PROJET DE BARRAGE GRAND INGA - Sinaseli Tshibwabwa - E-Book

PROJET DE BARRAGE GRAND INGA E-Book

Sinaseli Tshibwabwa

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Beschreibung

Dans ce livre : Projet de Barrage Grand Inga. Réfutation des Arguments des Activistes-Opposants, Enjeux cachés - Solutions afrocentrées, les auteurs, après avoir donné l'historique du site d'Inga, depuis sa révélation au monde occidental jusqu'à la date d'aujourd'hui (2021 ), ont réfuté à l''aide des arguments scientifiques, les allégations des activistes-opposants à la construction de Inga 3, première phase du Barrage Grand Inga (Phases 3 à 8 ). De leurs analyses, ils ont fait ressortir les véritables enjeux cachés qui justifient la virulence des campagnes d'opposition à ce projet en RD Congo. Enfin, ils suggèrent des solutions afrocentrées à la problématique de l'énergie électrique, une problématique en amont de tous les projets de développement en RD Congo et en Afrique tout entière.

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Veröffentlichungsjahr: 2021

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Couverture :Site d’Inga - Développement par Phases succesives 3 à 8.Source : Ministère des Ressources Hydrauliques et Électricité/R.D. Congo, Mars 2014. ©2021 PUA & INADEP Reproduction pour usage pédagogique autorisée.

DÉDICACE

À tous ceux et celles, étrangers et nationaux, qui, comme nous, ont nourri ou nourrissent le rêve de voir la mise en valeur de tout le « Trigone de la Puissance Énergétique » de la R.D. Congo, Inga, un site chaotique naturel unique au monde pouvant alimenter ce pays et l’Afrique tout entière en énergie renouvelable, propre, non polluante, permanente et moins chère et qui, en plus, serait un moyen de lutte contre la pauvreté des populations et la bombe démographique imminente, la déforestation massive et le changement climatique.

.

REMERCIEMENTS

Nous exprimons nos sincères remerciements aux réviseurs anonymes de CONGO-C.R.I.T.E.R.E.-B. qui ont toujours, sans réserve, accepté cette tâche ingrate de corriger les manuscrits de nos analyses. Leurs suggestions ont souvent contribué à relativiser certaines prises de position. Qu’ils trouvent ici l’expression de notre profonde gratitude.

Nos remerciements s’adressent ensuite à M. José Tshisungu wa Tshisungu, Professeur, un des grands écrivains congolais de cette époque qui, le premier, nous suggéra de consigner toutes nos analyses dans un livre vue l’importance du sujet pour notre pays. Nous lui sommes reconnaissants pour les différentes conversations enrichissantes sur la problématique du développement de la R.D. Congo et le rôle de l’élite congolaise dans son processus.

Nous exprimons notre profonde reconnaissance à M. Louis Goffin, Professeur Émérite Retraité des Universités de Dakar, Bruxelles et Louvain et Directeur honoraire de la Fondation Universitaire Luxembourgeoise d’Arlon (FUL)/Belgique, pour nous avoir fait l’honneur de préfacer notre livre. Qu’il veuille bien trouver ici, à travers nous auteurs, les sincères remerciements de nombreux étudiants africains qu’il a formés tout au long de sa riche carrière scientifique aussi bien en Belgique qu’en Afrique (Sénégal).

Nous remercions également Maman Astrid Nsonga Mukendi pour sa foi dans notre vision sur le Projet de Barrage Grand Inga, son soutien financier et moral dans notre travail. Sa sagesse et ses conseils ont été d’un grand réconfort dans nos démarches. Avec tendresse, elle ne cessait de nous répéter : « N’abandonnez jamais ce que vous avez commencé pour votre pays – Ne vous laissez pas impressionner par les obstacles, Bilengela mbiàsà mu nkelende ». Qu’elle trouve ici l’expression de notre profonde reconnaissance.

Nous remercions aussi notre ami Jean-Pierre Tshimpumpu Tshiswaka pour avoir librement proposé de financer l’impression de la première édition de cet ouvrage. Nous lui exprimons toute notre reconnaissance. Avec lui, nous avons découvert que la parenté sociologique est parfois plus forte et plus profonde que la parenté biologique.

