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Pouvons-nous préserver le souvenir d’un univers qui nous reste invisible, bien que nous pressentions son existence ? Sont-ce nos créations fictives ou un instinct subtil qui nous orientent vers cette réalité fugace qui se dévoile progressivement à nos sens ? Chacun peut-il détenir le don de ressentir ou de façonner ce flux qui nous enveloppe tout au long de notre vie ? Au travers de ces interrogations fondamentales, "Retour d’outre-monde – Tome II" nous emmène encore plus loin en explorant notre connexion à l’univers et notre capacité à façonner notre propre réalité.
À PROPOS DE L'AUTEUR
L’écriture poétique est l’exercice qui donne un son et un rythme à la parole au cours d’un périple. Pour
Xavier Aragau, artiste-musicien, le lyrisme est un élément constitutif du langage et de l’expression humaine.
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Seitenzahl: 128
Veröffentlichungsjahr: 2024
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Xavier Aragau
Retour d’outre-monde
Tome II
Recueil
© Lys Bleu Éditions – Xavier Aragau
ISBN : 979-10-422-1704-4
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Tortillons de bougies,
Pensées obscènes.
Sensation de jaunir.
Le plafond vert
Aux immenses dessins.
Le sol glacé,
L’eau
En jet.
Dans la pièce
Ornée de tristesse
S’épanouissent
Grillages et barbelés,
Prisonniers, fermentés ;
L’oxyde odorant
Et les marches
S’affaissent et pleurent.
Famélique histoire.
Indigo de chansons mortes.
Des suggestions morbides
Travaillent le bois
Rongé de remords.
Le papier ondoie
À la lumière pétrolifère.
***
I
Dedans la foule
Au-delà du piédestal,
Sous grande dalle,
Se voit une charmille
De couleur matinale,
Dedans la foule.
II
Sur le silence
Roux et ocre d’arbres morts
Un étang d’or
Au dessin symétrique ;
La foule encore
Son cri immense.
III
Dans le soir
Tout en haut
Des masures,
La nuit
On peut voir
les nuages secs
Et le vent,
Les sols faux
Ou durs.
***
Esclave pends ton maître !
Et que son gibet traître
Se dresse.
Que son corps décharné
Soit un ruban de mort
Sur les eaux sans couleurs,
Et que son triste corps
Hante la nuit de pâleurs…
Esclave voit le sort !
Contemple dans sa mort
Le spectacle offensant
De son œil insolent.
Et vois, qui bouge encore
Son bras ballant
Animé par le vent.
Que son gibet soit noir !
Que son ombre sinistre
Ne t’empêche de voir
La mer bistre.
Esclave, plante dans ta poitrine
La lame fine.
Extirpe de ton cœur
Les restes de bonheur,
Car jamais de ta vie
Tu ne pourras revoir
Un tableau aussi beau.
***
Regarde sur la vague
L’épave dans l’écume
Et l’oiseau qui survole.
Regarde dans le vague
Le gibet dans la brume
Son ombre sur le sol.
Dans le couchant
Alors que le jour qui se meurt
Chauffe encor le pendu,
Le vaisseau se couchant
Fait jaillir de son cœur
Un cadavre perdu.
Dans le calme du soir
Quand les flots pacifiques
Se retirent des plages
Retentit dans la moire
La morbide musique ;
La plainte qui surnage.
***
C’était pour mourir…
La nuit entrait par flots impurs.
Son ombre seule et brune
S’écrasait sur la roche
Que la lumière des monts
Attristait ; sans un cri,
Sa dépouille se hissait
Avec peine, jusqu’au vide,
Vers un bonheur sans ride.
***
Ses membres déjà se raidissaient.
Et son cadavre mou
Plein d’horreur et de tristesse
S’accablait de sursauts.
Son aile repliait.
Et puis un dernier coup…
Il vit au couchant sa faiblesse
Il mourut en héros.
Son sang déjà pourri restait sur le chemin,
Éclairé par les brumes.
