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Une soirée poker entre copains, rien de plus banal. Mais voilà, tout bascule quand Max, l'éternel célibataire, accepte de relever un pari fou; celui de se marier dans les trois mois et trois jours. Aidé par son amie d'enfance, Max va devoir organiser la cérémonie de sa vie sans oublier l'essentiel : trouver sa future épouse ! Une quête de la femme à aimer qui pourrait vite se révéler plus enrichissante que le jeu de départ n'y paraît...
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Seitenzahl: 124
Veröffentlichungsjahr: 2017
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Et si l'amour n'était qu'un jeu ...
Chapitre 1 : LE PARI
Chapitre 2 : 3 MOIS ET 3 JOURS
Chapitre 3 : NICOLAS REMBRANDT
Chapitre 4 : LES COPINES DE KATARINA
Chapitre 5 : L’ABBE MICHOU
Chapitre 6 : ESTELLE
Chapitre 7 : LE SHOW ROOM
Chapitre 8 : CHATEAU LE GRAND
Chapitre 9 : CONFESSIONS INTIMES
Chapitre 10 : DIVIN MENSONGE
Chapitre 11 : J - 30
Chapitre 12 : ALICE
Chapitre 13 : AVIS DE TEMPETE
Chapitre 14 : 3 MOIS ET 3 JOURS PLUS TARD, PARI TENU
Chapitre 15 : 3 MOIS ET 3 JOURS PLUS TARD, PARI PERDU
Ce soir là nous étions quatre, attablés, prêts à en démordre avec les cartes. Seule Katarina manquait à l’appel. C’était la fille de la bande. Elle n’avait pas pu se libérer, retenue, selon toute vraisemblance, par une affaire de cœur. Une nième rupture à n’en pas douter. Une déception sans précédent une fois de plus. Elle ne s’en remettrait pas, comme toutes les autres fois où catastrophée par sa condition de femme seule, elle avait pensé partir en exil loin, très loin, à l’autre bout du monde à la recherche de la paix intérieure rendue accessible par la plénitude et le calme d’un utopique Ashram perdu dans la campagne indienne, sorte de communauté des béatitudes pour occidentaux en manque d’exotisme et de boboitude. Elle devait donc être en plein cataclysme émotionnel, lequel céderait bientôt sa place à une curiosité insatiable de nouvelle rencontre ou de nouvelle attraction sociétaire, aussi éprouvante soit-elle.
Katarina était une fille superbe, pas seulement physiquement. Ok, elle était grande, blonde, stéréotype parfait de la « bimbo » trentenaire en manque d’amour ; naïve aussi au point de tomber follement amoureuse du premier adonis beau parleur venu. Mais voilà, ce qui la rendait vraiment exceptionnelle, c’est justement, qu’au fond, elle n’était pas vraiment celle qu’elle paraissait. Elle avait les pieds sur terre, la tête loin des nuages et les idées bien au sec. Une fille droite, belle, intelligente dotée d’un grand sens de la justesse, qui rejoignait parfois dans un certain excès une forme d’humour. Mais une femme quand même avec ses faiblesses, son irrémédiable envie d’être prise dans les bras d’un père, d’un compagnon, d’une icône masculine forte quoiqu’il en soit. Une énigme donc pour ceux qui cherchent une compagne de vie car elle savait où elle voulait aller et surtout là où elle ne voulait pas finir. En bref, un vrai casse tête humain pour tout macho normalement constitué qui aurait voulu imposer sa loi. Trop problématique donc. Trop torturante.
Pour résumer, une adorable chiante...
Revenons à la soirée, à la table des joueurs. Georges rassemble les cartes devant lui, écarte son verre de vin, du Bordeaux primé médaille d’or par les producteurs indépendants régionaux, et se met à les mélanger avec la dextérité qui le caractérise. Pas très concentré, plutôt taquin même, il nous regarde avec un air fier de lui tout en faisant voltiger les cartes entre ses mains. Il n’en perd jamais une en route. Maintenant bien au chaud les unes contre les autres, entremêlées, les cartes n’attendent plus que la donne, libération ultime d’expression de leur essence même. Georges est un gars sympa, drôle et toujours prêt à s’amuser.