Nous remercions le Professeur Mubabinge BILOLO, Philosophe, Africaniste et Égyptologue de renommée mondiale et Directeur de l’INADEP-Centre Europe, pour avoir pris en charge la publication de cette troisième édition revue et complétée de notre livre. Que la Direction Générale de l’INADEP, à travers lui, trouve ici l’expression de notre profonde reconnaissance.

Enfin, nous remercions nos familles respectives, plus particulièrement nos épouses, Godelive Muadi N’Kola wa Mukendi mukwà Kalonji mwenà Kayemba wa mwa Ntanda et Martine Nothomb mwenà Braine-L’Alleud mu Wallonie mu ditunga dya Belgique pour leur amour, leur soutien indéfectible et leurs sacrifices consentis lors de nos longues absences pour la recherche, les réunions ou les conférences sur le sujet traité ici. Leur constante confiance a été d’un grand soutien moral pour chacun de nous.

Que tous ceux qui, de près ou de loin, nous ont apporté une quelconque aide et que nous n’avons pas nommés, trouvent ici l’expression de nos sentiments les meilleurs.

Sinaseli Tshibwabwa

[email protected]

+243 820 015 827 / +1 819 215 9013

Ndiadia Kabongo

[email protected]

+243 910 586 675 / +32 488 28 34 02

NOTE DE L’INSTITUT

Le Laboratoire d’Études et de Planification des Ressources et Infrastructures Energétiques du Centre de Prospectives Africaines et de Recherches sur l’Intégration Africaine, abrégé en 2012 par Son Excellence Mgr. Tharcisse Tshibangu Tshishiku sous le nom de CEPARIA (l’un de cinq Axes majeurs de l’INADEP-Europe), se réjouit de cette étude sur le « Projet de Barrage Grand Inga.Réfutation des Arguments des Activistes-Opposants, Enjeux cachés - Solutions afrocentrées » du Prof. S. Tshibwabwa, et de l’Attaché de recherche N. Kabongo.

En effet, les auteurs, après avoir donné l'historique du site d'Inga, depuis sa révélation au monde occidental jusqu'à la date d'aujourd'hui (2021 !), ont réfuté à l'aide des arguments scientifiques les allégations des activistes-opposants à la construction de Inga 3, première phase du Barrage Grand Inga (Phases 3 à 8). De leurs analyses, ils ont fait ressortir les véritables enjeux cachés qui justifient la virulence des campagnes d'opposition à ce projet en R.D. Congo. Enfin, ils suggèrent des solutions afrocentrées à la problématique de l'énergie électrique, une problématique en amont de tous les projets de développement en R.D. Congo et en Afrique tout entière.

Nous sommes convaincus que la troisième édition revue et complétée de ce livre, fidèle à la « vocation africaine » de l’Institut Africain d’Études Prospectives en général (cf : ORDONNANCE 89-287 du 9 novembre 1989 portant création d’un établissement public dénommé Institut africain d’études prospectives, en abrégé «INADEP» ) et à celle du Laboratoire d’Études et de Planification des Ressources et Infrastructures Énergétique du Centre de l’lNADEP en Europe en particulier, va servir d’instrument de travail pour les décideurs et les autres chercheurs.

En 2016, sur proposition de Son Excellence Daniel Madimba Kalonji, à l’époque Ministre de la Recherche Scientifique et Innovation Technologique, le Directeur Général, Son Excellence Mgr. Tshibangu Tshishiku a doté l’INADEP-Europe de la mission de dépistage des ressources humaines africaines, de formation de chercheurs et de jeunes de la Diaspora Africaine (cfr. Ordre de Mission N° INADEP/03/2016/PR/Mgr/TTT/MJ/du 08/04/2016 ; voir aussi Arrêté Ministériel N° 039/MIN.RSIT/ CAB.MIN/JMK/2020 du 05/08/2020). Cette mission était comprise dans le projet initial du Centre Africain d’Études Prospectives lors du Symposium des Scientifiques Africains, convoqué par le Président de la République Démocratique du Congo en avril 1985, Le Rapport Général de ce Symposium, à la rédaction duquel le Prof. Kambayi Bwatshia, qui deviendra Ministre de la Recherche Scientifique (1990-1992) et le Prof. Ndaywel-é-Nziem avaient participé, avait réservé une section aux recommandations de Cheikh Anta Diop relatives à la Stratégie de l’Énergie pour l’Avenir. Au point 3 de ce rapport, on lit :

« Sont-ce là rêveries d'un savant exalté ou le rêve éveillé d'un Égyptologue nostalgique de la démesure des fastes et autres réalisations fabuleuses des temps pharaoniques ?

