’était notre destinée. Nous devions être en 5e lorsqu’elle a rejoint le collège du canton. Ses parents avaient décidé de venir vivre à la campagne pour offrir le meilleur à leurs enfants. Autant dire que ce déménagement ne réjouissait pas Anne-Lise et c’est en faisant une gueule de six pieds de long qu’elle a débuté son année scolaire.
Elle a immédiatement été la cible de moqueries, car elle s’habillait différemment, ne portait pas attention à son look et surtout ne parlait à personne. Juste après la rentrée des vacances d’automne, Lisa était toute seule dans le couloir en attendant le début des cours. Nous étions un peu plus loin, avec Mandy, attendant aussi la cloche. C’est alors qu’une bande de grands est arrivée, filles et garçons. Des troisièmes ! Ils ont commencé par donner un coup de pied dans le sac de Lisa, et celui-ci s’est répandu à travers le couloir. Figée par la peur, Lisa n’a rien dit. Elle n’a pas répondu aux propos insultants que ces imbéciles lui lançaient. Avec le recul, je me rends compte que ce n’était qu’un jeu pour eux, stupide et méchant certes, mais qu’un jeu. Il n’y avait pas vraiment de violence, juste l’excitation d’être en bande.
Elle s’est alors mise à genoux pour ramasser ses cahiers et ses stylos éparpillés, sans broncher. Les autres continuaient à la tourmenter. C’est alors que j’ai aperçu ses yeux. Pleins de larmes, elle serrait les dents et luttait pour ne rien laisser voir. Ce n’était pas de la peur, c’était de la résignation. Bien que Mandy ait tenté de me retenir, j’ai pété un câble. Je suis allée aider Lisa à ramasser ses effets et je l’ai défendue devant ces abrutis. Ma véhémence, pour quelqu’un de deux ans plus jeune, les a scotchés et ils ont reculé. Anne-Lise a alors levé les yeux vers moi et m’a simplement dit « merci, mais il ne fallait pas t’en mêler, j’ai l’habitude ! ». Son regard reflétait pourtant un tout autre discours. On ne s’est plus quittées depuis.
Ces trois piliers m’ont soutenue lors de l’enterrement. Ce sont les seuls qui ne m’ont jamais proposé leur aide, mais qui me l’ont apportée, spontanément. Alors que nos voisins, les édiles, les gens bien-pensants me glissaient quelques mots devant les cercueils de ma famille : «appelle-nous si tu as besoin» ; «tu sais où tu peux nous trouver». Eux, ils m’ont fait rire ! Ce jour-là, particulièrement, ils m’ont fait rire et m’ont donné tout l’amour sincère que de véritables amis peuvent apporter. Matt et Mandy ont singé les bourgeois de notre petit village tandis que Lisa me servait de garde du corps et empêchait chaque personne de m’importuner plus de cinq minutes.
Cela ne m’a pas empêché, quelques mois plus tard, une fois ma licence en poche, de les planter et de partir. Je n’ai pas de regrets. J’avais besoin de cet éloignement. Eux ont compris et m’ont attendue.
C’est avec dynamisme et cet ineffable soutien, qu’une fois de retour à Lyon, en 2008, j’ai monté ma propre agence. Après quelques petites affaires, j’ai vite compris qu’il fallait que je me démarque dans ce monde profondément masculin. J’avais mes atouts, et mes atours. J’ai donc décidé de mettre en avant mes attributs féminins si cela était nécessaire, sans complexe, sans remords. Et cela a porté ses fruits puisque j’ai des résultats !
Que de chemin parcouru et de difficultés surmontées !
Je souris encore à cette pensée lorsque la mère de Cloé s’installe à ma table. Je l’accueille gentiment en sortant de la torpeur dans laquelle m’avaient plongée ces souvenirs.
— Pourquoi m’avoir fait venir Mary ? Vous avez du nouveau ? Votre message m’a inquiétée. Il est arrivé quelque chose à Cloé ?
Je lui explique où se trouve sa fille et avec qui. Elle semble décontenancée de la rapidité de mes conclusions. Je ne rentre pas dans les détails de mon enquête et des moyens que j’ai mis en œuvre pour y arriver.
Ça, c’est mon problème, ma belle !
Je prends son chèque de 500 euros, le forfait que j’applique pour une disparition simple, et prends rapidement congé de ma cliente, soulagée. J’espère que sa fille rentrera vite au bercail, mais ce n’est plus mon problème !
J’ai un rendez-vous dans un quart d’heure à l’agence.
J’arrive à mon bureau cinq minutes avant l’heure de mon rendez-vous. J’ai domicilié mon agence chez moi parce que mon appartement a l’avantage d’avoir une double entrée.