A sa gauche, Vince, la petite blinde. C’est le ténébreux du groupe, le serial lover, lover malgré lui, quelle gageure ! Beau brun, grand, costaud, yeux bleus, un tantinet en mal d’assurance, le tombeur de ses dames. Un peu à la Hugh Grant, mais en moins maigrichon et en beaucoup moins « has been » ! Il est de son temps Vince. Ce soir, il joue gros. Il n’a pas gagné de partie depuis au moins trois mois et commence à se questionner sur le bien fondé de ces soirées poker entre amis pour se détendre. Finalement, il passe la grande majorité de sa soirée à attendre « la » bonne main. Les trois quarts du temps, il n’a pas de jeu de la soirée. Quelques fois, une paire d’As lui tombe entre les mains. Son cœur se met alors à s’emballer, ses pupilles se dilatent, ce que toute la table peut voir lorsque l’on prête un minimum d’attention aux émotions de ses compagnons de jeu, et surtout, indice parmi les indices, son comportement change. Il commence à s’agiter et à parler plus qu’à l’accoutumée. Un petit rictus nerveux lui pince le coin des lèvres.
Preuve fatale, lui, si timide et timoré dans son jeu, n’hésite plus à miser, voire à relancer. Un livre ouvert qui stoppe vite son projet ambitieux de tous nous plumer.
Il doit donc une fois de plus se contenter de quelques os à ronger. Une fois, il a failli nous avoir, failli seulement. Ce soir là, ce fut incompréhensible. Le genre de soirée qui vous échappe, sur laquelle vous revenez plus tard bien après consommation. Vous vous dîtes alors à quel point c’est bien d’être vivant, à quel point la surprise est bonne. A cette fameuse soirée donc, il affichait un self-control à toutes épreuves. Il devait être moitié endormi. Je crois bien qu’il nous aurait tués si ce n’était pas la vie en personne qui avait stoppé net la partie. Paire de dames servie dans ses mains, un roi au flop, une dame au turn. Je m’apprête à retourner la dernière carte quand le portable de Georges se met à sonner. Silence. Carole’s speaking. Carole, sa moitié depuis 6 ans déjà. Georges en décomposition, les lèvres tremblantes, un léger sourire en coin, les yeux humides. L’excitation. Tout va vite, tout s’enchaîne de manière très décomposée et en même temps tellement compréhensible, un peu comme du morse. Les bras de Georges se lèvent, le téléphone vole, des cris, ses cris à lui : « ça y est, je vais être Papa, Carole a perdu les eaux ». Au moins le petit, lui, n’en aura pas fait ... de vieux os. Seulement 8 mois et le voilà de sortie, un petit curieux sans doute. Branlebas de combat, tout le monde sur le pont, les femmes et les enfants d’abord, la partie de carte attendra ou plutôt n’attendra pas. En route pour l’appartement de Georges. Hop Carole dans la voiture. Hop, direction l’hôpital. Dans mon élan, j’écrase hargneusement la dernière carte sur la table, tout tourneboulé par la tournure «saignante » que prend cette fin de soirée. Une dame, une de plus, celle que Vince attendait secrètement depuis des siècles.
Mais la guerre des « Quatre » dames n’aura pas lieu. Vite les manteaux, et nous voilà partis. Mais bon, je digresse, revenons plutôt à notre soirée.
Retour à la table et à cette soirée qui va changer le cours de mon existence. Un fils, non, une fille, non plus, mais un commencement tout de même, un tournant de vie... un vrai.
Le dernier compère s’appelle Jean Michel. Force Tranquille. C’est comme ça qu’on le nomme. Une vraie « pâte ». Un peu bourru, il affiche en toute circonstance un calme olympien et un sourire bonasse qui lui font traverser les plus grands obstacles avec une facilité déconcertante. Ce gars est un mystère pour nous tous. Aimable en permanence même quand il hausse le ton. Prénom improbable pour un jeune homme né en Bretagne dans les années 80. Physique atypique bien que rassurant par son manque d’originalité ; esprit pétillant aussi. JM a une vie que j’envie.