Quoiqu'il en soit, l'enjeu vaut bien la peine d'une stratégie de l'énergie pour l'avenir et que le Symposium s'accorde à recommander à la suite du Professeur Cheikh Anta Diop ce qui suit :

- l'Afrique peut jouer un rôle de pionnier dans la technologie de l'hydrogène comme vecteur d'énergie, et c'est dès maintenant qu'elle doit s'y prendre en créant les structures de recherche et de formation appropriées. Certains grands pays africains comme le Nigeria et le Zaïre devraient dès à présent créer des départements spécialisés tandis que des écoles polytechniques dans d'autres pays africains pourraient déjà s'organiser pour gérer dans cinq ans une petite centrale solaire à cycle thermodynamique, etc;

- former dès à présent au niveau des départements de physique des plasmas des universités africaines, des équipes capables »1 d’implémenter la Stratégie de l’Énergie pour l’Avenir de l’Afrique et de l’Africasia.

Depuis la mort du Président Mobutu, l’INADEP qui avait le devoir et la mission d’accompagner les décideurs africains, était devenu un orphelin, ignoré et négligé par la Présidence de la République. Il n’a obtenu aucun projet public ou étatique de recherche. Les encadreurs de la recherche ont été avalés par l’Enseignement Supérieur et Universitaire et par d’autres instutions de l’État. Cependant, le Directeur Général, Son Excellence Mgr. Tshibangu, fin stratège, avait pris la précaution de nommer une équipe des chercheurs qui avaient intériorisé la vision du Savant Cheikh Anta Diop, l’esprit du Symposium International de Kinshasa et la mission de l’INADEP définie par l’Ordonnance Présidentielle portant sa création en Europe et en Amérique, loin de turbulences politiques, pour gagner la Diaspora Africaine aux différentes stratégies du développement et de l’intégration. Cette équipe avait surtout développé des recherches sur l’Énergie, sur l’Histoire de la Vallée du Nil (Égyptologie africaine) et de la Zone dite « Bantu », sur l’Union Africaine (jadis OUA) et sur le Devenir des Cultures et des Civilisations Africaines.

Le Centre de l’INADEP en Europe attire l’attention des décideurs sur l’urgence de la concrétisation de la recommandation de 1985 relative à la création des départements spécialisés et centrés sur la Stratégie de l’Énergie pour l’Avenir de l’Afrique. Il salue, appuie et met en évidence la proposition suivante de nos deux auteurs, proposition qui rappelle et actualise la recommandation du Savant Cheikh Anta Diop et du Symposium International de Kinshasa, du 20 au 30 avril 1985 : « 3.créer dans la région d’Inga un « Pôle national d’excellence en matière d’énergie hydroélectrique » soutenu par la création de l’Université nationale d’Inga (UNINGA), dont la principale mission sera la formation des ingénieurs, des scientifiques et des techniciens énergéticiens de très haut niveau, destinés à la recherche, l’innovation et le développement dans le domaine des énergies ».

Prof. Mubabinge Bilolo wa Kaluka

Directeur de l’Intitut Africain d’Études Prospectives – Centre Europe

1 INADEP, Rapport Général et Déclaration Finale du Symposium International de Kinshasa sur L’Afrique et son Avenir (Kinshasa, 20-30 avril 1985), Editions Universitaires Africaines, Kinshasa, 1990, pp.34-35 ; de préférence lire pp. 33-35.

