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"Prosopopées et illusions poétiques" est un recueil fascinant qui explore l’âme des objets et des émotions humaines à travers la prosopopée, un art littéraire qui donne voix aux choses inanimées. Cet ouvrage, avec une infinie tendresse, anime ces objets comme s’ils avaient des pensées et des sentiments. Chaque poème offre une nouvelle perspective du monde, mêlant douceur, charme et une touche d’humour délicat. L’auteur y déploie sa sensibilité et son originalité, signature de ses précédents recueils.
À PROPOS DE L'AUTEUR
Jeff StPierre, romancier et poète à l’imagination débordante, explore divers styles littéraires, du roman à la poésie en passant par l’humour. Son regard tendre et bienveillant sur le monde véhicule souvent des messages d’amour et de paix. Fort de son expérience, acquise à travers des mémoires et une thèse de doctorat, il invite ses lecteurs dans ce recueil à découvrir un univers onirique, attendrissant et parsemé d’humour délicat.
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Seitenzahl: 29
Veröffentlichungsjahr: 2026
Jeff StPierre
Prosopopées
et illusions poétiques
Recueil
© Le Lys Bleu Éditions, Paris, 2025
www.lysbleueditions.com
ISBN : 979-10-422-9697-1
Objets inanimés, avez-vous donc une âme qui s’attache à notre âme et qui la force à aimer.
Alphonse de Lamartine
Chères lectrices, chers lecteurs,
C’est avec beaucoup de plaisir que je vous présente mon dernier recueil de poésie, qui s’éloigne un peu des précédents, plus sentimentaux. Pour moi, la poésie est une sculpture dans le rêve et c’est aussi la source où l’âme va se désaltérer. Mais c’est aussi un moyen d’exprimer d’autres sentiments, et c’est ce que je vous propose de découvrir en souhaitant que ce recueil vous plaise et vous fasse passer un agréable moment. J’ai cherché à lui apporter une certaine originalité, par son caractère tendre ou amusant, parfois inattendu, comme le dernier texte qui est une fable pleine d’humour et réjouissante.
Je vous souhaite une bonne lecture.
Ce n’est pas parce que les choses qui nous entourent ne sont pas dotées de la parole qu’elles n’ont rien à dire.
Nous nous attachons beaucoup à certains objets, au point que nous aimerions leur donner la parole.
Et si les objets pouvaient parler, que pourraient-ils dire et nous confier, de manière amusante ou plus sensible ?
La prosopopée (nom féminin)
La prosopopée est une figure de rhétorique par laquelle on fait parler, et même parfois agir, une personne défunte, un animal ou une chose personnifiée.
L’écrivain qui l’a utilisé avec le plus de réussite et de plaisir pour le lecteur est sans doute Jean de La Fontaine, dont la grande majorité de ses fables reposent sur cette forme d’expression littéraire.
Chateaubriand était très sensible à cette figure et l’a utilisée dans la quatrième partie de ses Mémoires d’Outre-Tombe.
Dans le sombre cagibi,
Gît, là, mal loti,
Un vieux balai aigri
Par une vie de soucis
Ce fut des années folles
À danser la carmagnole
Et des tangos espagnols
Jusqu’à en perdre la boussole,
Puis au fil du temps, le poil usé
Il fut oublié, maudit, puis jeté
Comme un pauvre damné.
« Allez ! Ouste, du balai ! »
Mais que croyez-vous qu’il arrivât ?
Une pauvre, à son goût, le trouva
Elle le prit et l’emporta.
Voulez-vous la suite, la voilà
La vieille femme, impécunieuse,
Était, par force, douce et soigneuse.
Elle n’était point vilaine mégère.
On la disait volontiers bonne mère
Ce ne fut, avec elle, que valses légères
Entre les meubles et les étagères
Mais un jour, le vieux balai rendit l’âme
Et je crois bien qu’elle versa une larme
Poussière, je suis la poudre du temps
Qui se soulève au moindre vent
On me chasse en tous lieux, on me maudit
On me hait, on me voue aux gémonies
Je me cache, je me terre, je me tapis
Sous les meubles, les lits, les tapis
Dans les coins, recoins, sous les carpettes
Partout, je ne suis que trouble-fête
On me recherche, on me poursuit
J’entends sonner, ici ou là, le hallali
Pelles, chiffons et force balayettes
On m’essuie sans cesse, on m’époussette
Je ne suis pourtant que poussière
Signe de temps, témoin des heures
On me dessine parfois des fleurs et des cœurs
Et ne serons-nous pas, un jour, tous poussière
Qu’elle était droite et fière, la fidèle amante
Dans la maison de ma vieille tante
Elle sentait bon la cire et le bon temps
Quand chantaient nos grands-parents
Au rythme de ce cœur qui bat
Sans faillir, jusqu’à son trépas
