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Fin des années 60 en France, Anna, 4 ans, est abandonnée à l’hôpital Saint-Vincent de Paul. Elle devient pupille, et sous la « protection » de l’État ira de Charybde en Scylla, de familles d’accueil en famille d’adoption.
Victime de mauvais traitements dès l’âge de 5 ans, elle échouera auprès de parents adoptifs pervers. La vie se révélera insupportable, et sans les quelques bons Samaritains qui lui ont tendu la main, elle ne serait peut-être plus de ce monde.
De quoi peut être faite une vie d’adulte quand l’enfance a été un cauchemar ? Anna en devient très malade.
En 2018, une crise cardiaque, suivie d’une Expérience de Mort Imminente (EMI), la révèlent à elle-même. Mais est-il nécessaire de passer par ces épreuves pour apprendre à vivre bien et se découvrir soi-même autrement que vilaine et encombrante, comme on le lui a si souvent seriné ?
À PROPOS DE L'AUTEURE
Anna Nathalie D. est née le 27 mai 1964. Placée à l’âge de 4 ans à la DASS, elle est adoptée quelques années plus tard. Enfance et adolescence difficiles, le passé s’efface et la vie continue. À la cinquantaine, ses souvenirs et sa colère ressurgissent. Suite à une EMI, Anna décide de témoigner de son enfance malmenée et de ce qu’elle nomme sa résurrection. Elle se lance alors dans l’écriture de ce récit avec la co-auteure Bénédicte Bonnet, née le 18 juin 1969, auteure de plusieurs ouvrages pédagogiques et pratiques.
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Veröffentlichungsjahr: 2021
Anna Nathalie D. & Bénédicte Bonnet
Pupille 0877PE
Témoignage
Cet ouvrage a été composé et imprimé en France par
Libre 2 Lire
www.libre2lire.fr — [email protected]
9, Rue du Calvaire — 11600 ARAGON
Tous droits de reproduction, d’adaptation et de traduction intégrale ou partielle réservés pour tous pays.
ISBN Papier : 978-2-38157-192-8
ISBN Numérique : 978-2-38157-193-5
Dépôt légal : 2021
© Libre2Lire, 2021
Remerciements & dédicaces
Je dédie ce livre, témoin d’une enfance heurtée…
À mes enfants, Cindy et Axel : Vous m’avez aidée à enterrer mon passé, à accepter mon présent et à aimer la vie. Depuis votre naissance jusqu’à aujourd’hui, je bois avec délectation l’Amour et la Joie dont vous me gratifiez.
À Laurence, Valérie, Babeth, Jean-Paul et Bernard, mes frères et sœurs : Votre amour a fait de moi ce que je suis aujourd’hui, malgré notre longue séparation forcée. Je vous AIME.
À Muriel, ma fidèle amie : Pour le soutien que tu m’apportes et l’amitié que tu m’offres depuis maintenant 22 années. Ton affection et ta présence à mes côtés me sont source de force pour affronter la vie et la maladie. Je ne m’acquitterai jamais assez de cette merveilleuse dette envers toi.
À Pierre, mon ami : sans toi, je ne me serais jamais lancé dans l’aventure d’endosser l’habit de l’écrivaine. Sans toi, je n’aurais jamais cru en moi.
À Bada, mon petit Lotus empli de trésors : Tu as partagé avec moi tous les moments de la réalisation commune de ce livre, tant dans la réalisation que les émotions qui lui sont liées.
À Jean-Yves, mon instituteur et Michèle, son épouse : grâce à vous deux, je suis passée de la dernière de la classe à la première place. Grâce à vous deux, j’ai découvert que tous les adultes n’étaient pas de « vilains monstres » ;
Et enfin, à mes quelques amis : Vous vous reconnaîtrez. Merci pour l’amitié, elle m’a aidée à prendre confiance en moi.
Anna Nathalie D.
Ce que vous allez découvrir dans ce témoignage, ce sont mes deux vies. Ces « deux vies », je les offre comme exemple et, si je peux me permettre sans être trop ambitieuse, comme moyen d’élévation. L’élévation, je l’ai connue lors de ma deuxième vie, précisément.
Après des épreuves, tant d’épreuves… Pourtant, il n’est pas nécessaire d’avoir à franchir autant d’obstacles que ceux qui ont été posés sur ma route, mais peut-être, en avais-je besoin afin d’être conduite vers la lumière du monde ? J’ai donc vécu pendant une grande partie de ma vie en escaladant des montagnes de colère, en chutant dans des cavernes d’obscurité. C’est mon chemin que je vous livre ici. Brut.
Bien souvent, nous avons le sentiment de connaître plusieurs vies en une seule. Notre deuxième vie commencerait-elle lorsque nous comprenons que nous n’en avons qu’une ? Que nous découvrons, humblement, que nous sommes des êtres mortels et donc limités ?
Pour ma part, il m’a fallu véritablement mourir au monde pour me découvrir et m’offrir à la vie. Il m’a fallu passer par des chemins de traverse pour apprécier qui j’étais et qu’elle était « ma mission » sur cette terre.