TABLE DES MATIÈRES

Dédicace

Remerciements

Note de l’Institut

Préface de la deuxième édition par Louis Goffin

Résumé

Abstract

Introduction

C

hapitre I

 :

Historique du projet de barrage d’Inga

1.1. Site d’Inga : 203 ans (en 2019) d’une longue et riche histoire

1.2. Du nom de « Inga »

1.3. Naissance et Évolution du projet de barrage à Inga

1.4. Vers la matérialisation du projet de barrage d’Inga

1.5. Références bibliographiques

C

hapitre II :

Inventaire, Analyse et Réfutation des Arguments des Activistes-Opposants Au Projet de Barrage Grand Inga

2.1. Introduction

2.2. Énergie électrique et Développement

2.3. Inventaire des arguments avancés par les activistes anti-Projet Grand Inga

2.3.1. 1

er

Argument : Géopolitique et Promotion d’une idéologie

2.3.2. 2

ème

Argument : Faiblesse de la Gouvernance et Insécurité

2.3.3. 3

ème

Argument : Destruction de l’écosystème fluvial

2.3.4. 4

ème

Argument : Destruction de l’écosystème terrestre

2.4. Conclusion partielle

2.5. Références bibliographiques

Chapitre III

:

Barrage Grand Inga : Déplacement et Relocalisation des populations autochtones

3.1. Introduction

3.2. Arguments sur le déplacement des communautés autochtones

3.3. Conséquences néfastes des campagnes des activistesopposants au Projet de Barrage Grand Inga

3.4. Revendications des communautés autochtones

3.5. Production des brochures de campagne pour la population autochtone

3.6. Notre vision pour les populations autochtones qui seront affectées par Grand Inga

3.7. Notre vision pour les autres populations congolaises

3.8. Conclusion partielle

3.9. Références bibliographiques

3.10. Annexe 1 : Pétition des Communautés locales qui seront affectées par le Barrage Inga 3

3.11. Annexe 2 : Plainte des communautés d’Inga adressée au Gouverneur du Bas-Congo

Chapitre IV :

Solutions alternatives des Activistes-Opposants à Grand Inga : Limites et Inconvénients de petites centrales hydroélectriques pour la R.D.C.

4.1. Introduction

4.2. Ce que dit la loi sur l’accès à l’énergie électrique

4.3. Les solutions alternatives au barrage Grand Inga

4.3.1. Arguments contre cet atout principal des énergies renouvelables

4.3.2. Énergie hydroélectrique

4.3.3. Petites centrales comme solution alternative au Projet de Barrage Inga

4.3.4. Peur de la dette qui sera générée par le Barrage Grand Inga.

4.4. Conclusion partielle

4.5. Références bibliographiques

C

hapitre V :

Enjeux cachés des Activistes-Opposants au Grand Barrage d’Inga

5.1. Introduction

5.2. Enjeux cachés des activistes-opposants au Projet de Barrage Grand Inga

5.2.1. Enjeux géoéconomiques

5.2.2. Enjeux géostratégiques

5.2.3. Enjeux géopolitiques

5.3. Conclusion partielle

5.4. Références bibliographiques

CONCLUSION GÉNÉRALE

PRÉFACE DE LA DEUXIÈME ÉDITION

J’ai lu avec grand intérêt le présent ouvrage que deux Scientifiques congolais consacrent au « Projet de barrage Grand Inga », situé en République démocratique du Congo. Ils s’y emploient avec méthode et lisibilité à réfuter les arguments de ceux qu’ils nomment les « activistesopposants » à cet immense projet. Leur idée-force se cristallise sur l’impérieuse nécessité de réaliser les six centrales complémentaires à Inga 1 et 2 pour enfin doter leur pays, et au-delà toute l’Afrique, d’une capacité énergétique, basée sur l’hydroélectricité, apte à promouvoir un développement global et durable.

Il n’entre pas dans mes intentions de prendre parti sur la validité scientifique des propositions d’ordre technique, économique, social et environnemental que les auteurs avancent et justifient pour contrer les arguments des opposants au projet. Je n’en ai en suffisance ni les capacités scientifiques, ni l’expérience technique, ni la connaissance du terrain. D’autre part, je ne voudrais pas être accusé de partialité dans la mesure où l’un des auteurs, M. Ndiadia Kabongo, fut mon étudiant lors de ses études de Maîtrise en Sciences de l’Environnement à la Fondation Universitaire Luxembourgeoise (FUL) d’Arlon, en Belgique, Institution interuniversitaire et internationale dédiée à la problématique de l’Environnement.

