Red voluption - Hélène Chabaud - E-Book

Red voluption E-Book

Hélène Chabaud

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Beschreibung

Avez-vous jamais rêvé d'accéder à votre inconscient ? La psychanalyste Hélène Chabaud nos livre sans aucun filtre celui de son héroïne, Elvire, facétieuse pin-up équipée d'un ciel de neurones qui vous entraine dans le tsunami poudré de folie rose de sa vision du monde. Dans ce récit à l'écriture stratifiée, les mécanismes freudiens sont mis en oeuvre avec une cohérence parfaite, fruit de trente années d'exercice de l'archéologie psychique. Le résultat : une épopée sensuelle tourbillonnante, humaine, humoristique et poétique, à l'échelle d'un hypothalamus. Si le mot cyclone avait un sens en littérature, il s'appliquerait d'abord et en tout point à cet ouvrage.

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Seitenzahl: 209

Veröffentlichungsjahr: 2017

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À mes parents,

À Victor.

Merci de tout cœur à celles et ceux qui m’ont soutenue avec enthousiasme et bienveillance jusqu’à la publication de ce livre.

Illustration de couverture : Hélène Chabaud 2017 – M Moon Rose – Tous droits réservés

La poésie soulève le voile de la beauté cachée du

monde, et fait que les objets familiers semblent

n'être plus familiers.

- M. Shelley –

L’humour a non seulement quelque chose de

libérateur, analogue en cela à l’esprit et au

comique, mais encore quelque chose de sublime et

d’élevé. Le moi se refuse à se laisser entamer, à se

laisser imposer la souffrance par les réalités

extérieures, il se refuse à admettre que les

traumatismes du monde extérieur puissent

le toucher.

–S. Freud-

Sommaire

ETE ÉROGÈNE

NUIT INFRA ROUGE

PRINCESSE DU VIVANT

HALLO GEMME

BED ROOM BAR

CASTAGNE NETTE

ENFER DE VELOURS

ON RAGE DE DESESPOIR

ECRIN DE SOI

ANGELIQUE ANTI MYTHE

ROYALE ZÉNITUDE

DEESSE INFLAMABLE

POULE POSITION

GALERIE DES CLASSES

DIONIZZETA AMATEUS STRAUSSKY

NAPOLÉON DE L’ILSE D’HARSOUYLLE

EDOUARD BARBEY MYLYFLOR DE MUSE CARDIN

EUCLIDE D’ALGAIBRE DU GRAAPH

EUGÉNIE DE LA HAUTE HEPINIERE

ORPHEE THAINORE DE FYNEVOY

INES PEREY DE BOIS D’AUBEINE

RAPHAËLLE DE LA CROIX BELLYNY

GLORIA CASTELET DE MONTERLANT

PASCALIN CORNEILLE DE CAPELLAN

MARIE MONA STHYQUE DE SAINTE URSULINE

CONCLUSIONS D’EUGÉNIE

ELVIRE AU PAYS DES MOTS ET MERVEILLES

PETALES D’ONYX

FLEUR D’EGLANTINE

CAPITEUSE ISOLELA

MURMURES DE FLEURS

CANAP’SUTRA ET RAIL DE VOLUTES NOIRES

PAPILLES CARNIVORES

FLEUR DU MÂLE

FRIANDISES LUBRIQUES

CHARNELLE ADDICT

LOLITA MEMORIES

ATTRACTION FŒTALE

BELLE DE NUE OUI

CENT POUR CENT GRASSE MAT

DRESSING EXQUIS MODE

CARATS MIELS, PARFUMS ET GRIME PASSIONEL

Ô VERS D’OSE

MAILEUTIQUE CHIC

BLACK MIC MAC

FREEDOM IS BIOUTIFUL

FRUITS DE LA PULSION

L’EMAUX DE LA FIN

ETE ÉROGÈNE

Non de Zeus. Putain d’Été. Complètement high. Du travail d’artiste. Comparé à lui, l’empyrée n’a plus qu’à aller se revamper chez Prada.

Attentat à la chaleur ? Machination Céleste ? Extrasystoles intersidérales ? Un inconséquent séraphin, shooté à l’Ecxta, s’est-il gouré dans les aiguillages météorologiques, au point de répandre dans l’atmosphère une flambée réglée façon Napalm ? Si l’hypothèse sus citée tient la route, l’espiègle esprit aérien a perpétré son forfait avec la précision d’un parabellum 9mm.