Son pitoyable esprit,
Hantait de ses clameurs posthumes
La colline où mes rêves de nuit
Mouraient un à un et sans bruit.
***
Te laissent là, ente les mers
Toi qu’un voyageur attristé
Versera dans la tombe.
Te laissent là, un soir
Toi qui fais partie de l’arbre
Comme l’oiseau et la mouche.
Mais ce n’est pas un fer
Ni le coupable méfait
Qui a creusé ta tombe.
Ils n’ont pas attendu le noir
Pour t’accrocher à cet arbre ;
Mais le soleil se couche.
***
Tu menaces et tu cries ton horreur,
Tu adresses, aux flammes centrifuges
Du soleil morbide, les anges charognards.
Et ton ombre te fuit comme une feuille morte.
Vois là-bas près de la mer
Qui t’observe dans la vague
Au milieu des oiseaux et leur cadavre mûr,
Un reste consumé d’une feuille de myrte.
***
Une dame au couchant au bord des occidents ;
Repose la lune qui monte dans l’air chaud.
Le rosier du crépuscule s’orne de gouttes baroques.
Et toi le pèlerin nuage,
Tu te souviens des nuits bleutées
Où l’arbre immobile
Pointait sa branche solitaire,
Tu vois les matins embrumés
Où les silhouettes immobiles
Taisaient leurs formes amères.
Tu vois la vague et le son des timbales
Dans les clameurs de ton râle
Tu vois le jour après l’étoile
Tu meurs, ta vie se couvre d’un voile.
***
À la lune
Ô navigueur inerte
Tu laisses ton cadavre d’ombre ;
Tu laisses,
À l’onirique amarre
De ton vaisseau fantôme
Un soin immonde,
Celui de te garder.
Les oiseaux de la mer passent en aveugles,
Laissant une dépouille fausse,
Ombre éblouie par l’astre seul ;
Les voiles salies qui claquent ta figure,
Ajoutent
Au rythme triste des vagues
Un morbide reflet de vie éteinte.
***
C’est toi, oiseau
Noir ange des charognes !
Est-ce ton aile,
Qui remue les cadavres ?
Où est-ce le vent des nuits ?
Salut, phénix des horreurs !
Mais que viens-tu tisser
Avec mes cheveux et mes loques ?
Et quel astre adores-tu,
Venant de jour comme de nuit ?
Du châtiment c’est le héraut,
Hantant de son frisson la nuit borgne.
Son triste havre
C’est le gibet et puis son fruit ;
Son âme est sans lueurs.
« C’est pour te disperser
Avec son bec qui est un soc ;
Avec le vent il te mêle
Toi qui es pendu bien court. »
***
Toi, pendu à ton gibet
N’entends jamais les rumeurs sourdes.
Tu vois de ton sourire,
L’homme qui fuit ;
Tu vois les misères glorieuses
Des grands combats
Où se mêlent au sang les entrailles des vaincus.
Tu promènes sur les champs
Ton regard sale.
Tu penses, sans doute, à quelque mélopée.
Dans l’arbre essuyé par le vent
S’entend le râle.
Dans le lointain brumeux, écoute les ombres rescapées.
Mais tu fermes les yeux
C’est la lune qui console
Son rayon sèche et dissipe les pleurs.
***
Immobile au brouillard
Si l’arbre bien plus triste
N’eut remué sa feuille grise,
Tu pends, par-là dans l’automne,
Narguant de la lune à son halo vengeur
Les reflets bleus et pâles.
Tu te détaches,
À mon regard,
Des profondeurs de brumes.
La grande clameur des vallées ennoyées
S’élève en un prélude,
Que ton visage hagard
Ignore sur la butte.
Le support anguleux et noir de sa besogne
Est plus vivant que toi.
Le vent qui te repousse,
Fait sonner ta carcasse,
Sur le bois froid qui te retient.
***
Sur les toits rosâtres
Pleut le ciel.