Ma réflexion sera d’ordre éthique, nourrie notamment lors de mes enseignements et recherches à l’Université de Dakar entre 1979 et 1989, en collaboration effective avec mes étudiants de 3ème Cycle de l’Institut des Sciences de l’Environnement (ISE). Cette Institution originale avait été créée en 1979, par le Président Senghor, avec l’aide de la Coopération belge, pour faire face aux conséquences dramatiques de la sécheresse survenue au Sahel lors des années 1970. Il en résultait un phénomène de désertification galopante affectant durablement les sols, l’eau et les forêts, et en conséquence, la vie et la survie des populations.

Tout au long de ma carrière universitaire, j’ai poursuivi, développé et systématisé cette réflexion initiée au Sénégal. Je souhaitais fonder une éthique environnementale, généralisable à toutes les cultures, et susceptible d’orienter les chercheurs, les gestionnaires et les éducateurs dans leur approche des questions d’environnement.

Pour simplifier, je recours volontiers à l’acronyme STAR, illustrant les quatre valeurs fondamentales, à rencontrer nécessairement pour valider sur le plan éthique toute prise de position en matière d’environnement, que ce soit sur le plan individuel ou sur le plan collectif. Ces quatre valeurs, enchaînées l’une à l’autre dans un ordre logique, se constituent en système. Ce sont la Solidarité, la Tolérance, l’Autonomie, la Responsabilité. C’est à l’aune de ces valeurs universelles que je me suis permis d’examiner l’argumentaire proposé par les deux auteurs.

La Solidarité. Elle se base sur la reconnaissance du droit fondamental de tout homme et de tout peuple à disposer des moyens vitaux pour son développement harmonieux, en interaction avec son environnement naturel et humain. Elle postule donc l’interdépendance active et volontaire entre les individus et les collectivités pour rencontrer cet objectif ontologique. Dans le cas qui nous occupe, il s’agit de libérer de l’énergie pour raisons humanitaires : la réduction de la pauvreté, l’amélioration des conditions de vie, la régression des inégalités, et pour des raisons environnementales : éviter la déforestation massive et contrer le changement climatique. La priorité doit être altruiste : le développement collectif et non le gain individuel. Cet esprit de solidarité humaine et environnementale me semble clairement au cœur de l’initiative des auteurs.

La Tolérance. Elle s’appuie sur la reconnaissance et la valorisation de la diversité des individus et des collectivités (familles, clans, tribus, peuples…). Par souci d’enrichissement mutuel, il convient donc de prendre des avis éclairés, de tenir compte des contradictions normales, de rencontrer les objections justifiées, de rechercher le plus large consensus. Il convient aussi de se fonder sur la plus grande acceptabilité sociale. Mais il est tout aussi indispensable de faire preuve de lucidité, pour démonter les a priori et se préserver des idéologies partisanes et anti-solidaires. Il apparaît, en l’occurrence, que l’intolérance ne se situe pas du côté des auteurs.

L’Autonomie. Elle concerne la capacité des individus et des groupes sociaux à comprendre leur propre environnement et à se situer au mieux en son sein pour leur vie et leur développement. Dans cette perspective, n’est-ce pas d’abord aux Africains et pour ce projet de barrage du Grand Inga, aux Congolais eux-mêmes, de décider en toute souveraineté du type de réalisation technique à promouvoir pour servir leurs objectifs humanitaires et environnementaux spécifiques ? Car ils sont les autochtones et partant, les plus concernés pour déterminer, en connaissance de cause, les conditions et les projections du progrès qu’ils souhaitent pour eux-mêmes. On ne peut nier que cette référence à l’autonomie soit une ligne directrice choisie par les auteurs.

La Responsabilité. Elle suppose l’adhésion aux trois valeurs précédentes. Elle s’applique à la relation à autrui, aux générations futures, à la nature. Elle implique le respect de la vie humaine et celle des écosystèmes. En un mot, elle porte sur l’Environnement, au sens où je le comprends, c’est-à-dire comme un « Ecosociosystème ». Mais c’est essentiellement une pratique d’aboutissement, en prise sur le réel, qui vise à mettre en œuvre dans le projet, les trois valeurs antérieurement définies. Elle suscite l’engagement des personnes et/ou des groupes de référence, en la circonstance, celui des scientifiques, en interrelations disciplinaires et celui des politiques qui eux, doivent rendre des comptes devant les citoyens et devant l’Histoire.