Sur fond de grand barbouillage lyrique red dingue de tons hibiscus, pour ne pas dire un rien sanguinaire et apocalyptique, l’ambiance est mégavoluptueuse. C’est un peu comme si vous barbotiez dans un utérus démesuré, tenant autant d’un hammam des mille et une nuits que d’un four allumé thermostat 8. Brûlant, sirupeux. Moite comme un flux de fièvre sacrée. Trippant. Paroxysmique. Adrénalinique. On marche sur l’étoffe pourpre réservée aux Dieux. L’énergie, pareille à une vaseline d’or brut en fusion, circule dans les réseaux sanguins avec la puissance régénérante d’un camtar d’hespéridés. Le cœur qui pompe à max. Une coulée d’influx magiques qui glisse le long des nerfs, boulversifiante jusqu’aux molécules des cheveux.

L’arrivée dans ce paradis de la Genèse relooké est jubilatoire. On peut lui dire thanks au petit chérub azimuté. Il en sera flatté. Il en a ras l’auréole qu’à l’accoutumée on s’adresse d’avantage à Dieu qu’a sa Célestine personne. Grâce à ses inconscientes faveurs et autres soins z’ailés, on n’a plus qu’à s’abandonner à la gloire brulante de l’univers.

Welcome to this delicious Hell.

And welcome to Elle.

Elle, c’est Elvire. Ecrivaine touchante et sexy qui appréhende la vie avec beauté, rire et flambées de folie.

Aristocrate du cœur, prisant la saison des amours, qu’elle considère comme la plus sublime des métaphores de la délicatesse et de la fragilité du vivant, elle, aurait pu débarquer dans le récit par un exquis morninge printanier.

Glorieux et neuf comme la vie. Surréel de douceur. Pareil à une pluie de baisers soufflés par un amoureux frappé par la foudre. Explosif de fraîcheur. Diapré de verdures suraiguës à faire pâlir Gauguin de jalousie. Et propice à un goinfrement de narines garanti, tellement ça exhalerait bon les lys aux soies chantilly.

Que nenni.

Certes les minous, moi qui vais vous narrer ses vagabondages intérieurs, je vous le dit, vous allez échapper à un ravagement des sinus. Mais vous allez aussi devoir vous brosser question zéphyr suave à pleurer. Galvanisée par une énergie tornadesque, à l’écoute d’une pulsion qui lui fuse du fond des tripes, elle préfère débouler en pleine gloire crépusculaire, par cette chaleur divinement crapuleuse. Une ambiance en parfaite correspondance avec sa flamboyance interne qui lui donne envie de danser sous le ciel orgiaque avec une frénésie d’hystérique décamiso-lée. Pareil à un buisson ardent, que seule une perf de cortisone parviendrait à désenflammer, son penchant à jouir des biens terrestres, qu’elle rêve de faire partager, trouve son plus parfait symbole dans le rut de la belle saison.

Et dans quel aimable endroit ?

Tombouctou ?

Niet…

Rio ?

Nan…

Sydney ?

Pufffff…

Paris ?

Oui Paris. Bien joué. Excellente supposition.

Paris ? Comment ça Paris ? Par cette température homicide contre laquelle personne n’a eu le temps de s’ignifuger ? Vous croyez qu’elle se gausse ? Qu’elle songe à rire à gorge déployée, tous cils papillotants, au point que l’assistance remarque sa superbe denture dans les gothiques ténèbres du soir ?

Non. Que dale. Elle ne badine point la mignonne.

Va falloir vous en accommoder, les petits cœurs. Pas la peine de circonflexer les sourcils. Ni de vous mordre la lèvre inférieure, même si elle est d’une rondeur lustrée comme un raisin muscat. Sa décision ne souffre pas contestation. Elle ne se laisse jamais envahir par l’hésitation. C’est le talon d’Achille des pusillanimes.

Alors, n’hésitez pas à assembler en ordre de marche vos neurones dispersés. Bicause, grâce à la luxuriance poétique de sa vision du monde, moult stupéfiances vous attendent sur le quai de la grâce.

NUIT INFRA ROUGE

Down town.