Côté avenue, une artère très passante de Lyon, il y a une petite plaque qui indique Mary Revol, agent de recherches privées, enquêtes, ainsi que mon numéro au Répertoire national des certifications professionnelles. L’entrée donne sur un petit hall que j’ai aménagé en salle d’attente. Mon bureau est vaste et fermé par une porte en verre dépoli ce qui me permet de voir si j’ai du monde qui attend. Je l’ai aménagé de façon spartiate afin que mes clients ne soient pas tentés de se défiler en laissant vagabonder leur esprit par une décoration trop chargée. Ils doivent se concentrer sur leur affaire. J’avais en plus peur de perdre en crédibilité. Une belle armoire dissimule une porte qui donne dans mes appartements privés. Ainsi, en cas de besoin, je peux, selon mes envies et les exigences du moment, passer faire une pause dans mon chez-moi, me préparer à partir en filature et peaufiner le relooking indispensable à l’enquête en cours ou encore, comme cela m’est arrivé une fois, évacuer un client discrètement. Une autre pièce sert à entreposer les archives et autres accessoires.
Le côté privatif de mon appartement est beaucoup plus accueillant que le professionnel. J’y accède par une porte de service donnant sur une petite rue transversale. Lumineux, j’ai privilégié les tons chauds. Une grande pièce à vivre me sert de salon, salle à manger et bureau. Ma chambre a un balcon qui apporte lumière et profondeur à l’espace. Une deuxième chambre est transformée en dressing afin de stocker toutes les tenues, accessoires et autres perruques dont j’ai besoin. Une petite cuisine aménagée vient compléter mon cocon. Seuls Mandy, Lisa et Mathieu ont eu le privilège de venir dans mon antre. Il faut dire en même temps que je n’ai pas beaucoup d’amis. Seulement des relations de travail.
Je suis en train de me préparer un café lorsque j’entends la sonnette d’entrée. Je prends alors une deuxième tasse et la dispose, avec la cafetière pleine et ma tasse fumante, sur un plateau. Je n’oublie ni le sucre ni les cuillères et après avoir déposé cela sur mon bureau, je vais accueillir ma cliente.
Je reste figée en ouvrant. Dans l’entrée, une magnifique femme se tient droite comme un « i », manifestement très stressée de faire appel à mes services. Ce n’est pas une réaction qui me gêne. Une telle démarche peut s’avérer très difficile non seulement sur le passage à l’acte mais surtout, vis-à-vis des conséquences éventuelles.
C’est avec mon plus beau sourire commercial que je l’accueille.
— Madame Michon, je présume ?
— Effectivement… Bonjour, mademoiselle Revol.
Le ton est donné. Je situe son âge entre quarante et quarante-cinq ans. Elle est d’une distinction froide qui lui donne des airs de beautés nordiques. Ses yeux gris bleu sont dénués de vie et laissent à penser que soit ils n’ont jamais eu aucune chaleur soit ils ont été vidés de tout sentiment.
Elle s’assoit sur le bord de la chaise.
— J’ai pris rendez-vous avec vous, mais vous me paraissez bien jeune pour vous occuper de l’affaire qui me préoccupe, commence-t-elle sans prendre de gants.
— Jeune ne veut pas forcément dire inexpérimentée, madame Michon.
Je lui réponds en étant consciente que tout se joue maintenant. J’ai l’habitude de ce genre de réaction dans mon métier. Ma silhouette ne joue pas en ma faveur puisque mon allure juvénile a de quoi mettre le doute dans l’esprit de mes clients potentiels. Je compense en général cela par une attitude professionnelle et déterminée.
— Cela fait presque huit ans que je suis à mon compte, mais j’ai presque douze années d’expérience en tant que privée. Donc si vous voulez bien me parler de ce qui vous amène, je pourrais vous dire sans détour si je suis en mesure de vous aider.
Je reste silencieuse et attends que la femme en face de moi m’explique la raison de sa venue.
— Vous avez peut-être raison…, commence-t-elle du bout des lèvres.
Je sais d’avance que c’est gagné. Elle continue :
— Mon mari me trompe. Je le sais et je l’accepte depuis des années, mais j’ai l’impression que cette fois c’est différent…
Elle hésite. J’essaie de la rassurer avec une voix douce.
— Je vous sens hésitante. Si vous me disiez tout, je pourrais certainement vous éclairer.
— Oui, je me dois d’être honnête avec vous…
— Effectivement, madame, si vous désirez obtenir des preuves de l’adultère supposé de votre mari, je dois tout savoir, même si quelquefois cela est douloureux ou difficile.