Rappelant avec pertinence les aléas antérieurs du « projet de barrage Grand-Inga » et analysant avec rigueur les arguments favorables et les contre-arguments des opposants, les auteurs ne manquent donc pas à leur responsabilité personnelle. En ce faisant, ils lancent une sorte d’appel pressant au monde scientifique et politique de leur pays et à leurs plus illustres responsables. Puissent-ils être entendus et compris !

Louis Goffin :Professeur e. r. de « Problématique de l’Environnement » aux Universités de Dakar, Bruxelles et Louvain ; Professeur et Directeur honoraire de la Fondation Universitaire Luxembourgeoise d’Arlon (FUL), au Département des Sciences et Gestion de l’Environnement de l’Université de Liège.

RÉSUMÉ

Nous dénonçons l’obscurantisme dans le chef des Activistes-Opposants nationaux et occidentaux qui ont initié de virulentes campagnes contre le Projet de barrage hydroélectrique Grand Inga. Leurs arguments peuvent être regroupés en neuf principales catégories :

- Arguments géopolitiques et Promotion d’une idéologie ;

- Grande faiblesse de la gouvernance et Insécurité ;

- Destruction de l’écosystème fluvial ;

- Destruction de l’écosystème terrestre ;

- Production des GES et le changement climatique ;

- Déplacement des communautés locales ;

- Santé Publique ;

- Corruption et Endettement du pays ;

- Solutions alternatives au Barrage Grand Inga.

Au lieu d’être purement scientifiques ou tout simplement objectifs, ces arguments véhiculent plutôt une idéologie, elles sont de nature à porter atteinte à l’intégrité territoriale et à la souveraineté de la R.D. Congo. Certains arguments sont totalement erronés, ils ne correspondent à aucune réalité sur le site d’Inga, ils relèvent tout simplement d’une virulente campagne de désinformation massive. Certains autres sont tirés des études effectuées sur d’autres continents et appliqués au site d’Inga sans aucune réévaluation in situ. Enfin, d’autres arguments, bien que fondés, sont intentionnellement exagérés face aux énormes bénéfices que les populations autochtones de la région d’Inga, toutes les populations de la R.D. Congo et de l’Afrique entière pourraient tirer de la mise en valeur de ce gigantesque potentiel énergétique.

Toutes ces assertions ont été systématiquement et méthodiquement réfutées à l’aide de puissants arguments scientifiques. Ce qui a permis de mettre à nu les véritables enjeux cachés des campagnes des ONG et institutions de recherche scientifique occidentales et de certains groupes autochtones instrumentalisés par ces dernières.

L’un des cinq principaux objectifs énoncés dans l’exposé des motifs de la Loi no 14/011 du 17 Juin 2014 relative au Secteur de l’Électricité oblige l’État congolais de : « faire de la République Démocratique du Congo une puissance en matière d’énergie électrique». Pour répondre à cette obligation, la R.D. Congo devra utiliser tout son potentiel énergétique estimé à 100 000 MW dont 44 000 MW sur l’unique site d’Inga. Les autres sources d’énergie renouvelables sont : l’énergie solaire ; l’énergie éolienne ; l’énergie géothermique ; l’énergie nucléaire et la biomasse en plus des nombreux autres sites de moindre importance d’énergie hydroélectrique. D’après les résultats de nos études, ces sources alternatives ne présentent d’intérêt que comme infrastructures d’appui, complémentaires au grand réseau hydroélectrique du Grand Inga. Seule la mise en valeur de tout le site d’Inga (Phases 3 à 8) pourrait, dans moins de 25 ans, permettre à la R.D. Congo de fournir suffisamment d’énergie électrique propre, non polluante, renouvelable et moins coûteuse et qui serait en plus un moyen de lutte contre la pauvreté des populations et la bombe démographique imminente, la déforestation massive et le changement climatique. Cette énergie ferait tourner ses compagnies minières d’extraction et de transformation des minerais en produits finis. La R.D. Congo pourra ainsi imposer sa stature sur le marché mondial des minerais stratégiques (coltan, lithium, cobalt, etc.), entrevoir avec assurance son émergence socio-économique et devenir la locomotive économique pour l’Afrique.