Entre enfer et paradis pédestre, une faune mouvante, confite de chaleur, badaude sur l’asphalte fondant, pavé de bonnes intentions, du Paris Romantique. Body miss univers. Sens en éruption. Ondulante dans sa robe d’ange pyromane. Cheveux fous. Peau pommadée de vie vivante et chaude. Sourire carnivore. Un brin d’or espiègle poinçonné dans l’iris. La souris Elvire fend la foule avec la prestance sublunaire de la fille qui vient de se faire sauter.

Pourra-t-elle se résister ?

Restant pragmatique malgré la surrection d’hormones et l’oxygène vivotant qui lui floutent un peu la conscience, elle songe qu’il lui faudrait peut-être prendre un Boeinge 747 privé de la Royal French Airlines, percer les nuages et arriver à une couche de l’atmosphère où ils flottent en neige immobile. Là, elle fracasserait un hublot à coup de talons aiguilles, histoire de sniffer une rédemptrice bouffée d’air frais. L’ultime solution serait d’envisager l’humour à froid. Parce qu’au sol, à zéro virgule zéro mètre d’altitude, pas question d’inhaler tranquillos un brin d’air de circonstance, ni de s’aérer gaiement les soupapes. « Autant que l’on emporte le vent » conclue t’elle tant le zéphyr souffle à dose homéopathique. En tout cas, nul besoin de gratter la croûte terrestre pour vérifier si çà flambe à l’intérieur. Ça flambe. À la surface aussi. Diaboliquement.

On est By Night. Folie des grandes Heures. Minuit ? Sans aller chercher minuit à 23 heures, sauf si vous êtes du genre à vous prendre le bulbe et couper les cheveux en 48, soit 12 fois plus que la moyenne nationale, il doit être disons 25H moins 59 minutes. Bref, il était tard comme dirait un batracien de sa connaissance. Mais, ni elle ni personne ne songeait à en chier une pendule. Comprenez par-là que dans le langoureux vertige du soir, la nuit est tombée depuis peu sans que personne n’ait songé à la ramasser. Ça peut vous foutre un coup quand le jour vous meure comme ça en pleine tronche. Et bien elle, bien qu’un peu barbiturisée par le brûlot ambiant, finalement, elle s’en fout. Et puis, sa pulsion de vie est d’une telle voracité qu’elle se passera d’air. Elle respirera l’oxygène exquis de l’absolu. Par des canaux tout aussi essentiels que ceux des poumons : ceux de l’âme et des sens. Too-night, elle souhaite que rien n’altère sa belle humeur. Une joie d’être fait crépiter d’allégresse chaque cellule de son corps affriolant. Il est vrai qu’elle adoooooore quand la température cogne dur. Cet angélique bombardement de chaleur qui a gagné du terrain avec diligence provoque des symptômes du feu de Dieu : mydriase, liquéfactions sublimes, frissons, hyperesthésie, exaltation atomique. Ça a quelque chose d’érogène. Ça l’excite. D’autant que l’aubade de miel rouge qui congestionne le ciel est tellement agaçante de beauté, qu’elle lui prend l’aorte. C’est même le genre de plan hypnotique, un peu irréel, susceptible de lui faire oublier les merdreries existentielles. Consciente que le temps est une denrée trop précieuse pour être gaspillée, elle est même ravie. Mais alors, ravie. Pourquoi diantre, ne qualifie-t-on pas d’ivresse amoureuse ce bien être décapitant et sublime au contact du brasier de l’été ? Songe-t-elle tout à coup.

Elle sourit aux anges à garder les yeux plissés pour la vie entière, ensorcelée par cette grésillance en robe de rubis noir, jouissive comme une défonce.

Est-ce que cela vous est déjà arrivé les chouchous, comme à elle, de sentir ces chaudes pulsations de bonheur, cette plénitude de vie de chair et de sang qui vous prend le cœur et vous transporte au point de vous la faire désirer avec un emportement lubrique ? Connaissez-vous cette inflammation diabolique de l’âme et des sens qui réagit au moindre contact ? Celle qui attrape la pointe diamantée du plaisir en moins d’une seconde ? Sinon vous ne savez pas ce qu’est la volupté authentique. Regardez vivre Elvire, vous apprendrez…

Bruyante, morphinisante, clinquante, toonignt the night, l’ambiance Paris/Ile de la City est à l’effervescence comme l’aspro est à la fièvre récente. Ce joyau embourgeoisé de jungle urbaine, un peu foutu en l’air par le flingage de durite climatique, grouille d’humains. Même aux balcons.