La lune crépusculaire
Nuit au regard de la chouette.
Les amas d’herbe
Fuient le sol
En senteurs vaporeuses.
L’enfant qui joue à la marelle
Crie au désespoir
Devant les volets clos.
Les arbres secouent l’échine,
Le chiendent s’endort.
Le mur veille depuis deux mille ans.
Des rêves rustiques
Éclaboussent la route sèche ;
Les allusions humides des marguerites
Troublent le repos des nobles dalles ;
Les chardons veillent,
Les orgies nocturnes fraîchissent
La sauterelle succombe.
Les pédales justicières
Grincent, là-bas, dans l’air léger.
Le satyre s’esquive ;
Dans un bruit vieillard,
Le livre s’époussette,
Le portail s’élance
Dans la rosée.
Le silence méthodique
Enfume les pins
De puissances argentées et froides.
***
1
Papillon, j’étais un papillon ;
Fou à la merci des vents, je suis tombé dans l’eau…
Mes immenses ailes,
Colorées de poudres d’or
S’étalaient comme un tapis d’iris et de safran.
***
2
Un vendredi que le soleil, nuages et brumes du matin
Composaient au jour levant un tableau clair,
Près d’un arbre qui levait au ciel son branchage,
Je fis un rêve, moi l’idiot dont est sortie la vie,
Passai devant la croix de chair
Pour qu’un serpent de tristesse sans âge
Enroule ses anneaux, étouffant les envies.
***
3
Venue en cette saison fraîche,
Tombée en mon hiver comme un soleil timide
Pour un printemps sans un nuage,
Que toi, sortie du froid
Pour redonner à mon sang mort
Quelque chaleur.
***
4
Histoire d’un dieu qui meurt et qui renaît,
Feuillage nu, jonché d’humus,
Nuage en feu ; Iris, monstrueuse,
Qui vient pour étouffer,
Histoire d’un rêve,
Qui sommeille au réveil,
Jaillissant d’un désir sans dimension et qui fuit,
Et qui fuit sans un bruit dans la nuit.
***
1
Je meurs, sans aimer autre que mon île,
Sans avoir vu un vrai printemps ;
Et ne laisse au monde
Qu’un peu d’amertume.
Je meurs en n’ayant vu que mon cœur vil,
Noyé dans les marais de mon étang,
De sentiments haineux et malheureux.
Quand dans les soirs de l’été,
Je laissais mon esprit planer sur la mer d’huile
Plongeant et ressortant mon bec aigu sans majesté,
Je me sentais englouti de néant.
Mais sur l’heure tout est fini ;
À l’horizon de ma vie est un voile
Qui cache la mort à l’affût,
Je ne fais que mourir…
2
Fenêtre ouverte sur la nuit,
Chaleur d’un été, de tes cheveux dénoués
L’étoile moite nous contemple.
Écoute les roseaux sur la mer, qui frémissent,
M’attendant en rêvant, qu’au milieu des ténèbres
Bruissent les lierres, les feuilles, par le vent d’est.
3
Porte fermée, qu’à ta fenêtre je regarde.
Qu’à la lune,
Dont tu refuses un rayon,
J’immole un rien, une larme,
Qu’irise ma torpeur d’hiver.
Porte grise et d’intention déserte ;
Et que je tremble dans mes hardes.
Mon esprit, dans l’univers en sa prison,
Cogne aux quatre coins de l’enfer
Et que je tremble dans la nuit d’hiver.
***
1
Et tu voyais dans les nuits claires
La lumière prodigieuse
Des rayons centrifuges
Éclairer l’univers de poussières lointaines,
Et tu imaginais, plus loin encor
Que l’étoile,
Qui tombait à tes pieds,
Un vide pareil au tien.
Et tu disparaissais la lune, derrière un arbre
Afin que les taches moroses,
De sa lueur brodée
Vinssent lécher tes pas, comme un jet immobile et figé.
***
2
… Et tu partis… après un bref séjour dans mon royaume.