En ce qui concerne le déplacement/relocalisation des populations autochtones qui seront affectées par cette infrastructure énergétique (Les Makhuku Vunda, Makhuku Manzi, Makhuku Futila, Ngimbi, Numbu, Mbenza. Mvuzi 3, Lubuaku, Lundu, Kilengo, Kulu 1, Kulu 2, Kulu 3, Kimufu, Manzi, Yalala, Lufundi 1, Lufundi 2, etc.), l’État congolais, selon l’article 58 de la Constitution, devrait envisager une indemnisation en nature pour tous :

- déplacer, après consultation, ces populations dans un rayon de 50 à 100 km des zones qui seront affectées par le barrage Grand Inga ;

- construire une cité moderne qui accueillerait toutes les populations autochtones déplacées des villages énumérés ci-dessus. L’électricité et l’eau leur seront fournies à des prix modiques, symboliques. Cette mégacité, surnommée déjà « la Cité de l’Énergie d’Inga », sera un véritable site touristique pourvu de toutes les infrastructures modernes.

La « Cité de l’Énergie d’Inga » présente les avantages suivants pour l’État congolais :

1.- créer une nouvelle entité économiquement viable en réunissant tous les hameaux actuels, malheureusement qualifiés de villages ;

2.- décongestionner et moderniser la ville de Matadi afin de lui donner une nouvelle dimension qu’elle mérite en tant que ville historique du pays ;

3.- créer dans la région d’Inga un « Pôle national d’excellence en matière d’énergie hydroélectrique » soutenu par la création de l’Université nationale d’Inga (UNINGA), dont la principale mission sera la formation des ingénieurs, des scientifiques et des techniciens énergéticiens de très haut niveau, destinés à la recherche, l’innovation et le développement dans le domaine des énergies ;

4.- préparer un espace qui va accueillir une grande gare multimodale moderne, avec une double voie ferrée pour TGV qui relierait Kinshasa à l’Océan Atlantique (Muanda, Banana) et les autres coins du pays.

Cette vision a le mérite de s’intégrer dans le Plan national de Développement de notre pays. Sa réalisation matérielle ne pourrait être possible que si la R.D. Congo élimine toutes les menaces internes et externes et surtout déjoue les enjeux cachés.

Les études prospectives et stratégiques ont mis en évidence l’importance du continent africain en ce qui concerne ses ressources minérales, ses réserves en eau douce et ressources énergétiques, ses grandes superficies de terres arables, ses grandes forêts représentant le deuxième poumon de la planète, etc. La R.D. Congo, vaste pays au cœur de ce continent, réunit à elle seule toutes ces ressources et se trouve au centre de toutes les convoitises à la base de son pillage. Les campagnes des activistes-opposants au Projet de barrage Grand Inga sont à inscrire dans ce contexte général. Elles visent, à défaut de l’empêcher, à retarder le plus longtemps possible la mise en valeur de tout le « Trigone de la Puissance énergétique de la R.D. Congo » afin que ce pays demeure à l’état de réservoirs de matières premières et de déversoir des produits finis du monde occidental. En plus, ces campagnes ont des enjeux cachés de trois ordres, à savoir : les enjeux géoéconomiques, géostratégiques et géopolitiques.

Au niveau africain, les auteurs démontrent que le Barrage Grand Inga est la solution à la crise entre l’Éthiopie, l’Égypte et le Soudan.

ABSTRACT

We denounce obscurantism on the part of the National and Western Activist-Opponents who initiated virulent campaigns against the Grand Inga Hydroelectric Dam Project. Their arguments can be grouped into nine main categories:

- Geopolitical arguments and Promotion of an ideology;

- Great weakness of Governance and Insecurity;

- Destruction of the river ecosystem;

- Destruction of the terrestrial ecosystem;

- GHG production and Climate change;

- Displacement of local communities;

- Public Health;

- Corruption and Public debt of the country;

- Alternative solutions to the Grand Inga Dam.