Pour faire bref, j’ai connu une expérience de ce que l’on nomme mort provisoire. Simplifions en disant E.M.I (Expérience de Mort Imminente). Côtoyer la Mort m’a littéralement sauvée ; cela m’a ouvert à l’être lumineux que j’étais et que nous sommes tous et toutes sans, bien souvent, en être conscients…
Ma première vie, longue d’une cinquantaine d’années, et en particulier mon enfance, est dure et douloureuse. Pourtant, je ne veux pas tomber dans le misérabilisme… Ce ne sont que des faits. Rien que des faits qui se sont produits un jour sur terre.
Enfant puis femme soumise, terrorisée et violentée puis percluse de colère, je puis affirmer qu’à cinquante-quatre ans, ma mort provisoire fut un cadeau sensationnel. L’E.M.I m’a offert le cadeau de ma vie ! Car j’y ai découvert l’amour inconditionnel. Je me suis réparée et augmentée. Outre la colère qui a trépassé, j’ai reçu des capacités diverses, aussi bien scientifiques que médiumniques.
Et aujourd’hui, je me découvre une Autre. Alors, aidée de cette force nouvelle, portée par elle, j’ai posé un nouveau regard sur la vie : « tu as la chance inouïe de revivre ! Fais-en quelque chose. Tourne-toi vers tes semblables, tes frères, et transmets-leur ce que ton passage dans l’au-delà t’a offert comme expérience. Transmets et ne recule jamais ! »
Rien d’allumé dans mes paroles, rien d’halluciné, des faits encore, uniquement des faits.
À présent, je n’ai plus peur de la mort. J’espère ainsi vous apprendre que là-haut (appelez-le comme vous voulez) l’amour seul a une valeur. J’ai cinquante-six ans, c’est un bel âge pour commencer à vivre…
On s’est bien joué d’elle. Depuis son abandon vers quatre ans jusqu’à sa vie de femme, on s’est bien joué d’elle. Anna. Petite, douce, friable et innocente Anna. Deux syllabes écloses et aussitôt broyées dans une société, par une société qui ne prend pas soin des siens les plus faibles.
Alors quoi ? La colère, la colère dans son masque de fer est salutaire. Mais la colère que l’on étouffe sans cesse est destructrice. Elle tue à petit feu. Elle s’infiltre doucement, insidieusement dans les veines de qui la porte. Elle palpite d’abord comme la vie, puis elle s’incruste et finit par brûler les cellules saines, l’énergie qui veut se débarrasser de ce fardeau trop lourd. La colère est une mauvaise amie quand elle s’infiltre seule dans les tissus humains.
La colère, Anna la connaît bien.
Anna, pupille de l’État, matricule 0877PE.
Anna, pupille d’un État salutaire. D’un État indifférent au sort des siens.
Voilà qu’on en arrive à l’Aide Sociale à l’Enfance (ASE), à ce que l’on nomme par le passé la DDASS. L’ASE censée protéger, aider, porter secours à ses enfants abandonnés ou maltraités. Connaissez-vous ? Vous en avez entendu parler ? Où vont tous ces enfants dont pas un seul ne rit, écrit Victor Hugo au XIXe siècle. Au XXe siècle, mais au XXIe siècle aussi, certains de nos enfants vont dans des familles d’accueil. Chez des parents de substitution. Des parents, des lieux accueillants et chaleureux ? Nos pupilles se retrouvent trop souvent dans des lieux incertains, des lieux où l’on ne s’occupe plus d’eux. Bien entendu, quantité d’exceptions existent. Heureusement. Mais certains, trop encore, sont envoyés dans des familles et comme oubliés. Placés tels des bêtes ou pire, des bibelots. Ils l’ont bien cherché, semble nous dire cette société qui gère avec si peu de soin le sort de ces enfants-là.
Une société qui ne protège pas ce qu’elle a de plus fragile est une société barbare.
J’entre à peine dans la vie et grâce à toi, je ne crois plus à rien ni à personne.
Hervé Bazin, Vipère au poing
Je suis un signe d’air. Née Gémeaux, le 27 mai 1964. Mes parents s’appellent Anaïs et Loup. J’ai déjà deux sœurs aînées, des jumelles, Claire et Elsa. Et moi, je me nomme Anna Nathalie D. Jusque-là tout va bien. Ma mère va bientôt accoucher d’une troisième fille, ma petite sœur Esther. Nous serons bientôt quatre dans la famille.
Je ne sais que peu de choses de Loup, mon père. J’en apprendrai beaucoup sur lui quand j’aurai 35 ans. Pour l’instant, il y a ma mère, douce entre toutes, et mon père. Tout est normal et jusque-là tout va bien… Je joue. On s’occupe de moi. Mes grandes sœurs me maternent et me tripotent car je suis une petite fille grassouillette. Je gazouille dans le bonheur sans savoir que tout cela, cette famille réunie, est le bonheur. Je grandis.
*
Puis un jour, la machine s’emballe et mon père s’en va. Ma mère attend notre petit frère. Le futur Lou que je ne connaîtrai qu’adulte. Le futur Lou qui portera, à une lettre près, le prénom de notre père.