Il est marié depuis peu de temps à Nathalie, une jolie brunette qu’il a rencontrée en jouant de la guitare électrique dans une soirée « Métal ». Oui, oui, lui-même. Jean Miche Miche avec une guitare électrique au milieu du cuir, des strass et des tatouages en train de gueuler (il n’y a pas d’autre terme) à en perdre la voix, la raison aussi. Ils sont heureux, ont acheté un petit pavillon de banlieue proche de Paris (forcément c’est la banlieue) et prévoient de faire plusieurs enfants. Une vie commune, sans surprise apparente mais sans plus de contrôle que cela. JM se laisse bercer par la vie avec la confiance du lendemain. Pas de peur, pas de crainte, pas de doutes inutiles ou destructeurs, juste le désir de croire en son destin. Il n’a pas de plan non plus. Juste le souhait de profiter de ce qui lui est donné. Le repos au naturel, le bonheur au quotidien, à vivre sans se forcer, juste en lui ouvrant les bras, en écoutant la musique vous guider. Ce que chacun de nous devrait pouvoir faire, mais c’est sans compter sur ce que l’on qualifiera de perplexité humaine.
Nous sommes donc tous les quatre à nous observer, à nous jauger pour élire le bluffeur de la soirée. Certains ne quitteront pas la table sans y laisser des plumes. Le vin coule à flot. Les bouteilles se vident, elles regagneront toutes le container à verre avant d’être recyclées pour une seconde vie. Médaillées ou pas, elles trépassent. Les heures aussi passent. La fin de la soirée approche. Nous ne sommes plus que trois à jouer. Vince a rendu les armes ; éternel Vince. Il est tombé sur un brelan de 9, la couleur de JM a eu raison de lui. Georges est tombé de sa chaise, deux fois, mais en attendant, c’est lui qui cheapleade. JM n’est pas loin derrière. Je n’ai plus beaucoup de jetons. Je devrais être le prochain à quitter la table. Mais voilà, l’appel du jeu. L’espoir, toujours l’espoir ; l’alcool aussi peut-être font que je ne veux pas quitter le jeu ce soir sans avoir tout tenté. Il me faut remporter le combat. On en a vu des retournements de situation. Il paraît même que les miracles existent, à condition d’y croire très fort et surtout d’être patient. C’est d’ailleurs ce que m’a dit mon patron lorsque je lui ai demandé ma dernière augmentation.
C’est au tour de Georges de dealer. Le mélange des cartes est maintenant approximatif. La vitesse d’exécution est plus déroutante qu’impressionnante. Enfin le premier tour de table de cette hypothétique dernière partie en ce qui me concerne. Roi et dix de pic. Voilà mon jeu. Sur la table, neuf de pic, quatre de cœur et as de pic. Qu’il est beau tout ce noir sur la table. Je vise la couleur, bien sûr. 1er tour : prudent, je n’ai quasiment plus de jetons, je check avec hésitation pour ne pas attirer l’attention. JM, imperturbable, check à son tour attendant de voir ce que Georges va jouer. Check de Georges. Bizarre mais plutôt rassurant. Le turn. Alléluia, un quatre de pic. J’ai ma couleur avec un Roi en jeu. Je check à nouveau pour ne pas paraître trop impatient et éveiller les soupçons. Je me dis alors que je fais un bon stratège. L’espoir grandit. Il me fait vivre en silence, le plus discrètement possible.
JM ne me regarde même pas. Il est concentré sur Georges, son principal adversaire du soir. Il relance, une belle grosse mise comme il sait faire. Georges sent le coup fourré, hésite, risque de renverser une fois de plus son verre de vin, met dangereusement une fesse hors de sa chaise, retrouve son équilibre et jette négligemment mais en grommelant des sons incompréhensibles les jetons nécessaires sur le tapis pour relever le défi. Je suis. Je mets donc mon tapis, tout riquiqui.