Rather than being purely scientific or simply objective, these arguments rather convey an ideology; they are likely to undermine the territorial integrity and sovereignty of the DR Congo. Some arguments are completely wrong, they do not correspond to any reality on the Inga site, and they are simply the result of a massive and virulent campaign of disinformation. Some others are taken from studies carried out on other continents and applied to the Inga site without any in situ reassessment. Finally, other arguments, although well founded, are intentionally exaggerated in the face of the enormous benefits that the autochthonous populations of the Inga region, all the populations of the DR Congo and all of Africa could derive from the development of this enormous energy potential. All of these claims have been systematically and methodically refuted with powerful scientific arguments. This allowed to expose the real hidden issues of the campaigns of Western NGOs and scientific research institutions and of certain local groups exploited by them.

One of the five main goals in the statement of reasons for the Act No. 14/011 of June 17, 2014 relating to the Electricity Sector forces the Congolese State to: « Make the Democratic Republic of the Congo a power in terms of electrical energy ». To meet this obligation, DR Congo will have to use its entire energy potential estimated at 100,000 MW, including 44,000 MW at the only Inga site. The other renewable energy sources are: solar, wind, geothermal, nuclear and biomass in addition to many other smaller hydroelectric power sites.

According to the results of our studies, these alternative sources are only of interest as supporting infrastructures, complementary to the large hydroelectric network of Grand Inga. Only the development of the entire Inga site (Phases 3 to 8) could in less than 25 years allow DR Congo to provide sufficient clean, non-polluting, renewable and less expensive electrical energy that would be in addition a means of struggling poverty among populations and the impending demographic bomb, massive deforestation and climate change. This energy would make turn its mining companies to extract and transform ores into finished products. The DR Congo will thus be able to impose its stature on the world market for strategic minerals (coltan, lithium, cobalt, etc.), foresee with confidence its socio-economic emergence and become the economic locomotive for Africa.

Regarding the displacement / relocation of indigenous populations who will be affected by this energy infrastructure (Makhuku Vunda, Makhuku Manzi, Makhuku Futila, Ngimbi, Numbu, Mbenza. Mvuzi 3, Lubuaku, Lundu, Kilengo, Kulu 1, Kulu 2, Kulu 3, Kimufu, Manzi, Yalala, Lufundi 1, Lufundi 2, etc.), the Congolese state, according to article 58 of the Constitution, should consider compensation in kind for all:

- move, after consultation, these populations within a radius of 50 to 100 km from the areas that will be affected by the Grand Inga Dam;

- build a modern city, which would welcome all the indigenous populations displaced from the villages listed above. Electricity and drinking water will be supplied to them at low, symbolic prices. This megacity, already nicknamed « the City of Energy of Inga », will be a real tourist site provided with all modern infrastructures.

The « City of Energy of Inga » has the following advantages for the Congolese state:

1.- create a new economically viable entity by bringing together all the current hamlets, unfortunately qualified as villages;

2.- decongest and modernize the city of Matadi in order to give it a new dimension that it deserves as the historic city of the country;

3.- create in the Inga region a « National Pole of Excellence in Hydroelectric Power » supported by the creation of the National University of Inga (NUINGA), whose main mission will be the training of engineers, very high-level energy scientists and technicians for research, innovation and development in the energy sector;

4.- prepare a space which will accommodate a large modern multimodal station, with a double railroad for TGV which would connect Kinshasa to the Atlantic Ocean (Muanda, Banana) and the other regions of the country. This vision has the merit of being integrated into the National Development Plan of our country. Its material realization could only be possible if the DR Congo eliminates all internal and external threats and thwarts the hidden issues.

Prospective and strategic studies have highlighted the importance of the African continent with regard to its mineral resources, fresh water and energy resources, large areas of arable land, large forests representing the second lung of the planet, etc. The DR Congo, a vast country at the heart of this continent, alone brings together all these resources and is at the center of all the lusts at the base of its plunder.

The campaigns of activists-opponents to the Grand Inga Dam Project must be seen in this general context. They aim, if not to prevent it, to delay as long as possible the development of the whole « Trigone of the Power of DR Congo » so that this country remains in the state of reservoir of raw materials and western world finished product spillway. In addition, they have hidden challenges of three orders, namely: geoeconomic, geostrategic and geopolitical issues.

Finally, at the African level, the authors demonstrate that the Grand Inga Dam is the solution to the crisis between Ethiopia, Egypt and Sudan.

INTRODUCTION