Au risque de se chopper une légère tachycardie, la bioutiful Elvire, qui se muse dans le flux d’atomes survolté de la nuit d’été, propice aux songes Shakespeariens comme chacun sait, est ardemment disposée à prendre le pouls de ce quartier légendaire. Envie furibarde d’y plonger. D’en extraire les inestimables gemmes. De tout moissonner et de tout rafler comme avec une suceuse pneumatique. De le mater avec l’œil démesurément ailé, laqué d’un rimmel ténébreux, le plus focus que l’on puisse trouver sous une arcade sourcilière. De s’imbiber de sons et d’odeurs à s’en faire péter de concert les tympans et la cage thoracique.

Force est de constater que notre bestiole parisiophage, affublée d’une énergie nucléaire et dont la quête de beauté est le premier commandement, n’échappe pas à la vibrante euphorie ambiante. Ni à l’agrément de quelques menus frissons de culotte…

Dans la sarabande magique des ombres nocturnes qui divague dans les lumières brunies d’or, des farandoles de visages aux joues couleur fraise écrasée, rosies par le lagon d’air qui baise à blanc, se croisent et se décroisent. Les chaleurs organiques s’effleurent comme des papillons de nuit. Les pupilles se frôlent avec une suavité angélique. Certaines, plus hypnotiques que celles des Vierges byzantines, se dévorent, succombant à des flambées de passion gratuites. Des sourires furtifs, flinguant de douceur, s’échangent dans le cœur qui chavire. Débauches de robes sexy, diaphanes à se pâmer, entrebâillées en calice sur la peau, explosent d’éclatantes couleurs de fleurs ou de fruits. Épaules, gambettes et gorges malicieusement dénudées, poudrées par les carmins du soir, dévoilent leurs impudeurs voluptueuses. Comme un feu indigo se propulse dans toutes les veines. Des mecs, beaux comme des anges du XV Emme siècle, chemises entrouvertes, énervent jusqu’au string. Des shoots de sueur pimentée, civilisés d’ondes parfumées, s’enroulent autour de vous et vous ligotent comme un appel érotique. Moult bavardages tourbillonnent comme des vibrations en suspension dans l’air. Les vitrines au luxe psychédélique meurtrissent les yeux par leur magnificence XXL. Les néons verts acidulés des taxis qui racolent, sucent la rétine sans pudeur. De luisants magnolias égrènent leur neige de velours dans les jardins d’hôtels particuliers, vibrants de présences anciennes. Les terrasses torrides des coffee chics, sont bigarrées de consommateurs déliquescents qui se pintent avec classe.

Bref, tout défonce à la volupté. Doux opium coupé de coke fraiche, l’ordre magique du monde vivant, réduit en pulpe fondante les tendres tréfonds de sa vie ovulaire. La vie bourgeonne à plein tube. Pulsative comme le sang qui bat aux tempes. Miss Elvire, notre déesse inflammable, miraculeusement sensible, un éclair de passion dans ses yeux de perles vertes, reçoit toutes les sensations en bloc. Le cœur dilaté du Paris médiéval palpite comme un hydromel fou dans ses veines au turquoise irradiant. Les cinq sens, ouverts jusqu’au noyau, elle boit tout comme un trou noir avale les astéroïdes qui pulsent leur sang blanc dans l’infini métaphysique. Elle a l’impression de bouffer la vie toute crue, de copuler avec la poésie haletante de l’Ile de la cité, corrompue par les remous provoqués par bambins, djeunes, vieux, mecs, nanas, odeurs, lumières et sons.

PRINCESSE DU VIVANT

Température infra 37,2, neurones frémissants, souffle short, elle trottine fébrilement tel un petit chat ailé, déchaussant le trottoir, talonnée Dior, empaquetée Prada, imbibée Chanel 19. Le velours grenadin qui lui saigne la bouche et les ongles, luit dans l’écrin lubrique du soir. Des incantations virulentes de lys et de vétiver qui diffusent leur chair de fleurs blessées, comme d’un encensoir éphémère, brulent l’âme et les sens dans son sillage incandescent. Force est de constater que la Miss adore « faire Glamour ». Une vraie fleur de mode, battements olfactifs de pétales compris.