— Je suis née dans ce que l’on appelle la haute bourgeoisie lyonnaise. Heureusement pour moi, mes parents étaient diamantaires et je n’ai pas eu à reprendre une affaire familiale de finances ou d’autres domaines moins créatifs. J’ai toujours aimé dessiner et je suis donc devenue créatrice de bijoux. J’ai fait prospérer l’entreprise de mon père et je crée désormais pour les plus grandes marques de joaillerie, de Chaumet à Dior en passant par Boucheron. J’ai connu mon mari, il y a maintenant dix-huit ans lors d’un salon à Paris : le Bijorhca. Jeune publicitaire, il avait le vent en poupe, des idées à la pelle, et j’ai été conquise par son arrogance et son aplomb.
Elle s’interrompt un instant, et semble plongée dans ses souvenirs.
— Après quelques mois, nous nous sommes fiancés puis mariés. Ensuite, les enfants sont arrivés, quelques années plus tard. Nos deux aînés sont nés seulement deux et trois ans après notre union. En parallèle, mon mari développait son agence de publicité. Avec mon carnet d’adresses, hérité de ma lignée, je lui ai ouvert pas mal de portes. Il était tout à fait normal que je l’aide dans la concrétisation de son rêve. Il se voulait devenir le nouveau Séguéla1. Le bijou est une matière difficile pour un publicitaire. Mais Christophe, c’est mon mari, me précise-t-elle, réussit à capter l’essentiel. Il donne à ses nombreux clients ce qu’ils attendent. Il sait mettre en valeur les pièces de joaillerie comme personne. Il y a maintenant quelques années que notre couple n’est plus qu’une association mondaine. Pourtant, il y a six ans, un miracle est arrivé : je suis à nouveau tombée enceinte. Ce fut un double bonheur puisque j’ai eu des jumeaux qui sont maintenant ma plus grande joie. Mes deux aînés grandissent et j’ai bêtement pensé que le destin nous offrait une chance avec ces amours. Passée l’euphorie des premiers mois, notre routine est revenue. Plus de dialogue, si ce n’est pour coordonner nos agendas, plus de passion, plus de désir…
Je sers un verre d’eau à ma cliente qui maintenant s’épanche allègrement. Elle n’a pas touché sa tasse. Je ne sais pas où elle veut réellement en venir alors j’attends, patiemment. Elle reprend son récit en me remerciant.
— Tout à notre amour, au début de notre relation, je l’ai aidé financièrement pour son agence. J’ai donc des parts assez conséquentes dans sa société. Mais s’il décide de divorcer pour sa jeunette, j’ai peur qu’il ne se serve de ces participations pour faire pression pour la garde des enfants. Ma boîte marche bien et mon équipe de créatifs me permet, à mon âge, de donner une priorité absolue à mes bébés. Je veux donc que vous prouviez l’infidélité de mon mari. J’aurais ainsi une carte de taille à jouer. Je lui laisse les parts de sa société s’il n’œuvre pas pour obtenir la garde partagée des enfants et s’il me laisse la maison, car c’est là qu’ils ont tous leurs repères… Vous comprenez, mes chéris passent désormais avant tout…, m’explique-t-elle, les yeux humides.
Je suis touchée par l’histoire de cette femme. Sous des airs revêches, c’est avant tout le cœur d’une maman qui parle. Des histoires d’adultère ? Cela me connaît. Mes méthodes de travail sont un vrai plus, mes atouts sont indéniables dans ces cas-là. Il faut par contre que j’en sache un peu plus sur la prétendue maîtresse.
— Pourquoi m’avez-vous dit que cette fois-ci, c’était différent ?
— Il fréquente sa secrétaire… Elle rit tristement.
— C’est cliché, non ? Une jeune femme d’à peine 25 ans qui l’a ensorcelé. Elle est magnifique. Longue comme une liane, mais avec des formes généreuses aux endroits propices. Des seins ronds et magnifiques qui ne tombent pas après trois grossesses. Des fesses fermes. Des yeux de biche. Et surtout, elle déploie des trésors d’ingéniosité pour mettre en valeur mon mari, qui lui n’y voit que du feu. Elle minaude et ricane à chacune de ses plaisanteries… Je les ai vus souvent ensemble depuis qu’elle travaille pour lui. Christophe n’est pas le même quand elle est là.
— D’accord, je comprends votre situation, mais en quoi est-ce différent cette fois-ci ? insisté-je.
— Ce qui est différent, cette fois, c’est que ce n’est pas une petite dinde sans cervelle. En plus d’être jeune et belle,