Tu partis vers nulle part, c’était la seule île qui existait.
J’y avais mon arbre muet et par toi mon empire.
J’aurais dû t’asservir et tu aurais rendu ma vie plus douce et la tienne infernale.
Je t’aurais dit des poèmes, les nuits de clair de lune, j’aurais veillé sur ton sommeil…
Mais tu partis, me laissant sur un tas de cailloux, rêvant d’un Krichna cuivré au regard d’irréel et fixant comme un terrible chemin, le sillage plat bordé d’écumes,
Que ton départ avait laissé.
***
3
Ôte-toi de ma douleur
Je ne suis pas celui qu’on aime.
Ôte-toi de mon chemin
Je ne suis pas celui qu’on suit.
Longtemps j’ai marché sur les plages
Jouant de voir ramper la vague,
Laissant brûler mes yeux aux reflets océans ;
Je ne suis pas celui qu’on suit.
Longtemps j’ai parcouru ma cage,
Laissant, indolent crier les suppliciés,
Jouissant de ma courte existence ;
Je ne suis pas celui qu’on aime.
Ôte-toi de ma douleur,
J’ai enjambé la vie
Pour satisfaire ma tristesse,
J’ai empoché la mort
Je ne suis pas celui qu’on suit.
***
1
Vague,
La vague emporte,
Ne crois à rien,
Tu n’ignores que la vie.
Sable,
Sables mouvants
Laissent monter l’angoisse,
Tu n’ignores que la mort.
Seul,
Vois la foule,
Reste hostile à toi-même
Tu n’ignores que l’amour.
Larme,
Larme de bourreau,
Creuse ici ton tombeau,
Tu ne sais que la pitié.
***
2
Ton heure, attends, que le matin arrive,
C’est ton cri en ma cellule,
Mon heure,
Qui vient, voici mon rêve,
Et tu dissones,
En ton râle.
Mais que je meure, et que ma corde effraie !
Percez mon flanc et que la masse pleure !
Giflez ma vie, assommez mes idées !
Je meurs, par le chemin des erreurs.
Et la nuit, ma pourriture
Rêvera cracher sur vos figures ;
Et la nuit, vous entendrez mon chant,
Il ira en remords vous tacher de mon sang.
***
Au commencement, il y avait les ténèbres,
Puis la lune monta, éclairant de ses nuages
Le continent, la mer et ses écumes.
Le huitième jour, on dressa un gibet
Et comme il était seul
On y pendit un homme.
***
Comme il aimait la lune, et les oiseaux de nuit,
Comme il aimait les brumes,
Et les grands arbres noirs,
Sa vie était un rêve, voilé de gris et de bleuté.
On a sonné le glas ; quand il est mort
On a vu son gibet et sa mère à ses pieds.
***
C’est parce qu’il vola qu’on accrocha à la branche effeuillée
Son corps sans vie.
C’est parce qu’il aimait les nuits aux jardins luneux
Qu’on laissa sa dépouille aux brises exotiques.
C’est son ombre maigre
Qui longtemps reçut de l’aurore les rosées lymphatiques.
***
Toi qui regardes la lune,
Tu n’es pas un second Christ ;
Personne sur la croix ne te supplie.
Seul, attends l’oiseau qui te convoite.
***
Toi qu’évite un voyageur,
Tu n’es plus un prophète,
Personne ne respecte ta barbe,
Ni tes cheveux.
Seul, tu attends en vain ta mère…
***
Au bord d’un rêve,
Contemplant l’écume de la nuit,
J’ai entendu la plainte lugubre d’un soldat qu’on pendait.
L’ombre en feu d’un crime inassouvi passa sous la lune complice.
Dans la mer, la mer qui calme les terreurs, j’ai entendu la lutte sanglante, pour une idée, de deux corps dont les membres épars servirent, au terme du combat, d’exemple aux astres fétides.
***
Quand la nuit laissa glisser les derniers plis de sa robe lubrique, j’