Aaaaah les mots d’esprit et leur rapport –sexuel– avec l’Inconscient, si cher à Freud… À se Taire, il serait salement désolant de frustrer quelques êtres d’éros textuel. Non ? Alors, attention, les poussins, montez la sentinelle. Car, si vous êtes téméraires au point de lire la suite, vous risquez de tomber, au sens défiguré du terme, sur d’autres émaux d’esprit écrits en filigrane façon sexe. Elvire est leur âme Muse et vous pourriez les prendre homo. Pas l’Omo miraculé d’enzymes, qui lave plus white que white sans bouillir ni cracher dessus, cher à Coluche. L’autre. Ça, c’était pour les informations pré lavables.

La fatigue commence d’infuser son liquide visqueux et ses fourmillements dans ses rissolantes gambettes en volutes de lianes et des ampoules 200 watts à lui allumer salement les petons. Hâte de rentrer at home. Sweet home. Sous le fallacieux prétexte de faire une petite prose et de recharger ses accus sur le prochain plumard à baldaquin, duchesse, méridienne, Récamier, ou autre sofa en cachemire empli de coussins aux vapeurs orangées, qui se présente. Du moment qu’il ne s’agit pas de se noyer sur celui défoncé d’un psy. Où l’inverse. Mon Dieu que ça va être plaisant, anticipe notre énigmatique sybarite qui prise autant les plaisirs du monde que les grâces de la solitude. Une joie violente l’envahit à l’idée d’avancer sur l’écriture de son livre. Elle s’imagine déjà, une fois délicieusement nourrie et reposée, assise à sa table d’écrivain. Quoi de plus enivrant que de décrire les nourritures parfumeuses d’âme cueillies à chaque moment au plein cœur de la vie ? Connaitre ces grâces enchanteresses et en faire partager la substance aux lecteurs, voilà une des choses secourables qui font vraiment sens pour elle.

Sachant que la planète se dilate, comme nous l’ont confirmé les chiantifiques, (ceux qui ont la science infusée) rentrer chez elle risque de lui prendre un ti bout de temps. Un quart d’heure de quinze minutes environ. À vue de pied de nez.

L’air défaillant, mouillé comme un baiser sucé, exhale une odeur d’été qui sent le sperme et la chair d’enfant nourri aux fleurs de tiaré. L’odeur ouatée s’épand dans la caresse impitoyable de la nuit, mixurisée à un étrange arôme de fleur de goudron agonisante de chaleur. Le sus dit élixir, issu d’une fusion tellurique entre pierres concassées, poix & poudre d’explosion est propice à une noire volupté. Narines ouvertes, notre bestiole à l’olfaction triomphante en boit cul sec les pénétrants parfums. Ses lèvres frémissent doucement à chaque inhalation.