Il n’atteint même pas la valeur du quart de la mise de JM. Mes adversaires me regardent alors interrogés. A quoi joue t-il ? A quoi joue-je (pour le fun) ? Doivent-ils compter sur moi ? Aurai-je finalement du jeu ? Georges essaie d’en savoir plus et me regarde droit dans les yeux. Ce n’est pas beau à voir. Nous n’arrivons même pas à nous fixer à deux mètres.
Nos yeux divergent dans tous les sens. J’ai l’impression qu’en fait, il scrute mes nouvelles rides de front. Je crois qu’il n’arrive pas à tenir le cap. Eh, tout droit, de chaque coté du nez. Rien à faire. Son état d’ébriété n’est pas du bluff. J’ai un coup à jouer. Il est rond, pour sûr. Quant à JM, c’est un bluffeur de première. Il n’a rien non plus, j’en suis sûr. Rien de plus qu’une assurance démesurée. 3ème tour : alors que je suis encore dans mes pensées à me questionner sur le peu d’intérêt que j’ai à remporter cette partie (le gain potentiel pour moi est minime), Georges retourne la dernière carte. Neuf de carreau. C’en est trop. Il me faut agir. Je vais gagner cette partie et veux qu’elle soit lucrative au possible. Alors que Jean Michel joue à son tour son tapis, je lance un grand, fort, mais pas très distinct car un peu enivré, « STOP », qui réveille Vince affalé sur le canapé depuis près d’une heure. Messieurs, mes amis, je demande audience. Le ton devient presque solennel. Puis je déroger à la règle ? Voilà, je souhaite pouvoir donner plus pour me caler sur vos mises.
Pas possible, tu n’as plus de jetons me rétorque JM. Tu as joué petit toute la soirée, tu gagneras petit. Georges semble d’un autre avis. Il dodeline une fois de plus sur sa chaise. Hésitation, quand tu nous tiens.
Pourquoi ne pas jouer ? Tu veux jouer, alors jouons. Ok, dit-il mais la mise est lourde, alors il va falloir donner... Un pari ? Mais au préalable, il doit s’entretenir avec JM. Un pari, ça ne se prend pas à la légère, surtout à 2h du matin, tout devient lourd, des paupières à l’enjeu en passant par mes camarades de jeu. Et voilà mes compères en cuisine pour débattre à huit clos. Que mijotent-ils ? Vince les rejoint, réveillé par l’originalité de l’évènement.
Un bon quart d’heure passé, alors que je suis à moitié endormi sur la table, le « trois » clos regagne la table. Les trois maniganceurs sont plutôt souriants. Je dirai même plus, fiers d’eux. Mauvais signe. Georges marche de nouveau droit. Il s’est refait une petite santé dirait-on. Vince sautille un peu plus loin. J’hallucine. Qu’on t-il bu dans cette cuisine ? Je n’ai pas le temps de m’appesantir sur la question. Georges prend la parole. Voilà ce que l’on te propose Max. Max est mon nom. JM et moi jouons chacun notre tapis, c’est bien au-delà de tout ce que tu peux espérer gagner ce soir, en contre partie, toi, tu mises sur un pari. Roulement de tambours. Faîtes sonner les clairons.
Le pari : un mariage ; TON mariage ! Si tu perds, tu devras te marier avec qui tu veux sur cette Terre mais avant mon anniversaire, soit au plus tard le 03 Septembre, dans trois mois et trois jours.
Attention, crie-t-il, c’est du sérieux, on veut voir l’acte de mariage et la bague au doigt. A toutes fins utiles, le mieux étant d’y participer...
- Ridicule ! Vous êtes fous. Et puis quoi encore ? Vous croyez que je vais jouer mon avenir sur une stupide partie de poker entre amis. Soyons sérieux. Et puis, ça n’a aucun sens, pourquoi ton anniversaire Georges ? Pourquoi pas celui de ta grand-mère tant que tu y es ? Non, définitivement, non.