Vous commencez à le piger les amours, elle ne veut pas de filtre entre ses sens et le monde. À l’instar du poète Shelley, son pote d’âme, elle veut déchirer le voile qui en cache la beauté. Notre amicalement drôle et pimpante bestiole Elvire, étrange composite humain élaboré à partir des offrandes princières qui lui ont été faites et de tout ce qu’elle a traversé du barbare de la vie, fut ouverte à la splendeur du vivant grâce à l’aura dorée d’amour dont elle fut nimbée fillette. Fleur d’amour, dont son cœur attendri est encore aujourd’hui tout embaumé. Si vous ne le croyez pas les Minous, penchez-vous près d’elle avec la délicatesse d’un papillon recueilli sur le suc d’une églantine flambée de sunshine et vous en respirerez l’odorant souvenir. Avoir été élevée dans le grand luxe d’un Amour poussé par un zéphyr sacré, le raffinement pimenté de l’humour et le gout exquis de parents ayant transcendé les agonies de leur cœur profané, soucieux de lui épargner les affres de la bêtise, de la méchanceté et de la laideur, a développé chez elle une sensibilité térébrante et un sens de l’esthétique édénique du quotidien, hors du commun. Marquée au fer rouge par la magnificence d’âme et la bonté de ces anges qui ont fait entrer la beauté dans son cœur, cette essence, plus haute que celle qui d’ordinaire fonde les liens, à aucun moment ne la quitte. L’amour originel constituant l’extasieur le plus vitalisant qui soit, la vie bout dans ses veines comme un mercure en fusion, parfumé aux fleurs d’un miel vertigineux. Le diamant lévitant de sa pensée posé sur le sillon foudroyant de ses sens visionnaires, elle n’a de cesse de goûter les joies panoramiques du vivant, qu’elle trouve aussi enivrantes qu’un shoot de LSD. Histoire de les croquer tels des bonbons mystiques. C’est un peu comme si tout cet amour explosif de pétales célestes dégringolé dans son cœur, à l’instar d’un nuage poudré d’or, s’était propagé à tout le vivant et lui avait permis d’en capter le relief en HD. Depuis lors, notre bombasse au système limbique Fra Angéliquesque, n’a de cesse de caresser la texture veloutée de la vie dans toutes ses dimensions. Modèle deux en un, garanti non sans couleurs, elle s’exalte à vivre autant au dehors qu’au-dedans. Hors de question de sacrifier quoi que ce soit de la réalité extérieure à la vie intérieure. Pas plus que l’inverse. Cupidon ayant réalisé l’exploit d’un tir groupé, le coup de foudre entre les deux mondes est réciproque. Son désir la pousse à soulever les malencontreuses caillasses qui pourraient encombrer son regard, ses sens et son cœur, pour sentir la pulsation céleste de la vie qui bat à donf en dessous des choses, de la nature et des êtres. Elle veut sentir la vie dans sa plus grande intensité, sa plus grande densité. Se désaltérer jusqu'à plus soif à sa source incandescente, immuable et sacrée, en se dégageant au mieux de l’inutile, des inévitables souffrances et emerderies de l’existence. Son Graal est en quelque sorte « Aristo’Pépinièriste », question de standing spirituel : il consiste en une quête capiteuse de la fleur de l’humain et de la fleur de la vie. Elle veut seulement ce qu’il y a de plus beau, de plus haut, de plus fort.

Elle veut garder une noblesse de regard et un cœur velouté d’une douceur de piéta mourante, sans jamais se défaire de cette attention aux blessures du vivant, quitte à les planquer astucieusement dans les replis aux délinquances divines de l’humour. Il faut dire que cet ineffable art spirituel que Mister Oscar Wilde appelait « l’élégance du désespoir » est un fabuleux réservoir d’épices érogènes dont le raffinement trépidant ravit inextinguiblement son néocortex cannibale. Et toujours donner le meilleur d’elle-même. Dans la bonté et dans la joie. Le défi balèze est de s’y tenir, la vie est parfois si violente. Peu lui importe, elle a décidé de ne pas gaspiller un atome de ses forces Hulkiennes à se laisser ronger par l’acide sulfurique des soucis quotidiens et autres contingences propices au désespoir. Quelles que soient les apocalypses qu’elle traverse. Mais plutôt de conserver son énergie pour profiter de ses journées comme une Princesse du Vivant. Pour vivre aussi libre et bellement qu’un Lys. Pas toujours fastoche. Mais notre jubilante bestiole, qui flambe d’un feu voltaïque, est enragée. Comparée à elle, la bête du Gévaudan n’a qu’à plus qu’à aller se rhabiller en tailleur rose de chez Chanel. Normal, quand elle était petite, ses parents ont squeezé ses rappels de vaccins antirabiques.

HALLO GEMME

Elvire continue son petit bonhomme de Michelin jusqu’à sa fastueuse piaule...Encore 5 bonnes minutes de marche. L’asphalte d’or noir, pourtant sans prétention incendiaire particulière, comme agité de petits spasmes mollassons, lui parait bouillant sous ses semelles Prada. Connue pour distiller des arrière-pensées de surchoix, elle prie à d’imaginaires extincteurs. Orgasmique, l’éther meurtrier qui affiche quelques degrés au-dessus de zéro, pour ne pas dire un 48 degrés à l’ombre (enfin c’est calculé à la louche, vu qu’il n’y a pas d’ombre) colle à sa chair qui ruisselle tel un rôti de dinde premier choix fraichement sorti du four. De lourdes gouttes de sueur ronde, expertes mutines au billard, roulent sur son front pour finir de dévaler follement le long de sa vallée des larmes. Oh non elle ne chiale pas, baby…. C’est bien more pire, elle étouffe. Pas de pot, ce n’est pas comme avec Pampers, même mouillée elle n’est pas plus délicatement sèche qu’inodore. Il lui faudrait sans doute le secours d’une mutation amphibienne pour résister à cette libidineuse humidité. …Son maquillage iconique, provocant à faire bander un mari, dégouline sous ses yeux aguicheurs. Son affolante chevelure, qui a momentanément perdu son gonflant hollywoodien, tire furieusement sur l’huileux gominé façon Louis Mariano, du temps de sa splendeur. Sa tite robette Pradadisiaque, cousue au fin fond d’ateliers lucifériens et qui semble tout droit sortie d’une machine à laver zappeuse d’essorage, n’a plus qu’un ancestral air de famille avec son repassé aristocratique habituel. Sensible à son allure, si elle ne devait pas rentrer chez elle sous peu, elle se prostituerait bien pour un fer à repasser et un casque de coiffeur. Il lui faudrait le tact merveilleux de June, son tendre amour, pour lui faire croire qu’elle est encore comestible. En attendant, ô barouf, ô impudeur, elle a déboutonné son décolleté en fente violente afin de décongestionner ses appétissants poumons, qu’elle propose à la gourmandise des passants éperdus d’éberluance. Il va sans dire que les sus dits sont honteusement ravis d’évaluer la douceur et le faste imprévus sous sa robe à l’effervescence seventies chic, d’autant que consentante pour booster le travail d’Éros, la lune éclaire de tous ses éclats de camphre, les affriandantes rotondités d’Elvire.

Étant donné les manigances de cette fournaise opiacée, une soif crapuleuse lui lyophilise le gosier. Elle promène sa langue sur ses lèvres déshydratées, ce qui résume admirablement son état de surchauffe. Contre poison ? Pas besoin de se faire une entorse des synapses pour entraver qu’un breuvage radicalement frappé, qu’elle pulvériserait avec une voracité potomaniaque, lui siérait à ravir. Histoire de se défoncer les papilles. Mais comme elle à la déconnade sur le bout de la langue, exit la limonade et le Coke sucred au Deus Aspartamus. Ces lotions pour pucelle effarouchée ne sont pas son genre de beauté.

Cela en rien n’empêche notre candide demoiselle d’avoir le désir vital qui bat à rompre à cause de l’éphémère splendeur nocturne.

Faut dire que notre Bellissima Bambina au nerf optique surdoué est éperdument mordue de la nature. Il n’est aucun des bijoux de cette fracassante Symphonie Faste Orale, que tel JPJacobsen, elle estime être parmi les plus beaux ornements de l’existence, qui ne la fasse planer sur le champ. Formes, couleurs, parfums, mouvements délicats, exultations de vie, soupirs et alanguissements, illuminent son cerveau et ravissent inlassablement chaque atome de son cœur surnaturel de délicatesse. Rien n’échappe à la pénétration de son regard de dentellière au vert angélique. Devant le moindre déferlement de verdure mollement arrondi, le moindre ciel aux grâces céruléennes, la moindre fleur bouffante comme un brocart, poudrant l’air pur de ses parfums de chez Dieu, elle a des extases de gourgandine mystique.

Toutes pupilles pensantes dégainées, elle continue donc à rafler en zoom intensif tout ce qui se trouve dans son champ magnétique. Pas besoin d’affoler le delco. La traque aux plaisirs minuscules et aux plus grands est great open. Son matériel cardiaque émet quelques délicieux soubresauts. Sa pompe à endorphines balance ses ondes bienfaitrices avec la régularité d’un métronome suisse. Et pour cause…

La Nuit est dionysiaque. Le soleil qui dardait ses plus beaux coulis de braise aux oranges mécaniques vient de se faire la malle en enfer sans demander son reste. Quasi surnaturel, le crépuscule lâche ses premiers velours de violettes. Des bouquets de nébuleuses poudroyantes palpitent, prêts à cueillir. Stupeur et ébahissement, la quatrième constellation à droite complète le frétillant tableau, en balançant un clin d’œil foudroyant qui ferait